
Éric Ciotti, visionnaire, brise les clivages
En acceptant, le 13 mai 2026, la proposition du conseiller municipal communiste Julien Picot(1) d’ériger une statue de Max Barel sur la place qui porte son nom, Éric Ciotti pose un acte politique fort et visionnaire. Au-delà de l’hommage à un résistant niçois, il défie ouvertement les clivages artificiels entretenus par les pouvoirs parisiens.
Un geste qui dérange les appareils politiques
Cette démarche suscite déjà de vives réticences, voire des critiques virulentes, aussi bien à gauche qu’à droite traditionnelle.
• À gauche, le PCF 06, via son secrétaire départemental et conseiller municipal Julien Picot, porteur du projet, considère cette décision comme une victoire importante, et « se félicite d’avoir obtenu gain de cause. » « À travers cet hommage, c’est toute une mémoire longtemps invisibilisée qui retrouve sa place dans l’espace public : celle des militants communistes, des ouvriers, des syndicalistes et des résistants qui furent en première ligne dans la lutte contre le nazisme et pour la libération du pays. »
Au niveau national, le PCF est discret. Pas de communiqué officiel national du PCF (direction nationale ou Fabien Roussel). Le sujet reste encore principalement local aux Alpes-Maritimes. Cependant, le ton du PCF local est soutenu sans critique apparente de la direction nationale.
Une partie de l’extrême gauche niçoise (figures comme Robert Injey et Olivier Salerno) est très hostile au projet. Ceux-ci estiment que Max Barel « ne mérite pas ça » et parlent d’une « insulte » car la statue serait inaugurée par Éric Ciotti (allié au Rassemblement National). Ils refusent toute forme d’unité avec la droite « fascisante » selon eux.
• À droite, les réticences ne sont pas moins fortes. Une partie de la droite classique et macron-compatible voit dans ce geste une « dérive populiste » et un « coup de communication hasardeux ». Certains élus LR ou ex-LR lui reprochent de « faire le jeu des extrêmes » en tendant la main à un communiste, estimant que cela « salit » la mémoire gaulliste ou républicaine. D’autres, plus conservateurs, craignent que cette ouverture ne brouille le message « droitier » de Ciotti et ne lui aliène une partie de son électorat traditionnel.
Ces critiques convergentes révèlent surtout une chose : les appareils politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite institutionnelles, refusent viscéralement toute transgression des clivages qu’ils ont eux-mêmes figés depuis des décennies. Ces clivages servent avant tout à protéger un système épuisé et à empêcher toute recomposition sérieuse des forces vives du pays.
Éric Ciotti persiste et signe
Contrairement à son prédécesseur à la mairie de Nice, qui se réclamait bruyamment du gaullisme tout en pratiquant une politique carriériste et de compromis avec le système parisien, Éric Ciotti s’inspire du général de Gaulle. Il comprend que la France, face au risque d’effondrement, ne se relèvera pas sans alliances courageuses et sans dépasser les clivages factices imposés par les obédiences parisiennes. En tendant la main à un élu communiste pour honorer un résistant mort sous la torture, Ciotti démontre une vraie vision stratégique : celle de l’intérêt supérieur de la Nation avant les étiquettes partisanes. Il persiste et signe : « J’ai répondu favorablement à la demande de Julien Picot : une statue en hommage à Max Barel, héros niçois de la Résistance, sera installée sur la place qui porte son nom. »
Max Barel, symbole d’un engagement patriotique

Max Barel en uuniforme de Polytechnicien © Livre de Janine Portal Max Barel, 1951 – Bibliothèque du Musée de l’Armée
Max Barel, né en 1913 à Menton, polytechnicien brillant, est le fils de Virgile Barel (1889−1979), grande figure communiste des Alpes-Maritimes. Député à plusieurs reprises, résistant, Virgile Barel fut président de la Délégation spéciale de Nice à la Libération. Après la mort de son fils, il n’a cessé de réclamer justice contre Klaus Barbie.
Max Barel, résistant de la première heure au sein de l’Union des Cadres Industriels de la France Combattante, fut arrêté le 6 juillet 1944 à Lyon, torturé à mort par Klaus Barbie sans jamais parler. Il meurt à 31 ans. Son sacrifice dépasse largement l’engagement partisan : il est celui d’un Français pour sa Patrie.
Le CNR : le modèle historique à retrouver d’urgence
Le 27 mai 1943, Jean Moulin, sur ordre du général de Gaulle, crée le CNR en réunissant dans la clandestinité communistes, gaullistes, socialistes, démocrates-chrétiens et radicaux. Face à l’occupant et à la collaboration, ces hommes ont su placer la Patrie au-dessus de leurs divergences.
« La France n’est pas seulement un pays. C’est une personne. Et cette personne a besoin de tous ses enfants, sans exception. » Charles de Gaulle
« Tout ce qui est dispersion, action isolée, alliance particulière compromet la puissance des coups portés à l’ennemi par la France. » Charles de Gaulle
Aujourd’hui, la France fait face à un risque d’effondrement civilisationnel et souverain. Dans ce contexte, l’esprit du CNR redevient une nécessité impérieuse.
Le Parti Communiste doit retrouver son âme patriotique
Le Parti Communiste des Alpes-Maritimes, à travers Julien Picot, voit dans cet hommage une occasion de mettre en avant le rôle de certains résistants communistes lors de la Seconde Guerre mondiale. On peut y voir également une volonté, au moins locale, de gommer ou de minimiser la période trouble de la collaboration du PCF avec l’occupant nazi entre le Pacte germano-soviétique (août 1939) et l’invasion de l’URSS par Hitler (juin 1941), période durant laquelle le Parti s’était opposé à la « guerre impérialiste » et avait par suite été réprimé. Quoi qu’il en soit, cet épisode historique complexe ne doit pas occulter le courage réel de nombreux militants communistes après juin 1941, dont Max Barel est l’un des symboles les plus nobles.
Le PCF a le devoir historique de renouer avec l’esprit patriotique qui l’animait pendant la Résistance, plutôt que de prendre sagement sa part à la mascarade du « pacte républicain »(2).
Éric Ciotti montre la voie
Malgré les critiques et les réticences des deux bords, Éric Ciotti montre qu’à Nice on doit honorer ses héros authentiques, fussent-ils communistes car un intérêt supérieur doit être entendu. Il tend la main sans renier ses convictions, car c’est bien pour tous les Niçois. En honorant Max Barel, la ville de Nice rappelle à tous les Français que la France se sauve quand elle se rassemble.
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