Pourquoi la Croix-Rouge s’associe au multiculturalisme

Quand la Croix-Rouge s’associe au multiculturalisme, c’est la culture française qui porte sa croix

En ces jours de cani­cule, la Croix Rouge fran­çaise dif­fuse en ligne une affiche illus­trée qui met en scène :
• une femme fran­çaise habillée d’une jolie robe courte d’été, assise une ombrelle à la main ;
• une femme d’origine immi­grée por­tant un voile isla­mique et une robe longue informe, buvant debout à la bou­teille ;
• ain­si qu’un homme de peau noire, en posi­tion allon­gée de repos.Croix rouge multiculturelle - Canicule

On pour­rait se deman­der, si on négli­geait l’influence pesante d’un mul­ti­cul­tu­ra­lisme sélec­tif, pour­quoi n’y figure pas une per­sonne de type et en tenue d’Extrême-Orient, ou du sous-conti­nent indien par exemple. Ces deux com­mu­nau­tés sont pour­tant nom­breuses en France, mais dis­crètes, inté­grées sinon assi­mi­lées, accul­tu­rées et tout au moins res­pec­tueuses de la culture et du mode de vie fran­çais. Elles ne reven­diquent pas pour autant des quo­tas de repré­sen­ta­tion visuelle. Cette remarque vaut éga­le­ment pour les publi­ci­tés et les pro­duc­tions ciné et télé­vi­sées. Les régies publi­ci­taires, les direc­tions des médias et le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) auraient-ils une vision moins inclu­sive qu’affiché, de la repré­sen­ta­tion com­mu­nau­taire ? Qu’on se ras­sure, les hommes de peau blanche, non repré­sen­tés ici mais encore majo­ri­taires en France dont ils sont les fils héri­tiers (on ima­gine mal la réci­proque dans un pays afri­cain), savent gérer le risque de coup de cha­leur, par édu­ca­tion et par bon sens.

L’art omni­pré­sent de la com­mu­ni­ca­tion pous­sé jusqu’à la mani­pu­la­tion ne lais­sant rien au hasard, nul doute que chaque mot, signe, cou­leur et coup de crayon a été minu­tieu­se­ment pen­sé pour impo­ser le maxi­mum de conte­nu sym­bo­lique dans un mini­mum d’espace gra­phique. Autrement dit, pour influen­cer la per­cep­tion par le citoyen (la cible) de la socié­té nou­velle à construire, son mode de vie, ses codes de conduite, ses modes de consom­ma­tion. En période élec­to­rale, le slo­gan civique « Ensemble adop­tons les bons réflexes afin de se pro­té­ger et pro­té­ger nos proches pen­dant la cani­cule » fait évi­dem­ment réfé­rence poli­tique à la coa­li­tion « Ensemble » de la majo­ri­té pré­si­den­tielle. Sur un ton mora­li­sa­teur, culpa­bi­li­sa­teur, comme une piqûre de rap­pel d’une cam­pagne vac­ci­nale, ici élec­to­rale, sans fin. L’appel mar­te­lé à se pro­té­ger vise encore et tou­jours à convaincre les pré­su­més incons­cients et à pro­té­ger autrui, à l’adresse des récal­ci­trants pré­su­més égoïstes.

La popu­la­tion fran­çaise, majo­ri­tai­re­ment urba­ni­sée, est visi­ble­ment prête à délé­guer à une auto­ri­té pro­vi­den­tielle ce qui relève de l’instinct natu­rel de conser­va­tion, voire de sur­vie, dure­ment éprou­vé par deux années d’hystérie poli­ti­co sani­taire. Il est vrai que la consigne d’anthologie pré­si­den­tielle d’ouvrir les fenêtres de nos domi­ciles toutes les deux heures, par­mi d’autres incon­grui­tés de la ges­tion publique de la crise du Covid, n’a pas favo­ri­sé l’exercice d’une liber­té indi­vi­duelle res­pon­sable et éclai­rée. Sur un mar­ché concur­ren­tiel de l’humanitaire, dont même l’Église catho­lique diri­gée par un Pape pro­gres­siste se fait l’avocat acti­viste des causes mon­dia­listes et droits-de‑l’hommistes autant que celles uni­ver­selles, on peut y voir le besoin de finan­ce­ment ouvert à un public de dona­teurs et de béné­fi­ciaires élar­gi à d’autres civi­li­sa­tions. Or, on connait les cri­tères de la finance isla­mique, fon­dés sur les prin­cipes de la cha­ria. La cam­pagne actuelle de com­mu­ni­ca­tion ferait-elle preuve de conces­sions intéressées ?

C’est ain­si qu’à ce rythme de déci­vi­li­sa­tion accé­lé­rée et de décul­tu­ra­tion for­cée, on se demande com­bien de temps la véné­rable ins­ti­tu­tion fon­dée en 1863 par l’homme d’affaires hel­vé­ti­co-fran­çais et huma­niste pro­tes­tant Henri Dunant (1828−1910), por­te­ra encore le nom et le sym­bole d’une croix. Déjà asso­ciée au Croissant-Rouge, fon­dé à la même époque par la Turquie, au sein du plus grand regrou­pe­ment mon­dial d’organisations huma­ni­taires sous le nom de Cristal-Rouge, la Croix-Rouge s’adresse autant à un public musul­man que chré­tien, même en terre chré­tienne. On attend, par réci­pro­ci­té, la même tolé­rance et ouver­ture d’esprit de la part de son homo­logue isla­mique, en terre musulmane.

Jean-Michel Lavoizard
www.aris-intelligence.com

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Jean-Michel Lavoizard


[NDLR] Notre illus­tra­tion à la une : de gauche à droite la Croix Rouge ini­tiale, le Croissant Rouge pour les pays musul­manes, le Cristal Rouge pour Israël et le Lion-et-Soleil pour l’Iran. Ce der­nier a éga­le­ment été recon­nu comme emblème mais, après la Révolution isla­mique en 1979, est tom­bé en désué­tude. Les auto­ri­tés ira­niennes ont en effet annon­cé le 4 sep­tembre 1980 qu’elles uti­li­se­raient le Croissant Rouge ; mais elles n’ont jamais renon­cé offi­ciel­le­ment au lion-et-soleil [source].

9 Commentaires 

  1. Ce pauvre Ahmed Miloud devrait vite ren­trer chez lui car visi­ble­ment il n’aime pas les Français. Tous ses pro­pos sont glai­reux de confor­misme mul­­ti-racial qui tue les Peuples. Monsieur Miloud, ou vous vous confor­mez aux règles, droits, liber­tés et cou­tumes hexa­go­nales (donc pas de racia­lisme stu­pide, de rem­pla­cisme abject, de racisme anti-Blancs ni encore de pro­sé­ly­tisme musul­man pro­vo­cant et insul­tant) ou bien vous bais­sez la tête, rasez les murs et vous la fermez !

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  2. Je ne sais pas quel est le sens caché de cette affiche et je m’en fiche car j’es­saie de ne pas (trop) faire atten­tion aux injonc­tions per­ma­nentes dont « on » fait montre à l’é­gard des per­sonnes « saines d’es­prit » et capables de réflé­chir par elles-mêmes.
    Cependant je crois qu’il y a for­cé­ment un mes­sage sub­li­mi­nal (ou pas) car si les auteurs avaient vou­lu res­ter neutres et pour­tant don­ner un mes­sage clair, ils auraient choi­si de sché­ma­ti­ser les per­son­nages un peu à l’i­mage de ceux repré­sen­tés sur les toi­lettes publiques… Et ils les auraient affu­blés d’un couvre-chef, d’une bou­teille d’eau et les auraient pla­cés sous un para­sol ou près d’un ven­ti­la­teur et cela aurait par­lé à tout un cha­cun, même aux étran­gers (et pas for­cé­ment immi­grés… on a aus­si des tou­ristes en France!) qui ne mai­trisent pas néces­sai­re­ment notre langue ! .…
    Mais bon, au bout du compte, je crois qu’on nous prend tous (Français de souche, immi­gré ou tou­riste!) pour des décé­ré­brés car cha­cun sent bien dans son corps que quand il fait chaud, on n’est pas trop à l’aise à tra­vailler ou pas, en plein soleil et sans boire de surcroit !!

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  3. A voir le Mal par­tout, on le trouve car il est bien là !

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  4. Notre ami lec­teur Amed (pho­né­tique car je n’ai pas la capa­ci­té phy­sio­lo­gique de pro­non­cer le « h » à l’o­rien­tale) Miloud a rai­son de nous rap­pe­ler la théo­rie de l’é­vo­lu­tion de Darwin.
    Cependant, j’ai le regret de lui indi­quer que la cou­leur d’o­ri­gine de l’hu­ma­ni­té est encore un point d’a­chop­pe­ment pour les spé­cia­listes aujourd’hui.
    Ce que l’on peut dire sans men­tir, c’est que « l’é­vo­lu­tion dar­wi­niste » nous démontre la perte de cou­leur.
    Darwin était-il autre chose qu’un savant et un idéo­logue per­vers uti­li­sant comme aujourd’­hui les images pour faire pas­ser ses idées ?

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    • Merci pour votre com­men­taire. La théo­rie dar­wi­nienne de l’é­vo­lu­tion a été bat­tue en brèche par de nou­velles études. Chaque espèce évo­lue dans sa lignée. L’être humain, depuis le pre­mier homme est res­té le même. La cou­leur de la peau n’a aucune rela­tion avec l’é­vo­lu­tion, mais avec le cli­mat comme c’est expli­qué dans l’ar­ticle que j’ai joint à mon commentaire.

  5. Comment Nice Provence sait-il que la femme musul­mane des­si­née est une « immi­grée » et non une fran­çaise de « souche » conver­tie à l’Islam ?

    Comment sait-il que la » femme habillée en jolie robe courte d’été » est une française(d’origine) et non une immi­grée ? Même si c’était une fran­çaise, où est la dif­fé­rence entre cette femme non « hid­ja­bi­sée » et l’autre femme en hid­jab en tant que citoyennes française ? 

    « L’homme de peau noire » n’est-il pas un humain et de sur­croît français ? 

    « Qu’on se ras­sure, les hommes de peau blanche sont encore majo­ri­taires en France ». Les jour­na­listes de ce site ne savent-ils pas que leurs pre­miers ancêtres euro­péens étaient noirs de peau, car venant d’Afrique, comme le prouve cette étude des cher­cheurs de l’Université d’Harvard ? Lire ici :
    https://www.hominides.com/html/actualites/quand-les-europeens-sont-devenus-blancs-0917.php

    « C’est ain­si qu’à ce rythme de déci­vi­li­sa­tion accé­lé­rée et de décul­tu­ra­tion for­cée, on se demande com­bien de temps la véné­rable ins­ti­tu­tion fon­dée en 1863 par l’homme d’affaires hel­­vé­­ti­­co-fran­­çais et huma­niste pro­tes­tant Henri Dunant (1828−1910), por­te­ra encore le nom et le sym­bole d’une croix… »(Dixit Nice Provence). Alors là, on nous res­sert le fameux « grand rem­pla­ce­ment » cher à Éric Zemmour et à l’extrême-droite ! Lire :
    https://afriquexxi.info/article4932.html

    Concernant Henry Dunant, il a été éta­bli qu’il avait été ins­pi­ré par l’Émir Abdelkader Al Djazairi dans son com­bat pour le droit huma­ni­taire pour lequel il a fon­dé la Croix-Rouge, comme cela a été rap­por­té par Jacques Pous dans son livre « Henry Dunant l’Algérien ». Lire ici :
    https://dzmewordpress.wordpress.com/2022/06/20/racisme-islamophobie-encore/

    Tous ces relents de racisme et d’islamophobie n’honorent pas ce site répu­té « d’information libre car il s’attache à res­ter rigou­reu­se­ment indé­pen­dant de tout par­ti poli­tique, de toute puis­sance finan­cière, de toute com­mu­nau­té, de toute obé­dience publique ou occulte », comme il le prétend .

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  6. J’ai rele­vé la paru­tion de cette affiche qui m’a, dans un pre­mier temps, ulcé­ré.
    Puis après réflexion, lut­tant en per­ma­nence contre le démon du com­plo­tisme qui m’ha­bite, j’ai choi­si de l’a­na­ly­ser sous un autre angle.
    Il ne s’a­git pas ici de cau­tion­ner ni de com­battre.
    Je me dis sim­ple­ment que l’homme blanc n’est pas repré­sen­té car il n’y a pas de rai­son. Cette cam­pagne a pour cible uni­que­ment la popu­la­tion repré­sen­tée.
    A quoi je vois ça ?
    Il y a des des­sins. Seule com­mu­ni­ca­tion acces­sible pour cette popu­la­tion alloch­tone qui ne maî­trise pas la langue et encore moins la lec­ture. Car ne pos­sé­dant racia­le­ment pas les capa­ci­tés d’ac­qui­si­tion de ces modes de com­mu­ni­ca­tion.
    Les règles d’hy­giène de base sont expli­ci­tées par les des­sins et le court texte car cette popu­la­tion ne pos­sède pas l’é­du­ca­tion et l’ins­truc­tion néces­saire pour le faire seule.
    En outre popu­la­tion d’as­sis­tés à qui il faut tout impo­ser si l’on ne veut pas qu’elle se couche et attende.
    Quoi ? Ils ne le savent pas car ils ne réa­lisent pas que le temps passe.
    Enfin, cette affiche qui per­met une iden­ti­fi­ca­tion très pré­cise par des détails inté­grés dans le sens com­mun que tout le monde connaît doré­na­vant. Le voile pour repré­sen­ter la sous caté­go­rie appar­te­nant à l’is­lam (sou­mis­sion, je le rap­pelle). Et « l’être de cou­leur » sym­bo­li­sant par la toutes les varié­tés du noir en pas­sant par le gris, le rouge et le jaune, allon­gé direc­te­ment sur le sol comme n’im­porte quel ani­mal au repos. Et sur­tout qui ne fait rien.
    L’homme blanc dans tout ça, on n’en parle pas, on ne s’a­dresse pas à lui car il est au des­sus de ça, il sait !
    En fait c’est affiche est par­ti­cu­liè­re­ment raciste.
    Je ne m’é­tonne plus que per­sonne ne s’en émeuve. Tout le monde sait que le racisme en France est à sens unique.

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    • @ Mandrake
      Je par­tage votre ana­lyse et la com­plète.
      Bien enten­du cette affiche des­si­née — vous avez rai­son de le sou­li­gner — envoie des mes­sages sub­li­mi­naux à l’op­po­sé de la Bien Pensance anti­ra­ciste.
      Je diverge tou­te­fois de votre point de vue car je vois en haut, « en haut de l’af­fiche », la femme blanche. Certes un peu bron­zée, mais sa tenue ne laisse aucun doute. C’est une Caucasienne, élé­gante, avec ses chaus­sures à talons et son ombrelle pour se pro­té­ger du soleil.
      Comme vous, je vois la femme arabe, musul­mane, recon­nais­sable à sa tenue com­mu­nau­taire. Elle sue sous son bur­nous. C’est la seule per­sonne qui trans­pire sur l’affiche.
      Le noir, lui, se la coule douce par terre. Il est pai­sible et ne souffre pas de la cha­leur.
      À se deman­der quels sont les véri­tables motifs de cette cam­pagne publicitaire.

    • Chacun voit cette affiche de son point de vue per­son­nel. N’empêche, s’il y a un anti­ra­cisme comme vous dites, c’est en réponse au racisme qui gan­grène la socié­té fran­çaise, notam­ment chez les iden­ti­taires qui n’ont plus aucune attache avec les véri­tables valeurs fran­çaise, anéan­ties par la Révolution fran­çaise de 1789 et la révo­lu­tion de Mai 1968.
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-zoom-de-la-redaction/mai-68-ou-la-liberation-sexuelle-4376631

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