Remèdes écartés : la térébenthine

par | 26 sep­tembre 2026 | 2 Commentaires 

La semaine der­nière nous évo­quions le dioxyde de chlore, ou CDS.
Cette semaine : la téré­ben­thine.
La semaine pro­chaine : le bleu de méthy­lène.
Restez bien à l’écoute !

L’essence de téré­ben­thine est un liquide obte­nu prin­ci­pa­le­ment par dis­til­la­tion de la résine de cer­tains coni­fères, notam­ment des pins. Elle est consti­tuée essen­tiel­le­ment de ter­pènes, en par­ti­cu­lier de mono­ter­pènes comme l’alpha-pinène et le bêta-pinène.

L’utilisation de la résine de pin et de ses déri­vés est ancienne. Dans l’Antiquité, les résines de coni­fères étaient employées pour leurs pro­prié­tés aro­ma­tiques, anti­sep­tiques et médi­ci­nales, mais éga­le­ment pour l’imperméabilisation et la conservation.

Au fil des siècles, la dis­til­la­tion a per­mis d’obtenir une frac­tion vola­tile appe­lée téré­ben­thine. À par­tir du XVIIIᵉ et sur­tout du XIXᵉ siècle, elle a été lar­ge­ment uti­li­sée en méde­cine tra­di­tion­nelle et dans cer­taines pré­pa­ra­tions phar­ma­ceu­tiques.
La téré­ben­thine a notam­ment été uti­li­sée autre­fois sous forme de fric­tions, cata­plasmes ou pré­pa­ra­tions externes, notam­ment pour les dou­leurs mus­cu­laires et arti­cu­laires, les affec­tions res­pi­ra­toires et cer­taines affec­tions cuta­nées. Ces pra­tiques ont pro­gres­si­ve­ment été aban­don­nées ou for­te­ment enca­drées en rai­son de la toxi­ci­té poten­tielle du pro­duit.
Parallèlement, l’es­sence de téré­ben­thine est deve­nue un pro­duit indus­triel important.

Dans les méde­cines anciennes et popu­laires, on lui attri­buait prin­ci­pa­le­ment des pro­prié­tés :
• rubé­fiantes et révul­sives : appli­quée sur la peau, elle pro­voque une sen­sa­tion de cha­leur et une aug­men­ta­tion locale de la cir­cu­la­tion ;
• antal­giques : les fric­tions étaient tra­di­tion­nel­le­ment uti­li­sées contre cer­taines dou­leurs mus­cu­laires et arti­cu­laires ;
• expec­to­rantes : cer­tains déri­vés ont été uti­li­sés his­to­ri­que­ment dans les affec­tions res­pi­ra­toires ;
• anti­sep­tiques : les ter­pènes de la téré­ben­thine pos­sèdent une acti­vi­té anti­mi­cro­bienne in vitro.

Aujourd’hui, l’es­sence de téré­ben­thine est sur­tout uti­li­sée dans le domaine indus­triel, notam­ment comme solvant.

En natu­ro­pa­thie et dans cer­taines approches tra­di­tion­nelles, l’essence pure de téré­ben­thine, est réuti­li­sée suite aux tra­vaux venus prin­ci­pa­le­ment des USA, et par­ti­cu­lier le doc­teur Jennifer Daniels, méde­cin amé­ri­caine, diplô­mée de Harvard et de l’Université de Pennsylvanie, a décou­vert que la téré­ben­thine était réper­to­riée dans le Manuel Merck de 1899 : elle était uti­li­sée pour soi­gner pra­ti­que­ment toutes les mala­dies notam­ment : pneu­mo­nie, mala­die des reins et du cœur, ménin­gite, arthrite, dif­fi­cul­tés abdo­mi­nales, mala­dies pul­mo­naires etc. Actuellement dans la ver­sion actua­li­sée du manuel de Merck, on n’y parle plus que d’empoisonnement et des­truc­tion des reins et des pou­mons. À croire que les anciens étaient sui­ci­daires ou fous.

Merck_Materia_Medica_1899 Docteur Jennifer Daniels

Le doc­teur Daniels a réac­tua­li­sé ce pro­duit natu­rel qui per­met de dépa­ra­si­ter l’organisme de manière simple et peu oné­reuse. Elle l’utilise depuis 30 ans avec suc­cès contre le can­di­da albi­can, et bien d’autres mala­dies telles que : rhu­ma­tismes, par­kin­son, can­cer, autisme, mala­dies auto-immunes… l’autorité médi­cale états-unienne lui a repris sa licence de méde­cin et donc, elle a été obli­gée de s’expatrier au Panama pour conti­nuer à exercer.

D’autres auteurs ont abor­dé l’usage de la téré­ben­thine. Citons : l’Allemand Andréas Kalcker, ou encore le pro­to­cole espa­gnol de Victoria Sanz et Karl Wagner.

Une men­tion par­ti­cu­lière doit être abor­dée sur le dépa­ra­si­tage, l’un des prin­ci­paux emplois de cette essence. En par­ti­cu­lier, l’huile de Haarlem, décou­verte en 1696 par Claes Tilly dans la ville néer­lan­daise de Haarlem, elle est une com­bi­nai­son d’huile essen­tielle de pin (téré­ben­thine), de soufre et de lin. Cette huile était consi­dé­rée comme une pana­cée par les marins néer­lan­dais qui la répan­dirent dans les ports du monde entier. Elle est même dans le lan­gage cou­rant des Pays-Bas pour expri­mer qu’une chose ne four­nit pas la solu­tion atten­due, les Néerlandais disent : « Ce n’est pas de la Haarlemmerolie. »

L’utilisation de ce pro­duit néces­si­te­ra de votre part une cer­taine recherche des pro­to­coles exis­tants ; en veillant sur­tout à ne prendre que de l’essence pure de résine de pin et non pas le pro­duit indus­triel.

Térébenthine

Un pro­to­cole de dépa­ra­si­tage engen­dre­ra pro­ba­ble­ment des réac­tions de votre orga­nisme. En effet, les para­sites peuvent relar­guer des toxines et pro­vo­quer une réac­tion d’Herx. La crise de Jarisch-Herxheimer est une réac­tion tem­po­raire d’un excès de toxines libé­ré dans le corps qui peine à les éva­cuer. Un temps d’adaptation est tou­jours nécessaire.

La semaine pro­chaine, nous abor­de­rons le bleu de méthylène.

Bernard CHRISTIAN

Pour aller plus loin :

L’aromathérapie du Docteur Jean Valnet : Un ouvrage de réfé­rence incon­tour­nable en phy­to­thé­ra­pie qui détaille les pro­prié­tés et les indi­ca­tions de l’huile essen­tielle de téré­ben­thine (pro­ve­nant du pin mari­time) pour les voies res­pi­ra­toires et les contrac­tures musculaires.

De la Térébenthine, de son huile essen­tielle et de quelques pro­duits phar­ma­ceu­tiques à base de téré­ben­thine par Émile Mouchon (1857) : Un ouvrage patri­mo­nial dis­po­nible via la Bibliothèque Nationale de France (BNF) qui retrace l’his­toire phar­ma­ceu­tique et les anciens usages médi­ci­naux de la substance.

Guides spé­cia­li­sés en aro­ma­thé­ra­pie (tels que ceux de la Compagnie des Sens ou d’Aroma-Zone) : Ils recensent les fiches tech­niques modernes, les dosages sécu­ri­sés et les contre-indi­ca­tions par voie cuta­née ou en diffusion.

2 Commentaires 

  1. À pro­pos de mala­die, plus d’in­fos : l’é­veil 43 –> En hom­mage à Jonathan et Yvan, une grande balade en Peugeot 205 et en moby­lettes orga­ni­sée en Haute-Loire

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  2. Un de mes fils me l’a­vait conseillée. Je m’en suis pro­cu­ré et puis l’ai lais­sée aux oubliettes. Votre rap­pel, très inté­res­sant, va me déci­der à en prendre.

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