Il y a terre agricole et Terre Agricole

par | 27 août 2022 | 2 Commentaires 

Nicolas Sebastiao, secon­dé par Delphine Garcia, exploite le Golf de Nice depuis 2009. Les Niçois aver­tis savent bien que ce golf, créé par Jacques Médecin et Dominique Sassone, épouse Estrosi, a une his­toire mou­ve­men­tée avec une sombre génèse(1) et une suc­ces­sion de 5 exploi­tants. À comp­ter de 2009, Nicolas Sebastiao en fait une affaire stable et pérenne puis­qu’il en est l’ex­ploi­tant depuis 13 ans et il compte bien aller au terme de son bail en 2037. Cet éta­blis­se­ment avait besoin de sérénité.

Golf Nice - 18 août 2022 - Plan cadastral

Pourtant le fantôme de Christian Estrosi semble hanter le lieu

Un proche du maire de Nice acquiert le ter­rain agri­cole qui se situe au fond du golf et le trans­forme en ter­rain à bâtir avec 12 habi­ta­tions, après l’a­voir recou­vert d’une épaisse couche de déchets illi­cites. Pas le moindre per­mis de construire. Tout est illi­cite avec l’a­mi Pierrot. Après des cen­taines de poids-lourds lors du chan­tier, les rési­dents tra­versent à pré­sent le golf pour aller et venir sans ser­vi­tude de pas­sage, tout en se pro­té­geant fermement.

Nous sommes reçus par Nicolas Sebastiao et Delphine Garcia, exploitants du Golf de Nice

Le club-house et l’allée qui sépare le parcours (ici à gauche) du practice (à droite, non visible)

Le practice

Limite de propriété entre le golf et le terrain Galfré

La résidence est bien protégée par plusieurs panneaux, une haute et solide barrière métallique avec une serrure à digicode.

Le poulailler s’est transformé en habitations et une partie du terrain sert de parking à de belles limousines et à plusieurs motos de grosse cylindrée

Le terrain agricole avant transformation : on distingue encore le poulailler, l’appentis et les serres

Golf Nice - 18 août 2022 - Google Maps

Noria de camions pendant le chantier… illicite (image d’archives)

Golf Nice - 18 août 2022 - Camion chantier

Brûlage des déchets toxiques (image d’archives)

Golf Nice - 18 août 2022 - Déchets brûlés

Les serres ont été détruites et remplacées par des hangars métalliques dont le sol est cimenté

Le terrain agricole est recouvert d’une épaisse couche de déchets illicites sur presque un mètre de hauteur. Cette parcelle reste classée « terrain agricole »

Ces va-et-vient et ces fumées toxiques ne sont pas sans gêner les gol­feurs qui cir­culent à pied entre les deux par­ties du ter­rain. Pourtant Nicolas Sebastiao ne demande pas la lune. Il attend tout sim­ple­ment :
• la fin du droit de pas­sage auto-octroyé par le pro­mo­teur immo­bi­lier,
• la recon­nais­sance que ce ter­rain agri­cole a été sac­ca­gé par le déver­se­ment sau­vage de déchets toxiques,
• la recon­nais­sance que ces habi­ta­tions ont été construites sans per­mis et sans le moindre res­pect du plan d’urbanisme.

L’ambiguïté de la situa­tion — il s’a­git là d’un euphé­misme — est exa­cer­bée par le refus de la ville de Nice d’ac­cor­der à Nicolas Sebastiao le per­mis d’ins­tal­ler des paddles cou­verts démon­tables(2) sur une par­tie du ter­rain au pré­texte — tenez vous bien — que le ter­rain est agri­cole ! Ces struc­tures démon­tables, ain­si que sti­pule Nicolas Sebastiao dans sa demande de per­mis, per­mettent pour­tant de redon­ner au ter­rain sa voca­tion agri­cole à tout moment. Par exemple à la fin du bail.

Pourquoi alors le terrain agricole mitoyen est-il massacré et loti sans que ses propriétaires soient empêchés ?

Toutes les démarches des exploi­tants du golf pour que la loi s’ap­plique à tous de la même façon sont vaines. Des plaintes sont dépo­sées. Des constats d’huis­siers sont éta­blis. Toujours en vain. Des cour­riers sont envoyés à la métro­pole de Nice Côte d’Azur, à la pré­fec­ture des Alpes Maritimes. Des réponses sont par­fois reçues, qui n’ont qu’un objec­tif : bot­ter en touche. Tout ceci se déroule donc avec la com­pli­ci­té des tous les ser­vices admi­nis­tra­tifs (urba­nisme, pro­tec­tion de l’en­vi­ron­ne­ment, ser­vices de police, Justice, etc.). Et en même temps ce ter­rain doit être pro­té­gé au pré­texte qu’il s’a­git d’un ter­rain agricole.

Ce « deux poids, deux mesures » est très inquié­tant car il est révé­la­teur d’une conni­vence délic­tuelle dans de nom­breux ser­vices publics : métro­pole, dépar­te­ment, police, gen­dar­me­rie, Justice. Nicolas Sebastiao a le cou­rage de ten­ter de bri­ser cette omer­ta car il en va du confort de ses clients, certes, mais il en va aus­si du fonc­tion­ne­ment de notre répu­blique, « res publi­ca », le Bien Commun qui est là bafoué outra­geu­se­ment. Demain cha­cun d’entre nous peut être lésé ou meur­tri par ce sys­tème opaque qui se targue de prin­cipes moraux pour le Peuple, mais pas pour ses membres occultes.

Massimo Luce

En cette période de sèche­resse, nous ne pou­vions pas ne pas évo­quer le sujet de l’ar­ro­sage du golf au cours de notre ren­contre avec leurs exploitants.

Ceux-ci ont répon­du sur plu­sieurs plans :
• La consom­ma­tion d’eau est régle­men­tée dans tous les golfs. Elle est limi­tée à 10 000 m3 par an.
• Ce seuil est loin d’être atteint par le Golf de Nice.
• L’exploitant actuel a finan­cé un nou­veau puits de cap­tage à 25 m de profondeur.
• Ce puits est équi­pé d’un comp­teur d’eau.
• Le golf n’ar­rose que le par­cours qui est un « par­cours court » de 9 trous et n’ar­rose pas le prac­tice (ter­rain d’entraînement).

(1) Estrosi : détour­ne­ment de fonds publics (vidéo)


(2) Le « paddle » s’ap­pa­rente au ten­nis. Il se joue sur des ter­rains plus petits et avec des raquettes plus molles.Paddle tennis

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Massimo Luce

2 Commentaires 

  1. Apparemment cette affaire n’a pas gêné la réus­site poli­tique du couple Estrosi-Sassone. Cela reflète bien la men­ta­li­té de la jet-set niçoise…

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  2. Le mot conni­vence est bien trou­vé. Dans le domaine de la mise sous tutelle de per­sonnes âgées contre leur gré, et contre la volon­té de leur famille avec la conni­vence de méde­cins sélec­tion­nés, d’as­so­cia­tions tuté­laires, de bureaux comp­tables asso­cia­tifs et lar­ge­ment payés sur les comptes des majeures dites « pro­té­gées », avec leurs comptes ban­caires blo­qués, leur gaz cou­pé, la ou le juge des tutelles appe­lé main­te­nant juge des conten­tieux et de la pro­tec­tion, reven­di­quant leur indé­pen­dance sont de véri­tables aya­tol­lahs qui privent de leurs droits fon­da­men­taux des retrai­tés ou retrai­tées pour pro­cu­rer un mar­ché et des clients à ces cabi­nets qui per­mettent à ces juges d’ad­di­tion­ner un nombre consi­dé­rable de cas à trai­ter et de deman­der plus de moyens bud­gé­taires pour leur sec­teur.
    J.B.

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