Communautarisme-séparatisme ou providentialisme ?

19 février 2021 | Aucun com­men­taire

Communautarisme et sépa­ra­tisme ne consti­tuent pas a prio­ri des gros mots. Ni ne doivent repré­sen­ter des épou­van­tails pour nous, Français albo-euro­péens de souche. Les concepts dési­gnés par ces vocables se révè­le­ront même, vrai­sem­bla­ble­ment, les solu­tions à pri­vi­lé­gier sous peu.

Pour nous, de telles échéances peuvent venir vite. Nous ne sommes pas à l’a­bri, de notre vivant, de l’ac­cé­lé­ra­tion loga­rith­mique du déclin.

Oswald Spengler l’a­vait pres­sen­ti, à l’aube du siècle der­nier. Jean Raspail, au tour­nant de notre siècle actuel, a envi­sa­gé la consti­tu­tion d’iso­lats comme l’une des condi­tions pro­bables de notre sur­vie, comme enti­tés collectives.

Oswald Spengler - Déclin Occident Jean Raspail - Le camp des saints

Pour nous, de telles échéances peuvent venir vite. Nous ne sommes pas à l’a­bri, de notre vivant, de l’ac­cé­lé­ra­tion loga­rith­mique du déclin.

Bien d’autres esprits, plus savants et culti­vés que le scrip­teur de ces lignes, ont pro­phé­ti­sé – voire recom­man­dé – cette évo­lu­tion. Laquelle ne doit pas être vue exclu­si­ve­ment comme repli, si ce n’est recul. Sous contrainte, démo­gra­phique et idéo­lo­gique :
Le sépa­ra­tisme autoch­tone, c’est la « longue marche » des Français de souche vers la « dia­go­nale aride »
Pour nos enfants, se regrou­per à l’abri des mélanges impro­bables et des métis­sages fatals, ce sera sûre­ment d’ac­tua­li­té. Et pen­dant quelques géné­ra­tions ensuite. En atten­dant le retour.
Retour de quoi ? De qui ? Du roi. Du soleil. Des dieux. De l’âge d’or. Ou d’un sau­veur, selon les croyances, convic­tions ou intui­tions de cha­cun. Nous connaî­trons – peut-être car l’hy­po­thèse est ténue – des brèves périodes de ralen­tis­se­ment de la déca­dence. En rela­tif tou­te­fois et selon des visions à trop court terme. En res­tant à la sur­face des choses comme dans le rêve, sym­pa­thique et volon­ta­riste au demeu­rant, de « l’an­née de Jeanne » de Franck Ferrand. Bien sûr le per­son­nage pro­vi­den­tiel inter­ve­nant in extre­mis s’est déjà mani­fes­té dans l’Histoire de France. Cependant comp­ter sur le seul des­tin dis­pen­se­rait d’exercer notre libre-arbitre. Lequel est tou­jours pos­sible, même dans le cadre le plus appa­rem­ment pré­dé­ter­mi­né. Sinon l’excuse pour ne pas agir paraî­trait trop facile. Franck Ferrand - Année de Jeanne

Il existe un espace de cou­rage et de liber­té, entre le pes­si­misme fata­liste par pré­dé­ter­mi­na­tion iné­luc­table et l’optimisme couard par évi­te­ment fainéant.

Nous ne le ver­rons pas nous-mêmes, le retour de la phase de renais­sance. Le temps de notre sablier semble trop court. La roue ne tourne pas assez vite, sous l’angle où nous nous situons. Mais « éter­nel­le­ment tourne la roue de l’être », nous a légué le phi­lo­sophe. Il en est de même pour les civilisations.

Demeurons par consé­quent de vigi­lants pas­seurs. Notre rôle mémo­riel de maillons, dans la chaîne de l’é­ter­nel retour, n’est pas vain mais essen­tiel. « Nous autres, civi­li­sa­tions, nous savons main­te­nant que nous sommes mor­telles ». Versailles ruines

Certes, mais le phé­nix renaît de ses cendres, tôt ou tard. Le_Phénix_renaissant_de_ses_cendres

Nous ne pou­vons pas lut­ter en ce moment par la force – ni des armes ni de l’argent – ou par le droit – la loi, élec­to­rale ou géné­rale, est écrite et modi­fiée sans nous, voire contre nous – par consé­quent il nous faut nous adap­ter. Garder le feu, pour le trans­mettre et le ravi­ver un jour, passe peut-être par une période de ren­for­ce­ment com­mu­nau­taire, sépa­ré­ment des autres, soli­dai­re­ment entre nous.

Marc DESGORCES-ROUMILHAC

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