Giorgia on my mind

par | 25 sep­tembre 2022 | 2 Commentaires 

Élections italiennes, ça repart comme en 22 ?

Les Italiens se rendent aux urnes aujourd’­hui pour les élec­tions légis­la­tives. La grande favo­rite, que tous les son­dages dési­gnent comme la future Première ministre ita­lienne, c’est Giorgia Meloni, jeune femme de 45 ans, à la tête du par­ti Fratelli d’Italia (frères d’Italie), nom choi­si en rap­port avec l’hymne natio­nal transalpin.

Le paral­lèle est ten­tant avec l’ar­ri­vée du Duce Benito Mussolini, il y a presque tout juste 100 ans (c’é­tait le 28 octobre) après sa « marche sur Rome » avec ses che­mises noires. C’est après cette démons­tra­tion de force que les diri­geants du gou­ver­ne­ment en place lui confie­ront le Pouvoir. Ce n’est qu’en 24, après deux ans de direc­tion du pays, que son par­ti, la liste natio­nale (LN) se ver­ra accor­der presque 65 % des voix par les élec­teurs italiens.

Aucun rap­port donc, avec ce qui se passe aujourd’­hui de l’autre côté des Alpes. Giorgia Meloni a tou­jours res­pec­té les dif­fé­rents suf­frages, et grim­pé petit à petit dans les son­dages. Son par­ti grimpe d’une manière inexo­rable depuis 2012, date de sa créa­tion. Aucune ten­ta­tion de prendre le Pouvoir par la force ! Mais les jour­na­listes euro­péens, igno­rants ou mal­veillants, ne peuvent s’empêcher de pra­ti­quer la com­pa­rai­son dou­teuse. Et l’on voit fleu­rir sur les écrans ou dans les jour­naux articles et vidéos débor­dant de mau­vaise foi.

→ Non, Fratelli d’Italia, (pas plus que ses alliés) n’a pro­po­sé de conduire le pays avec un par­ti unique en inter­di­sant les autres.
→ Non, Fratelli d’Italia ne pousse pas à une exal­ta­tion natio­na­liste par­ti­cu­lière.
→ Non, le culte de la « cheffe » n’est pas exa­cer­bé au paroxysme.
Ces trois cri­tères étant ceux qui défi­ni­raient le fas­cisme, on recon­naî­tra qu’elle en est bien loin.

On lui reproche d’être la conti­nui­té des mou­ve­ments post-fas­cistes, ou néo-fas­cistes des années 70, en par­ti­cu­lier parce qu’elle a conser­vé comme emblème du par­ti la flamme tri­co­lore. Flamme que l’on asso­cie immé­dia­te­ment à celle du RN en France, ou plus exac­te­ment à celle du Front National à sa créa­tion en 1972, qui, pri­vé alors de res­sources finan­cières avait tout bon­ne­ment « copié » le sym­bole du MSI ita­lien en chan­geant les cou­leurs. Rappelons quand même que ce qui rap­pro­chait les deux par­tis par-delà les Alpes, c’é­tait un anti­com­mu­nisme très viru­lent, les PC euro­péens étant à l’é­poque tous cor­na­qués par l’ex-URSS !

Alors aujourd’­hui, quid du « fas­cisme », mot uti­li­sé à tort et à tra­vers, dès qu’on parle d’un mou­ve­ment situé peu ou prou à la droite de Bayrou ?

Fasciste Macron, quand il décide de gou­ver­ner par « conseil de défense » plus de 80 fois en deux ans pen­dant la crise COVID ? Conseil de défense qu’il réitère pour l’é­co­lo­gie, pour la crise éner­gé­tique ? C’est une arme poli­tique redou­table, qui met tous les pou­voirs dans les mains du pré­sident de la répu­blique, c’est à dire sans aucune oppo­si­tion démo­cra­tique possible.

Fasciste von der Leyen quand elle explique qu’elle a les outils pour mettre au pas l’Italie en cas de vic­toire de la droite demain ? Ou qu’il ne faut pas tenir compte des oppo­sants à la guerre contre la Russie ? De qui tient-elle son pou­voir ? Qui l’a élue pour mépri­ser ain­si les Peuples ?

Ces exemples-là, vous ne les trou­ve­rez pas dans vos jour­naux ou vos TV habi­tuels, et pour cause. Ceux-ci sont char­gés de répandre la bonne parole, et cette bonne parole, Giorgia Meloni va jus­te­ment la bous­cu­ler en remet­tant quelques idées mon­dia­listes en ques­tion. Si elle a aban­don­né l’i­dée d’une sor­tie de l’Euro, elle garde quand même une cer­taine méfiance vis à vis de l’Europe, méfiance qu’elle par­tage avec Victor Orban en Hongrie. Elle n’ac­cepte pas non plus que, sous pré­texte de guerre en Ukraine, l’Italie soit écra­sée par les prix de l’éner­gie, vision par­ta­gée par de plus en plus de peuples européens.

Alors bien sûr, pour les médias, Giorgia Meloni et son alliance sont les grands dan­gers, et pour cela le men­songe média­tique est indis­pen­sable car comme disait Goebbels, le ministre de la pro­pa­gande d’Hitler, un men­songe répé­té mille fois finit par deve­nir une véri­té. À nous de la réta­blir et de rap­pe­ler qu’en son temps, les cen­seurs d’au­jourd’­hui avaient por­té à la pré­si­dence de la République fran­çaise un homme qui avait comme 2 626 autres, prê­té ser­ment au Maréchal Pétain, et qui pour cela avait été déco­ré de la Francisque. Détail qu’on oublie trop sou­vent de leur rappeler.Mitterrand-Petain-1943

Patrice Lemaître

Les articles du même auteur

Patrice Lemaître

Bonus : pour aider à déco­der le titre de notre article

2 Commentaires 

  1. Grâce à votre pho­to, je com­prends pour­quoi François Mitterrand n’a pas dis­sout l’Ordre des méde­cins, orga­nisme proxé­nète des méde­cins pour que le syn­di­cat pros­père, car — pour exer­cer — un méde­cin doit payer envi­ron 300 euros à cet orga­nisme. La com­mu­nau­té a bien eu en son sein un ancien SS. L’ancien Pape n’est-il pas issu des jeu­nesses hit­lé­riennes ? Cherchez le men­songe por­té par les ser­vices américains.

    Répondre
  2. « Femme, ita­lienne, chré­tienne, conser­va­trice et tra­di­tion­na­liste »… Voilà une belle jour­née annon­cia­trice pour les Italiens et aus­si annon­cia­trice de remise en cause de l’UE actuelle… Que de bonnes perspectives !

    Répondre

Envoyer le commentaire

Votre adresse e‑mail ne sera pas publiée. Les champs obli­ga­toires sont indi­qués avec *