Covid-19 : qui va payer ?

15 décembre 2020 | Aucun com­men­taire

Le 12 mars 2020, Emmanuel Macron qui s’apprêtait à confi­ner la France pour la pre­mière fois décla­rait très solen­nel­le­ment : « Nous, Européens, ne lais­se­rons pas une crise finan­cière et éco­no­mique se pro­pa­ger. […] Tout sera mis en œuvre pour pro­té­ger nos sala­riés et pour pro­té­ger nos entre­prises… Quoi qu’il en coûte ! » Cette for­mule, le Président l’à employée par deux fois, lors de son allo­cu­tion fleuve, en déta­chant bien les mots. Car l’urgence était là : il s’agissait de « sau­ver des vies », selon notre Tartarin par­ti en croi­sade contre le virus… De la même manière qu’il faut aus­si sau­ver la pla­nète. Tant qu’à faire dans le catas­tro­phisme, allons‑y gaie­ment ! Pour Macron, il fal­lait donc « tirer les leçons » et « inter­ro­ger le modèle de déve­lop­pe­ment dans lequel s’est enga­gé notre monde depuis des décen­nies ».Vente de masse - hypermarché - surconsommation

Parfait. Et donc, dans cet élan ver­tueux, il serait oppor­tun de s’interroger aus­si sur le modèle de sur­en­chère fis­cale dans lequel s’est enga­gé notre pays depuis des décen­nies et qui fait de la France la cham­pionne du monde des impôts avec un taux de 46,1 % de la richesse natio­nale (chiffre 2018 de l’OCDE). Mais là, faut pas rêver ! Car c’est bien tout le contraire qui se pro­file pour les Français. En effet, le « Quoi qu’il en coûte » du chef de l’État ne laisse aucun doute à ce sujet. Le plan de relance du gou­ver­ne­ment va coû­ter très cher aux contri­buables y com­pris ceux qui ne payent pas l’impôt sur le reve­nu. Les taxes vont pleu­voir comme à Gravelotte !

En atten­dant, le gou­ver­ne­ment joue au Père Noël. Son plan « France relance » pré­voit 100 mil­liards d’euros de dépenses sup­plé­men­taires pour arro­ser tout tous azi­muts avec de l’argent sor­ti d’un cha­peau de magicien.

Qu’on se le dise, il y en aura pour tous : la SNCF, les HLM, la « com­pé­ti­ti­vi­té », la « cohé­sion », les hôpi­taux publics, les asso­cia­tions de lutte contre la pau­vre­té, les allo­ca­tions notam­ment celle de ren­trée sco­laire, les tickets res­tau­rants sans oublier, bien enten­du, avec l’obsessionnelle pré­ten­tion de sau­ver la pla­nète, les éner­gies vertes (30 % des dépenses dont 2 mil­liards pour « l’hydrogène vert »), etc. Ainsi, la dette publique du pays va grim­per allè­gre­ment à 17,5 % du PIB (source Contribuables asso­ciés) ! Pas de doute, Macron et sa clique sont en train de sacri­fier sans ver­gogne les géné­ra­tions futures.

Pour faire pas­ser la pilule, on nous fait croire que 40 % de ces dépenses seront finan­cées par l’Union euro­péenne sous forme de prêts et de sub­ven­tions. Un argent que la Commission euro­péenne devra elle-même emprun­ter. Et pour garan­tir ces emprunts, la Commission a tout sim­ple­ment pré­vu des impôts nou­veaux ! Une taxe sur les déchets plas­tiques non recy­clés, dès le 1er jan­vier 2021, une taxe sur les recettes des quo­tas d’émissions de CO2 et d’autre impôts qui seront pré­ci­sé d’ici 2023. Comme la France est très en retard dans le recy­clage des plas­tiques, elle va donc lar­ge­ment cra­cher au bas­si­net. En outre, l’augmentation pré­vue des contri­bu­tions des États membres au bud­get de l’Union devrait se chif­frer à 85 mil­liards d’euros pour notre pays. Faites le compte : 85 mil­liard d’augmentation moins 40 mil­liards de sub­ven­tions (non garan­ties) cela fait un solde néga­tif de 45 mil­liards ! Chapeau aux négo­cia­teurs fran­çais qui ont signé l’accord en juillet der­nier ! Le plan « France relance » se chiffre donc à 105 mil­liards d’euros non financés.

Les impôts que paye la France à l’UE retom­be­ront sur le dos des contri­buables fran­çais. Les inté­rêts des emprunts aus­si, même si actuel­le­ment ceux-ci sont légè­re­ment néga­tifs (- 0,2 % sur 10 ans). L’évolution constante de la dette fran­çaise prend une phy­sio­no­mie qui fait de plus en plus pen­ser à celle de la Grèce, en 2011, avec les consé­quences que l’on sait en 2015. Ce plan « France relance » est donc une bombe à retar­de­ment pour les Français. Actuellement, le pays est 26e dans le clas­se­ment des pays par niveau de vie réa­li­sé par le FMI(1). Indice qualité de vie

21 places per­dues en seule­ment 20 ans ! Et le niveau de pau­vre­té aug­mente chaque jour ain­si que la dette par habi­tant qui atteint désor­mais plus de 40 000 euros. Les géné­ra­tions futures sont condam­nées à assu­mer la gabe­gie de nos diri­geants actuels. Pire, si l’État se trouve en ces­sa­tion de paie­ment, pour ne pas tom­ber en faillite à son tour, les banques créan­cières feront main basse sur l’argent des épar­gnants : une direc­tive le per­met depuis 2016 (voir notre article « Et après la crise… raz­zia sur vos éco­no­mies ! » du 13 avril 2020). Nos des­cen­dants ne pour­ront même pas comp­ter sur l’aide de leurs ainés. Ils n’auront plus que les yeux pour pleu­rer : « Macron m’a tuer. »(2)

Charles André

(1) Source : Indice de Qualité de Vie par Pays 2020
(2) Allusion à l’affaire Omar Raddad

Macron m-a tuer - Béziers

Campagne d’af­fi­chage orches­trée par la muni­ci­pa­li­té de Béziers en novembre 2018

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