
Les Jeux Olympiques ? M’en bati !
Pendant que certains politiciens locaux nous vendaient du rêve olympique à grands coups de paillettes, de médailles et de promesses mirifiques, le bon sens populaire a vite flairé l’arnaque. Transformer un stade de 40 000 places en patinoire géante ? Délocaliser l’OGC Nice pendant toute une saison (ou presque) ? Du pur délire… saoudien(1).
Du délire chiffré
Le projet phare prévoyait deux choses :
• couvrir temporairement l’Allianz Riviera pour y installer deux patinoires de hockey (coût estimé : 80 millions d’euros) et
• construire à côté une nouvelle patinoire permanente pour le patinage artistique et le short-track (138 millions d’euros, jusqu’à 186 millions avec aléas).
Au total, plus de 200 millions d’euros rien que pour le pôle glace niçois.
Et qui allait payer ? Les contribuables, évidemment. Selon les documents financiers,
• la Ville de Nice devait mettre environ 37 millions d’euros (20 % environ),
• la Métropole Nice Côte d’Azur et le Département autour de 48 millions,
tandis que l’État et la Région prenaient en charge une grosse part, estimée à 127 millions d’euros pour ce seul volet.
Un beau cadeau des deniers publics pour un barnum éphémère.
Les plus militants l’avaient crié dès le début : ce projet n’était pas pour les Niçois, mais pour d’autres. Le collectif Alliance Écologique et Sociale 06 a multiplié les alertes sur les coûts cachés, les perturbations monstres pour la vie quotidienne (travaux pharaoniques, circulation bloquée, stade indisponible), l’absence de concertation réelle et le bilan carbone surréaliste (produire du froid massif sous le soleil méditerranéen).
Ils avaient raison. Les Niçois ne sont pas contre le sport, ils sont contre le gaspillage.
Les promoteurs du barnum : Estrosi et Muselier

Derrière ce beau rêve glacé, Christian Estrosi (alors maire) et Renaud Muselier (président de la Région) ont poussé le dossier comme des fous. Ils promettaient des retombées colossales (800 M€ à 1,1 Md€ selon eux : tourisme, village olympique, infrastructures…). Le tout financé massivement par l’argent public, avec des intérêts financiers (BTP, événementiel, lobbies) en embuscade.
Pour beaucoup de Niçois, ça sentait le grand classique : des projets pharaoniques qui servent surtout à enrichir quelques-uns, à laisser un legs personnel et à distribuer des subventions. On connaît la chanson : on transforme la ville en chantier, on promet monts et merveilles, et à la fin ce sont les contribuables qui paient la note pendant que les retombées réelles restent souvent en deçà.
Ceux qui regrettent le plus…
Aujourd’hui, ceux qui pleurent le plus fort l’abandon du projet sont souvent les mêmes qui vivent des subventions publiques : promoteurs, entreprises du BTP, associations et structures habituées aux grands flux d’argent public. Pour eux, les JO représentaient un jackpot de commandes, de marchés et d’aides. Pour le Niçois lambda qui paye ses impôts locaux, c’est une économie bienvenue.
Heureusement, le bon sens a frappé
L’élection d’Éric Ciotti comme nouveau maire de Nice a tout chamboulé. Dès sa campagne, il a posé une ligne rouge : hors de question de sacrifier l’Allianz Riviera et l’OGC Nice pour ce délire. Pas de blocage du stade pendant 6 à 9 mois, pas de saison de Ligue 1 en exil, pas de folie financière à plus de 200 M€. Il l’a répété et assumé, y compris récemment devant les patrons locaux.
Résultat : Nice sort du pôle glace des JO 2030. Les épreuves partent vers Lyon ou ailleurs. Et Ciotti l’assume sans complexe : « Les Niçois n’ont pas perdu les Jeux, ils ont gagné 140 à 150 millions d’euros » qu’il entend réaffecter aux clubs amateurs, aux jeunes, aux associations sportives et à la vie locale réelle. Voilà une décision de bon sens que beaucoup applaudissent en silence. Évidemment, Muselier et les anciens promoteurs crient au scandale, à la « déroute » et au « gâchis historique ». On les comprend : leur beau barnum s’effondre. Mais les Niçois, eux, se disent : « Tant mieux ! »
Une leçon plus large
Cette affaire révèle une dissonance criante entre les élites politico-médiatiques et le peuple, qui en a marre des grands projets imposés qui servent surtout à se répartir — entre amis — de l’argent public.
Les Niçois viennent de gagner une médaille d’or… du bon sens. Et ça, ça ne s’achète pas avec des subventions.


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