par | 31 août 2022 | 4 Commentaires 

Que fait la Police, oui mais laquelle ?

Cette fonc­tion réga­lienne qui, dans un soi-disant État de droit, devrait être dévo­lue à la seule Police natio­nale se décline en rien moins que SEPT strates d’in­ter­ven­tion. Intervenir sur un délit, fusse-t’il insi­gni­fiant, peut se trans­for­mer en affron­te­ment hors de contrôle. Alors, cha­cun de ces acteurs de l’ordre répu­bli­cain se défausse sur les autres pour se refi­ler la patate chaude.

1) La Police natio­nale qui se décline en toutes sortes de struc­tures armées jus­qu’aux dents. Les CRS, la BAC, la BRAV, les com­mis­sa­riats, etc.
• À Cagnes-sur-Mer, sans comp­ter les per­son­nels admi­nis­tra­tifs, c’est 130 flics répu­tés « actifs ». On n’en voit jamais un dans la rue.

2) La gen­dar­me­rie ter­ri­to­riale qui a voca­tion à patrouiller les zones rurales. Hier encore mili­taires, ils ont été par­tiel­le­ment rat­ta­chés au Ministère de l’Intérieur. Ils ont les mêmes mis­sions que la PN. Ainsi par exemple, sur déci­sion du par­quet, une enquête judi­ciaire en zone Police peut-être confiée à la Gendarmerie et vice-ver­sa.
• À Cagnes-sur-Mer en 2012, dont cha­cun connaît la rura­li­té, les 35 gen­darmes ont quit­té leur quar­tier pour aller s’ins­tal­ler dans la com­mune voi­sine de Villeneuve-Loubet, dont cha­cun connaît l’ac­ti­vi­té agri­cole. On n’a jamais vu un gen­darme arpen­ter le trottoir.

3) La Police muni­ci­pale. Seules 5 000 des 36 000 com­munes en sont équi­pées. C’est à la volon­té du maire qui, par la course à l’é­cha­lote sécu­ri­taire, recrute à qui mieux mieux. Bien qu’ar­més, ces fli­caillons n’ont pas les mêmes pré­ro­ga­tives que la Police natio­nale. À eux les tâches ingrates de ver­ba­li­sa­tion des sta­tion­ne­ments et des crottes de chien que les vrais pou­lets leur délaissent.
• À Cagnes-sur-Mer, ils sont une cin­quan­taine. Ils déam­bulent en seg­way, font la sor­tie des écoles ou les mani­fes­ta­tions festives.

Cagnes-sur-Mer Louis Nègre police municipale.trotinette

Une ques­tion, M. le maire de Cagnes, où allez-vous faire cir­cu­ler vos Segway ?

On a la réponse :

Police municipale - Cagnes-sur-Mer - Segway

4) Les sup­plé­tifs pri­vés. Comme cha­cun sait, la ver­ba­li­sa­tion des sta­tion­ne­ments est tout à fait impo­pu­laire. Aussi, les mai­ries ont trou­vé une mar­tin­gale pour refi­ler sa prin­ci­pale mis­sion à des pauvres bougres : le soin de col­ler les papillons sur les pare-brises.
• À Cagnes-sur-Mer, c’est la milice pri­vée Streeteo qui traque le moindre dépas­se­ment d’ho­raire sur le ban­dit-man­chot appe­lé horo­da­teur.
Un employé mili­cien déclare : « Environnement tra­vail désa­gréable. Environnement anxio­gène, la direc­tion nous met la pres­sion mal­gré les chiffres, excuses pour ne pas don­ner la prime max… Les chefs font du favo­ri­tisme et insultent leurs agents der­rière leurs dos. Société à fuir. » [source, voir les commentaires]Indigo verbalisateur

(lire Prunes à Cagnes du 24 août 2019)

5) La force Sentinelle. L’Armée fran­çaise est sans aucun doute le cou­teau suisse du poli­tique aux manettes du char natio­nal. Le mili­taire est mul­ti­tâches, avec sa jeep et son cou­teau. Incendies de forêt, le bidasse est pom­pier. Marée noire, le trou­fion passe la ser­pillière sur la plage. Le gre­na­dier-vol­ti­geur sait tout faire. Beaucoup de nos jeunes volon­taires à l’en­ga­ge­ment ont pu rêver d’ailleurs avec ces jolis nom d’OPEX : Barkhane, Chammal, etc. Mais, cer­tai­ne­ment pas pré­vu l’o­pé­ra­tion « Sentinelle ». Dispositif sécu­ri­taire mis en place après les atten­tats de jan­vier 2015. Voilà que nos trou­piers se sont trans­for­més en vigiles de socié­té de sécu­ri­té, plan­tons et fac­tion­naires.
Les Français sont ras­su­rés nous dit-on. Ils voient ces cer­bères en jolie tenue camou­flage faire le trot­toir (de la rue Saint Denis à la rue Thubaneau). Ils en avaient oublié toutes les jolies cou­leurs de bérets de leurs amis bidasses. Du rouge, du noir, du bleu, du vert comme leur bic quatre cou­leurs.
• À Cagnes-sur-Mer, l’ar­mée rem­place la police pour la sécu­ri­té publique.Force Sentinelle - Cagnes-sur-Mer - Louis Nègre

6) Les socié­tés de sécu­ri­té. Le sec­teur est flo­ris­sant, il y en a 2 600 en France. Il est très com­mu­nau­ta­ri­sé. Vigiles, gar­diens, gardes du corps, ils vous tâtonnent avec leur détec­teur de cou­teaux égor­geurs à l’en­trée des spec­tacles. On les recon­naît à leurs pan­ta­lons noirs plein de poches et leur T‑shirt flo­qué « sécu­ri­té ».
• À Cagnes-sur-Mer, si vous n’êtes pas encore assez ras­su­rés par les cer­bères pré­cé­dents, il y a une socié­té pour vous.Véhicule sécurité privée

Plus sur le lien : Magnum Sécurité

7) Les voi­sins vigi­lants. Le dis­po­si­tif est contro­ver­sé. L’autodéfense n’est pas trop com­pa­tible avec l’État de droit. On ima­gine que ce dis­po­si­tif offi­ciel a de l’avenir.Voisins vigilants

• À Cagnes-sur-Mer, la police forme les voi­sins à être vigi­lants. Ben voyons ! [source] On les com­prend. Ils ont déjà peur de sor­tir dans la rue. Nul doute que pour rem­pla­cer le mille-feuilles sécu­ri­taire inef­fi­cace pré­cé­dem­ment énu­mé­ré, il va fal­loir dans un proche ave­nir s’or­ga­ni­ser comme au far west.

Voisins vigilants - Cagnes-sur-Mer

On recrute !

Papy Mamy vigilants

N’oublions pas les papis trot­toirs qui font tra­ver­ser la rue aux enfants des écoles. Si tout le monde s’y met

L’insécurité est un juste « sen­ti­ment » pour notre sinistre Garde des sots. Plutôt qu’y remé­dier, il suf­fi­rait de décla­rer que l’insé­cu­ri­té-pho­bie est un délit. Comme l’ho­mo et l’is­la­mo. Aux armes citoyens ♪♫

Michel Lebon

[NDLR] Notre illus­tra­tion à la une : pho­to prise à Orléans [source]

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Michel Lebon

4 Commentaires 

  1. J’ai éga­le­ment appré­cie l’au­teur qui ter­mine son article avec élégance :

    L’insécurité est un juste « sen­ti­ment » pour notre sinistre Garde des sots.
    Plutôt qu’y remé­dier, il suf­fi­rait de décla­rer que l’insécurité-phobie est un délit. Comme l’homo et l’islamo.
    Aux armes citoyens ♪♫

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  2. La police ne peut pas gué­rir toutes les mala­dies de la socié­té. La pro­tec­tion et l’ordre sont sa mis­sion la plus noble. Mais que faire lorsque des conci­toyens rejettent et ignorent l’ordre et font de la police la cible de leur aver­sion pour l’État et la socié­té ? Les poli­ciers doivent alors se pro­té­ger en pre­mier lieu eux-mêmes et se retrouvent devant la jus­tice, qui enquête méti­cu­leu­se­ment sur leurs actes. Qui veut encore deve­nir poli­cier dans ces conditions ?

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  3. Personnellement, j’ai consta­té la pré­sence de gen­darmes, affu­blés de gilets pare-balles, à la sor­tie des écoles élé­men­taires des Plans à Villeneuve-Loubet (06270), en l’année 2021.
    La milice à ma cr on a fait du zèle pour véri­fier les muse­lières. Je ne peux plus les voir, j’en ai eu 6 pour moi toute seule dans un car urbain désert de Valbonne, pitoyable à pleurer.

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  4. Excellent article. Bien vu M. Lebon !

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