Premières factures de la Covid : c’est pour très bientôt !

16 mars 2021 | 1 com­men­taire

La préparation des budget des collectivités locales s’effectue en ce moment et les communes sont sous pression.

Après la déci­sion de François Hollande, en 2015, de dimi­nuer de 11 mil­liards sur trois ans les dota­tions aux col­lec­ti­vi­tés locales, après la sup­pres­sion déma­go­gique de la taxe d’habitation par Emmanuel Macron, pré­vue pour être plei­ne­ment effec­tive en 2023, il y a eu le « quoi qu’il en coûte » du même Macron pour faire face à la crise de la Covid. Les finances de très nom­breuses com­munes ont été frap­pées de plein fouet par ces évé­ne­ments, notam­ment dans les com­munes rurales.

Aussi doit-on s’attendre à des augmentations des impôts locaux en 2021

C’est même « iné­luc­table », confie au maga­zine Capital, Philippe Laurent, le Secrétaire géné­ral de l’Association des maires de France (AMF) et maire de Sceaux (92).

Théoriquement, l’État devait com­pen­ser mais comme il creuse les défi­cits au bull­do­zer, les élus locaux redoutent une défec­tion inévi­table. Déjà bien mal­me­nés par les réformes suc­ces­sives, la ges­tion de la crise du Covid19 est venue leur por­ter le coup de grâce : pertes de recettes (can­tines, crèches, pis­cines, centres de loi­sirs, etc) et dépenses sup­plé­men­taires (masques, gels, équi­pe­ments spé­ciaux, dépis­tages, per­son­nels, etc). Tout ce dont l’État a tout bon­ne­ment refu­sé de se pré­oc­cu­per, déplore Philippe Laurent. Or l’investissement com­mu­nal repré­sente 60 % de l’investissement public, on ima­gine donc que les pertes de res­sources vont entraî­ner de nom­breux reports de ces inves­tis­se­ments et des coupes sombres dans tous les postes des finances locales.

Pour s’en sor­tir, les col­lec­ti­vi­tés locales et les com­munes en par­ti­cu­lier ne dis­posent de guère de solu­tions. Il n’y en a même qu’une seule : la fis­ca­li­té ! Et, là encore, les leviers d’actions ne sont pas plé­thore. La taxe d’habitation étant sup­pri­mée, il ne reste que la taxe fon­cière et la taxe d’enlèvement des ordures ména­gères (TEOM). Si la taxe fon­cière ne touche que les pro­prié­taires de loge­ments, en revanche, la TEOM touche tous les habi­tants d’une com­mune puisque les usu­frui­tiers (loca­taires, occu­pants à titre gra­cieux…) d’une pro­prié­té bâtie y sont assu­jet­tis. Nicolas Garnier, délé­gué géné­ral de l’association Amorce – pre­mier réseau fran­çais d’information, de par­tage d’expériences et d’accompagnement des col­lec­ti­vi­tés et acteurs locaux en matière de tran­si­tion éner­gé­tique, de ges­tion ter­ri­to­riale des déchets et de ges­tion durable de l’eau – annonce une hausse pro­bable com­prise entre 5 % et 10 %, rap­porte le maga­zine Capital. Hausse qui s’explique aus­si par l’augmentation de la taxe d’État sur les acti­vi­tés pol­luantes qui a aug­men­té de 28,6 % au pre­mier jan­vier 2021. L’écologie à la fran­çaise est avant tout syno­nyme de taxes.

Ainsi donc, les Français vont très vite tou­cher du doigt – ou plu­tôt, du porte-mon­naie – les consé­quences de la ges­tion cala­mi­teuse de la crise sani­taire par nos gou­ver­nants. Le « sau­ve­tage de vies », ce leit­mo­tiv qui sert d’argument mas­sue à la poli­tique inco­hé­rente du gou­ver­ne­ment, va coû­ter très cher aux 99,86 % de la popu­la­tion qui n’ont pas contrac­té la mala­die ou en ont gué­ri [source : statista.com]. Car les taxes, on le sait bien, frappent les pauvres comme les riches, à la dif­fé­rence des impôts sur le reve­nu. Et ce sont évi­dem­ment les pauvres qui en souffrent le plus. Quant aux pro­prié­taires qui habitent leur mai­son, ils vont être frap­pés deux fois : une fois par la hausse de la taxe fon­cière et une autre fois par la hausse de la TEOM. Ça va grin­cer des dents dans les chaumières.

Or, nous ne parlons là que de fiscalité locale

À Bercy, ça fume aus­si sous les scalps des énarques payés plus de 20 000 euros par mois [source], pour nous inven­ter d’autres sévices tout aus­si dou­lou­reux, si ce n’est davan­tage. Ceux qui appellent de leurs vœux un ren­for­ce­ment des mesures res­tric­tives sont-ils prêts à payer le prix réel du « quoi qu’il en coûte » ? Il y a fort à parier que ces para­noïaques seront aus­si les pre­miers à pous­ser des cris d’orfraies en voyant arri­ver leur feuille d’impôts.

Charles ANDRÉ

« L’important n’est pas de convaincre mais de don­ner à réflé­chir. »

1 commentaire

  1. Les ministres, les dépu­tés, nombre d’é­lus ont pour la plu­part des com­bines pour ne pas payer d’impôts.
    Ce sont les pre­miers à tri­cher.
    Macron lui même a men­ti sur sa décla­ra­tion de patri­moine.
    Et quand ils se font coin­cer, par­fois, ils ne sont pas condam­nés.
    Ils peuvent donc conti­nuer d’aug­men­ter les impôts, cela ne les concerne guère. Cela concerne leurs élec­teurs qui aiment se faire ber­ner. Et puis si les élec­teurs se rebiffent un peu trop, là aus­si nos élus ont trou­vé la com­bine pour arran­ger les chiffres (comme Joe Biden) et se faire élire ou réélire.

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