Nice, la « Mégalopolice »
Une « mégalopolice » à Nice en lieu et place de son emblématique hôpital Saint Roch
Au début était l’hôpital placé sous la protection de Saint Roch. C’est en 1850 que la première pierre est posée. Achevé en 1859, il possède une capacité de 120 lits. Dès 1869, est ajouté un corps central doté d’un fronton de style classique italien. Sous la Troisième République, en 1873, la capacité de l’établissement est portée à 220 lits. Il reste pratiquement inchangé jusqu’à la construction en mars 1940 du bâtiment abritant l’administration centrale, et en juillet 1981 pour l’édification du bâtiment des urgences.
Qui mieux que Saint Roch(1), en cette période épidémique de Covid19 mutée en Rhinite22, pouvait nous protéger ? La réponse nous a été donnée par Estrosi, le porte-coton de l’Emmerdeur.

Photo souvenir devant la magnifique façade italienne

Cet hôpital de Nice est situé en plein cœur de la ville. Pratique, à deux pas de la place Garibaldi, d’où partent les grandes manifestations
Il faut virer cet hôpital et le remplacer par un méga commissariat : un commissariat de toutes les polices, municipale et nationale, dans un futur « Hôtel des Polices » œcuménique. Le problème n’est pas de soigner les gens, mais de les verbaliser : chacun ses priorités. Moins de soignants, plus de flics !
L’invraisemblable, surréaliste, en pleine crise sanitaire, ces gens suppriment tout un hôpital. Un de plus qui passe à la trappe, me direz-vous, après Le Val-de-Grâce en 2016 et bien d’autres centres depuis.

Ceci-dit, il y aurait bien une solution. Jusqu’au XVe siècle, les malades étaient plusieurs par lit, ou paillasse

Personnel soignant prolifique
Ce lundi 10 janvier, à grands renforts de robocops, Macron et Estrosi se sont retrouvés devant l’hôpital, pour poser la première pierre de la nouvelle mégastructure policière. Impossible aux Niçois d’approcher le secteur. La ville a été quadrillée, masquée, confinée.
Exit Saint Roch, place à Saint Michel

Saint Michel Archange, Patron des policiers canadiens
C’est rien moins que 1200 policiers nationaux et 800 policiers municipaux qui vont cohabiter dans cet endroit high-tech. Ces 2 000 fonctionnaires de police vont pouvoir déjeuner ensemble à la cantine, ça devrait créer des liens entre ces gens qui s’ignorent. Les Municipaux pourront garer leurs scoots à côté des Béhèmes de la Nationale.
Coincés dans un tissu urbain resserré, dédale de sens interdits et de chaussées étroites, ce secteur est embouteillé la plupart du temps. Je doute que cette flicaille puisse partir en urgence. De toute façon, ce n’est pas grave, la police veillera sur nous dans son cyber CHUC. Les joysticks ont remplacé les gourdins.

CHUC, Centre d’Hypervision Urbain, 3900 caméras en ville, à reconnaissance faciale, pour 120 agents téléspectateurs et 20 millions d’euros
Et puis, sur le toit on trouvera une piste d’envol pour drones. Pull ! Lesquels engins iront vérifier dans la rue si vous êtes bien masqués.
La police dite « de proximité » sera un souvenir
Les îlotiers d’hier, hirondelles à képi, cape et bicyclette seront remplacés par une autre forme d’hirondelles mais à télécommande. Le Progrès est passé par là aussi.
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En mettant toutes les nuances de police (ASVP, BAC, BRAV, la police à cheval, à vélo, en Segway, etc.) dans le même bunker inexpugnable, il deviendra plus facile de protéger nos agents régulièrement martyrisés, les pauvres. Isolés dans les quartiers divers, nos anciens petits commissariats étaient devenus la cible trop facile pour les voitures béliers et les attaques au mortier d’artifice.
Pendant que toute la police française accompagnait le Monarc à Nice, ce lundi 10 janvier, ce sont deux églises du diocèse de Saint-Denis qui ont été vandalisées et pillées. On ne peut pas être au four et au moulin.
Michel Lebon
(1) Saint Roch en 1350 à Montpellier et mort en 1378 à Voghera, est un saint catholique. Il est le patron des professions médicales, des animaux maltraités et surtout le guérisseur des pestiférés.
Excellent et pertinent, le fin mot de cette histoire de Saints ne saurait se terminer dans ce dédale de forfaitures sans avoir des prières pour ceux et celles qui demain aurons à vivre dans ce quartier de haute sécurité. Mais une question me taraude, pourquoi avoir construit un commissariat au Moulins…?