Loi contre le séparatisme : une mascarade

7 février 2021 | 2 Commentaires 

Emmanuelle Ménard, dépu­tée non ins­crite de l’Hérault, très pré­sente et très active sur la ques­tion du « sépa­ra­tisme », n’est pas du tout satis­faite du pro­jet de loi du gou­ver­ne­ment qui confor­te­rait « le res­pect des prin­cipes de la République ». Selon elle, ce texte passe com­plè­te­ment à côté du pro­blème et refuse de nom­mer l’ennemi isla­miste et son lien avec l’immigration. Elle s’est expri­mée dans Valeurs Actuelles.

Emmanuelle Ménard

Emmanuelle Ménard

En géné­ral, dit-elle, lorsque le gou­ver­ne­ment pré­sente un pro­jet de loi, il a une idée bien arrê­tée sur le texte qu’il veut faire adop­ter. Il en arrive à lais­ser modi­fier des choses à la marge, quelques petites dis­po­si­tions, mais jamais rien en pro­fon­deur. Elle fus­tige les évo­lu­tions séman­tiques du gou­ver­ne­ment qui est pas­sé d’une loi « contre le sépa­ra­tisme », à une loi « pour la laï­ci­té », avant de finir avec une loi sur « les prin­cipes de la République ». Pourtant, quand Emmanuel Macron pro­nonce son dis­cours aux Mureaux, dit-elle, il nomme clai­re­ment l’islamisme comme enne­mi de la France ; à l’arrivée, on n’a plus que le res­pect des prin­cipes de la République. Et de dénon­cer cette peur de « stig­ma­ti­ser », ce mot mul­ti-usage si cher à la Bien-Pensance mais qui tra­hit par­fai­te­ment l’incapacité à regar­der la réa­li­té en face.

L’intitulé du pro­jet de loi concerne désor­mais tout le monde et ne vise plus l’islamisme en par­ti­cu­lier. C’est de la lâche­té mêlée d’idéologie : il y a la trouille d’être poin­té du doigt et taxé d’islamophobie et, idéo­lo­gi­que­ment, il ne faut pas fâcher l’aile gauche du par­ti. Donc, on met tout le monde dans le même sac !

Autre exemple : pour mieux lut­ter contre l’islamisme, ce pro­jet de loi s’attaque à l’instruction en famille, qui concerne 1,6 % des élèves en France. Sur cette petite mino­ri­té d’élèves, seuls 2 % ne répondent pas aux cri­tères requis par l’Éducation natio­nale. Mais au lieu de s’attaquer à ces 0,032 % qui posent pro­blème, le gou­ver­ne­ment s’en prend à tout le monde. Il avait même pré­vu l’interdiction pure et simple de l’enseignement en famille. Face au tol­lé pro­vo­qué par cette mesure, l’exécutif est reve­nu sur cette inter­dic­tion qui sera rem­pla­cée par un régime d’autorisation… Mais on sait bien qu’une liber­té qui néces­site une auto­ri­sa­tion n’est plus tout à fait une liberté.

Certes, il y a des points posi­tifs dans ce texte mais jamais on ne va jusqu’au bout. La neu­tra­li­té des agents du ser­vice public, c’est très bien, mais il n’y a rien sur les mamans qui portent le voile alors qu’elles encadrent des sor­ties sco­laires et qui, de fait, deviennent des agents béné­voles du ser­vice public. Idem pour la lutte contre la poly­ga­mie, les mariages for­cés et les cer­ti­fi­cats de vir­gi­ni­té. Chaque fois, on s’arrête au milieu du gué, déplore la dépu­té de l’Hérault.

Pour elle, le grand absent, c’est le lien entre isla­misme et immi­gra­tion qui est pour­tant une évi­dence. On ne peut pas nier que l’immigration de masse nour­rit l’islamisme en France. Or, le gou­ver­ne­ment nie ce lien : « C’est une erreur grave et même, je pèse mes mots, mor­telle pour notre pays », pré­vient Emmanuelle Ménard. De même, ne pas abor­der la ques­tion du voile est une autre grande faute du gou­ver­ne­ment. Celui-ci se fait pié­ger par les isla­mistes qui veulent faire croire qu’il s’agit d’une dimen­sion spi­ri­tuelle alors qu’en fait, ils veulent impo­ser un nou­vel ordre social et poli­tique : « Le voile est le sym­bole de cette contre-socié­té que les isla­mistes entendent éta­blir dans notre pays », conclut-elle.

Emmanuelle Ménard a dépo­sé 150 amen­de­ments qui ont peu de chance d’aboutir, notam­ment ceux qui touchent de près ou de loin à l’immigration, au contrôle des pres­ta­tions sociales pour les cas de poly­ga­mie ou encore sur le voile. Une qua­ran­taine d’entre-eux a déjà été décla­rée « irre­ce­vable ». Par ailleurs, la majo­ri­té ver­rouille le débat : non contente de tailler dans le vif des amen­de­ments et d’user de la pro­cé­dure accé­lé­rée pour faire pas­ser le texte, elle a annon­cé son exa­men « en temps légis­la­tif pro­gram­mé », soit 40 heures de débats en tout, dont 50 minutes seule­ment pour les dépu­tés non ins­crits, soit deux minutes par per­sonne ! Assurément, la démo­cra­tie fran­çaise est bien défaillante [cf. le Global Democracy Index].

Enfin, pour éli­mi­ner défi­ni­ti­ve­ment l’adversaire, le meilleur moyen est de lan­cer une polé­mique. On accuse donc Emmanuelle Ménard d’avoir uti­li­sé les termes « racines chré­tiennes » et « État fran­çais » dans un pro­jet dépo­sé la semaine der­nière comme étant la bonne loi à pro­mul­guer contre l’islamisme. Il n’en fal­lait pas plus pour dénon­cer des réfé­rence à… « Vichy » ! L’inusable reduc­tio ad Hitlerum, si chère au clan du Bien. C’est impa­rable… Mais com­bien de temps encore les Français vont-ils se lais­ser abu­ser par ce pro­cé­dé aus­si déloyal qu’éculé ?

Charles André

2 Commentaires 

  1. La femme se couvre la tête pour prier dans l’Eglise. Pas dans la rue pour pro­vo­quer et faire le pro­sé­ly­tisme de cette reli­gion de haine.
    « Tu ne recon­naî­tras aucune autre reli­gion sauf celle du livre après qu’ils se soient humi­liés et qu’ils aient payé l’im­pôt. »
    C’est l’é­tat de dihi­mi­tudes réser­vé aux juifs et aux chré­tiens dans les pays d’islam.

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  2. Emmanuelle Ménard uti­lise les termes « racines chré­tiennes ». Alors qu’elle applique l’Evangile sur la ques­tion du voile. Saint Paul 1ere êpitre aux Corinthiens cha­pitre 11 :
    1 Soyez mes imi­ta­teurs, comme je le suis moi-même du Christ.
    2 Je vous loue, [mes frères], de ce que vous vous sou­ve­nez de moi à tous égards, et de ce que vous rete­nez mes ins­truc­tions telles que je vous les ais don­nées.
    3 Je veux cepen­dant que vous sachiez que le chef de tout homme c’est le Christ, que le chef de la femme, c’es l’homme, et que le chef du Christ, c’est Dieu.
    4 Tout homme qui prie ou qui pro­phé­tise la tête cou­verte, désho­nore sa tête.
    5 Toute femme qui prie ou qui pro­phé­tise la tête non voi­lée, désho­nore sa tête : elle est comme celle qui est rasée.
    6 Si une femme ne se voile pas la tête, qu’elle se coupe aus­si les che­veux. Or, s’il est hon­teux à une femme d’a­voir les che­veux cou­pés ou la tête rasée, qu’elle se voile.
    7 L’homme ne doit pas se cou­vrir la tête, parce qu’il est l’i­mage de la gloire de Dieu, tan­dis que la femme est la gloire de l’homme.
    8 En effet, l’homme n’a pas été tiré de la femme, mais la femme de l’homme ;
    9 et l’homme n’a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme.
    10 C’est pour­quoi la femme doit, à cause des anges, avoir sur la tête un signe de sujé­tion.
    11 Toutefois, ni la femme n’est sans l’homme, ni l’homme sans la femme, dans le Seigneur.
    12 Car, si la femme a été tirée de l’homme, l’homme aus­si naît de la femme, et tout vient de Dieu.
    13 Jugez-en vous-mêmes : est-il bien­séant qu’une femme prie Dieu sans être voi­lée ?
    14 La nature elle-même ne nous enseigne-t-elle pas que c’est une honte à un homme de por­ter de longs che­veux,
    15 tan­dis que c’est une gloire pour la femme qu’une longue che­ve­lure, parce que la che­ve­lure lui a été don­née en guise de voile ?
    16 Si quel­qu’un se plaît à contes­ter, nous n’a­vons pas cette habi­tude, non plus que les Eglises de Dieu.
    17 Mais en vous recom­man­dant ce point, je n’ai garde de vous louer de ce que vous vous assem­blez, non pour votre avan­tage, mais pour votre pré­ju­dice.

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