Et vous, vous êtes pour « l’immigration de droite » ou pour « l’immigration de gauche » ?

24 mai 2026 | Aucun com­men­taire

Deux inter­ven­tions récentes à pro­pos de l’im­mi­gra­tion en France montre bien que le débat est com­plè­te­ment verrouillé :

François RuffinFrançois Ruffin, can­di­dat à la pri­maire de la gauche, avance :
Je refuse qu’une immi­gra­tion uti­li­ta­riste rem­place une immi­gra­tion huma­niste.
On doit d’a­bord accueillir des per­sonnes.
Le plan d’Attal ou du Medef, c’est de faire venir des sala­riés étran­gers en fonc­tion des besoins du mar­ché.
Le 15 mai, Radio Nova

Le conseiller du Medef ne lui donne pas tort et affirme quelques jours plus tard :

Jean PeyrelevadeJean Peyrelevade, 84 ans, Polytechnicien, Sciences Po, patron pen­dant 10 ans du Crédit Lyonnais, l’ar­ché­type du haut fonc­tion­naire fran­çais pan­tou­flard, s’ex­prime sur le risque du « blo­cage de toute immi­gra­tion » :
Le blo­cage de toute immi­gra­tion, contrai­re­ment aux affir­ma­tions du Rassemblement natio­nal, ne nous rap­por­te­ra qua­si­ment rien et se tra­dui­ra, compte tenu de notre évo­lu­tion démo­gra­phique, par un manque de tra­vailleurs et donc un taux de crois­sance ralen­ti.
Le 18 mai, Les Échos

L’un et l’autre sont bien d’accord : pas question de mettre fin à l’immigration !

Pour la gauche l’im­mi­gra­tion doit res­ter « huma­niste ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Émoticône étonnement
Pour François Ruffin, et avec lui toute la gauche, la France devrait conti­nuer ad vitam à « accueillir des per­sonnes ». Pas pour les besoins du… « mar­ché ». Quelle hor­reur ! Alors pour quelles rai­sons ? Et quelles per­sonnes ? Cela veut-il dire qu’il faille accueillir tout le monde si l’en­vie lui prend ? « Toute la misère du monde » ? comme le déplo­rait l’an­cien pre­mier ministre — de gauche — Michel Rocard. La France ne par­vient déjà pas à pro­té­ger sa propre popu­la­tion, même au prix d’un endet­te­ment sui­ci­daire, et elle devrait conti­nuer à « accueillir des per­sonnes ».
La gauche, et ce que l’on désigne ain­si, recons­ti­tue par cette immi­gra­tion mas­sive et aveugle son élec­to­rat qu’elle a per­du, depuis bien long­temps, en par­tie parce-que l’é­lec­to­rat popu­laire vote à pré­sent pour le Rassemblement National.

Et ça marche !

La France Insoumise puise dans cette popu­la­tion pour conqué­rir des bas­tions élec­to­raux. C’est ain­si que LFI a rem­por­té à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) une vic­toire his­to­rique lors des der­nières élec­tions muni­ci­pales. Élu au suf­frage uni­ver­sel, le nou­veau maire, Bally Bagayoko, appelle à « l’in­sur­rec­tion popu­laire » en cas de vic­toire élec­to­rale du Rassemblement National aux pro­chaines élec­tions pré­si­den­tielles. Il a décla­ré avoir « l’intime convic­tion que le peuple se lève­ra » en cas de vic­toire de Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Il a évo­qué expli­ci­te­ment une « insur­rec­tion popu­laire », ajou­tant : « Soit c’est nous, soit c’est eux ! » (Oumma, le 7 mai 2026).
Cet élu reprend à son compte le dis­cours de haine éri­gé par LFI(1) car le Rassemblement National ne s’op­pose pas à l’im­mi­gra­tion mas­sive pro­mue et finan­cée par l’Europe de Bruxelles. Si le RN pen­sait — ne serait-ce qu’un ins­tant — à mettre fin à cette immi­gra­tion inva­sive, elle com­pren­drait qu’il fau­drait pour cela sor­tir de l’Europe de Bruxelles. Ce qui n’est pas dans le pro­gramme de ce par­ti dit « d’ex­trême droite », vocable accu­sa­toire repris à l’u­nis­son par Bally Bagayoko et Jean Peyrelevade !

Cette dia­bo­li­sa­tion arrange donc bien ce qu’il est conve­nu d’ap­pe­ler « la droite » puisque le Medef reprend le dis­cours cli­vant et stu­pide de LFI, en nous fai­sant gober que le Rassemblement National prône le « blo­cage de toute immi­gra­tion ».

Là où LFI cherche ses électeurs, le MEDEF cherche ses travailleurs low cost

Les Français pré­fèrent doré­na­vant un emploi confor­table dans la fonc­tion publique :

Emplois créés entre 1997 et 2024 Hausse en nombre Hausse en %
Fonction publique d’État + 205 000 + 8 %
Fonction publique territoriale + 597 000 + 47 %
Fonction publique hospitalière + 351 000 + 39 %

Or il faut bien des « tra­vailleurs » — comme le dit Jean Peyrelevade — pour construire des immeubles qui accueille­ront cette immi­gra­tion mas­sive, pour vider les pou­belles à 6 heures du matin et pour livrer des piz­zas à 22 heures.
L’État paie ses fonc­tion­naires de plus en plus cher, cer­tains mêmes très cher. Ils se com­plaisent dans cette com­bi­nai­son. En Même Temps les entre­prises paient leurs « tra­vailleurs » à moindre coût. Tout le monde y trouve son compte, d’où le consen­sus sur le sujet.

L’immigration « de droite » et l’immigration « de gauche » sont sur un même bateau

Immigration - de gauche - de droite - Même bateauPréférez vous l’im­mi­gra­tion huma­niste de la gauche, ou bien l’im­mi­gra­tion éco­no­mique de la droite ? Vous n’a­vez pas d’autre choix. « Pepsi » ou « Coca » (2)Si l’on ferme la vanne de l’im­mi­gra­tion mas­sive, où LFI trou­ve­ra t‑elle ses élec­teurs et où le MEDEF trou­ve­ra t‑il ses travailleurs ?

Et pourtant… si ! Vous avez un autre choix !

Plusieurs per­son­na­li­tés osent s’y aven­tu­rer sans crainte de l’os­tra­ci­sa­tion de la Bien Pensance, toute acquise à l’im­mi­gra­tion mas­sive. Nous n’al­lons pas employer ici le mot « remi­gra­tion » car il est immé­dia­te­ment affu­blé « d’ex­trême droite ». Certaines per­son­na­li­tés intré­pides le font, comme Michel Onfray qui cri­tique très dure­ment l’immigration de masse ain­si que l’islamisation. Il défend l’idée de « refran­ci­ser » la France.

Les Français ne sont pas les fai­néants que l’on nous dépeint aujourd’­hui. Au fil des siècles ils sont su trou­ver en eux l’éner­gie — et les talents — pour construire des routes, des canaux, des ponts, etc. et des cathédrales.

Canal du Midi

Canal Midi - Carcassonne
Le canal du Midi relie Toulouse à la Méditerranée depuis le XVIIᵉ siècle. 

Canal du midi- Pont sur l’Orb à Béziers

Béziers - Canal Midi - Pont Orb
Le pont-canal de l’Orb per­met au canal du Midi de fran­chir l’Orb, à Béziers. Sa construc­tion est lan­cée en 1854. 

Viaduc de Millau

Viaduc Millau
600 com­pa­gnons ont construit le via­duc de Millau entre 2001 et 2004

Les Français doivent accep­ter tous les métiers, même éboueurs, comme ils l’ont du reste tou­jours fait, .

Poubelle Paris autrefois

Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que de sottes gens

Pourquoi le libé­ral Jean Peyrelevade n’ap­plique t‑il pas aux salaires la règle de l’offre et de la demande ? Si les métiers délais­sés par les Français étaient rému­né­rés selon les règles du mar­ché, il n’y aurait pas de « manque de tra­vailleurs ». Il suf­fit de bien payer ces métiers délais­sés et de moins payer les emplois plé­tho­riques dans la plu­part des admi­nis­tra­tions et dans les assem­blées d’é­lus. On attend de nos élites qu’elles donnent l’exemple, comme le fait du reste François Ruffin qui ne conserve qu’en­vi­ron 2 800 € nets/​mois (le reste ser­vant aux impôts et dons) et verse le reste à des asso­cia­tions (pay­sans, Bloom, Secours Populaire, etc.)

L’apport de main d’œuvre bon mar­ché s’ins­crit dans une logique dépas­sée du Toujours Plus et nous conduit vers le chaos en pas­sant par tou­jours plus d’i­né­ga­li­tés. La solu­tion existe pour­tant. Elle a été éla­bo­rée par Maurice Allais, sor­ti major de l’École Polytechnique et moins car­rié­riste que Jean Peyrelevade. Maurice Allais pré­co­ni­sait une concur­rence régu­lée au sein de grands blocs éco­no­miques. Ses tra­vaux(3) lui ont valu le prix Nobel d’é­co­no­mie en 1988, mais il reste tou­jours ban­ni car il a tou­jours annon­cé la crise éco­no­mique actuelle. Dans sa lettre-tes­ta­ment il écri­vait en 2009 :

Maurice AllaisL’absence d’une telle pro­tec­tion [NDLR : Un pro­tec­tion­nisme rai­son­né et rai­son­nable] appor­te­ra la des­truc­tion de toute l’activité de chaque pays ayant des reve­nus plus éle­vés, c’est-à-dire de toutes les indus­tries de l’Europe de l’Ouest et celles des pays déve­lop­pés. Car il est évident qu’avec le point de vue doc­tri­naire du G20, toute l’industrie fran­çaise fini­ra par par­tir à l’extérieur. Il m’apparaît scan­da­leux que des entre­prises ferment des sites ren­tables en France ou licen­cient, tan­dis qu’elles en ouvrent dans les zones à moindres coûts, comme cela a été le cas dans le sec­teur des pneu­ma­tiques pour auto­mo­biles, avec les annonces faites depuis le prin­temps par Continental et par Michelin. Si aucune limite n’est posée, ce qui va arri­ver peut d’ores et déjà être annon­cé aux Français : une aug­men­ta­tion de la des­truc­tion d’emplois, une crois­sance dra­ma­tique du chô­mage non seule­ment dans l’industrie, mais tout autant dans l’agriculture et les ser­vices.
[lire ici l’ensemble de sa lettre aux Français qu’il ter­mine ain­si :]
Question clé : quelle est la liber­té véri­table des grands médias ? Je parle de leur liber­té par rap­port au monde de la finance tout autant qu’aux sphères de la poli­tique.
Deuxième ques­tion : qui détient de la sorte le pou­voir de déci­der qu’un expert est ou non auto­ri­sé à expri­mer un libre com­men­taire dans la presse ?
Dernière ques­tion : pour­quoi les causes de la crise telles qu’elles sont pré­sen­tées aux Français par ces per­son­na­li­tés invi­tées sont-elles sou­vent le signe d’une pro­fonde incom­pré­hen­sion de la réa­li­té économique ?

L’immigration de masse est un choix poli­tique de tous nos diri­geants. Ce n’est pas une fata­li­té. Des alter­na­tives sérieuses existent, encore faut-il sor­tir de l’or­nière dans laquelle nous avons été placés.Ornière Embourbement

Lire dans nos colonnes : Pourquoi tant de haine ? Parce-que ! du 18 février 2026

Lire notre article : Covid-19 : pile je gagne, face tu perds du 23 jan­vier 2021 sur l’illu­sion du choix

Maurice Allais (1911−2010) était un libé­ral très cri­tique de la mon­dia­li­sa­tion libre-échan­giste et de l’intégration euro­péenne telle qu’elle s’est faite (il était euros­cep­tique). Il défen­dait un capi­ta­lisme régu­lé et une éco­no­mie de mar­ché bien encadrée.
Maurice Allais Économie pure et rendement social Maurice Allais Europe en crise Maurice Allais Mondialisation Maurice Allais Europe en crise

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