Tortures dans le Donbass : « ils » savent depuis 2016

par | 31 août 2022 | 8 Commentaires 

Une note de ser­vice, par­fai­te­ment docu­men­tée et datée du 14 décembre 2016, alerte les Pouvoirs publics fran­çais sur les innom­brables exac­tions des milices ukrai­niennes à l’en­contre des popu­la­tions du Donbass.

Ce docu­ment est inter­dit de repro­duc­tion ou de dif­fu­sion. Nous ne le repro­dui­rons pas. Nos lec­teurs pour­ront très com­mo­dé­ment le télé­char­ger ici (sur le site de l’OFPRA, Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides). Leurs auteurs aver­tissent en préambule :

Ce docu­ment a été éla­bo­ré par la Division de l’Information, de la Documentation et des Recherches (DIDR) de l’OFPRA en vue de four­nir des infor­ma­tions utiles à l’examen des demandes de pro­tec­tion inter­na­tio­nale. Il ne pré­tend pas faire le trai­te­ment exhaus­tif de la pro­blé­ma­tique, ni appor­ter de preuves concluantes quant au fon­de­ment d’une demande de pro­tec­tion inter­na­tio­nale par­ti­cu­lière. Il ne doit pas être consi­dé­ré comme une posi­tion offi­cielle de l’OFPRA ou des auto­ri­tés fran­çaises.
Ce docu­ment, rédi­gé confor­mé­ment aux lignes direc­trices com­munes à l’Union euro­péenne pour le trai­te­ment de l’information sur le pays d’origine (avril 2008) se veut impar­tial et se fonde prin­ci­pa­le­ment sur des ren­sei­gne­ments pui­sés dans des sources qui sont à la dis­po­si­tion du public. Toutes les sources uti­li­sées sont réfé­ren­cées. Elles ont été sélec­tion­nées avec un sou­ci constant de recou­per les informations.

C’est un fait éta­bli : dès 2014, année de la signa­ture des accords de Minsk, les « bataillons de volon­taires pro-ukrai­niens » com­mettent des exac­tions bar­bares à l’en­contre de la popu­la­tion rus­so­phone de l’est de l’Ukraine.

L’OHCHR(1), dans un rap­port de décembre 2014, signale des cas répé­tés de déten­tion arbi­traire, tor­tures et dis­pa­ri­tions for­cées com­mises par le SBU/​SSU et cer­tains bataillons de volon­taires pro-ukrai­niens à l’encontre des per­sonnes soup­çon­nées de sépa­ra­tisme. Des allé­ga­tions répé­tées de mau­vais trai­te­ments du fait des forces pro-ukrai­niennes sont de nou­veau signa­lées dans le rap­port de l’OHCHR de mars 2015 et dans celui publié par le Conseil de l’Europe en juillet 2016 ; ce der­nier rap­port men­tionne des allé­ga­tions de bas­ton­nades vio­lentes, chocs élec­triques, ten­ta­tives ou menaces de viol, simu­lacre d’exécution, usage pro­bable de sub­stances psy­cho­tropes. L’OHCHR, en sep­tembre 2015, pré­sente les mau­vais trai­te­ments comme une pra­tique cou­rante pour obte­nir des aveux des pré­su­més sépa­ra­tistes lors de leur procès.

(1) Comprendre en fran­çais : HCDH. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme est le prin­ci­pal orga­nisme des Nations Unies dans le domaine des droits de l’homme et a pour man­dat unique de pro­mou­voir et de pro­té­ger tous les droits de l’homme.

Nous sommes en 2015. Les accords de Minsk sont ouver­te­ment bafoués par le régime de Kiev. C’est une ins­ti­tu­tion publique — l’OFPRA — qui le dénonce en s’ap­puyant sur des preuves mul­tiples qui émanent du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme.
Qu’ont alors fait la France et l’Allemagne co-signa­taires des accords de Minsk ? Rien. Ces deux pays, et à tra­vers eux, l’Europe de Bruxelles portent la res­pon­sa­bi­li­té de ces exac­tions.
Ce constat affli­geant pour tous nos diri­geants est confor­té par une deuxième étude de l’OFPRA, datée du 13 novembre 2018 — 2018 — que nous avons pu nous pro­cu­rer(1). Ce nou­veau rap­port dénonce les tor­tures sys­té­ma­ti­que­ment asso­ciées à l’ad­mi­nis­tra­tion de la justice.

Le plus récent rap­port de l’OHCHR sur l’Ukraine, publié le 14 décembre 2016, confirme la per­sis­tance de ces pra­tiques :
« L’OHCHR a ras­sem­blé des élé­ments suf­fi­sam­ment véri­fiés pour conclure que les tor­tures et mau­vais trai­te­ments attri­bués aux forces de sécu­ri­té sont étroi­te­ment asso­ciés à l’administration de la jus­tice dans les affaires rela­tives au conflit en cours. »

La presse fait éga­le­ment l’ob­jet de har­cè­le­ment. On lit, tou­jours dans ce rap­port de l’OFPRA :

Selon l’ONG Amnesty International : « Dans les zones contrô­lées par le gou­ver­ne­ment ukrai­nien, les per­sonnes et les organes de presse per­çus comme expri­mant des opi­nions favo­rables à la Russie ou aux thèses sépa­ra­tistes ont été la cible de manœuvres de har­cè­le­ment ».

Le rap­port est terrible :

Selon l’OSCE, « l’u­sage exten­sif de la tor­ture et le fait qu’elle soit pra­ti­quée sys­té­ma­ti­que­ment prouvent que la tor­ture consti­tue une stra­té­gie inten­tion­nelle des dites ins­ti­tu­tions [ukrai­niennes] avec l’au­to­ri­sa­tion de leur com­man­de­ment ». L’introduction du rap­port résume les prin­ci­pales pra­tiques signa­lées : « Les pri­son­niers étaient élec­tro­cu­tés, bat­tus cruel­le­ment et plu­sieurs jours d’af­fi­lée avec dif­fé­rents objets (barres de fer, battes de base-ball, bâtons, crosses de fusil, lames de baïon­nettes, matraques en caou­tchouc). Les tech­niques lar­ge­ment employées par les forces armées et les forces de sécu­ri­té incluent le simu­lacre de noyade et la stran­gu­la­tion avec un « gar­rot ban­de­riste » ou par d’autres moyens. Dans cer­tains cas, dans un but d’in­ti­mi­da­tion, des pri­son­niers étaient conduits sur un champ de mines ou des véhi­cules rou­laient au-des­sus d’eux, pou­vant entraî­ner leur mort.. D’autres méthodes consis­taient à bri­ser les os (des pri­son­niers], frap­per avec la pointe ou le tran­chant d’une lame, brû­ler avec des objets chauf­fés au rouge, tirer des balles d’armes à feu. Des pri­son­niers étaient expo­sés pen­dant plu­sieurs jours à des tem­pé­ra­tures gla­ciales, pri­vés de nour­ri­ture ou de soins médi­caux, et sou­vent contraints d’ab­sor­ber des sub­stances psy­cho­tropes cau­sant de vives dou­leurs. Une majo­ri­té abso­lue de pri­son­niers a subi un simu­lacre d’exé­cu­tion ain­si que des menaces de tuer ou vio­ler des membres de leur famille. »
L’ONG Amnesty Intemational, dans son rap­port annuel de 2014/​2015 sur les Droits de l’Homme en Ukraine, men­tionne aus­si les exac­tions attri­buées aux milices pro-ukrai­niennes : « Des cas répé­tés d’en­lè­ve­ments par des membres des forces pro-Kiev, par­ti­cu­liè­re­ment les groupes dési­gnés comme « bataillons de volon­taires » qui com­battent aux côtés des forces régu­lières dans le Donbass, ont été signa­lés et docu­men­tés entre juin et août (2014) dans la région de Louhansk. Ceci inclut des enlè­ve­ments d’hommes accu­sés de col­la­bo­ra­tion avec les sépa­ra­tistes et pla­cés dans des lieux de déten­tion impro­vi­sés avant d’être relâ­chés ou remis aux ser­vices de sécu­ri­té. Dans presque tous les cas, les cap­tifs ont été bat­tus et leurs pos­ses­sions, y com­pris des voi­tures et objets de valeur, sai­sis par les membres du bataillon ; cer­tains ont dû payer une ran­çon pour leur libé­ra­tion. »

Ce rap­port de 2018 men­tionne expli­ci­te­ment l’ap­par­te­nance des agres­seurs ukrai­niens à des groupes néo-nazis. Le mot figure dans le rap­port. Encore une fois, cette infor­ma­tion figure dans le rap­port d’un ser­vice d’État. Comment alors Macron peut-il avan­cer face à Poutine qu’il n’y a pas de nazis en Ukraine ? Imaginez l’es­time que Poutine peut avoir de notre Président…

Le quo­ti­dien amé­ri­cain The Washington Post en juillet 2017, résume les prin­ci­pales actions attri­buées à ces groupes et notam­ment à l’u­ni­té para­mi­li­taire C14 : « La récente agres­sion à l’en­contre de Stas Serhiyenko, mili­tant anti-guerre et d’ex­trême-gauche, frap­pé à coups de poi­gnard, illustre la menace repré­sen­tée par (les milices d’ex­trême-droite). Serhiyenko et ses cama­rades mili­tants estiment que les agres­seurs appar­tiennent au groupe néo-nazi C14 (dont le nom vient d’une phrase de 14 mots employée par les par­ti­sans de la supré­ma­tie blanche). L’attaque prend place le jour de l’an­ni­ver­saire d’Hitler et, aus­si­tôt après, le chef de C14 publie une décla­ra­tion célé­brant l’a­gres­sion contre Serhiyenko. »

L’action de ces milices nazies se per­pé­tue avec le sou­tien du gou­ver­ne­ment ukrai­nien. Citons toujours :

Le même auteur, dans un article publié en mars 2018 par l’a­gence d’in­for­ma­tion Reuters, évoque le pro­blème per­sis­tant des vio­lences com­mises par les groupes d’ex­trême-droite et de leur impu­ni­té : le 28 jan­vier 2018, envi­ron 600 par­ti­sans de la « Milice natio­nale », un groupe d’ex­trême-droite com­pre­nant des membres du bataillon Azov, mani­festent à Kiev pour récla­mer le droit de « main­te­nir l’ordre par la force ». Le même jour, des par­ti­sans de ce groupe per­turbent une réunion du conseil muni­ci­pal de Tcherkassy (Ukraine cen­trale). C14 et d’autres groupes radi­caux, à Kiev et au moins dans 21 autres villes, ont obte­nu le droit d’é­ta­blir une « garde muni­ci­pale » et de patrouiller dans les rues.

Pour mémoire :

Milice nazie Ukraine Azov

Le dra­peau ukrai­nien, celui de l’OTAN et la croix gam­mée font bon ménage

Nous sommes en 2018. Tous nos diri­geants sont infor­més de la situa­tion dans le Donbass. Ils laissent opé­rer ces milices bar­bares qui mas­sacrent et tor­turent. L’Europe de Bruxelles ferme les yeux sur un mas­sacre qui a fait 15 000 morts.

Voilà pourquoi ces populations considèrent les soldats russes comme des libérateurs

Écrire cela n’est pas de la pro­pa­gande pro-russe ou pro-Poutine. C’est rela­ter les faits tels qu’ils sont vrai­ment et non pas tels que nous les racontent les médias de l’o­li­gar­chie finan­cière mondialiste.

Ouvrez les yeux ! Et soyez courageux !

Georges Gourdin

(1) [Note du 27 sep­tembre 2022] L’un de nos lec­teurs très atten­tion­né nous pré­cise le lien de ce rap­port de 2018 :
https://www.ofpra.gouv.fr/sites/default/files/atoms/files/1811_ukr_violences_groupes_ultranationalistes_0.pdf
Nous l’en remercions.

L’OFPRA a sup­pri­mé cet article. Vous pou­vez le télé­char­ger ici.

Les articles du même auteur

Georges Gourdin

8 Commentaires 

  1. Ici le « lec­teur atten­tion­né » (mer­ci de ce gen­til mot) – et mer­ci de cet article confon­dant qui pré­cise si bien cette réa­li­té.
    En conclu­sion de l’ar­ticle, cette pho­to des dra­peaux OTAN-croix gam­mée si bien asso­ciés par ces mili­ciens dévoués, ça m’a fait pen­ser au livre « IBM et l’ho­lo­causte », IBM et l'holocauste
    C’est en quelque sorte la sinistre conti­nui­té de cette logique d’al­liance… Et ça montre que depuis les années 40 bien peu de choses ont chan­gé.
    Pour le lien vers l’é­tude OFPRA 2018, atten­tion, lec­ture dure à sou­te­nir : longues liste de des­crip­tions de tortures.

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  2. Ces vio­lences contre la popu­la­tion pro-sovié­­tique ne sont rien par rap­port aux trois mil­lions de morts du régime com­mu­niste sta­li­nien, car ces pro­so­vié­tiques n’ont jamais condam­né ces massacres.

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    • L’Union Soviétique n’existe plus depuis plus de trente ans. C’est d’ailleurs un des fon­de­ments du problème.

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    • Encore un qui ne sait même pas que L’URSS a dis­pa­ru en 1991. La Russie est tota­le­ment reve­nue à la reli­gion chré­tienne ortho­doxe, le com­mu­nisme n’y existe pra­ti­que­ment plus. Par contre, il est par­tout en Occident, mais camou­flé, en éco­lo­gistes notamment.

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  3. Je vais être clair : ce pays a été libé­ré par les Russes mais ce pays (l’UKRAINE) est un ramas­sis de SS, ni plus ni moins.
    Leur pré­sident se fait voir tou­jours en tenue mili­taire jamais sur le front.
    Pardon si, lorsque les Européens ont net­toyé le sec­teur, ils n’es­sayaient même pas d’ar­rê­ter cette guerre.
    Beaucoup d’exac­tions qui ont été faites sur les Ukrainiens sont le fait des bri­gades spé­ciales ukrai­niennes.
    Si Zelinsky aimait son peuple, il ferait des pieds et des mains pour que cela s’ar­rête, au lieu d’at­ti­ser le feu en se mon­trant dans tous les pays, même pen­dant le mee­ting du MEDEF !
    Sachez que la véri­té vous rat­trape tôt ou tard et avant de quit­ter cette terre, ils devront régler l’ar­doise quoi qu’il en coûte.

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  4. « Néo-nazis » d’o­pé­rette ! En tous cas, rien à voir avec les com­bat­tants de la Légion des Volontaires fran­çais contre le bol­ché­visme (LVF) qui se sont bat­tus cou­ra­geu­se­ment sur le front de l’Est contre le com­mu­nisme sta­li­nien (relire Saint-Loup : Les Volontaires, les Hérétiques, les Nostalgiques)
    Depuis 1945 la situa­tion a chan­gé. J’ai eu le grand hon­neur de ren­con­trer des res­ca­pés de ces com­bats tita­nesques, des gens admi­rables qui n’a­vaient même pas de haine contre les Russes. L’un d’eux m’a racon­té l’hi­ver 1941 devant Loscou par ‑40° et encore moins !!! impos­sible d’u­ri­ner dehors sous peine d’a­voir « Popol » gelé. Ces gars-là n’ont jamais com­mis d’exac­tions contre les civils russes. Les sur­vi­vants qui furent ver­sés dans la « Division Charlemagne » ont mené les der­niers com­bats à Berlin. J’ignore ce qu’ils pen­se­raient de ces soi-disant « néo-nazis » ukrai­niens ? Le der­nier avec qui j’ai pu par­ler, mal­gré son inter­ne­ment au camp de Tambov où il faillit mou­rir, n’a­vait pas de ran­cune envers les Russes.
    Chacun voit selon son vécu.
    Actuellement, sou­te­nir la Russie est une nécessité.

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    • C’est tout à fait exact. Relisez l’ouvrage « Le rêveur cas­qué » d’un ancien offi­cier Waffen SS de la Charlemagne, et bien d’autres. Pour les cher­cheurs, le fonds des archives à Vincennes.

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