Les Jeux Olympiques ? M’en bati !

5 juin 2026 | Aucun com­men­taire

Ah les Niçois… Ce peuple déci­dé­ment bizarre qui, au lieu de tré­pi­gner d’impatience à l’idée de voir son stade de foot trans­for­mé en gigan­tesque congé­la­teur pen­dant six à neuf mois, pré­fère que l’Allianz Riviera reste un vrai stade de foot­ball. Quelle bande d’ingrats, vraiment !

Pendant que cer­tains poli­ti­ciens locaux nous ven­daient du rêve olym­pique à grands coups de paillettes, de médailles et de pro­messes miri­fiques, le bon sens popu­laire a vite flai­ré l’arnaque. Transformer un stade de 40 000 places en pati­noire géante ? Délocaliser l’OGC Nice pen­dant toute une sai­son (ou presque) ? Du pur délire… saou­dien(1).

Du délire chiffré

Le pro­jet phare pré­voyait deux choses :
• cou­vrir tem­po­rai­re­ment l’Allianz Riviera pour y ins­tal­ler deux pati­noires de hockey (coût esti­mé : 80 mil­lions d’euros) et
• construire à côté une nou­velle pati­noire per­ma­nente pour le pati­nage artis­tique et le short-track (138 mil­lions d’euros, jusqu’à 186 mil­lions avec aléas).
Au total, plus de 200 mil­lions d’euros rien que pour le pôle glace niçois.

Et qui allait payer ? Les contri­buables, évi­dem­ment. Selon les docu­ments finan­ciers,
• la Ville de Nice devait mettre envi­ron 37 mil­lions d’euros (20 % envi­ron),
• la Métropole Nice Côte d’Azur et le Département autour de 48 mil­lions,
tan­dis que l’État et la Région pre­naient en charge une grosse part, esti­mée à 127 mil­lions d’euros pour ce seul volet.
Un beau cadeau des deniers publics pour un bar­num éphé­mère.

Les plus mili­tants l’avaient crié dès le début : ce pro­jet n’était pas pour les Niçois, mais pour d’autres. Le col­lec­tif Alliance Écologique et Sociale 06 a mul­ti­plié les alertes sur les coûts cachés, les per­tur­ba­tions monstres pour la vie quo­ti­dienne (tra­vaux pha­rao­niques, cir­cu­la­tion blo­quée, stade indis­po­nible), l’absence de concer­ta­tion réelle et le bilan car­bone sur­réa­liste (pro­duire du froid mas­sif sous le soleil méditerranéen).

Alliance Écologique et Sociale 06 - JO Nice 2030

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Ils avaient rai­son. Les Niçois ne sont pas contre le sport, ils sont contre le gaspillage.

Les promoteurs du barnum : Estrosi et Muselier

Nice Jeux Olympiques 2030 - Barnum

Derrière ce beau rêve gla­cé, Christian Estrosi (alors maire) et Renaud Muselier (pré­sident de la Région) ont pous­sé le dos­sier comme des fous. Ils pro­met­taient des retom­bées colos­sales (800 M€ à 1,1 Md€ selon eux : tou­risme, vil­lage olym­pique, infra­struc­tures…). Le tout finan­cé mas­si­ve­ment par l’argent public, avec des inté­rêts finan­ciers (BTP, évé­ne­men­tiel, lob­bies) en embus­cade.
Pour beau­coup de Niçois, ça sen­tait le grand clas­sique : des pro­jets pha­rao­niques qui servent sur­tout à enri­chir quelques-uns, à lais­ser un legs per­son­nel et à dis­tri­buer des sub­ven­tions. On connaît la chan­son : on trans­forme la ville en chan­tier, on pro­met monts et mer­veilles, et à la fin ce sont les contri­buables qui paient la note pen­dant que les retom­bées réelles res­tent sou­vent en deçà.

Ceux qui regrettent le plus…

Aujourd’hui, ceux qui pleurent le plus fort l’abandon du pro­jet sont sou­vent les mêmes qui vivent des sub­ven­tions publiques : pro­mo­teurs, entre­prises du BTP, asso­cia­tions et struc­tures habi­tuées aux grands flux d’argent public. Pour eux, les JO repré­sen­taient un jack­pot de com­mandes, de mar­chés et d’aides. Pour le Niçois lamb­da qui paye ses impôts locaux, c’est une éco­no­mie bienvenue.

Heureusement, le bon sens a frappé

L’élection d’Éric Ciotti comme nou­veau maire de Nice a tout cham­bou­lé. Dès sa cam­pagne, il a posé une ligne rouge : hors de ques­tion de sacri­fier l’Allianz Riviera et l’OGC Nice pour ce délire. Pas de blo­cage du stade pen­dant 6 à 9 mois, pas de sai­son de Ligue 1 en exil, pas de folie finan­cière à plus de 200 M€. Il l’a répé­té et assu­mé, y com­pris récem­ment devant les patrons locaux.
Résultat : Nice sort du pôle glace des JO 2030. Les épreuves partent vers Lyon ou ailleurs. Et Ciotti l’assume sans com­plexe : « Les Niçois n’ont pas per­du les Jeux, ils ont gagné 140 à 150 mil­lions d’euros » qu’il entend réaf­fec­ter aux clubs ama­teurs, aux jeunes, aux asso­cia­tions spor­tives et à la vie locale réelle. Voilà une déci­sion de bon sens que beau­coup applau­dissent en silence. Évidemment, Muselier et les anciens pro­mo­teurs crient au scan­dale, à la « déroute » et au « gâchis his­to­rique ». On les com­prend : leur beau bar­num s’effondre. Mais les Niçois, eux, se disent : « Tant mieux ! »

Une leçon plus large

Cette affaire révèle une dis­so­nance criante entre les élites poli­ti­co-média­tiques et le peuple, qui en a marre des grands pro­jets impo­sés qui servent sur­tout à se répar­tir — entre amis — de l’argent public.

Les Jeux Olympiques d’hiver à Nice ? M’en bati.
Les Niçois viennent de gagner une médaille d’or… du bon sens. Et ça, ça ne s’achète pas avec des subventions.

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Massimo Luce

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