Le Covid ad libitum pour masquer d’autres menaces

par | 16 jan­vier 2022 | 1 com­men­taire

La pandémie au Covid-19 est un formidable outil politique pour faire oublier les autres sujets tout aussi préoccupants

Et la chasse aux non-vac­ci­nés du moment est un écran de fumée très com­mode pour dis­si­mu­ler les épreuves qui se pro­filent. Il en est une, en par­ti­cu­lier, qui fera plus de ravages que le vilain méchant virus pré­sen­té comme exter­mi­na­teur pour ter­ro­ri­ser les foules. Il s’agit de la vague d’inflation qui arrive au galop pour « bien­tôt sub­mer­ger l’Occident et tout pur­ger », alerte Jean-Baptiste Giraud, direc­teur de la rédac­tion d’Économie Matin et Politique Matin (« média trai­neur » de chefs d’entreprises et de per­son­na­li­tés poli­tiques), dans un excellent article paru dans Boulevard Voltaire.

Cette vague, nous dit-il, « va taper dur sur les digues de l’économie occi­den­tale ». Or, nos diri­geants font l’autruche, plus pré­oc­cu­pés à ins­tal­ler leur Nouvel Ordre Mondial tota­le­ment numé­ri­sé dans lequel le QR-code sera roi. Bien que tous les éco­no­mistes, ou presque, annoncent cette vague d’inflation, ils nous assurent que tout va très bien. Et pour le prou­ver, ils nous parlent de « bosse d’inflation » comme le gou­ver­neur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, invi­té sur le pla­teau de BFM Business, ven­dre­di der­nier. Des pro­pos qui se veulent ras­su­rants mais masquent mal la réa­li­té. Aux États-Unis, 7 % d’inflation pour 2021. Un taux jamais atteint depuis 40 ans ! Guère mieux chez notre voi­sin alle­mand qui accuse un 5,3 % dans une zone euro à 5 %. Petit coco­ri­co pour la France qui main­tient un « faible » taux de 2,8 %, selon l’INSEE (mais 3,5 % d’après Rexecode). Si ça, c’est très ras­su­rant, je mange mon clavier !

En réa­li­té, explique Jean-Baptiste Giraud,

l’inflation réelle que les Français subissent au quotidien est bien supérieure.

Certes l’électronique et les for­faits mobiles coûtent tou­jours moins cher, ce qui limite le taux glo­bal de l’inflation. Mais le prix du car­bu­rant à la pompe explose, le prix du gaz grimpe sans cesse, comme celui de l’électricité bien que dans une moindre mesure. En effet, son prix est conte­nu, en par­tie, par « l’interventionnisme à la sovié­tique » de l’État fai­sant que l’électricité n’augmentera que de 4 %, au lieu de 35 %. On serait presque ten­té de remer­cier Macron mais cette « lar­gesse » n’est pas gra­tuite pour autant : elle coû­te­ra près de 20 mil­liards aux contri­buables ! Une « emplette », iro­nise Jean-Baptiste Giraud, qui s’ajoutera aux 3 000 mil­liards d’euros de dettes cumu­lées depuis trente ans. Et puis, dans la saga des hausses, n’oublions pas le prix du maïs qui a bon­di de 40 % depuis jan­vier et celui du blé de 30 %… La liste n’est pas exhaustive.

Alors, oui, la situa­tion est bien plus pré­oc­cu­pante qu’on nous le laisse à croire. Parce que tous les leviers uti­li­sables pour jugu­ler cette vague d’inflation ne fonc­tionnent plus. Raison pour laquelle les banques cen­trales uti­lisent depuis quelque temps déjà des mesures « non conven­tion­nelles » de rachats d’actifs et de cré­dits à taux néga­tifs. Leurs marges de manœuvre sont deve­nues qua­si inexis­tantes. La BCE, sta­tu­tai­re­ment tenue de limi­ter l’inflation en des­sous de 2 %, est d’ores et déjà en situa­tion d’échec total puisque, en zone euro, l’inflation est à 5 %, soit deux fois et demi plus que le maxi­mum auto­ri­sé ! La FED amé­ri­caine, la Banque d’Angleterre et la banque cen­trale du Japon sont dans la même situa­tion. Les mesures « non conven­tion­nelles » n’ont per­mis que de gagner du temps mais n’ont pas étouf­fé l’incendie prêt à s’étendre. Seule la Chine semble voir son hori­zon dégagé.

Dans ce contexte, il faut une sacrée dose de méthode Coué pour par­ve­nir à se ras­su­rer. Car les consé­quences sur le porte-mon­naie des ménages risquent d’être lourdes, sur­tout pour les plus fra­giles. « Ça va tan­guer très fort », ose même Jean-Baptiste Giraud, pour ceux qui sont endet­tés si leurs reve­nus ne sont pas « sécu­ri­sés » ou s’ils aug­mentent moins que l’inflation. D’une manière géné­rale ce sont les per­sonnes à reve­nu fixe (sala­riés) qui seront le plus impac­tées. Car le pou­voir d’achat baisse et le cré­dit à la consom­ma­tion aug­mente. Les épar­gnants aus­si per­dront de l’argent car un euro de demain n’aura pas la même valeur qu’un euro aujourd’hui.

« C’est le moment de rou­vrir nos livres d’Histoire ou, tout sim­ple­ment, de relire quelques vieux jour­naux fran­çais de l’immédiat après-guerre ou d’avant, et sur­tout d’après, 1981. Vous ne serez pas déçu du voyage », conclut l’économiste. Une relec­ture sans doute très utile aux plus jeunes dont le com­por­te­ment consu­mé­riste débri­dé risque d’avoir le plus grand mal à s’adapter. Pour mémoire, après guerre l’inflation avait fri­sé les 60 % et attei­gnait 13,5 % en 1982 !

Charles ANDRÉ
« L’important n’est pas de convaincre mais de don­ner à réflé­chir. »

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Charles André

1 commentaire

  1. Les gens ont le cer­veau vide et les jeunes sont accros aux « games » et réseaux sociaux, ce qui laisse le champ libre au gou­ver­ne­ment pour gérer les crises qu’il a créées et qu’il créera…

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