Les chaises musicales au Panthéon, osez Kiddy Smile !

23 août 2021 | 4 Commentaires 

En 1744, malade, Louis XV voulait remercier sainte Geneviève pour sa guérison.

Érigée dès 1758 l’é­glise qui lui dédiée devait accueillir la châsse de la sainte. Puis la Révolution, tou­jours en mal de recon­nais­sance cultuelle, a déci­dé de requa­li­fier l’é­di­fice en mau­so­lée répu­bli­cain. Les rois ont eu leur dépouille en la basi­lique Saint Denis, les grands hommes auront leur marbre au Panthéon. Le pre­mier loca­taire sera le véro­lé Mirabeau, en 1791. Après avoir décou­vert qu’il aurait fri­co­té avec le roi, il est trans­fé­ré du Panthéon… à la fosse com­mune. Remplacé en 1794 par la nou­velle idole du moment, Marat. Ce der­nier sera viré en 1795. Bref, y avoir son lin­ceul n’est pas une conces­sion emphy­téo­tique de cime­tière, la République est versatile.

Depuis, suivant les priorités de l’idéologie du moment, sont entré.e.s moult·e·s grands hommes. De Voltaire à Simone Weil. Aujourd’hui y reposent 75 hommes et 5 femmes

Attention, on n’entre pas au Panthéon comme dans un Moulin. Ce n’est pas Jean, le résis­tant intro­ni­sé par Malraux, qui dira le contraire.
Le 30 novembre cette année, la pro­chaine entrée sera donc celle de Joséphine Baker qui après tout, elle aus­si, est un homme comme tout le monde. Il faut bien recon­naitre que la vie de cette der­nière fut hors du com­mun. Née Mc Donald, amé­ri­caine, elle rejoint la France en 1925 et se rend célèbre avec sa « Revue nègre ». Elle devient fran­çaise par mariage en 1937. Elle sera résis­tante, com­pa­gnon de la Libération. Du cos­tume de bananes à la tenue militaire…

Josephine Baker - Costume bananes Josephine Baker - Uniforme militaire

Engagée contre le racisme, bisexuelle, amante entre autres de l’écrivain·e Colette, la belle afro-amé­ri­caine n’a­vait pas que deux amours « son pays et Paris ♪♫ ».

Elle coche toutes les cases de la modernité d’aujourd’hui

Seule ombre au tableau, elle était, c’est un comble, homo­phobe. Elle chas­sa de son foyer un de ses fils, Jarry Baker, pour le ren­voyer chez son père, car il était homo­sexuel. Elle crai­gnait qu’il ne conta­mine ses frères. Personne n’est parfait.

Osez « Osez Joséphine ». C’est sur l’air de cette chan­son d’Alain Bashung, ode au cou­rage des femmes, qu’une péti­tion a cir­cu­lé pour pathéo­na­di­ser la meneuse de revue.

N’en restons pas là, il y a d’autres meneu.r.se.s de revue qui mériteraient le même hommage macronien

Il fau­dra vite faire une place à Kiddy Smile qui est aujourd’­hui une femme comme tout le monde. Les soi­rées d’es­prits som­nam­bules pro­mettent d’être rock and roll dans l’é­di­fice trop rec­ti­ligne au fron­ton grec.

Kiddy Smile

Osez Kiddy Smile !

Michel Lebon

4 Commentaires 

  1. Est-ce un caprice de Macron qui aime faire les éloges ?
    Pourquoi n’a‑t‑on pas célé­bré plus tôt cette américano-française ?

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  2. Après les émis­sions d’in­fo et de débats TV, après les feuille­tons poli­ciers, après la pub, le pan­théon va deve­nir un cime­tière WOOK

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  3. Quel billet, bra­vo !
    L’histoire « chou­crou­tée » dans le sens pas­sée à la« chou­crou­teuse » du woke nous réserve de magni­fiques et crous­tillantes antinomies

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  4. E‑X‑C-E-L-L-E‑N‑T !
    Quel BON mot !

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