Covid : l’Europe a‑t‑elle pris les bonnes mesures ?

18 mai 2021 | 3 Commentaires 

Après plus d’un an de psy­cho­drame euro­péen, le recul est main­te­nant suf­fi­sant pour per­mettre des études sur l’efficacité des mesures prises face à la Covid.

La plus sérieuse réa­li­sée à ce jour, publiée dans la revue Nature, est l’œuvre du Complexity Science Hub Vienna, situé en Autriche. Les cher­cheurs diri­gés par le spé­cia­liste Peter Klimek ont com­pa­ré pas moins de 6 000 mesures réper­to­riées dans 79 pays. Leurs conclu­sions montrent que le confi­ne­ment total n’a qu’une effi­ca­ci­té « modé­rée » (pour ne pas dire nulle ?) pour réduire l’incidence de l’infection. Par ailleurs, des cher­cheurs fran­co-alle­mands ont consta­té, de leur côté, que les couvre-feux n’ont qu’un effet « mineur » (autre pré­cau­tion de langage ?).

Nonobstant, nos diri­geants s’obstinent dans l’enfermement des popu­la­tions, indif­fé­rents aux dom­mages col­la­té­raux cau­sés à l’économie et à la san­té psy­chique des popu­la­tions. Si la France, pour de basses consi­dé­ra­tions élec­to­ra­listes, entame enfin son décon­fi­ne­ment, Angela Merkel, elle, main­tient le cap. Elle enfonce tou­jours plus son pays dans la dépres­sion mais garde la main ferme sur l’étouffoir. Depuis novembre, tous les com­merces non ali­men­taires, les débits de bois­son, les res­tau­rants, les ciné­mas et les théâtres res­tent fer­més presque par­tout dans le pays et, dans plu­sieurs Länder, les écoles ont gar­dé portes closes ou ont fonc­tion­né en classes alter­nées. Actuellement, dans le dis­trict de Waldshut, tout est fer­mé en rai­son d’une aug­men­ta­tion des cas. On com­prend que Mutti peste de voir les Suisses assis à la ter­rasse des cafés ou en groupes dans les parc après les avoir vus, mal­gré elle, déva­ler les pistes de ski cet hiver.

Si l’on se réfère aux mesures prises dans cha­cun de ces deux pays, le virus aurait logi­que­ment dû faire plus de dégâts en Suisse qu’en Allemagne. Or, ce n’est pas le cas : rap­por­tées à leurs popu­la­tions res­pec­tives, les sta­tis­tiques montrent que ces deux pays sont tou­chés par le virus de manière à peu près iden­tique. Le taux d’incidence sur 7 jours en Allemagne est légè­re­ment infé­rieur de 8,5 point seule­ment par rap­port à la Suisse. Et ce taux dimi­nue dans les deux pays à peu près au même rythme. Ce qui fait dire à Martin Hagen, pré­sident du groupe par­le­men­taire de Bavière et membre du comi­té exé­cu­tif fédé­ral du FDP, que des mesures aus­si rigou­reuses n’étaient pas for­cé­ment néces­saires : « L’évolution à peu près égale des infec­tions dans les deux pays est un signe clair que de nom­breuses mesures prises dans notre pays étaient et sont super­flues », a‑t-il décla­ré. Et de féli­ci­ter la Suisse pour sa résis­tance dans le bras de fer avec l’Allemagne à pro­pos des sta­tions de ski : « Les pistes de ski suisses ne sont pas deve­nues des foyers de la pan­dé­mie », fait-il per­ti­nem­ment observer.

L’étude explique cepen­dant que la simi­li­tude des courbes d’infection dans ces deux pays est due à deux fac­teurs. Le pre­mier, le plus impor­tant en Europe, est la sai­son­na­li­té : les sai­sons sont plus mar­quées en Europe que dans les autres régions du monde. Et donc, « la ten­dance à la baisse n’a pas grand-chose à voir avec les mesures prises par les gou­ver­ne­ments ». Toutefois, la poli­tique moins res­tric­tive de la Suisse face à la Covid aurait quand même eu un impact sur le nombre de cas. Quant au deuxième fac­teur, selon Peter Klimek, c’est l’évolution de la vac­ci­na­tion. En dépit de mesures moins strictes, la Suisse enre­gistre une baisse du nombre de cas. Pour autant, le spé­cia­liste se refuse à admettre que l’approche suisse est la plus efficace.

Reste la ques­tion des muta­tions du virus, gros fac­teur d’incertitude : « Nous ver­rons cer­tai­ne­ment un nou­vel élan à l’automne, pré­dit le cher­cheur, mais il pour­ra pro­ba­ble­ment être contrô­lé au niveau régio­nal ; je ne vois plus la néces­si­té de pro­cé­der à des fer­me­tures à grande échelle ». Puisse-t-il être enten­du par nos diri­geants para­noïaques. En France, on peut l’espérer vu que Macron, pré­oc­cu­pé par sa réélec­tion, fera tout pour appa­raître sym­pa­thique. Mais chez nos voi­sins euro­péens, en par­ti­cu­lier en Allemagne, tout reste pos­sible. Probablement, comme l’explique Martin Hagen, parce qu »« en Allemagne, il y a encore une nos­tal­gie de l’État auto­ri­taire ».

Charles André

« L’important n’est pas de convaincre mais de don­ner à réflé­chir. »

3 Commentaires 

  1. La Suède sans confi­ne­ment ni fer­me­tures a moins de cas par 100000/​habitants que nous !!!

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  2. En tout cas l’UE ne doit pas se confondre avec les EU qui sont des États sans iden­ti­té pro­fonde, réunis par syn­cré­tisme poli­tique, non par iden­ti­té d’État-Nation.

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  3. Non l’UE dicte comme tou­jours ses mau­vais choix pour NOS VIES. L’UE sert comme son habi­tude les inté­rêts finan­ciers des grosses socié­tés et des plus for­tu­nés, au détri­ment des citoyens.

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