Paysans : l’angélus, le glas ou le tocsin ?

par | 31 jan­vier 2024 | 4 Commentaires 

Quel tableau repré­sente le mieux la pay­san­ne­rie fran­çaise que l’Angélus de Millet, peint en 1857 ?
Au cré­pus­cule, un couple de pauvres culti­va­teurs de pommes de terre prie en écou­tant l’an­ge­lus. En 1889 la toile est ven­due aux enchères. Face à face, des ache­teurs amé­ri­cains et le gou­ver­ne­ment fran­çais. L’opinion se pas­sionne pour conser­ver l’i­cône. La France met 553 000 Francs pour gar­der l’œuvre emblé­ma­tique. Après moultes tran­sac­tions, le tableau revien­dra au Louvre en 1909. Ce tableau, plus que la Joconde, c’est la France, nulle part ailleurs.

La terre, plus que toute autre acti­vi­té, repré­sente le ter­roir, l’en­ra­ci­ne­ment, le pay­san, les pay­sages, la patrie. La culture de la terre, c’est notre culture, notre art de vivre.

Les Français de souche(1), ce sont eux.

On peut rêver d’a­ven­tures loin­taines, de sable chaud, de mar­cher sur la lune, c’est le sol de nos aïeux poé­ti­sé par Joachim du Bellay au XVIe siècle qui vous rap­pelle inexorablement.

Reverrai-je le clos de ma pauvre mai­son
Qui m’est une pro­vince et beau­coup davan­tage
Plus me plaît le séjour qu’ont bâti mes aïeux
Que des palais Romains le front audacieux

Les pay­sans, les jacques, les cro­quants, les ploucs, les péque­nauds, les bou­seux secouent le pom­mier (70% des pommes viennent de Pologne, c’est un comble !). ils convergent vers les capi­tales. Ils ins­crivent une jac­que­rie de plus comme ils ont su le faire pen­dant des siècles.

Les cro­quants, ça les attriste, ça
Les étonne, les étonne
Qu’une fille, une fill” bell” comm” ça,
S’abandonne, s’a­ban­donne
Au pre­mier ostro­goth venu :
Les cro­quants, ça tombe des nues.

Nous vivons un moment charnière de notre Histoire.

La « fille belle comme ça » de Brassens, c’est la France. Les pay­sans refusent de s’a­ban­don­ner au pre­mier Ostrogoth venu, qu’il soit Macron, Wonder La Hyène ou déesse Europe. Ils sonnent le toc­sin, pas l’an­gé­lus(2), pas d’an­gé­lisme dans leur lutte de sur­vie. Espérons que cette révolte ne sonne pas le glas. Les pay­sans sont notre der­nier rem­part pour gar­der une France qui n’en finit pas d’a­go­ni­ser avec une mon­dia­li­sa­tion mortelle.

Le ter­roir, c’est son grand défaut, n’est pas délo­ca­li­sable : nos élites mon­dia­listes s’a­charnent donc à le faire cre­ver, c’est leur pro­jet.(3).
Nos champs brûlent et nous regar­dons ailleurs. Les Français sau­ront-ils sacri­fier leurs plats cui­si­nés sous blis­ter pour sou­te­nir le labou­rage et le pâtu­rage, leurs deux mamelles ?

Aux fourches, citoyens ! Rats des villes, sou­te­nez les rats des champs, ils vous nourrissent.

Michel Lebon

Q

Français de souche : cette expres­sion de bon sens, sans vel­léi­té, est ostra­ci­sée par la Police de la Pensée pour laquelle il n’est pas bon d’a­voir une souche, donc des racines, une his­toire, une culture.
L’oligarchie pré­fère les nomades.

Jacques_Attali_Homme_nomade

Q

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Michel Lebon

4 Commentaires 

  1. Malheureusement j’ai bien peur que ni le monde rural ni les Français dans leur ensemble ne sachent pré­ser­ver leurs valeurs…
    Il me semble que tout le monde s’est encore une fois lais­sé endor­mir par de trai­tresses paroles…
    les pleurs et grin­ce­ments de dents sont pour bien­tôt… mais il sera trop tard pour geindre !
    Comment peut-on encore croire ces fief­fés traitres à notre belle France ! Ils méritent la corde…
    Pauvre monde rural, un sacri­fié de plus sur l’au­tel de la mon­dia­li­sa­tion, après les ouvriers, les employés, les fonc­tion­naires, la jeu­nesse, la vieillesse, les PME, les arti­sans, les com­mer­çants… et j’en passe…
    À qui au pro­chain tour ?
    L’eau n’est pas encore bouillante, sans doute, et la gre­nouille pour­rait encore sau­ter… Bon peut être la pro­chaine fois…

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    • Ceux qui dirigent la France : des traitres inféo­dés à « l’Union Européenne ». Cette « Union Européenne », notre véri­table problème.

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  2. Excellent, belle trou­vaille le couple Macro/​Van der La Hygiène…

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    • ho nonnnnnnnn

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