Daniel Cordier et Jean Moulin, une amitié particulière

30 novembre 2020 | 7 Commentaires 

Le pénultième Compagnon de la Libération, le centenaire Daniel Cordier a rendu l’âme

Dans ces heures les plus sombres de notre Histoire, ce résis­tant de la pre­mière heure a rejoint l’ar­mée des ombres, para­chu­té en 1942 dans la France de la Collaboration. Il en a été le fidèle appui de Jean Moulin qu’on ne pré­sente plus, jus­qu’à l’ar­res­ta­tion de celui-ci en 1943.

Après les civils Simone Veil, Jean d’Ormesson, Claude Lanzmann, Charles Aznavour, Jean Daniel, Samuel Paty, c’est à Daniel Cordier de rece­voir son hom­mage natio­nal macro­nien sur le pavé de la cour des Invalides.Daniel Cordier - Hommage Invalides - 26 novembre 2020

« Entre ici, Jean Moulin Daniel Cordier… » Faute du talent d’i­mi­ta­teur de la voix che­vro­tante d’André Malraux, ce sont les yeux rou­gis de larmes de cro­co­dile que l’ac­teur de théâtre Emmanuel Macron a sur­joué le pané­gy­rique du secré­taire par­ti­cu­lier de Jean Moulin, alias Rex pour la Résistance. Macron - comédie hommage Daniel Cordier - 26 novembre 2020 (2)

« Il était l’un des deux der­niers Compagnons de la Libération. Daniel Cordier est mort aujourd’hui. Avec lui, c’est la mémoire vivante de la Résistance qui s’éteint… Cet amour (de la France) prit d’abord la forme doc­tri­naire d’un enga­ge­ment natio­na­liste à l’Action fran­çaise, mais se mua à l’heure des com­bats en un patrio­tisme fra­ter­nel… »

Ouf ! Ce jeune roya­liste éga­ré, maur­ras­sien, d’eSStrême-drouate, anti-répu­bli­cain, est ren­tré dans l’ordre répu­bli­cain, grâce au grand Charles de Gaulle et l’a­mour (pla­to­nique) pour son men­tor, Rex. C’est que, si Rex col­lec­tion­nait les femmes, Cordier leur pré­fé­rait les gar­çons. Il décla­rait à ce sujet :

« Je vous assure qu’il n’y a jamais eu la moindre ambi­guï­té entre Moulin et moi, pour la bonne rai­son que j’ai tou­jours aimé les gar­çons de 20, 21 ans, jamais au-delà. Plus de 21 ans, pour moi, c’était impos­sible. Maintenant, j’ai 94 ans et je ne suis plus rien. Mais l’idée de voir nu un homme de 40 ans me dégoûte et me révulse. Si Moulin, en admet­tant qu’il ait pu être homo­sexuel, ce qui est une hypo­thèse absurde, avait mani­fes­té le désir de cou­cher avec moi, ou m’avait fait la moindre avance, j’aurais deman­dé aus­si­tôt qu’on me change d’affectation et exi­gé de reve­nir à Londres. Moulin était tout le contraire d’un homo­sexuel, il était un homme à femmes. Je n’en ai connu que quelques-uns dans ma vie, comme mon kiné­si­thé­ra­peute actuel­le­ment. C’est-à-dire des hommes qui font l’amour avec quatre ou cinq femmes dif­fé­rentes par jour. Moulin était ain­si, ça lui était indis­pen­sable. »

Macron conti­nue : « Lorsque cette France pour laquelle il s’était bat­tu lui fut enfin ren­due, lorsqu’il ne fut plus ques­tion de sur­vivre mais de vivre, Daniel Cordier sen­tit en lui un inépui­sable appé­tit de voyage, de décou­verte et d’art. Car Jean Moulin lui avait par­ta­gé sa pas­sion de la pein­ture, pous­sant devant lui les portes de mondes incon­nus. Alors, ce qui pen­dant la guerre avait été son jar­din secret devint sa rai­son de vivre. »

De quel jar­din secret fait allu­sion Emmanuel Macron qui se sent si en com­mu­nion avec Daniel Cordier, l’a­mour de l’art ou celui des gar­çons ? C’est dans le milieu de l’art cos­mo­po­lite et celui de la diver­si­té que Cordier vivra le reste de ses jours. Il devint même le tuteur du jeune chan­teur homo­sexuel Hervé Vilard, celui de « Capri c’est fini ♪♫ ». De là à dire que c’é­tait la ville de leur der­nier amour.

« Tous les espoirs et les grands noms de la pein­ture abs­traite se côtoyèrent bien­tôt dans la gale­rie qu’il ouvrit à Paris en 1956… Il voya­geait, ache­tait des œuvres pour son propre compte, orga­ni­sait des expo­si­tions et contri­bua à la fon­da­tion du Centre Pompidou… » La réfé­rence de l’art contemporain.

Puis dans l’é­cri­ture de ses mémoires : « Mais cette épo­pée artis­tique fut inter­rom­pue en 1977 lorsque le résis­tant Henri Frenay publia L’Énigme Jean Moulin, qui lais­sait entendre que Moulin, mal­gré son indé­niable héroïsme, jouait un double jeu et ser­vait en réa­li­té les com­mu­nistes. Pour réta­blir la véri­té, Daniel Cordier se lan­ça dans un tra­vail bio­gra­phique long de vingt ans et de six volumes. »

Tel le coif­feur homo­sexuel Guy-Hubert, Super-Résistant dans Papy fait de la résis­tance, Papy Cordier res­te­ra un super-héros de cette sombre époque dont on ne démê­le­ra plus qui étaient les bons et les méchants.Papy fait résistance- Film

Les com­mu­nistes, les col­la­bos, les résis­tants, les juifs, les homo­sexuels, les gaul­listes, les pétai­nistes, mais tous estam­pillés répu­bli­cains. Pas natio­na­listes, pas patriotes, encore moins roya­listes ! Républicains ! La France aura été un panier de crabes pen­dant six années jus­qu’à l’é­pu­ra­tion et les têtes de femmes rasées en 45. Aujourd’hui, tout le monde se réclame du camp des vain­queurs, l’Histoire offi­cielle est gaul­liste. Et qui­conque s’en écarte va en pri­son, comme Soral, Ryssen et d’autres.

En 1940, Daniel Cordier vou­lait se battre dans la lumière, en sol­dat, les armes à la main. C’est tout à son hon­neur. Le sort en aura vou­lu autre­ment. Il aura tra­ver­sé la guerre dans l’ombre, sans tirer un coup de feu. Dans la clan­des­ti­ni­té « vertueuse ».

Le der­nier sur­vi­vant de la Grande Guerre, Lazare Ponticelli décé­dé en 2008 à 110 ans était légion­naire. Le der­nier des Compagnons de la Libération sera aus­si légion­naire. Hubert Germain a com­bat­tu dans les Forces Françaises Libres, notam­ment à Bir Hakeim en 1942. Il fini­ra une car­rière poli­tique gaul­liste, c’est moins glo­rieux, ministre de Pompidou.

Hubert Germain - résistant légionnaire

Il reste aujourd’­hui le der­nier des 1038 com­pa­gnons de la libé­ra­tion : Hubert Germain

Centenaire lui aus­si, sou­hai­tons-lui encore une longue vie pour que lui soit épar­gné l’hom­mage empha­tique du chef théâ­tral des armées d’aujourd’hui.

Michel Lebon

7 Commentaires 

  1. Mon grand-père a fait quatre ans de guerre : de 1941 à 1945.
    Il a fait toute la cam­pagne d’Italie avec les troupes d’Afrique du Nord, notam­ment le débar­que­ment de Monte Cassino. Puis le débar­que­ment de Saint Tropez.
    Il nous racon­tait qu’au fur et à mesure qu’il par­ti­ci­pait à la libé­ra­tion de la France, il y avait de plus en plus de « résis­tants ». Quand on leur disait : « Rejoignez l’ar­mée et remon­tez avec nous jus­qu’en Allemagne ! », les « résis­tants » de quelques jours rétor­quaient : « Non, non, nous on reste ici. »
    Mon grand-père, bles­sé plu­sieurs fois, offi­cier de la Légion d’Honneur à titre mili­taire, ne se fai­sait pas d’illu­sion sur la mani­pu­la­tion his­to­rique qui a glo­ri­fié « LA » résis­tance parce-qu’il fal­lait que la France appa­rût du côté des vain­queurs en 1945 après avoir bien col­la­bo­ré pen­dant l’oc­cu­pa­tion. Mitterrand, futur Président de la République, en est le par­fait exemple.

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  2. Bravo Michel Lebon pour cet excellent article fort per­ti­nent et remarquable.

    Avec la République tout s’accélère jusqu’à la propre fin de celle-ci, espé­rons !
    Les lois de la gueuse subissent l’empreinte des cir­cons­tances plu­tôt que de les domi­ner, même lorsque les dites cir­cons­tances ont été pro­vo­quées, sciem­ment ou non, par cette chose publique.
    Bien sûr la République a ses idoles et ses ido­lâtres. Les pre­miers sont morts, et bien morts, et pour­rissent d’ailleurs au Panthéon, les seconds font sem­blant d’exis­ter, tout en se rêvant résis­tants au moins média­ti­que­ment, braillant des slo­gans abs­cons, pour­tant per­ro­que­tés par le plus grand nombre : « valeurs répu­bli­caines, gestes citoyens, laï­ci­té, etc… l’immigration est une chance pour la France » et un tas d’autres slo­gans anti Le Pen (le vrai, le père) en fait véri­table résis­tant… Il sem­ble­rait que la réa­li­té têtue com­mence à faire vaciller « le camp répu­bli­cain » qui se révèle bien être celui des col­la­bos.
    Bien sûr, il existe des rebelles, géné­ra­le­ment auto­ri­sés parce qu’utiles à gui­der le grand trou­peau que consti­tuent les pre­miers ; il s’agit de petits, gros ou grands bour­geois, ils furent lam­ber­tistes, maoïstes, mais ils sont ran­gés des bécanes, ils ont fait car­rière, ren­tiers de la poli­tique ten­dance caviar et pat­chou­li ; leurs mar­mailles, légi­times ou non, sont sur la même lignée avec leur touche per­so, mais tout aus­si orgueilleuses et braillardes. Ils arborent un pin’s du Che, la tête explo­sée par les pétards et les écrans. De vrais guer­riers Nintendo, prêts à faire la Révolution pour sau­ver leur retraite. Ils font vache­ment peur ! Ils sont pour tout et contre tout, pour le mariage pour tous (même avec la Tour Eiffel, c’est délire !) mais contre le mariage, contre la peine de mort mais pour l’a­vor­te­ment, contre les inter­dits mais pour la cha­ria, contre la pol­lu­tion mais pour consom­mer tou­jours plus…

    La République est une farce dont les vic­times sont les acteurs.

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  3. Rien d’autre à écrire ? Pourquoi cher­cher à salir la mémoire d’un résis­tant ? Il était pédé ? Et alors ? Ça vous défrise tant que ça ??? Par contre, on ne vous entend pas beau­coup sur les sujets pré­oc­cu­pants qui défraient la chro­nique. Vous devriez vous y inté­res­ser, ce serait plus judicieux.

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    • Dans la même veine, qui était ce blanc-bec de 20 ans qui salis­sait la mémoire du héros Pétain ?
      Dans l’ad­mi­ra­tion, ou pas, de la Résistance, on ne nous met­tra pas d’ac­cord. Relisez-mieux l’ar­ticle, je ne reven­dique que le doute.
      J’ai, même si cela peut vpous cho­quer, un rejet du mili­tant très actif qu’il fut le reste de sa vie. Le mariage pour tous et tous ces com­bats (GPA, PMA…) pour ce qui est main­te­nant une puis­sante com­mu­nau­té qui nous impose sa « moder­ni­té » de la famille.
      C’est là un sujet très pré­oc­cu­pant, qui ne défraie plus la chro­nique car défi­ni­ti­ve­ment admis dans les cer­veaux. Vous, sans doute ?

    • Ce n’est pas la pre­mière fois que je vous vois réagir de façon épi­der­mique à des com­men­taires. Il semble que vous avez beau­coup de mal à accep­ter la contra­dic­tion… comme Macron.
      Je vous ai relu : « Tel le coif­feur homo­sexuel Guy-Hubert, Super-Résistant dans Papy fait de la résis­tance, Papy Cordier res­te­ra un super-héros de cette sombre époque dont on ne démê­le­ra plus qui étaient les bons et les méchants. » Si ce n’est pas de l’ironie mépri­sante, ça, qu’est-ce que c’est ? Quant au « doute »’, vous sem­blez plu­tôt affir­ma­tif là.

    • effec­ti­ve­ment, vous avez rai­son de dire cela car j’ai consta­té qu’il y a tou­jours un pin­pin tor­du pour aller cher­cher des argu­ments réduc­teurs pour essayer de réduire la dimen­sion d’un per­son­nage dont le cou­rage n’est plus a prou­ver.! Je ne savais pas que Cordier était homo , et alors , cela ne change rien a l’ad­mi­ra­tion qu’on lui doit pour la vie dan­ge­reuse qu’il a accep­té. Combien aurait accep­té de mener une telle vie clan­des­tine dans de telles conditions !

    • PD, c’est pas bien, c’est anti éco­lo­gique, la nature a fait l’homme et la femme pour la repro­duc­tion, pas pour mettre du caca sur le zizi. La vie et la repro­duc­tion sont les valeurs essen­tielles de l’hu­ma­ni­té. Il faut en par­ler tous les jours.
      Mais il faut des per­ver­tis pour connaitre la véri­té vraie et non les moeurs falacieuses.

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