Paysans des Alpes Maritimes : bien trop gentils

par | 27 jan­vier 2024 | 2 Commentaires 

Les agri­cul­teurs des Alpes Maritimes ont rejoint le mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion des pay­sans français.

« On marche sur la tête » se décline ici : « Marcha su la tes­ta ».

FDSEA 06 - Marche 25 janvier 2024

200 agri­cul­teurs des Alpes-Maritimes (dépar­te­ment peu agri­cole de par son relief et le prix du fon­cier) se sont retrou­vés ven­dre­di matin, le 26 jan­vier 2024, à l’ap­pel de la FDSEA (Fédération Nationale Des Syndicats d’Exploitants Agricoles), ce qui est beau­coup, pour expri­mer leur détresse.

Les slo­gans sont forts. Bien sûr les trac­teurs ne sont pas les mêmes qu’en Aquitaine. Mais tous se connaissent et se retrouvent une nou­velle fois pour se faire entendre.

Mais qui les écoute, nos paysans ?

Pas les élus qui, pour­tant, étaient là pour les accueillir devant la pré­fec­ture :
Charles Ange Ginésy, Président du conseil dépar­te­men­tal des Alpes-Maritimes et
Éric Ciotti, dépu­té de la pre­mière cir­cons­crip­tion des Alpes-Maritimes depuis 2007, pré­sident du conseil dépar­te­men­tal des Alpes-Maritimes de 2008 à 2017 et ques­teur de l’Assemblée natio­nale depuis 2018.
Lionel Tivoli, dépu­té RN de la 2e cir­cons­crip­tion des Alpes-Maritimes.

Ceux-ci se sont fait dis­crets, mais ils étaient là. Pourquoi ? Ils sont les arti­sans de l’ex­tinc­tion à petit feu de notre agriculture.

En Même Temps l’Europe ouvrait grand ses portes aux pro­duits agri­coles du Chili(1).

En Même Temps tou­jours, les dépu­tés votaient une aug­men­ta­tion de 300 euros par mois de leurs frais de man­dat, à cause de l’in­fla­tion ! Quel tou­pet ! Mais l’in­fla­tion, c’est eux qui la créent par leur impé­ri­tie éco­no­mique, mais ils s’en dédouanent. Et le len­de­main, ils osent se pré­sen­ter devant les pay­sans qui crèvent.

Ces pay­sans sont bien trop gen­tils avec leurs élus qui sont les arti­sans de leur mal­heur. On aurait pu ima­gi­ner qu’ils les inter­pellent publi­que­ment, fron­ta­le­ment. Au lieu de tout cela ils ont déver­sé très rituel­le­ment une remorque de fumier devant les grilles bien fer­mées de la pré­fec­ture et s’en sont allés. Ce fumier livré gra­tui­te­ment sera une aubaine pour les jar­di­niers de la préfecture.

Tout le monde a noté une forte pro­por­tion de jeunes par­mi les pay­sans. L’un d’eux a arra­ché le micro pour CRIER sa détresse (notre cli­ché à la une). C’est le seul qui ait été enten­du de ses confrères. Ce cri de détresse, impro­vi­sé, sin­cère, pro­fond, sera-t-il éga­le­ment enten­du des Français ?

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Massimo Luce

Q

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2 Commentaires 

  1. Ce plan PAC/​MONDIALISATION, c’est pour nous faire bouf­fer des insectes dans les 10 – 30 ans qui viennent.
    Pour « l’é­lite » : les fruits frais, les bons vins, les bons pro­duits Français. Et pour les gueux : les farines de cafards et de grillons.
    Ils ont com­men­cé à voter des direc­tives euro­péennes pour inté­grer un % de ces « ersatz » à des pro­duits divers, ils leur don­ne­ront un nom neutre scien­ti­fique et per­sonne n’y ver­ra que du feu.
    Sous la Chine du siècle der­nier, c’é­tait une puni­tion.
    Ils ne nous aiment pas, il faut le com­prendre. L’Attali l’a bien dit.

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  2. Nous avons ici deux sortes de pay­sans :
    – Ceux qui espèrent tirer pro­fit de leurs terres en les ven­dant comme ter­rains construc­tibles. Ceux-ci n’ont pas inté­rêt à se mettre à dos les poli­tiques car c’est eux qui tiennent les clés des plans d’ur­ba­nisme (en liai­son avec les ser­vices pré­fec­to­raux).
    – Ceux qui n’ont plus d’es­poir de vendre leurs terres cher, et qui vivent misé­ra­ble­ment sur de petites exploi­ta­tions.
    Comme tou­jours les repré­sen­tants de la pro­fes­sion sont les plus pri­vi­lé­giés qui sont là pour se pro­té­ger, eux. Et basta !

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