« Extrême droite » : la Bien Pensance prise à son propre piège

30 mai 2026 | Aucun com­men­taire

La Bien Pensance média­tique et poli­tique a un pro­blème majeur.
Pendant des années, elle a dia­bo­li­sé toute oppo­si­tion sérieuse en la qua­li­fiant sys­té­ma­ti­que­ment d’« extrême droite », la ren­dant par défi­ni­tion illé­gi­time et infré­quen­table.
Or, deux enquêtes très média­ti­sées et popu­laires auprès des Français viennent de fis­su­rer cette stratégie.

Des révélations qui font mouche

Éric Ciotti, élu maire de Nice en mars 2026 (UDR), a lan­cé une offen­sive de trans­pa­rence sur la ges­tion de son pré­dé­ces­seur Christian Estrosi. Dès avril 2026, il pré­sente un plan d’économies de 60 mil­lions d’euros pour finan­cer une baisse mas­sive des impôts locaux (plus de 51 mil­lions d’euros). Parmi les mesures phares :
• réduc­tion de moi­tié du parc de véhi­cules de fonc­tion (25 voi­tures mises en vente),
• sup­pres­sion de la sécu­ri­té per­son­nelle du maire (envi­ron 240 000 €/​an),
• divi­sion par deux des frais de récep­tion et de représentation,
• réduc­tion dras­tique des frais d’avocats (jugés « pharaoniques »),
• coupes dans la com­mu­ni­ca­tion, les bureaux pari­siens et cer­taines sub­ven­tions (Ironman, Ultra-Trail…)(1).
Ciotti parle ouver­te­ment de « gabe­gie », de « train de vie » dis­pen­dieux et assume une pos­ture « régime sec » et « tron­çon­neuse », ins­pi­rée de Javier Milei.
Éric Ciotti - Charles Alloncle

De l’autre côté, Charles Alloncle (dépu­té UDR de l’Hérault, rap­por­teur de la com­mis­sion d’enquête par­le­men­taire sur la neu­tra­li­té, le fonc­tion­ne­ment et le finan­ce­ment de l’audiovisuel public) a pilo­té six mois de tra­vaux. Son rap­port de 551 pages, adop­té de jus­tesse le 27 avril 2026 (12 voix pour, 10 contre) et publié le 5 mai, pointe un audio­vi­suel public en « crise », décon­nec­té des Français, avec biais édi­to­riaux, conflits d’intérêts, exter­na­li­sa­tions mas­sives et dépenses somp­tuaires sur un bud­get d’environ 4 mil­liards d’euros par an.
Propositions chocs :
• sup­pres­sion de France 4 et France TV Slash,
• fusion France 2/​France 5,
• éco­no­mies poten­tielles de plus d’un mil­liard d’euros,
• réduc­tion des acti­vi­tés de diver­tis­se­ment et de sport,
• devoir de réserve ren­for­cé pour les animateurs-producteurs.rétend mora­le­ment supérieure.

Ces deux démarches, por­tées par des élus éti­que­tés « extrême droite » (UDR, alliés du RN), ren­contrent un écho réel auprès d’une opi­nion publique excé­dée par le gas­pillage de l’argent public.

Les obstacles rencontrés

Ces ini­tia­tives ont déclenche un tir de bar­rage de la Police de la Pensée.
Pour Éric Ciotti, l’équipe d’Estrosi a ripos­té par un « bilan noir » et des accu­sa­tions de com­mu­ni­ca­tion poli­ti­cienne. Ciotti a lan­cé un ulti­ma­tum à son pré­dé­ces­seur pour jus­ti­fier plus de 300 000 € de frais de repré­sen­ta­tion, avec menace de sai­sine de la jus­tice.
Polémiques sur la sup­pres­sion de sub­ven­tions cultu­relles et spor­tives : Ciotti est accu­sé de « cure d’austérité » brutale.

Pour Charles Alloncle, les audi­tions se sont dérou­lées sous haute ten­sion :
• refus de témoi­gner,
• réten­tion de docu­ments,
• pres­sions.
Le rap­port a été qua­li­fié de « à charge », de « scan­da­leux » ou de « pro­jet de ruine du ser­vice public » par la gauche, les syn­di­cats et la direc­tion de France Télévisions. Une plainte pour « prise illé­gale d’intérêts » et « tra­fic d’influence » a même été dépo­sée contre lui (par l’association AC!! Anti-Corruption, en lien avec des ques­tions sug­gé­rées par Lagardère News) juste avant la publi­ca­tion – qu’il qua­li­fie de diversion.

Le piège dialectique

C’est là que la contra­dic­tion devient savou­reuse.
La stra­té­gie domi­nante consiste à dis­cré­di­ter par l’étiquette (« extrême droite = dan­ger fas­ciste, non cré­dible ») et à refu­ser le débat de fond sur la dette, la gabe­gie admi­nis­tra­tive ou l’impartialité des médias finan­cés par l’impôt.
Or, quand ce sont pré­ci­sé­ment ces « infré­quen­tables » qui sortent les dos­siers, dévoilent les notes de frais, les contrats opaques et les dérives bud­gé­taires, que reste-t-il du dis­cours ? La Bien Pensance se retrouve coin­cée :
• soit elle recon­naît la légi­ti­mi­té des cri­tiques (et donc la cré­di­bi­li­té de ceux qu’elle a dia­bo­li­sés),
• soit elle défend les tur­pi­tudes d’une classe diri­geante qu’elle pré­tend mora­le­ment supé­rieure.
Dans les deux cas, elle perd.

La Bien Pensance désigne mal­gré elle l’« extrême droite » comme le seul camp dis­po­sé à curer les écu­ries d’Augias.

Écuries Augias

Les Français, qui paient l’addition via leurs impôts, observent et tranchent : les révé­la­tions sur Nice ou l’audiovisuel public les inté­ressent bien davan­tage que les leçons de morale venues des pla­teaux parisiens.

Une dynamique plus large

Ce n’est pas un acci­dent iso­lé. On retrouve la même confi­gu­ra­tion sur l’immigration, l’insécurité, la dette, la vac­ci­na­tion obli­ga­toire ou le fonc­tion­ne­ment des ins­ti­tu­tions. Plus l’establishment crie au « péril fas­ciste », plus une par­tie crois­sante de l’opinion voit dans ces oppo­sants dia­bo­li­sés les seuls à oser dire ce qu’elle constate au quo­ti­dien. La Bien Pensance a cru que l’anathème suf­fi­rait à tuer le débat. Elle a sur­tout réus­si à trans­for­mer en « che­va­liers blancs » (mal­gré eux par­fois) ceux qu’elle vou­lait marginaliser.

Chevalier Blanc - Fred Funcken

Résultat : une cré­di­bi­li­té en berne et une colère citoyenne qui ne fai­blit pas.
Les enquêtes Ciotti et Alloncle ne sont pas des fins en soi. Elles sont le symp­tôme d’un ras-le-bol pro­fond face à une gou­ver­nance dis­pen­dieuse et décon­nec­tée. Que l’on soit de droite, de gauche ou d’ailleurs, l’exigence de trans­pa­rence et de bonne ges­tion des fonds publics devrait être una­ni­me­ment par­ta­gée. La dia­bo­li­sa­tion sys­té­ma­tique empêche sim­ple­ment d’y répondre sereinement.

Le piège est en train de se fermer.

Lire dans nos colonnes : Le début de par­cours fra-cas­sant d’Éric Ciotti du 25 avril 2026

Traitements supé­rieurs à 10 000 € brut/​mois pour une quin­zaine d’a­mis,
+ primes irré­gu­lières et com­plé­ments de rému­né­ra­tion,
+ loge­ments de « fonc­tion », appar­te­ments ou vil­las, par­fois avec pis­cine,
+ innom­brables voi­tures de fonction.

.

.

À Paris ce sys­tème mafieux prend une autre ampleur. Nous le voyons bien avec la gabe­gie de l’au­dio­vi­suel fran­çais qui pro­fite aux petits copains « de gauche ».
Le rap­port du dépu­té Charles Alloncle sera publié mal­gré une oppo­si­tion farouche de ceux qui en pro­fitent sans vergogne.

L_Humanité - Rapport Lalloncle

Lire dans nos colonnes : « Extrême droite » : la mar­tin­gale inoxy­dable du 25 avril 2022

Lors de l’émission « Quotidien » sur TMC, le 13 mars 2017

Aucun commentaire

Envoyer le commentaire

Votre adresse e‑mail ne sera pas publiée. Les champs obli­ga­toires sont indi­qués avec *