C’est Georges Pompidou qui est allé chercher Jack Lang !

par | 14 février 2026 | Aucun com­men­taire

C’est Pompidou qui est allé chercher Jack Lang à Nancy pour le catapulter à la direction du Théâtre national de Chaillot en 1972

Jack Lang, pro­fes­seur de droit à l’u­ni­ver­si­té de Nancy, était effec­ti­ve­ment pas­sion­né de théâtre. Il avait fon­dé et diri­gé depuis 1963 le Festival mon­dial du théâtre uni­ver­si­taire de Nancy. Il était déjà très mar­qué poli­ti­que­ment, à gôche. La gauche intel­lo, celle qui fomen­tait déjà Mai 68.

Jack Lang alors étu­diant à Sciences Po et à la facul­té de droit de Paris, avait adres­sé un cour­rier de sym­pa­thie à François Mitterrand suite à la mise en scène de l’at­ten­tat de l’Observatoire (voir notre édi­tion du 8 février : Démission for­cée de Jack Lang : la fin de l’ère Mitterrand). Celui-ci a dû bien rigo­ler en rece­vant ce cour­rier niais, mais lui a répon­du en lui fai­sant savoir qu’il y était sen­sible — ce qui marque le début de leur rela­tion, décrite comme épis­to­laire puis poli­tique(1).

Mais Pompidou, qui est l’un des pion­niers de la trai­trise à la France, fait appel à ce mili­tant wokiste avant l’heure pour diri­ger le Théâtre natio­nal de Chaillot. Ce poste est du reste très bien payé, et Jack Lang y pren­dra vite le goût du luxe, notam­ment les dépla­ce­ments en Falcon ministériel.

La direc­tion d’un théâtre natio­nal comme Chaillot incluait sou­vent un salaire fixe éle­vé, des indem­ni­tés for­fai­taires, et par­fois des avan­tages (loge­ment de fonc­tion pos­sible, frais, etc.). À titre de com­pa­rai­son, les salaires de direc­teurs d’é­ta­blis­se­ments cultu­rels publics dans les années 1970 étaient bien au-des­sus de la moyenne natio­nale, sou­vent plu­sieurs fois le salaire moyen (par­fois 3 à 5 fois ou plus pour les postes de haut niveau).

Cette siné­cure n’au­ra duré que deux ans puis­qu’a­près la mort de Pompidou en 1974 et l’ar­ri­vée de Valéry Giscard d’Estaing, le nou­veau secré­taire d’État à la Culture Michel Guy l’a limo­gé rapi­de­ment, jugeant son approche trop « sub­ver­sive ». Cependant Jack Lang a conser­vé une estime pour Georges Pompidou et son épouse Claude, comme il l’a expri­mé en 2010 lors de son élec­tion à la pré­si­dence de l’Association pour le déve­lop­pe­ment du Centre Pompidou (ADCP), que celle-ci avait fon­dée en 1976 et dont elle fut pré­si­dente d’honneur jusqu’à sa mort en 2007. Lang a décla­ré avoir accep­té ce poste par « fidé­li­té à Mme Claude Pompidou que j’aimais beau­coup ».

Paris Beaubourg

Centre Pompidou : chef d’œuvre archi­tec­tu­ral de la moder­ni­té française

Jack Lang et le couple Pompidou partageaient la même démarche subversive de destruction de l’art français

Les Pompidou ont intro­duit au Palais de l’Élysée des meubles contem­po­rains. Depuis lors chaque pré­sident bou­le­verse le mobi­lier pour mar­quer son empreinte vaniteuse.

Palais Élysée - Salon Pierre Paulin - 1972

Palais de l’Élysée – Salon Pierre Paulin – 1972

Grâce aux Pompidou, Jack Lang a pris toute sa place dans la sub­ver­sion de la culture française

Quelques années plus tard — en 1977 — il ins­cri­vait son nom sur la péti­tion de la crème de la Bien Pensance qui sou­hai­tait dépé­na­li­ser la pédo­phi­lie(2).

Dans cette dyna­mique, François Mitterrand, à peine élu en 1981, nom­me­ra Jack Lang au minis­tère de la Culture, bien enten­du(3). On connait la suite, mais tout cela démarre avec Pompidou, ancien ban­quier de la Banque Rothschild. Déjà. La conti­nui­té est là.

Les gouvernements passent, parfois très vite, Jack Lang demeure

Aucun pré­sident, aucun jour­na­liste n’a jamais osé remettre en cause les pri­vi­lèges exor­bi­tants dont a tou­jours béné­fi­cié Jack Lang. Le Peuple est dis­trait par un jeu de rôles théâ­tra­li­sé, droite – gauche, extrême droite – extrême gauche, etc. , mais le Pouvoir reste entre les mains de l’oligarchie.

Chiens aboient - Caravane passe

Sources :
La Nouvelle République (2025)
Les Inrocks (2011) : 

Pétition pour défendre trois pédo­cri­mi­nels dans Le Monde (26 jan­vier 1977). Voici la liste des 69 signataires :

Louis Aragon, Francis Ponge, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Judith Belladona, doc­teur Michel Bon, psy­cho­so­cio­logue, Bertrand Boulin, Jean-Louis Bory, François Chatelet, Patrice Chéreau, Jean-Pierre Colin, Copi, Michel Cressole, Alain Cuny, Gilles et Fanny Deleuze, Bernard Dort, Françoise d’Eaubonne, doc­teur Maurice Eme, psy­chiatre, Jean-Pierre Faye, doc­teur Pierrette Garrou, psy­chiatre, Philippe Gavi, doc­teur Pierre-Edmond Gay, psy­cha­na­lyste, doc­teur Claire Gellman, psy­cho­logue, doc­teur Robert Gellman, psy­chiatre, André Glucksmann, Félix Guattari, Daniel Guérin, Pierre Guyotat, Pierre Hahn, Jean-Luc Henning, Christian Hennion, Jacques Henric, Guy Hocquenghem, doc­teur Bernard Kouchner, Françoise Laborie, Madeleine Laïk, Jack Lang, Georges Lapassade, Raymond Lepoutre, Michel Leyris, Jean-François Lyotard, Dionys Mascolo, Gabriel Matzneff, Catherine Millet, Vincent Monteil, doc­teur Bernard Muldworf, psy­chiatre, Négrepont, Marc Pierret, Anne Querrien, Griselidis Real, François Régnault, Claude et Olivier Revault d’Allonnes, Christiane Rochefort, Danielle Sallenave, Gilles Sandier, Pierre Samuel, Jean-Paul Sartre, René Schérer, Philippe Sollers, Gérard Soulier, Victoria Thérame, Marie Thonon, Catherine Valabrègue, doc­teur Gérard Vallès, psy­chiatre, Hélène Vedrines, Jean-Marie Vincent Jean-Michel Wilhelm.

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