Macron Pécresse : un fauteuil pour deux ?

par | 14 février 2022 | 4 Commentaires 

La « une » du maga­zine Le Point de la semaine montre une double pho­to de Valérie Pécresse et d’Emmanuel Macron, affu­blés d’un titre :
« Un fau­teuil pour deux ».
Que signi­fie ce titre ambigu ? 
Un fauteuil pour deux - Film

Le titre rete­nu par Le Point fait réfé­rence au film comique « Un fau­teuil pour deux ». Le maga­zine, pro­prié­té du mil­liar­daire François Pinault, PDG de la hol­ding Artémis, veut-il nous dire que nous sommes en pleine comédie ?

La pré­si­dente de la Région Île de France, en mee­ting aujourd’­hui au Zénith, a de plus en plus de mal à s’af­fir­mer en tant qu’op­po­sante à Macron. Il faut rap­pe­ler qu’en 2017, elle avait appe­lé à voter pour lui. Éric Zemmour a aujourd’­hui beau jeu, en assé­nant hier à Seaulieu « Non, Valérie Pécresse n’est pas de droite ! », de ten­ter de démas­quer la lau­réate du concours LR pour la can­di­da­ture suprême.
Quelle est donc la véri­table sen­si­bi­li­té de celle qui décla­rait il y a peu : « Mon pro­jet est de droite mais il est 100% com­pa­tible avec les valeurs des cen­tristes ». Joli tour de passe-passe lin­guis­tique…
Pécresse se pré­tend la seule véri­table oppo­sante à Macron dans cette élec­tion, pour­tant elle n’ar­rive pas à se déta­cher dans les son­dages, au point de faire jeu qua­si­ment égal avec Marine Le Pen, et Éric Zemmour à un point der­rière la pre­mière, et un point devant le second, ce qui est insi­gni­fiant avec les marges d’er­reur reconnues.
Pécresse - Macron - Le Point - 10 février 2022

Alors, à quoi sert-elle ?

N’est-elle pas qu’une cau­tion jetée arti­fi­ciel­le­ment dans l’a­rène pour ne pas lais­ser Macron seul avec deux can­di­dats de droite, qui, à deux pour­raient deve­nir un véri­table dan­ger ? Sa pré­sence, ramène des voix venant de la droite « molle », bien que, selon un son­dage, 35% des élec­teurs qui avaient voté en faveur de Nicolas Sarkozy en 2012 et 29% qui avaient choi­si François Fillon en 2017, soient désor­mais favo­rables à Emmanuel Macron. Menées depuis novembre, les négociations entre les différents par­tis qui sou­tiennent Valérie Pécresse n’a­vancent pas. Entre Éric Ciotti et Jean-Christophe Lagarde, notam­ment, le cli­mat n’est guère pro­pice aux accom­mo­de­ments. Il faut dire qu’une pos­sible défaite à la présidentielle alour­dit le cli­mat. C’est sans doute pour cela qu’Éric Woerth, ancien ministre de Sarkozy et Natacha Bouchart, la maire de Calais, ont déci­dé de sou­te­nir Macron.
Si on ajoute dans ce panel, tous ceux qui ont déci­dé de rejoindre Zemmour, on s’a­per­çoit que la marge de manœuvre est de plus en plus en plus étroite pour la can­di­date, qui ne repré­sente plus guère son par­ti bien qu’elle soit dési­gnée par la pri­maire LR.

Mais jus­te­ment, cette por­tion d’é­lec­teurs qu’elle emmène à sa suite, et qui ne vote­ront ni Le Pen ni Zemmour, vont confor­ter Macron dans sa vic­toire, puis­qu’il parait cer­tain que leurs voix se repor­te­ront sur le pré­sident sor­tant au second tour — si tant est qu’il soit pré­sent au second tour —, après qu’elle aura appe­lé, comme il y a 5 ans, à voter pour lui. Un petit geste de recon­nais­sance qui lui vau­dra peut-être un poste de… pre­mier ministre dans un hypo­thé­tique second quin­quen­nat Macron.
Les deux n’en finis­sant pas de se repas­ser les plats. On s’en sou­vient : alors que Macron était ministre de Hollande, il avait « négo­cié » la revente d’Alstom, fleu­ron indus­triel et stra­té­gique fran­çais à Général Electric. Ce fut alors une perte de sou­ve­rai­ne­té sans égale pour la France, qui a remis entre les mains des Américains nos tech­no­lo­gies et acti­vi­tés les plus sen­sibles. Rappelons qu’a­lors, le bras droit du PDG d’Alstom Patrick Kron, lors de l’intégration d’Alstom à General Electric, n’é­tait autre que Jérôme Pécresse, le mari de Valérie ! Il fut le seul diri­geant que les Américains n’ont pas viré à l’é­poque. Il aurait tou­ché, au mini­mum, 2 mil­lions d’euros.
Mais la famille Pécresse ne fut pas la seule à tirer des béné­fices de cette vente, puis­qu’une élite finan­cière entou­rant Macron aurait ain­si récu­pé­ré un demi-mil­liard d’Euros en frais de conseils divers. La Justice avait d’ailleurs été sai­sie de l’af­faire, un dépu­té l’ayant por­tée devant les tri­bu­naux, dénon­çant un « pacte de cor­rup­tion » béné­fi­ciant alors au ministre de l’é­co­no­mie, par­tie pre­nante dans les négo­cia­tions. Emmanuel Macron aurait pu finan­cer ain­si une par­tie de sa cam­pagne 2017.

On voit donc que des liens pro­fonds unissent les deux can­di­dats « adversaires » !

Alors pour­quoi « Un fau­teuil pour deux » ? Et bien parce qu’en 2022, les légis­la­tives seront assez éloi­gnées de la pré­si­den­tielle, deux mois après, les 12 et 19 juin. Macron tout seul ne pour­ra pas obte­nir une majo­ri­té au par­le­ment, étant don­né l’é­par­pille­ment des voix à droite ET à gauche. En nom­mant Valérie Pécresse à Matignon, il s’as­su­re­rait ain­si d’une coa­li­tion LREM et LR qui pour­rait lui offrir une majo­ri­té, dans l’hy­po­thèse tou­jours où Macron reste à l’Élysée.

Patrice LEMAÎTRE

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Patrice Lemaître

4 Commentaires 

  1. La cou­ra­geuse dépu­tée Martine Wonner, méde­cin urgen­tiste recon­ver­tie dans la psy­chia­trie et élue sous l’é­ti­quette l’AReM aux légis­la­tives de 2017 a vite com­pris où elle met­tait les pieds et s’est très vite démar­quée de cette mas­ca­rade covi­dio­tiste. Véran en a d’ailleurs fait les frais lors des séances au gou­ver­ne­ment n’op­po­sant que mépris et insultes aux demandes légi­times de débats de notre édile repré­sen­tante du peuple.
    Elle a récem­ment dit que Macron ne pour­rait se repré­sen­ter.… Ça tur­bine dans mon esprit .…
    Toutes les ten­ta­tives des apa­rat­chiks du Macronistan pour détour­ner l’o­pi­nion vers des écrans de fumée ne dupent plus grand monde. La balle est dans notre camp. Comme disait Coluche : « Votez ! Éliminez ! »

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  2. Tous les 2 = young glo­bal lea­ders – École de Klaus Schwab…

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  3. Ni un ni l’autre ! On devrait les confi­ner tous les deux
    Quand on entend : je vais les emmer­der ou je suis contre mais je vote pour
    On est au fond du puits et on creuse

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