La lutte contre le passe sanitaire s’ancre dans un combat civilisationnel

26 novembre 2021 | 1 com­men­taire

Jean-Frédéric Poisson
Jean-Frédéric Poisson publie une tri­bune dans France-Soir d’une rare — voire excep­tion­nelle — qua­li­té chez un homme poli­tique. Sans vou­loir l’of­fen­ser, bien au contraire, Jean-Frédéric Poisson n’ap­par­tient pas aux caciques de la poli­tique française.
Ancien maire de Rambouillet (de 2004 à 2007) et ancien dépu­té (dans la dixième cir­cons­crip­tion des Yvelines entre 2007 et 2017), Jean-Frédéric Poisson est pré­sident de VIA | la voie du peuple (ancien­ne­ment Démocratie chré­tienne). Dégagé des appa­reils des « grands » par­tis, il dis­pose d’une liber­té d’ex­pres­sion qui le conduit à dire ce qui est inter­dit à toute la classe poli­tique, muse­lée par des petits inté­rêts carriéristes.

Les contes­ta­tions qui ont cours, à la suite de l’instauration du passe sani­taire par le gou­ver­ne­ment Macron, ne sont pas comme de nom­breux poli­tiques aiment à le réduire, un pro­blème exclu­si­ve­ment sani­taire qui oppo­se­rait des citoyens altruistes favo­rables au passe, à des sédi­tieux égoïstes « anti-vax ».

Le défi est bien plus élevé : nous avons ici affaire à un véritable enjeu de civilisation

Ce sont nos liber­tés réelles que nous défen­dons : cet héri­tage plu­ri­mil­lé­naire que nous nous effor­çons de sau­ve­gar­der lorsque nous nous oppo­sons, action après action, aux folles mesures dis­cri­mi­na­toires impo­sées au nom d’une soi-disant « liber­té col­lec­tive » par nos res­pon­sables poli­tiques. Les liber­tés indi­vi­duelles et les liber­tés col­lec­tives doivent être, ici, dis­tin­guées, entrant cha­cune dans des champs qui leurs sont propres.

Les liber­tés col­lec­tives, depuis la démo­cra­tie athé­nienne au Ve siècle avant Jésus-Christ, sont nor­ma­le­ment la garan­tie de la sou­ve­rai­ne­té du Peuple. Le plé­béien ou le patri­cien de la Rome antique, l’artisan médié­val votant au sein de sa cor­po­ra­tion, ou encore le citoyen moderne choi­sis­sant ses repré­sen­tants, par­ti­cipent, par la démo­cra­tie directe ou indi­recte, à l’exercice des liber­tés col­lec­tives. Aujourd’hui, lorsque l’État rend le vac­cin acces­sible à tous, il repré­sente et exprime théo­ri­que­ment la volon­té du peuple libre, parce que sou­ve­rain. Cependant, lorsque, sur des pré­textes fal­la­cieux, il empêche d’accéder aux trai­te­ments pré­coces contre le Covid (Macrolide, Ivermectine, zinc…) alors que ceux-ci pour­raient per­mettre de désen­gor­ger les hôpi­taux, il bafoue le man­dat qui lui a été confié et se rie de nos liber­tés collectives.

Au-delà du col­lec­tif, lorsqu’un État ne se contente pas de rendre les vac­cins acces­sibles à tous, mais les impose à toute une popu­la­tion par divers dis­po­si­tions contrai­gnantes comme le passe sani­taire, il s’agit d’une effrac­tion dans l’intime des indi­vi­dus. C’est alors une atteinte aux liber­tés indi­vi­duelles. Il est nor­mal que l’État puisse contraindre ses citoyens dans les domaines qui relèvent du réga­lien : la défense, la diplo­ma­tie, la jus­tice, la police, et la fis­ca­li­té. Encore doit-il le faire avec mille pré­cau­tions. La san­té, elle, concerne le for interne de l’individu et n’a jamais fait par­tie du domaine réga­lien. Dans l’héritage que nos anciens nous ont légué sur le sujet de la san­té, cer­tains prin­cipes inva­riables sont propres à notre civi­li­sa­tion et attestent du poids lais­sé à la déci­sion libre et éclai­rée de l’individu : d’abord ne pas nuire. Ensuite ne pas soi­gner un patient contre son gré. Nous lais­se­rons à d’autres le soin de déter­mi­ner si l’État a su res­pec­ter ces prin­cipes hip­po­cra­tiques… Ces liber­tés indi­vi­duelles sont nor­ma­le­ment enca­drées, en France, par le Code civil lais­sé par Napoléon Bonaparte. Cette brèche ouverte dans notre droit et dans nos mœurs peut per­mettre l’instauration d’une mul­ti­tude de nou­velles règles liber­ti­cides et nous entraî­ner, pro­gres­si­ve­ment, vers une socié­té de contrôle sys­té­ma­tique simi­laire au régime chi­nois actuel, bien éloi­gné de notre modèle de socié­té his­to­rique.
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Comme l’écrit le phi­lo­sophe Gaspard Koenig(1) : « Le passe sani­taire ouvre la voie à une socié­té dys­to­pique qui arrive au grand galop, sur le modèle de la Chine : là-bas, l’espace public s’est trans­for­mé en une série de sas que l’on ne peut fran­chir qu’en mon­trant des cer­ti­fi­cats numé­riques, de bonne san­té, de bonne citoyen­ne­té, de bonne fis­ca­li­té… ».

Défilé militaire - Chine

Ce modèle, nous n’en voulons pas !

L’Europe n’est pas un espace d’entraves et de sur­veillances. C’est le ber­ceau des liber­tés, une terre de peuples aux­quels n’est impo­sé qu’un mini­mum de chaînes. C’est ce qui a fait la force de nos nations à tra­vers les âges et rend pos­sible le bon­heur de leurs citoyens. Et de ces nations, la France en est nor­ma­le­ment le phare le plus flam­boyant. La ges­tion liber­ti­cide de la pan­dé­mie par nos gou­ver­nants et par Bruxelles a été, de ce point de vue-là, une véri­table remise en ques­tion des prin­cipes consti­tu­tifs de notre iden­ti­té. In fine, par ce com­bat, il s’agit de conser­ver l’un des tré­sors les plus sacrés de notre civi­li­sa­tion euro­péenne : les liber­tés. Dans ce contexte, ceux qui sont prêts à sacri­fier le futur de leurs enfants en cau­tion­nant ce passe tota­li­taire sont ceux qui défendent une pos­ture indi­vi­dua­liste moti­vée par l’intérêt, la peur et le confor­misme ser­vile. Lutter contre le passe n’est pas une réac­tion égoïste. C’est un choix exi­geant, et même un dur com­bat qui déter­mi­ne­ra le futur de nos socié­tés. Au car­re­four qui déter­mi­ne­ra le des­tin des Français, choi­sis­sons la conti­nui­té civi­li­sa­tion­nelle plu­tôt que le tota­li­ta­risme tech­no­cra­tique.

Jean-Frédéric Poisson

(1) « Gaspard Kœnig-Raphaël Enthoven. Sans inter­dit ? », Philosophie maga­zine, le 28/​10/​2021

1 commentaire

  1. La dis­cri­mi­na­tion, cet apar­theid sani­taire, n’est que le pré­li­mi­naire… Ils sont en train lit­té­ra­le­ment d’ins­tru­men­ta­li­ser, de contrô­ler, de fomen­ter, de pro­vo­quer le chaos… Et qu’ar­rive t’il après… ? L’Ordo
    L’Ordo qui sera la loi mar­tiale et comme ça ne suf­fit pas pour eux, ils vont nous sup­pri­mer nos pro­prié­tés priv2es… non c’est pas une théo­rie du com­plot, lire « covid 19 le gd reset » de Klaus Schwab, ils se cachent même plus, totale roue libre direc­tion l’en­fer sur terre… le pass nazi­taire va être le der­nier de nos sou­cis, pré­pa­rez vous…

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