L’épée à l’ombre de l’équerre et du compas

17 mai 2021 | 1 com­men­taire

Les trois lettres ouvertes de mili­taires :
la pre­mière lan­cée par le site Place d’Armes,
la deuxième, publiée sur le site de Valérie Bugault,
la troi­sième, dite des mili­taires d’ac­tive,
ne cessent de pro­vo­quer des ondes de choc dans l’univers média­tique et politique.

L’ancien sol­dat et celui d’ac­tive viennent d’enfourcher un même che­val de bataille pour la sau­ve­garde d’une patrie mil­lé­naire désor­mais vouée au « chan­tier de décons­truc­tion », selon l’annonce d’un haut res­pon­sable de l’état. Deux sur un même che­val, comme sur le sceau de l’Ordre du Temple :

Sceau Temple

Ce célèbre sceau com­porte, on s’en doute, une signi­fi­ca­tion éso­té­rique. Le double che­va­lier est en réa­li­té l’image d’un preux de chair et d’os – donc mor­tel – et de son Double (son âme) immortel(le), ver­sion médié­vale d’une évo­ca­tion secrète de Castor (l’être péris­sable) et de Pollux (l’être immor­tel), les jumeaux du mythe grec deve­nus les Gémeaux du zodiaque(1).

Retenons l’évocation des Templiers qui trou­ve­ra sa rai­son d’être dans notre propos.

La troi­sième lettre com­porte la for­mule « en leurs grades et qua­li­tés » qui est mani­fes­te­ment un clin d’œil maçon­nique dès lors que pro­non­cée lors des tra­vaux de loge (lire La tri­bune des mili­taires laboure en pro­fon­deur du 11 mai 2021). Il a été éga­le­ment dit que la men­tion du sep­tième cou­plet de La Marseillaise en serait un autre indice. Et pour cause, ledit cou­plet, qui ne fut pas rédi­gé par Rouget de Lisle mais par l’abbé Antoine Pessonneaux(3), semble bien com­por­ter des allu­sions au sym­bo­lisme maçonnique :

« Nous entre­rons dans la car­rière
Quand nos aînés n’y seront plus.
Nous y trou­ve­rons leur pous­sière
Et la trace de leur ver­tu.
Bien moins jaloux de leur sur­vivre
Que de par­ta­ger leur cer­cueil
Nous aurons le sublime orgueil
De les ven­ger ou de les suivre ».

Le pre­mier vers évoque une « car­rière » et ce terme fait, a prio­ri, réfé­rence à une situa­tion pro­fes­sion­nelle (en l’occurrence le métier des armes). Mais il est aisé de prendre ce même mot au sens lit­té­ral : « un lieu d’où sont extraits des maté­riaux de construc­tion » et, comme tel, indis­pen­sable aux maçons.

Maçons - bâtisseurs cathédrales

Tailleurs de pierres médié­vaux. L’exactitude qu’exige leur tra­vail néces­site l’équerre et le com­pas, ins­tru­ments for­mant l’emblème du Compagnonnage et, plus tard, de la Franc-Maçonnerie

Le sixième vers parle de « par­ta­ger un cer­cueil ». Il s’agit de celui de maître Hiram, le mythique archi­tecte du temple de Salomon à Jérusalem. Ce sym­bo­lisme inter­vient lors de la récep­tion du grade de maître maçon.

Cérémonie maçonnique - Cercueil Hiram

Réception à ce grade dans une loge maçon­nique du XVIIIe siècle. L’impétrant est cou­ché sur l’ombre du cer­cueil d’Hiram auquel on ajoute le crâne, les tibias et une équerre. Le tout au milieu des larmes évo­ca­trices de tristesse

Le fait que ce cou­plet soit le sep­tième n’est pas inno­cent non plus. En effet, ce chiffre 7 cor­res­pond à la lettre G, car elle est la sep­tième de notre alpha­bet et l’initiale de Géométrie(2), dis­ci­pline néces­si­tant l’usage de l’équerre et du com­pas. Et, pré­ci­sé­ment, le sym­bo­lisme maçon­nique place le G entre une équerre, figu­rant la « terre » et le com­pas mani­fes­tant, par sa rota­tion, le « ciel ».

Maçonnerie équerre compas_G

Septième lettre de notre alpha­bet, le G figure le pas­sage entre l’être ter­restre (mor­tel) et l’être céleste (immor­tel). Ce qui explique l’omniprésence du chiffre sept dans de diverses tra­di­tions et notre semaine de sept jours s’y réfère

Ces pré­ci­sions énon­cées, si, comme le laissent sup­po­ser de telles réfé­rences maçon­niques dans cette troi­sième lettre, nombre de ces ini­tia­teurs sont membres de diverses obé­diences, cela signi­fie que les connais­sances éso­té­riques en usage dans les loges se conjoint à leur cri d’alarme concer­nant la situa­tion dra­ma­tique vers laquelle se dirige la France.

Expliquons-nous : issue du tra­vail de la pierre et du bois, la sym­bo­lique de base pré­sente en Maçonnerie, sur ce que l’on nomme les « Tableaux de loges », n’est pas, insis­tons sur ce fait, une inven­tion des maîtres maçons du XVIIIe siècle. Elle est direc­te­ment issue des bâtis­seurs de cathé­drales et, avant eux, de ceux qui, à tra­vers toute l’Antiquité, éri­gèrent les monu­ments que l’on connaît. Après les cap­ti­vantes construc­tions romanes, il en a résul­té cet opus fran­ci­ge­num (l’« œuvre fran­ci­lienne ») qui allait émer­veiller toute l’Europe.

Maçons - bâtisseurs cathédrales - équeerre

Miniature médié­vale mon­trant un roi de France visi­tant un chan­tier où se construit une cathé­drale. Au pre­mier plan, à droite, un tailleur de pierres véri­fie l’exactitude de son travail

Car l’élan ver­ti­cal du gothique et sa flo­rai­son de rosaces foca­lise le génie de notre nation. Le peuple qui réa­li­sa de tels pro­diges doit-il, main­te­nant et au nom d’une hypo­thé­tique « diver­si­té » et autre « mon­dia­li­sa­tion (décré­tée) heu­reuse », s’effacer à jamais ? Car les « décons­truc­teurs » de l’Histoire décré­tèrent un jour qu’ « il n’y avait pas de culture fran­çaise mais de culture en France ». C’est l’identité même de ce pays qui était ain­si remise en cause. Et l’incendie de N‑D. de Paris a mon­tré qu’un chef‑d’œuvre pou­vait s’écrouler et par­tir en fumée. D’autant que cet édi­fice, au pied duquel se rejoignent toutes les routes de notre nation, est pré­ci­sé­ment emblé­ma­tique d’un sym­bo­lisme pre­nant plas­ti­que­ment racine dans l’âme fran­çaise tout en expri­mant des concepts hau­te­ment méta­phy­siques(4).

De fait, la Franc-Maçonnerie a sou­vent été consi­dé­rée, par toute une droite iden­ti­taire ou sou­ve­rai­niste, comme un ins­tru­ment de sub­ver­sion. Le mon­dia­lisme et l’encouragement de cer­tains de ses diri­geants osten­si­ble­ment francs-maçons à voir s’opérer un « Grand rem­pla­ce­ment » de popu­la­tion au nom d’un pseu­do huma­nisme déli­ques­cent, ne pou­vaient qu’aller dans ce sens.

Preuve patente de leur ignorance des authentiques significations du symbolisme dont ils se réclament

Il est fort pos­sible que les actuels « hauts gra­dés » (mili­taires autant que maçons) aient pris conscience que l’héritage des construc­teurs de cathé­drales était mena­cé de mort à brève échéance. En regard de l’action sub­ver­sive menée par des indi­vi­dus s’enrageant à faire de la France un open­field pour inva­sion migra­toire, le sou­ve­nir d’une che­va­le­rie tem­plière, nim­bée de légendes, et des « Logeurs du Bon Dieu »(5) (sur­nom de ceux qui édi­fiaient une spi­ri­tua­li­té d’ogives et de vitrail) a sans doute pro­vo­qué un sur­saut dans la conscience des offi­ciers affi­liés à diverses obédiences.

Bref rappel historique expliquant l’attirance de la « Grande Muette » pour la Franc-Maçonnerie :

En France cette orga­ni­sa­tion a vu le jour à la fin du XVIIe siècle à Saint-Germain-en-Laye, dans le milieu d’Écossais en exil, membres de la Garde Écossaise des rois de France fon­dée en 1422 sous Charles VII, et par­mi les offi­ciers du régi­ment Royal Irlandais. La Garde Écossaise est la pre­mière armée royale.

Garde Écossaise - Charles VII

On par­le­ra de « Rite écos­sais ancien et accep­té » puis, dans la der­nière par­tie du siècle de « Rite écos­sais rec­ti­fié », fon­dé par le Lyonnais Jean-Baptiste Willermoz.

Donc, comme on le voit, ce sont des mili­taires qui s’imposent dans la fon­da­tion des loges fran­çaises. Par la suite, il sera cou­rant de voir des uni­formes fré­quen­ter les loges, par­ti­cu­liè­re­ment sous l’Empire et, puisque nous célé­brons l’anniversaire de la mort de Napoléon, rete­nons cette image d’époque ne lais­sant aucun doute sur le rôle émi­nent joué par la Maçonnerie dans l’épopée impé­riale(6) :

Napoléon - Nid aigle - Franc-maçon

Cette allé­go­rie d’un Napoléon sur­vo­lant le monde por­té par un aigle est aus­si celle de la Maçonnerie triom­phante car l’oiseau qui plane au zénith tient dans ses serres l’équerre, le com­pas et la clef du pou­voir. Sous la ban­de­role déployant les signes du zodiaque, on voit l’étoile (dans laquelle s’inscrit la sil­houette humaine) por­tant la lettre G.

La suite des évé­ne­ments se mon­tre­ra des plus inté­res­santes car, comme on vient de le voir, nous assis­tons au retour de concepts qui, sous des aus­pices hau­te­ment spi­ri­tuels, s’inscrivirent dans le Destin de notre nation. L’occasion pour une Maçonnerie authen­tique, se libé­rant enfin des entraves du mon­dia­lisme, d’apporter sa pierre de faîte – la « clef de voûte » – à la recons­truc­tion de la France.

Aux der­nières nou­velles, une autre lettre ouverte, éma­nant, cette fois, des forces de police, est adres­sée au gou­ver­ne­ment. En outre, aux États-Unis, plus d’une cen­taine d’anciens géné­raux viennent de publier un mes­sage aver­tis­sant Biden qu’ils ne tolé­re­ront pas de voir l’Amérique s’effondrer dans le chaos des cas­seurs de sta­tues Black Lives Matter et autres adeptes déments de la woke atti­tude. De part et d’autre de l’Atlantique, même réac­tion enra­ci­née contre l’anéantissement des peuples : « La Fayette nous voi­là ! »(7).

Walther

(1) Cf. P‑G. Sansonetti, Hergé et l’énigme du Pôle, Éditions Le Mercure DauphinoisPaul-Georges Sansonetti - Énigme Pôle
(2) Né en 1761, cette rédac­tion lui vau­dra la vie sauve devant un tri­bu­nal révo­lu­tion­naire bien déci­dé à le pas­ser au « rasoir répu­bli­cain ».
(3) Mais aus­si de « Gnose », autre­ment dit la Connaissance.
(4) Prenons pour exemple le fait sin­gu­lier, signa­lé par des éso­té­ristes, que N‑D. a pris feu exac­te­ment 666 jours après l’élection d’une majo­ri­té pré­si­den­tielle favo­rable à l’idée d’une décons­truc­tion de l’Histoire de France. C’est comme si l’embrasement de ce chef‑d’œuvre répon­dait tra­gi­que­ment à l’indifférence des Français quant à leur mémoire col­lec­tive.
(5) On note­ra le jeu de mots entre logeurs et loge.
(6) Son frère Joseph Bonaparte (1768−1844) : Roi de Naples puis Roi d’Espagne avant de s’exi­ler plus tard aux États Unis. Initié Franc-Maçon à la loge « La Parfaite Sincérité » à Marseille, il devient, en 1804, Grand Maître du Grand Orient de France.
(7)
La-Fayette-nous-voila

1 commentaire

  1. Il ne semble pas que mon mes­sage soit pas­sé, car nous avons eu une panne impromp­tue dans ce hameau de confi­ne­ment où je suis !
    Il pleut beau­coup dans ta planche, cher frère, mais elle est excel­lente. J’avais subo­do­ré la chose en lisant en dia­go­nale la revue VA que je m’é­tais spé­cia­le­ment pro­cu­rée à cette fin.
    Je la reli­rai en paral­lèle de ta réponse et je t’en remer­cie à nou­veau.
    ∴G

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