Changement de sexe chez les enfants : « Nous ne pouvons plus nous taire face à une grave dérive »

28 sep­tembre 2021 | 2 Commentaires 

Juste avant la ren­trée des classes le gou­ver­ne­ment écos­sais s’était dis­tin­gué en sacri­fiant à l’idéologie du genre dans les écoles pri­maires. Les enfants âgés de seule­ment quatre ans pou­vaient déci­der, seuls et sans l’accord de leurs parents, de chan­ger de genre, de pré­nom, de pro­nom, de tenue ves­ti­men­taire, d’aller dans les toi­lettes du genre oppo­sé… L’affaire avait été rap­por­tée par le Daily Mail qui s’attendait à une levée de bou­cliers des parents. On ne sait si elle a eu lieu. On ose l’espérer toutefois.

Face à ces dérives scan­da­leuses, une cin­quan­taine de per­son­na­li­tés du monde scien­ti­fique et uni­ver­si­taire, dont Élisabeth Badinter, Chantal Delsol ou encore Xavier Emmanuelli, se sont dres­sées contre cette ins­tru­men­ta­li­sa­tion des enfants et de leur corps par les tenants de l’idéologie du genre en publiant un appel dans l’hebdomadaire L’express du 20 sep­tembre der­nier. Nous le repro­dui­sons ci-dessous :

Lettre ouverte

Nous ne pou­vons plus nous taire sur ce qui nous appa­raît comme une grave dérive com­mise au nom de l’émancipation de l’« enfant-trans­genre » (celui qui déclare qu’il n’est pas né dans le « bon corps »). Sur l’argument de seuls res­sen­tis éri­gés en véri­té, des dis­cours radi­caux légi­ti­ment les requêtes de chan­ge­ment de sexe. Mais c’est au prix d’un trai­te­ment médi­cal à vie voire chi­rur­gi­cal (abla­tion des seins ou des tes­ti­cules) sur des corps d’enfants ou d’adolescents. C’est ce phé­no­mène et son fort reten­tis­se­ment média­tique qui nous inter­pelle et non les choix des adultes transgenres.

On fait croire aux enfants qu’une fille pour­rait deve­nir un gar­çon et inver­se­ment parce qu’ils l’auraient déci­dé sans même l’avis des adultes, et ce, de plus en plus jeune.
Ce qui se passe chez nos voi­sins [Écossais] pour­rait très vite arri­ver en France : la dif­fu­sion pro­téi­forme de ces croyances se tra­duit depuis quelques années par une infla­tion consi­dé­rable de demandes de chan­ge­ment de sexe chez les enfants et plus par­ti­cu­liè­re­ment chez les ado­les­centes. Selon Jean Chambry, pédo­psy­chiatre res­pon­sable du CIAPA (Centre Intersectoriel d’Accueil pour Adolescent à Paris), il y a près de dix ans, on avait envi­ron dix demandes par an, en 2020, c’est dix demandes par mois (uni­que­ment pour la région Ile-de-France). Il parle d’une accé­lé­ra­tion inquié­tante des réponses médi­cales à ces demandes de tran­si­tion.
Des dis­cours bana­li­sés pré­tendent qu’on pour­rait se pas­ser du réel bio­lo­gique, de la dif­fé­rence sexuelle entre hommes et femmes au pro­fit de sin­gu­la­ri­tés choi­sies fon­dées sur les seuls « res­sen­tis ». Ces dis­cours men­son­gers rele­vant de l’idéologie sont trans­mis sur les réseaux sociaux où de nom­breux ado­les­cents en mal d’identité viennent cher­cher des solu­tions à leur malaise. Au nom de l’« auto­dé­ter­mi­na­tion » – véri­table slo­gan qui séduit tous les pro­gres­sistes – je suis libre de choi­sir le corps que je veux – des enfants et des ado­les­cents sont convain­cus qu’ils peuvent chan­ger de sexe à l’aide de trai­te­ments hor­mo­naux voire de chi­rur­gies muti­lantes. Cette rhé­to­rique répan­due par des mili­tants dans nombre de pays occi­den­taux, fait usage de sophismes des­ti­nés à tromper.

Rapt de l’enfance

Comment en sommes-nous arri­vés là ? Et avons-nous (encore) le droit de réagir sans se faire insul­ter, mena­cer ? En quoi ces droits à l’autodétermination seraient-ils un pro­grès épa­nouis­sant ? Ce phé­no­mène, « l’enfant-transgenre » est en réa­li­té une mys­ti­fi­ca­tion contem­po­raine qu’il faut dénon­cer vigou­reu­se­ment car elle relève de l’embrigadement idéo­lo­gique. On vou­drait nous faire croire qu’au nom du bien-être et de la liber­té de cha­cun, un enfant, déles­té de l’accord de ses « réac­tion­naires » de parents, serait à même de « choi­sir » son iden­ti­té dite gen­rée.
Mais l’enfant est un être en construc­tion, son deve­nir est en constante évo­lu­tion avant d’arriver à un stade de matu­ri­té. Il existe sur le sujet une una­ni­mi­té entre neu­ros­cien­ti­fiques, déve­lop­pe­men­ta­listes, psy­cha­na­lystes, pédo­psy­chiatres, pédiatres et tous les spé­cia­listes de la petite enfance.
L’enfant, et plus encore l’adolescent, est sou­mis à une emprise dont les consé­quences entraînent une désta­bi­li­sa­tion men­tale, une rup­ture avec la famille si elle ne sou­tient pas son enfant et avec tous ceux qui refusent de par­ta­ger son point de vue. Cette emprise génère un dis­cours anti­so­cial et accu­sa­teur, un idiome spé­ci­fique voire une nov­langue sont impo­sés à l’entourage. Les dis­cours de ces jeunes sont sou­vent sté­réo­ty­pés comme s’ils avaient per­du tout esprit cri­tique (ce qui est une carac­té­ris­tique de l’emprise).
Nous dénon­çons ce rapt de l’enfance. Il est aujourd’hui urgent d’informer le plus grand nombre de citoyens, de tous métiers, de tous bords, de tous âges, sur ce qui pour­rait bien appa­raître demain comme un des plus grands scan­dales sani­taire et éthique, que nous aurions regar­dé arri­ver sans mot dire : la mar­chan­di­sa­tion du corps des enfants. Car en per­sua­dant ces enfants qu’un sexe leur a été « assi­gné » à la nais­sance, et qu’ils peuvent libre­ment en chan­ger, on en fait des patients à vie : consom­ma­teurs à vie de pro­duits chi­miques hor­mo­naux com­mer­cia­li­sés par les firmes phar­ma­ceu­tiques, consom­ma­teurs récur­rents de tou­jours plus d’opérations chi­rur­gi­cales dans la pour­suite du rêve chi­mé­rique d’un corps fan­tas­mé. Actuellement, des pays qui s’étaient avan­cés en faveur de la tran­si­tion médi­cale avant l’âge de la majo­ri­té, inter­disent les trai­te­ments hor­mo­naux chez les mineurs (la Suède, le Royaume Uni et cer­tains Etats des USA…).
Ce dog­ma­tisme entraîne la plus grande confu­sion si bien que plus per­sonne ne sait com­ment agir et éle­ver sa voix sou­vent par crainte de cer­taines asso­cia­tions LGBTQI+. Mais ce sigle recouvre des per­sonnes bien dif­fé­rentes dont cer­taines s’inquiètent comme nous des dérives actuelles. Certaines sont sou­mises à la loi du silence qui règne dans ce milieu. En témoigne, le docu­men­taire sué­dois Trans train où de jeunes adultes, aban­don­nés à leur soli­tude, et mena­cés en cas de prise de parole publique, déclarent avoir subi des pres­sions de leur com­mu­nau­té trans dès lors qu’ils ont émis des doutes ou « détran­si­tion­né ».(1)
La confu­sion règne, lar­ge­ment entre­te­nue à des fins de mani­pu­la­tions tou­chant l’humanité dans son sub­strat le plus pro­fond : son évo­lu­tion, sa tem­po­ra­li­té, ses errances et ses doutes. Au nom du rejet d’une pré­ten­due assi­gna­tion de sexe, nous sommes en train d’assister, gênés, sans y rien com­prendre, à une assi­gna­tion iden­ti­taire. Ainsi Claude du Club des cinq qua­li­fiée autre­fois de gar­çon man­qué est pré­sen­tée aujourd’hui comme trans­genre. On pour­rait en rire si ce n’était symp­to­ma­tique de notre époque frap­pée par des radi­ca­li­tés poli­tiques qui pré­emptent tout débat.

Non, déci­dé­ment, au nom de la pro­tec­tion des enfants nous ne pou­vons plus nous taire ! Nous refu­sons qu’au nom des « droits à la per­sonne », on récuse ce socle com­mun – l’universalisme des droits – qui consti­tue le fon­de­ment de l’humanité.

(1) Jeunes regret­tant le pro­ces­sus de tran­si­tion sociale et/​ou médi­cale enga­gé qui leur appa­raît comme une réponse erro­née à leurs inter­ro­ga­tions ou leur mal-être

Signatures :
Nicole Athéa (endo­cri­no­logue-gyné­co­logue), Elisabeth Badinter (phi­lo­sophe), Anne-Laure Boch (neu­ro­chi­rur­gien, Hôpital de la Salpêtrière), Thierry Baranger (magis­trat hono­raire, ancien pré­sident des tri­bu­naux pour enfants de Paris et de Bobigny), Marie-Jo Bonnet (his­to­rienne, écri­vaine), Jean-François Braunstein (phi­lo­sophe, pro­fes­seur à l’université Panthéon Sorbonne), Anna Cognet (psy­cho­logue cli­ni­cienne), Alain Cornec (avo­cat), Laurence Croix (maître de confé­rences, uni­ver­si­té de Nanterre), Chantal Delsol (phi­lo­sophe, membre de l’Académie des Sciences morales et poli­tiques), Bernard Devauchelle, (pro­fes­seur de méde­cine et chef du ser­vice de chi­rur­gie maxil­lo­fa­ciale du CHU d’Amiens), Marie Josèphe Devillers (mili­tante les­bienne fémi­niste), Christine Le Doaré (juriste, mili­tante fémi­niste), Catherine Dolto, (hap­to­thé­ra­peute), Corinne Ehrenberg (psy­cha­na­lyste), Caroline Eliacheff (pédo­psy­chiatre, psy­cha­na­lyste) Xavier Emmanuelli (méde­cin, pré­sident du Samu Social inter­na­tio­nal), Nicole Farges (psy­cho­logue, psy­cha­na­lyste), Natalie Felzenszwalbe (avo­cate hono­raire), Isabelle Ferrari (co-fon­da­trice AMQG (Approche mesu­rée des ques­tion­ne­ments de genre chez les jeunes) à Genève) Christian Flavigny (pédo­psy­chiatre, psy­cha­na­lyste), Esther Fouchier (pré­si­dente du Forum Femmes Méditerranée), Pascale Fourcade (psy­chiatre), René Frydman (pro­fes­seur de méde­cine), Delphine Girard (pro­fes­seure de lettres clas­siques en col­lège, mili­tante laïque), Bernard Golse (pédo­psy­chiatre, psy­cha­na­lyste (APF), pro­fes­seur émé­rite de psy­chia­trie de l’enfant et de l’adolescent, uni­ver­si­té de Paris), Julie Gosselin (infor­ma­ti­cienne, fémi­niste), Nadia Guenet (réa­li­sa­trice de l’émission radio « la révo­lu­tion sera fémi­niste ») , Liliane Kandel (socio­logue, fémi­niste, membre du comi­té de rédac­tion des Temps modernes), Annick Karsenty (pré­si­dente de l’Association « femmes soli­daires » à Marseille), Aaron Kimberly (Gender Dysphoria Alliance, Canada), Frédérique Kuttenn (ancienne chef du ser­vice d’endocrinologie et de méde­cine de la repro­duc­tion à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière), Rhadija Lamrani Tissot (psy­cha­na­lyste, lin­guiste), Jean-Pierre Lebrun (psy­chiatre, psy­cha­na­lyste), Manuel Maidenberg (pédiatre), Danièle Manesse (lin­guiste, cher­cheuse en didac­tique des langues, uni­ver­si­té Sorbonne-Nouvelle), Céline Masson (pro­fes­seur des uni­ver­si­tés), Martine de Maximy (magis­trate hono­raire, ancienne juge des enfants), Isabelle de Mecquenem (pro­fes­seur agré­gée de phi­lo­so­phie, membre du conseil des sages de la laï­ci­té), Scott Newgent (TReVoices), Sylvie Quesemand Zucca (méde­cin, psy­chiatre), Gérard Rabinovitch (phi­lo­sophe, socio­logue), Jean-Pierre Rosenczveig (ancien pré­sident du Tribunal pour enfants de Bobigny), Hana Rottman (pédiatre, pédo­psy­chiatre), Olivia Sarton (juriste), Dominique Schnapper (socio­logue, poli­to­logue), Myriam Szejer (pédo­psy­chiatre), Sonia Timsit (psy­chiatre, psy­cha­na­lyste), Claire Squires (maître de confé­rences, uni­ver­si­té de Paris), Samuel Veissière (anthro­po­logue et pro­fes­seur de psy­chia­trie trans­cul­tu­relle à l’Université McGill de Montréal), Jean-Pierre Winter (psy­cha­na­lyste), WHRC-France (Women Human Rights Campaign (Droits des femmes fon­dés sur le sexe).

Chut-Je lis-CP-transgenre

Texte extrait d’un ouvrage sco­laire actuel­le­ment en usage au Cours Préparatoire que de nom­breux ensei­gnants com­mentent avec un zèle délétère.

2 Commentaires 

  1. Eh oui. Comme d’ha­bi­tude toutes ces dérives socié­tales, éco­no­miques, moné­taires, civi­li­sa­tion­nelles, reli­gieuses, etc. nous viennent droit des États-Unis.
    L’Europe est atta­quée de toutes parts : l’is­lam, les États-Unis, la Chine.
    EUROPÉENS (les vrais, pas ceux de l’UE bien-sûr) RÉVEILLEZ-VOUS, REPRENEZ-VOUS, RÉFLÉCHISSEZ, OUVREZ LES YEUX ET LES OREILLES !

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  2. mdr, l’oc­ci­dent est défi­ni­ti­ve­ment mort.
    hon­ne­te­ment quit­tez le navire, si les gens ne rea­gissent pas à un truc aus­si bidon que la theo­rie du genre, ima­gi­nez des sujets plus sérieux et com­plexes comme la vaccination ?

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