La tribune des militaires laboure en profondeur

11 mai 2021 | 4 Commentaires 

La tri­bune des mili­taires d’ac­tive que nous avons publiée en inté­gra­li­té hier, le 10 mai 2021 (voir Macron a réus­si à réveiller la Grande Muette), fédère et ras­semble beau­coup plus que le gou­ver­ne­ment ne croit.

Éric Verhaeghe écrit dans le Courrier des Stratèges une ana­lyse qui prend à rebours les invec­tives du gou­ver­ne­ment inca­pable d’y voir autre chose que la main de l’ex­trême droite.

Les amusantes références maçonniques de la tribune des militaires

Éric Verhaeghe (1o mai 2021)

La tri­bune des mili­taires fait cou­ler beau­coup d’encre. Assez curieu­se­ment, peu de lec­teurs ou de com­men­ta­teurs ont rele­vé une dimen­sion un peu inat­ten­due de ce texte rédi­gé par des mili­taires d’ac­tive : ses réfé­rences maçon­niques. Discrètes, mais bien pré­sentes, elles signalent que la fronde ne vient pas for­cé­ment des offi­ciers les plus conser­va­teurs, mais qu’elle pro­cède visi­ble­ment, pour une part sub­stan­tielle en tout cas, de cadres ayant d’autres réfé­rences phi­lo­so­phiques que l’ex­trême-droite tra­di­tion­nelle. Ce qui n’est pas for­cé­ment une très bonne nou­velle pour le gou­ver­ne­ment, car l’as­sise de la contes­ta­tion est pro­ba­ble­ment plus large que le pou­voir exé­cu­tif ne veut bien le dire.

La tri­bune des mili­taires enfonce un clou déjà bien plan­té la semaine pré­cé­dente. Selon les infor­ma­tions mises en avant par Valeurs Actuelles, elle a reçu un mil­lion de visites sur le site du maga­zine en moins de 12 heures, ce qui est colos­sal et devrait aler­ter sin­gu­liè­re­ment le Pouvoir sur le rejet vis­cé­ral dont l’affirmation musul­mane dans les ban­lieues fait l’objet en France.

Pour l’instant, les sbires du Pouvoir exé­cu­tif dénoncent un texte « d’extrême droite » avec la faci­li­té décon­cer­tante de ceux qui gèrent toute diver­gence d’opinion par le ban­nis­se­ment. Mais cette accu­sa­tion est-elle vrai­ment fon­dée ? Quelques indices trou­blants sur ce texte sou­lèvent de sérieuses ques­tions sur la « limi­ta­tion » de son ori­gine à la seule extrême droite.

Les références maçonniques de la tribune des militaires

Être suprême - République françaiseLes obser­va­teurs auront tous remar­qué cette ouver­ture étrange du texte publié hier, qui s’adresse aux élus « en leurs grades et qua­li­tés ». La for­mule n’est pas neutre. Elle est celle employée dans les loges maçon­niques aux débuts des tra­vaux collectifs.

Cette cir­cons­tance, cette griffe, cette par­ti­cu­la­ri­té, est for­cé­ment inter­pré­tée par tous les ini­tiés comme un signal « sym­bo­lique » envoyé quant à l’origine même du texte. Cette ten­ta­tion de l’interprétation sym­bo­lique est ren­for­cée par l’allusion immé­diate au 7e cou­plet de la Marseillaise comme argu­ment prin­ci­pal du texte.

Doit-on rap­pe­ler ici le carac­tère infi­ni­ment maçon­nique de notre hymne natio­nal, et la proxi­mi­té de son com­po­si­teur avec les loges mili­taires ? On l’a oublié aujourd’hui, mais l’armée révo­lu­tion­naire, puis impé­riale, fut une pépi­nière maçon­nique, et Rouget de Lisle lui-même était un ini­tié. Les adeptes de la maçon­ne­rie savent que le chiffre 7 revêt un carac­tère sym­bo­lique spé­cial (celui de la lumière et de la jus­tice), qui donne le sen­ti­ment que cette fameuse tri­bune est aus­si un texte à clé qui envoie un mes­sage aux initiés.

Rouget de Lisle - Marseillaise

Rouget de Lisle chan­tant la Marseillaise pour la pre­mière fois, par Isidore Pils

Une mauvaise affaire pour le gouvernement

Si l’on admet l’hypothèse que la poro­si­té entre la maçon­ne­rie et les milieux catho­liques tra­di­tion­nels est faible, alors on en dédui­ra assez natu­rel­le­ment que ce texte ne doit pas éma­ner (en tout cas pas uni­que­ment) de « l’extrême droite », comme le disent un cer­tain nombre de proches du gou­ver­ne­ment. Il contient en tout cas des indices de son assise plus large.

Dans la pra­tique, ce texte exprime plu­tôt, dans ses racines pro­fondes, la vision his­to­rique du creu­set fran­çais qui pro­cède par assi­mi­la­tion cultu­relle, telle que l’armée a pu l’incarner et la mettre en pra­tique. Nous com­pre­nons tous aujourd’hui que, pour ce noyau mili­taire atta­ché à une vision laïque de la France telle qu’elle exis­tait déjà dans la Grande Armée de Bonaparte, une ligne rouge est atteinte. Celle d’un renon­ce­ment à l’affirmation fran­çaise par les élites (convain­cues que l’État-Nation est obso­lète et que l’avenir est à une dilu­tion de la France dans un grand tout européen).

Mauvaise nou­velle pour le gou­ver­ne­ment donc : la contes­ta­tion de l’armée ne vient pas d’une frange extré­miste. Elle est en réa­li­té plus pro­fonde, plus fédé­ra­trice, et pro­ba­ble­ment majo­ri­taire dans la troupe, quoiqu’en disent les chiens de garde sou­doyés pour réduire le phé­no­mène à une mani­fes­ta­tion de l’extrême-droite proche de Marine Le Pen.

L’erreur d’un bannissement compulsif

Pour l’instant, le gou­ver­ne­ment s’est conten­té de stig­ma­ti­ser le texte, avec ce réflexe propre à la caste de gérer toute cri­tique ou toute diver­gence d’opinion par le ban­nis­se­ment : ceux qui nous cri­tiquent sont for­cé­ment des popu­listes com­plo­tistes d’extrême droite. Les esprits bor­nés qui tombent dans ce pan­neau n’ont pas mesu­ré que, ce fai­sant, ils contri­buaient à cimen­ter une oppo­si­tion gran­dis­sante à leur règne, et ils sciaient pro­gres­si­ve­ment la branche sur laquelle ils sont assis.

Mais c’est tant mieux. Ce que nous ne sup­por­tons plus, c’est cette façon de mettre en qua­ran­taine tous ceux qui contestent les délires de la caste.

Éric Verhaeghe

4 Commentaires 

  1. La maçon­ne­rie est la prin­ci­pale cala­mi­té de notre Nation, et pro­ba­ble­ment la source de presque toutes

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  2. Ces tri­bunes sont une for­mi­dable bouf­fée d’oxy­gène un espoir pour l’avenir !

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  3. Une preuve sup­plé­men­taire que le maçon Mélenchon n’a rien com­pris à ce qu’il se trame.

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    • Mon cher Pastorelli,
      le maçon JLM ne repré­sente rien d’autre que ce mal­heu­reux grand pour­cen­tage de Frères qui ne le sont que par oppor­tu­ni­té et affai­risme.
      Il ne regarde et ne voit que son nom­bril.
      Le vrai maçon a d’autres chats à fouet­ter, il agit et reste invi­sible aux com­muns des mor­tels « pour la « réin­té­gra­tion » de l’hu­ma­ni­té » sans lési­ner sur les moyens, de gré ou de force.

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