Étude Épi-Phare : l’autoratification de Véran

19 octobre 2021 | Aucun com­men­taire

Lundi der­nier 11 octobre, le grou­pe­ment Épi-Phare a publié deux études affir­mant que « la vac­ci­na­tion est effi­cace à plus de 90 % pour réduire les formes graves de Covid-19 chez les per­sonnes de plus de 50 ans en France ». Ainsi nos diri­geants entendent-il prou­ver à la France entière qu’ils ont eu rai­son sur toute la ligne dans leur ges­tion de l’épidémie exclu­si­ve­ment basée sur une « vac­ci­na­tion » mas­sive et qua­si obli­ga­toire de la popu­la­tion. Ces fameuses études font néan­moins l’objet de sérieuses cri­tiques de la part de cer­tains médias non ali­gnés et sur la toile, notam­ment par Patrice Gibertie sur son blog.

Pour cet article nous nous sommes appuyés sur celui de France Soir sous la plume de Xavier Azalbert assis­té du sta­tis­ti­cien, Pierre Chaillot et du mathé­ma­ti­cien, Vincent Pavan.

Voici en substance ce qu’il en ressort :

1) Cette nou­velle étude ne res­pecte pas les normes et règles éta­blies – les pro­to­coles enre­gis­trés (clinicaltrials.gov ou bien Prospero) – à savoir absence de revue par les pairs, non-décla­ra­tion préa­lable, absence de vali­da­tion ou cali­bra­tion au réel par com­pa­rai­son à d’autres pays et, plus grave, exis­tence des liens entre Épi-Phare, l’ANSM et le minis­tère de la Santé. Elle s’apparente beau­coup plus à une auto-rati­fi­ca­tion du ministre de la Santé Olivier Véran.

2) Cette étude – qua­si­ment la même que celle de « Dagan et al » menée en Israël – se borne à mon­trer que les vac­ci­nés ont 90 % moins de chance d’être décla­rés malades de la Covid-19 ou décé­dés de la Covid-19. Utilisant le même type de don­nées, les mêmes outils d’analyses que celles de Dagan et al, elle contient évi­dem­ment les mêmes biais et arrive aux mêmes conclu­sions. Dès lors, rien ne prouve que les vac­ci­nés sont réel­le­ment moins hos­pi­ta­li­sés ou décèdent moins que les non-vaccinés.

3) La méthode est volon­tai­re­ment biai­sée dès le départ. En effet, telle que décrite en pages 7–8, elle pré­cise que seuls les évé­ne­ments décla­rés comme liés à la Covid-19 y seront ana­ly­sés. Or, les non-vac­ci­nés sont bien plus sou­vent tes­tés que les vac­ci­nés (pass sani­taire oblige). Ainsi, un non-vac­ci­né a beau­coup plus de chance d’avoir un test posi­tif qu’un vac­ci­né. Par des­sus le mar­ché, les tests PCR détectent des faux posi­tifs (recon­nu par la HAS). Lire notre article Tests PCR : peut-on leur faire confiance ? du 19 sep­tembre 2020. Ainsi, tous ces non-vac­ci­nés, sur­tes­tés et donc posi­tifs par le hasard des choses, vont voir leurs évé­ne­ments indé­si­rables clas­sés en « Covid ». Biaisant de fait tous les résul­tats sta­tis­tiques. De plus, il a été mon­tré que les non-vac­ci­nés sont beau­coup plus sou­vent ins­crits dans la case Covid-19 à l’hôpital que les vac­ci­nés, même sans test posi­tif de confirmation !

4) L’étude d’Épi-Phare n’est pas une étude ran­do­mi­sée. Elle est construite à par­tir de simples don­nées admi­nis­tra­tives médi­cales. Il n’y a donc abso­lu­ment aucun contrôle scien­ti­fique préa­lable sur leur qua­li­té. Raison pour laquelle elle s’appuie sur une métho­do­lo­gie com­plexe (les modé­li­sa­tions) per­met­tant de mas­quer ses inco­hé­rences. Car désor­mais, toute étude qui veut don­ner un carac­tère sérieux à son sujet, aus­si tri­vial soit-il, se réfère à des « modèles ». Ça éli­mine toute relec­ture par des per­sonnes non ini­tiées à ces arti­fices. Très commode.

5) Plus grave, cette étude mani­pule les chiffres en fai­sant des doubles comp­tages au sein de la cohorte ayant ser­vi à l’analyse. Les auteurs ont appa­rié vac­ci­nés et non-vac­ci­nés selon des cri­tères très étranges. Dès lors, l’étude n’est plus capable de détec­ter objec­ti­ve­ment l’efficacité vac­ci­nale. En outre, les non-vac­ci­nés ont été trop sys­té­ma­ti­que­ment consi­dé­rés comme appar­te­nant aux popu­la­tions à risque (situa­tion sociale, alcoo­lisme, taba­gisme et autres fac­teurs de comor­bi­di­té). Les rédac­teurs de France Soir et Patrice Gibertie ont décor­ti­qué ces ano­ma­lies qui inva­lident, de fait, les résul­tats obte­nus. Pour le détail, suivre l’un de ces liens : France Soir, Gilbertie.

6) Enfin, la cali­bra­tion au réel, qui est une phase essen­tielle de toute étude rétros­pec­tive, a été tota­le­ment omise de l’étude Épi-Phare comme si les autres pays n’existaient pas.

Conclusion :

Si la Covid-19 était bien une mala­die hau­te­ment conta­gieuse et mor­telle et si les vac­cins pro­té­geaient à plus de 90 %, il devrait appa­raître net­te­ment un inté­rêt pour ces pro­duits. C’est ce qu’a expri­mé la Cour des Comptes bien consciente que les sta­tis­tiques estam­pillées « Covid » n’apportent abso­lu­ment aucune infor­ma­tion sur la situa­tion sani­taire, et ce depuis le début de cette crise. Le terme « opaque » qu’elle emploie dans son rap­port du 22 sep­tembre 2021, est bien évi­dem­ment un doux euphémisme :Cour des Comptes - Études statistiques

Il conviendrait mieux de parler de « propagande ».

Compte tenu des sommes actuel­le­ment enga­gées dans cette poli­tique vac­ci­nale (5,7 mil­liards d’euros) alors que la sup­pres­sion de lits d’hôpitaux se pour­suit (moins 5 700 en 2020 !), l’intérêt de cette stra­té­gie reste à prou­ver. Car le gain est déri­soire en regard de son coût. Sur les 11,7 mil­lions de séjours en hos­pi­ta­li­sa­tion com­plète et 17,6 mil­lions de jour­nées en hos­pi­ta­li­sa­tion par­tielle, ces 25 000 hos­pi­ta­li­sa­tions évi­tées repré­sente 0,21 % de l’activité hos­pi­ta­lière fran­çaise en 2019. Complètement insignifiant !

Alors que l’État s’échine à vou­loir jus­ti­fier un inté­rêt à sa poli­tique vac­ci­nale, force est de consta­ter que celui-ci n’a pas le moindre rap­port avec les sommes inves­ties. Une telle quan­ti­té d’argent public ain­si dépen­sée au béné­fice des grands indus­triels phar­ma­ceu­tiques, n’est qu’une preuve sup­plé­men­taire qu’à aucun moment depuis 18 mois il n’a été ques­tion de san­té publique.

Charles ANDRÉ

« L’important n’est pas de convaincre mais de don­ner à réflé­chir. »

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