Le mimosa, aimons le !

par | 7 février 2022 | Aucun com­men­taire

Rétinodes « Palme d’or », Dealbata (mimo­sa gau­lois), Baileyana « Purpurea » (mimo­sa de Bailey), Longifolia (mimo­sa che­nille), Floribunda, Glaucoptera, etc. Elles sont innom­brables, ces varié­tés qui forment cette grande famille des faba­cées (plus de 1200).

Que de noms si doux pour nom­mer ces petits pom­pons d’or qui nous offrent un par­fum aux accents de miel et vanille… Comme les flo­cons de neige qui nous émer­veillent de leurs reflets de dia­mants, cer­tai­ne­ment taillés par les anges, le mimo­sa nous éblouit lui, par sa cou­leur si pure et écla­tante. Jaune lumière, le mimo­sa est riche de signi­fi­ca­tions : on le com­pare natu­rel­le­ment au soleil. Il sym­bo­lise éga­le­ment la magni­fi­cence, l’élégance, la ten­dresse et délivre un mes­sage d’amitié. Dans les songes, le mimo­sa est signe de sécurité.

Le mimo­sa est ori­gi­naire d’Australie. Les pre­mières branches fleu­ries nous ont été rap­por­tées en Europe et sur­tout sur la côte médi­ter­ra­néenne vers 1770 par l’é­quipe du navi­ga­teur anglais James Cooke. Bien en prit à cet homme des mers qui nous per­met de jouir d’une vision enchan­te­resse d’une varié­té de fleur qui n’é­clot que lorsque l’hiver endor­mi sous notre hémi­sphère, s’im­pa­tient du pro­chain printemps.

Le mimo­sa repré­sente aus­si l’énergie fémi­nine, c’est pour­quoi depuis 1946, il est l’emblème de la Journée de la femme, le 8 mars.

En ces temps de troubles épars où le bruit des bottes et le son des canons sem­ble­raient vou­loir reprendre le pas sur les musiques sépul­crales et téné­breuses du Covid, on en oublie­rait presque que la vie n’est faite que d’éternels recommencements.

J’ai l’esprit vaga­bond et lorsqu’au détour d’une rue, d’une ave­nue, mes yeux s’arrêtent sur cet arbuste, celui-ci m’éblouit dans ce ciel d’un bleu azur, enivré par ces fra­grances et cares­sé par les pre­miers rayons chauds d’un soleil encore hiver­nal. Il me semble le voir s’épanouir dans la sagesse et dans la dou­ceur de ces fleurs odo­rantes. Être insen­sible à ces cha­toyantes boules d’or qui, comme des bijoux royaux, ornent les cou­ronnes des rois, le mimo­sa pare de ces sphères déli­cates les moindres recoins des jar­dins ou ses racines l’on mené.

Les grands-mères, c’est comme le mimo­sa, c’est doux et c’est frais, mais c’est fra­gile. (Marcel Pagnol)

La fleur du mimo­sa est très éphé­mère et ne dure que quelques jours. Comme un amour de jeu­nesse, il séduit par sa déli­cate beau­té juvé­nile, mais ne s’ac­com­mode guère de la chaleur.

Mon clin d’œil ne sur­vi­vra que pour le temps d’apercevoir la joie dans les yeux des enfants émer­veillés par tant de jolies boules jaunes, juste après avoir admi­ré leurs cou­sines qui paraient leur sapin de Noël de boules, si fra­giles aussi.

Aimons la vie que nous avons et ne soyons pas plus roya­listes qu’un roi sans cou­ronne. Les déchi­re­ments divers ne sont que l’envers d’un décor qui n’existe que dans les cau­che­mars des plus fous. Nos jar­dins ne sont peut-être pas celui de l’Eden, mais j’en suis sûr ils lui ressemblent…

Le mimo­sa est l’ouverture au délice d’un prin­temps qui s’an­nonce. Suivront les aman­diers puis tous leurs amis. Toutes ces fra­giles mer­veilles nous obligent à lever nos yeux vers la beau­té et la déli­ca­tesse de cette nature que l’on a trop ten­dance à mar­ty­ri­ser par nos murs de béton.

Phylippe Marécaux

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