
Le Covid ad libitum pour masquer d’autres menaces
La pandémie au Covid-19 est un formidable outil politique pour faire oublier les autres sujets tout aussi préoccupants
Et la chasse aux non-vaccinés du moment est un écran de fumée très commode pour dissimuler les épreuves qui se profilent. Il en est une, en particulier, qui fera plus de ravages que le vilain méchant virus présenté comme exterminateur pour terroriser les foules. Il s’agit de la vague d’inflation qui arrive au galop pour « bientôt submerger l’Occident et tout purger », alerte Jean-Baptiste Giraud, directeur de la rédaction d’Économie Matin et Politique Matin (« média traineur » de chefs d’entreprises et de personnalités politiques), dans un excellent article paru dans Boulevard Voltaire.
Cette vague, nous dit-il, « va taper dur sur les digues de l’économie occidentale ». Or, nos dirigeants font l’autruche, plus préoccupés à installer leur Nouvel Ordre Mondial totalement numérisé dans lequel le QR-code sera roi. Bien que tous les économistes, ou presque, annoncent cette vague d’inflation, ils nous assurent que tout va très bien. Et pour le prouver, ils nous parlent de « bosse d’inflation » comme le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, invité sur le plateau de BFM Business, vendredi dernier. Des propos qui se veulent rassurants mais masquent mal la réalité. Aux États-Unis, 7 % d’inflation pour 2021. Un taux jamais atteint depuis 40 ans ! Guère mieux chez notre voisin allemand qui accuse un 5,3 % dans une zone euro à 5 %. Petit cocorico pour la France qui maintient un « faible » taux de 2,8 %, selon l’INSEE (mais 3,5 % d’après Rexecode). Si ça, c’est très rassurant, je mange mon clavier !
En réalité, explique Jean-Baptiste Giraud,
l’inflation réelle que les Français subissent au quotidien est bien supérieure.
Certes l’électronique et les forfaits mobiles coûtent toujours moins cher, ce qui limite le taux global de l’inflation. Mais le prix du carburant à la pompe explose, le prix du gaz grimpe sans cesse, comme celui de l’électricité bien que dans une moindre mesure. En effet, son prix est contenu, en partie, par « l’interventionnisme à la soviétique » de l’État faisant que l’électricité n’augmentera que de 4 %, au lieu de 35 %. On serait presque tenté de remercier Macron mais cette « largesse » n’est pas gratuite pour autant : elle coûtera près de 20 milliards aux contribuables ! Une « emplette », ironise Jean-Baptiste Giraud, qui s’ajoutera aux 3 000 milliards d’euros de dettes cumulées depuis trente ans. Et puis, dans la saga des hausses, n’oublions pas le prix du maïs qui a bondi de 40 % depuis janvier et celui du blé de 30 %… La liste n’est pas exhaustive.
Alors, oui, la situation est bien plus préoccupante qu’on nous le laisse à croire. Parce que tous les leviers utilisables pour juguler cette vague d’inflation ne fonctionnent plus. Raison pour laquelle les banques centrales utilisent depuis quelque temps déjà des mesures « non conventionnelles » de rachats d’actifs et de crédits à taux négatifs. Leurs marges de manœuvre sont devenues quasi inexistantes. La BCE, statutairement tenue de limiter l’inflation en dessous de 2 %, est d’ores et déjà en situation d’échec total puisque, en zone euro, l’inflation est à 5 %, soit deux fois et demi plus que le maximum autorisé ! La FED américaine, la Banque d’Angleterre et la banque centrale du Japon sont dans la même situation. Les mesures « non conventionnelles » n’ont permis que de gagner du temps mais n’ont pas étouffé l’incendie prêt à s’étendre. Seule la Chine semble voir son horizon dégagé.
Dans ce contexte, il faut une sacrée dose de méthode Coué pour parvenir à se rassurer. Car les conséquences sur le porte-monnaie des ménages risquent d’être lourdes, surtout pour les plus fragiles. « Ça va tanguer très fort », ose même Jean-Baptiste Giraud, pour ceux qui sont endettés si leurs revenus ne sont pas « sécurisés » ou s’ils augmentent moins que l’inflation. D’une manière générale ce sont les personnes à revenu fixe (salariés) qui seront le plus impactées. Car le pouvoir d’achat baisse et le crédit à la consommation augmente. Les épargnants aussi perdront de l’argent car un euro de demain n’aura pas la même valeur qu’un euro aujourd’hui.
« C’est le moment de rouvrir nos livres d’Histoire ou, tout simplement, de relire quelques vieux journaux français de l’immédiat après-guerre ou d’avant, et surtout d’après, 1981. Vous ne serez pas déçu du voyage », conclut l’économiste. Une relecture sans doute très utile aux plus jeunes dont le comportement consumériste débridé risque d’avoir le plus grand mal à s’adapter. Pour mémoire, après guerre l’inflation avait frisé les 60 % et atteignait 13,5 % en 1982 !
Charles ANDRÉ
« L’important n’est pas de convaincre mais de donner à réfléchir. »
En apprendre plus sur le sujet : Guide de l’inflation : tout ce que vous devez savoir pour comprendre ce qui se passe
Les gens ont le cerveau vide et les jeunes sont accros aux « games » et réseaux sociaux, ce qui laisse le champ libre au gouvernement pour gérer les crises qu’il a créées et qu’il créera…