En prison pour avoir décroché le drapeau européen

31 mai 2021 | 7 Commentaires 

Ce vendredi 28 mai, au tribunal de Nice : un an de prison pour Pascal pour avoir simplement décroché quatre drapeaux européens au fronton de la mairie de Saint-Martin-Vésubie

Pascal est un Gilet Jaune Motard du 06 de la pre­mière heure. C’est bien là son prin­ci­pal défaut pour la jus­tice. Connu de tous pour sa bonne humeur et tou­jours là pour expri­mer sa colère face à ce gou­ver­ne­ment qui méprise les Français

Pascal sur sa moto

Motards 06 - Gilets Jaunes (2)

2019, Nice La Libération (Pascal dans le cercle rouge)

Motards 06 - Gilets Jaunes

Pour quel­qu’un comme Pascal et la majo­ri­té des Français (*) qui n’ap­pré­cient pas spé­cia­le­ment l’Europe poli­tique qui nous a été impo­sée à la trique, il faut dire que 6 dra­peaux euro­péens au fron­ton de cette mai­rie, qui encadrent seule­ment 4 dra­peaux fran­çais, c’est de la pro­vo­ca­tion ! Un appel à la rébel­lion ! Enfin bref.

Le 6 mai, atta­blé tran­quille­ment avec des amis à dégus­ter une bonne bière en ter­rasse, notre sexa­gé­naire Saint-Martinois de 64 ans s’est lan­cé dans l’es­ca­lade pour aller décro­cher les dra­peaux bleus aux douze étoiles jaunes de la honte. Alertée, la maré­chaus­sée forte de deux gen­dar­mettes fra­giles a inter­pel­lé le rebelle.

Au tri­bu­nal, extraits des débats :
- Le juge : « Habituellement pour ce type de faits, ce sont soit des gamins, soit des per­sonnes ivres, soit des indi­vi­dus qui agissent par idéo­lo­gie. Dans quelle caté­go­rie êtes-vous ?»
- Pascal : « Plutôt par idéo­lo­gie, cette époque ne me convient pas ». Il rap­pelle le réfé­ren­dum reje­té de Maastricht, le taux d’abstention lors de la der­nière élec­tion pré­si­den­tielle… Il regrette tout de même son com­por­te­ment, « une bêtise », « une pitre­rie », se défend-il.
- La par­tie civile : Me Audrey Giordan s’irrite des argu­ments du pré­ve­nu : « Monsieur pré­tend que les gen­darmes se sont jetées sur lui pour l’interpeller. En réa­li­té, la cheffe de la bri­gade est négo­cia­trice. C’est une femme de dia­logue qui a ten­té de par­le­men­ter pen­dant vingt minutes ».
- Le pro­cu­reur : il requiert une peine de deux ans d’emprisonnement ferme et des répa­ra­tions finan­cières lourdes au pro­fit des gen­dar­mettes. N’importe quoi ! Et pour­quoi pas le bagne, tant qu’on y est ?
- L’avocat de pas­cal : Me Thierry Boufflers conteste l’état d’ivresse de son client. « Il a le sens de l’équilibre puisqu’il monte et des­cend d’une échelle ». Pas mal, à 64 ans.
- Le pré­sident du tri­bu­nal : Alain Chemama condamne Pascal à un an de pri­son au lieu de deux. Il devra rem­bour­ser le télé­phone endom­ma­gé et ver­ser 500 euros de dom­mages et inté­rêts à cha­cune des deux gen­dar­mettes fra­giles. Bien évi­dem­ment aucune vio­lence n’a été com­mise ni consta­tée par cer­ti­fi­cat médi­cal. Tout au plus, notre Pascal a « trai­té » la cheffe gen­dar­mette de « cocotte ». Propos reçus comme sexistes et désa­gréables. Personnellement, je trouve cela plu­tôt gen­til, pas vous ?

Décidément, le dra­peau euro­péen a du mal à flot­ter sur la mar­mite, la France est une cocotte minute prête à explo­ser.
Pour les Gilets Jaunes, le divorce va jus­qu’à l’au­to­da­fé du bout de tis­su détesté.

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Les Gilets Jaunes ont décro­ché le dra­peau euro­péen devant la mai­rie de Forbach. Ils l’ont ensuite brû­lé. © Pascal Mittelberger

Florian Philippot, à l’occasion du 1er mai, décro­chait le dra­peau euro­péen du bâti­ment des impôts de Forbach. Le pré­sident du groupe Les Patriotes dénon­çait les neuf mil­liards d’euros qui partent en pure perte chaque année de la France vers l’Union Européenne.

Étrange jus­tice où Pascal, Johan L., Vincent R. et bien d’autres prennent de la taule pour pas grand chose ou quelques écrits. Pendant que d’autres, aux pré­noms exo­tiques, sont libé­rés de leurs assas­si­nats, au pré­texte qu’ils souffrent de troubles psy­cho­lo­giques ou qu’ils sont vic­times de la « radicalisation ».

Pascal, la pro­chaine fois au lieu de boire une pres­sion, fume un pétard et mets toi un enton­noir sur la tête. Ça rend irres­pon­sable pour les magis­trats idéo­logues qui rendent la jus­tice au nom du Peuple, dit-on.

Michel Lebon

(*) Rappel : le réfé­ren­dum fran­çais sur le trai­té de consti­tu­tion pour l’Europe eut lieu en 2005. À la ques­tion : « Approuvez-vous le pro­jet de loi qui auto­rise la rati­fi­ca­tion du trai­té éta­blis­sant une consti­tu­tion pour l’Europe ? », le « non » l’emportait avec 54,68 % des suf­frages exprimés.

7 Commentaires 

  1. Fort avec les faibles, faible avec les forts.
    Dealer, jouer les Black Blocs isla­­mo-gau­­chistes, jeter un vieux catho­lique lors d’un che­min de croix, ou une vieille juive du haut d’un immeuble (à condi­tion d’être un maho­mé­tan dro­gué natu­rel­le­ment) … Vous ris­que­rez tou­jours moins que d’en­le­ver l’é­ten­dard de l’oc­cu­pant : l’Europe anti européenne

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  2. N’oublions pas que la France sera la pro­chaine nation à prendre la Présidence de l’Europe dans le cadre de la Présidence tour­nante euro­péenne, de jan­vier à juin 2022.
    N’oublions pas non plus que : pour se pré­pa­rer dans les meilleures condi­tions, il est de règle que la Présidence en charge accueille une repré­sen­ta­tion de la future 6 mois avant la pas­sa­tion effec­tive, le temps de prendre en compte le relais des dos­siers en cours.
    Ce qui veut dire que la France devrait dès juillet 2021 se trou­ver dans une posi­tion de force en dou­blure avant sa prise de charge.
    Les dès sont pipés, la majo­ri­té actuelle (quels que soient les résul­tats des élec­tions, régio­nales, natio­nales) sera dans la place jus­qu’à l’é­té 2022.
    Dans l’é­tat de « déli­te­ment » de la vie poli­tique fran­çaise, il est d’ores et déjà acté que rien ne chan­ge­ra, que la majo­ri­té d’au­jourd’­hui gagne ou pas !
    Il serait tel­le­ment « Gaulois » de faire un pre­mier cadeau à l’Europe, avec le panache fran­çais recon­nu (inutile, contre­pro­duc­tif mais recon­nu) d’an­nonce dès cette année, le réfé­ren­dum tant atten­du du FREXIT.

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  3. Honte à la France et à la jus­tice et aux gendarmes.

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  4. Cahuzac, Benalla, les Balkany tou­jours libres, mal­gré ce qu’ils ont fait
    La jus­tice est du côté du Pouvoir

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  5. Un deux-poids-deux-mesures abso­lu­ment scan­da­leux !!! J’ai honte à ma France.

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  6. Tous ce que nous vivons aujourd’­hui et demain, c’est grâce aux 70% d’abs­ten­tion­nistes qui ne veulent pas prendre leurs res­pon­sa­bi­li­tés de citoyens fran­çais
    mais par la suite ceux qui n’ont pas voté on se la ferme on ne prend pas part au débat

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    • Avertissement de la rédac­tion : ce com­men­taire est publié tel quel, mais nous invi­tons tous nos lec­teurs à se res­pec­ter. Ce qui passe par le vou­voie­ment à l’é­gard des autres auteurs aux­quels vous vous adres­sez.
      Merci.

      Ricauret, tu as l’air bien gen­til mais tes rac­cour­cis sont plu­tôt des falaises oui on arrive plus vite en bas mais sûre­ment pas dans le même état.
      Ceci dit, pour te bros­ser le contexte, je n’ai JAMAIS raté une élec­tion même la plus ou plu­tôt la moins média­ti­sée. En revanche, je n’ai JAMAIS été satis­fait du résul­tat ! C’est là que tu me parles de démo­cra­tie où la mino­ri­té recon­nait la majo­ri­té et s’y plie ! C’est beau mais uto­pique depuis le début (et je te parle de la Grèce antique créa­trice du concept car seuls cer­tains Grecs avaient le droit de vote ! oups !). Sans par­ler du lent mais inexo­rable glis­se­ment légal ou illé­gal, voire léga­li­sé entre deux. Ce qui nous donne par exemple le pro­blème des votes blancs, le pro­blème des abs­ten­tions, le pro­blème des logi­ciels de comp­tage des votes (ou plé­thore d’exemples de vote des morts ou autres sub­ter­fuges plus créa­tifs les uns que les autres). Je pour­rais te faire une liste qui dépas­se­rait le nombre de lettres auto­ri­sées par ce champ de réponse. Bref ! « tu la fermes », tu arrêtes les débats sté­riles et tu prends les armes ! En bon entendeur.

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