Macron soutenu par 600 maires de France

27 novembre 2021 | 1 com­men­taire

La cam­pagne élec­to­rale offi­cielle n’a même pas com­men­cé que nos poli­ti­ciens « dés­in­té­res­sés » font déjà des paris sur l’avenir et misent gros sur le che­val sup­po­sé être vain­queur en avril pro­chain. C’est ain­si que plus de 600 maires de France menés par Édouard Philippe se sont ran­gés der­rière Emmanuel Macron pour le sou­te­nir et lui expri­mer leur amour dans une tri­bune publiée le 21 novembre der­nier par Le Journal du dimanche. Et par­ler d’amour n’est pas un euphé­misme. Jugez plu­tôt : « La cri­tique facile a consis­té à dépeindre Emmanuel Macron comme hors-sol, décon­nec­té des ter­ri­toires et ne com­pre­nant pas la France pro­fonde. Ce n’est ni ce que nous avons per­çu de lui, ni ce qu’expriment ses dépla­ce­ments, ni ce que tra­duit son action. Au contraire. À notre place, dans l’exercice de nos res­pon­sa­bi­li­tés, nous pou­vons clai­re­ment dire que le quin­quen­nat qui vient de s’écouler a été favo­rable aux ter­ri­toires et aux com­munes. » Beau comme du Lamartine.

Mais que l’on ne se méprenne pas, assurent-ils, « Ce sou­tien ne pour­suit aucun inté­rêt par­ti­san, il est d’intérêt géné­ral. Nous vou­lons tout sim­ple­ment pour­suivre la rela­tion de confiance qu’en cinq ans nous avons pu tis­ser avec l’État. » Ben voyons ! Quand on s’aperçoit qu’il y a, par­mi les signa­taires, un cer­tain Christian Estrosi, on s’étrangle (lire Pour Estrosi, Macron est gaul­liste ! Faut-il en rire ou en pleu­rer ? du 25 novembre 2021).

Ces maires qui prétendent n’avoir aucun intérêt partisan, qui pour les croire ?

En effet, dans cette liste menée par l’ancien Premier ministre, outre le maire de Nice, on trouvent d’innombrables élus ayant, comme les mouches, chan­gé d’âne depuis qu’Emmanuel Macron a accé­dé au Pouvoir.
En haut de la liste, Caroline Cayeux (Beauvais) et Christophe Béchu (Angers) tous deux pas­sés de LR à La République en Marche – Béchu étant par ailleurs le secré­taire géné­ral du par­ti Horizons fon­dé il y a peu par Édouard Philippe
mais aus­si Hubert Falco (Toulon), gau­chiste deve­nu chi­ra­quien puis sar­ko­siste pour finir macro­nien,
ou Olivier Klein (Clichy-sous-bois) ex-com­mu­niste pas­sé au PS puis ral­lié lui aus­si à LaREM.

Tout ce panier de crabes arri­vistes clame donc son sou­hait d’un second man­dat d’Emmanuel Macron : « Nous vou­lons conti­nuer d’être asso­ciés aux grands moments de la vie du pays comme nous l’avons été au moment du grand débat natio­nal en met­tant à dis­po­si­tion des cahiers de doléances et en orga­ni­sant des réunions citoyennes, durant la pan­dé­mie en met­tant en place des cam­pagnes de test puis de vac­ci­na­tion, et récem­ment avec le plan de relance que nous contri­buons à déployer. » Oublié le méchant coup de rabot sur la dota­tion glo­bale de fonc­tion­ne­ment, oublié la perte de res­sources liée à la sup­pres­sion de la taxe d’habitation. Ces maires pour le moins peu ran­cu­niers en rede­mandent ! C’est beau l’amour…

Plus pro­saï­que­ment, il y a pour les uns la vision à courte vue d’un secré­ta­riat d’État voire d’un minis­tère dans le pro­chain gou­ver­ne­ment – un cer­tain « moto­di­dacte », quoique sixième sur la liste, vise même le fau­teuil de Matignon -. Pour l’autre, l’ancien Premier ministre, le meneur de la bande, il s’agit d’établir une rampe de lan­ce­ment pour son par­ti en vue de l’élection pré­si­den­tielle de 2027. Bref, nous sommes très loin de la décla­ra­tion d’amour dés­in­té­res­sée. En cela, rien de nou­veau sous le soleil, tout le monde sait bien que chez les poli­ti­ciens « Il est du véri­table amour comme de l’apparition des esprits : tout le monde en parle, mais peu de gens en ont vu. » (François de La Rochefoucauld). N’est-ce pas, Monsieur Estrosi ?

Charles ANDRÉ
« L’important n’est pas de convaincre mais de don­ner à réflé­chir. »


NDLR : ces 600 maires n’au­ront pas réus­si à faire élire à la puis­sante Association des Maires de France le mer­cre­di 17 novembre 2021 leur pou­lain macro­nien Philippe Laurent, maire de Sceaux et secré­taire géné­ral sor­tant de l’AMF, devan­cé par David Lisnard, maire de Cannes.

1 commentaire

  1. La girouette Estrosi tourne, tourne et ne se grippe jamais. Mais pas sûr qu’il ait fait le bon choix cette fois.
    Si Macron gagne, il n’aura pas Matignon. Trop bas dans la liste. Peut être Beauvau…
    Si Macron ne gagne pas, adieu veaux, vaches, cochons, pou­lets… Et il se retrouve à nou­veau dans un par­ti mino­ri­taire… Comme quand il était chez LR. Retour à la case départ.

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