
Remèdes écartés : le bleu de méthylène
La semaine dernière nous évoquions la térébenthine, faisant suite au dioxyde de chlore ou CDS.
Cette semaine : le bleu de méthylène.
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Le bleu de méthylène
Le bleu de méthylène (chlorure de méthylthioninium) est l’un des plus anciens colorants organiques jamais produits. Sa formule est C₁₆H₁₈ClN₃S. Il est de la famille des colorants thiaziniques. En approximation, ce sont deux molécules de benzènes mises l’une à côté de l’autre.
En 1876, le chimiste allemand Heinrich Caro, responsable de la recherche au sein de la plus grande entreprise de produits chimiques au monde, BASF, a synthétisé pour la première fois ce colorant bleu pur pour teinter la laine destinée à l’industrie textile. Peu de temps après, des chercheurs en médecine découvrent des utilisations du bleu de méthylène pour la médecine.
En 1880, le microbiologiste Robert Koch utilise le bleu de méthylène pour colorer les cellules et les microbes afin de les visualiser plus facilement au microscope.
En tant que colorant en microscopie, le bleu de méthylène peut aider les scientifiques à distinguer les cellules mortes des cellules vivantes. Il aide également à étudier les composants internes des cellules en montrant leurs structures anatomiques.
Puis, Koch a utilisé le bleu de méthylène pour colorer les bactéries responsables de la tuberculose afin de mieux comprendre cette maladie, et le pathologiste polonais Czeslaw Checinski s’en est servi pour colorer les parasites responsables du paludisme.
Le médecin allemand et lauréat du prix Nobel Paul Ehrlich a démontré que le bleu de méthylène était non seulement capable de colorer le parasite responsable du paludisme, mais il pouvait en outre, le tuer, et en particulier contre le parasite unicellulaire Plasmodium falciparum responsable de la forme la plus grave et la plus meurtrière du paludisme chez l’être humain, transmise par le moustique anophèle.
En 1891, Ehrlich a publié une étude de cas sur deux patients atteints de paludisme qui ont été guéris grâce au bleu de méthylène. À cette époque on soigne à peu près tout avec le bleu de méthylène.
En 1905, le pédiatre américain Abraham Jacobi écrit que le bleu de méthylène est le traitement du cancer.
Durant la Grande Guerre (1914−1918), l’approvisionnement en quinine était parfois difficile ou pas assez important pour couvrir les énormes besoins les troupes de l’Armée française d’Orient, massivement touchée par le paludisme. Le bleu de méthylène a alors servi de solution de remplacement de la quinine sur le front.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le bleu de méthylène a été administré aux soldats US dans le pacifique comme médicament antipaludique.
Les plaintes des soldats de la Seconde Guerre mondiale concernant la coloration bleue de leur urine par le bleu de méthylène ont rapidement stimulé la transition vers d’autres médicaments pour traiter le paludisme. Cependant, la recherche moderne a ravivé l’intérêt pour l’utilisation du bleu de méthylène en tant qu’antipaludique, et il est considéré à ce jour comme l’un des médicaments les plus efficaces contre la maladie. En cherchant un produit qui ne colore pas les urines, une quantité de médicaments ont été trouvé pour soigner la lèpre, le paludisme, antibiotiques, anti-dépresseurs.
Avant le bleu de méthylène, le traitement classique du paludisme était un composé appelé quinine, un alcaloïde contenu dans l’écorce d’un arbre à quinquina originaire d’Amérique du Sud et cela depuis le 15e siècle.
La synthèse du bleu de méthylène est beaucoup plus facile que la préparation d’obtention de la quinine qui est isolée laborieusement à partir de l’écorce d’une plante disponible uniquement en Amérique du Sud.
Mais comme le bleu de méthylène tache la bouche et a tendance à colorer l’urine en bleu-vert, les scientifiques ont cherché à modifier sa structure moléculaire, en essayant d’éliminer la teinte tout en conservant ses qualités médicinales.
Les travaux de chimistes tels que Wilhelm Rohl de Bayer, un élève d’Ehrlich, ont finalement donné naissance à la quinacrine, un médicament contre la malaria.
En 1934, la quinacrine a été modifiée par Hans Andersag de Bayer, elle reçoit le nom de Resochin. Puis toujours en Allemagne, dérive en Sontochin.
Pendant la seconde guerre mondiale, le paludisme représente un problème sanitaire majeur pour les armées opérant dans les régions tropicales. Les Alliés ont des difficultés d’approvisionnement en quinine, car les Japonais occupe Java, importante région productrice de quinquina. Les États-Unis mettent donc en place un vaste programme de recherche destiné à trouver et tester de nouveaux médicaments antipaludiques.
Après l’arrivée des forces alliées à Tunis en 1943, le Sontochin tombe entre les mains des Américains. Le produit est envoyé aux États-Unis pour être étudié. Les chercheurs ont créé la chloroquine, connue sous le nom de Nivaquine.
Afin de réduire la toxicité de la chloroquine qui provoquait à dose importante des rétinopathies et des accidents cardio-vasculaires,des chercheurs américains ont créé l’hydroxychloroquine dans les années 1945–46, commercialisée en 1956 sous le nom de Plaquenil.
Ce produit apporta une évolution thérapeutique majeure car bien qu’initialement créée pour lutter contre le paludisme, l’hydroxychloroquine s’est révélée dotée de puissantes propriétés anti-inflammatoires et immunomodulatrices. Elle est devenue aujourd’hui le traitement de référence pour les maladies auto-immunes comme le lupus érythémateux et la polyarthrite rhumatoïde.
Vers 1930, la biologiste nord-américaine Matilda Moldenhauer Brooks découvre que le méthylène est un antidote pour l’empoisonnement au cyanure et au monoxyde de carbone. Aujourd’hui, il est toujours inscrit sur la liste des médicaments essentiels de l’OMS en tant qu’antidote. Il est utilisé pour les intoxications à certains produits chimiques ou médicaments, tels que : les nitrites et les nitrates, l’aniline et certains anesthésiques locaux et les sulfamides.
Comment le bleu de méthylène agit-il ?
Le bleu de méthylène possède des propriétés oxydo-réductrices, c’est un capteur d’électrons extrêmement réactif.
Il est utilisé dans la maladie appelée méthémoglobinémie. C’est une maladie sanguine caractérisée par un taux anormalement élevé de méthémoglobine (une forme oxydée de l’hémoglobine) dans le sang, ce qui empêche une bonne oxygénation des tissus. L’hémoglobine transporte normalement l’oxygène grâce à son fer à l’état ferreux (Fe²⁺). Dans la méthémoglobine, ce fer est oxydé à l’état ferrique (Fe³⁺) et il ne peut plus fixer l’oxygène correctement.
Le taux normal de méthémoglobine est inférieur à 1 %. On parle de méthémoglobinémie au-delà de 5 %.
Cela peut être causé par l’exposition à des agents oxydants, de l’eau contaminée par des nitrates, certains médicaments comme les anesthésiques locaux, ou encore des nitrites. Elle est parfois appelée « syndrome du bébé bleu » chez le nourrisson.
Une cellule de sang fonctionnelle possède des atomes Fe²⁺, mais si elle possède des atomes Fe³⁺, la méthémoglobine ne transporte plus correctement l’oxygène.
Le bleu de méthylène, grâce au système enzymatique érythrocytaire, peut favoriser la réduction : Fe³⁺ → Fe²⁺, il va donc restaurer la cellule en hémoglobine fonctionnelle.
Le bleu de méthylène agit en augmentant directement la respiration mitochondriale grâce à ses interactions avec la chaîne de transport d’électrons.
Ce processus appelé phosphorylation oxydative participe à la production d’ATP. L’ATP est l’adénosine triphosphate, la molécule fondamentale qui stocke et transfère l’énergie chimique nécessaire à l’ensemble des activités cellulaires.
En simplifiant, dans le processus biochimique, les molécules normales produisent de l’eau et gaz carbonique, lorsque la molécule fonctionne mal, elle produit en plus de l’eau et du gaz carbonique, des déchets de combustion contenant beaucoup d’électrons. Ces déchets créent des inflammations et de nombreux dysfonctionnements ayant un nom différent pour chaque maladie.
Selon le Docteur français Laurent Schwartz, la perturbation du processus biochimique au niveau moléculaire amène la plupart des maladies en jouant sur la conductivité des électrons. Or, le bleu de méthylène mais aussi le dioxyde de chlore ou CDS(1), enlèvent ces électrons et permet de rétablir l’homéostasie sans inconvénient majeur, voir en conjonction des médicaments traditionnels pour certaines maladies.
L’homéostasie, c’est la capacité d’un organisme ou d’un système à maintenir son équilibre interne stable.
Les effets indésirables du bleu de méthylène peuvent provenir d’impuretés chimiques. Il est donc important de n’utiliser que du bleu de méthylène de qualité pharmaceutique. À faible dose, ces contaminants ne posent pas de problème majeur. Mais des doses plus élevées peuvent entraîner l’accumulation de toxines dans les cellules. Il est donc essentiel de connaître les différentes qualités de bleu de méthylène disponibles sur le marché.
Il existe trois qualités différentes de bleu de méthylène :
1. Qualité industrielle – utilisée pour teindre les tissus
2. Qualité chimique – utilisée dans les expériences de laboratoire
3. Qualité pharmaceutique – utilisée pour traiter la méthémoglobinémie, les infections des voies urinaires.
Quelle dose semble être efficace ?
La dose de bleu de méthylène couramment utilisée dans les essais cliniques chez l’homme varie de 0,5 à 2 mg/kg, ce qui provoque rarement des effets secondaires.
Bernard CHRISTIAN
Références :
Dr Laurent SCHWARTZ :
Le bleu de méthylène
Roger PONCELET
Bleu de méthylène, la vérité censurée
Mark SLOAN
Le guide ultime du bleu de méthylène
A. Z HARRISSON
Le protocole au bleu de méthylène
Lire :Remèdes écartés : le dioxyde de chlore ou CDS du 19 septembre 2026

Merci pour cette série des remèdes écartés qui m’intéresse beaucoup.