La Constante de Ninive
Aux origines de l’Humanité

2001, l’Odyssée de l’espace

L’on doit à Stanley Kubrick la scène la plus emblé­ma­tique de l’histoire du ciné­ma ; elle se situe au début de son film 2001, l’Odyssée de l’espace.

Stanley Kubrick - 2001 Odyssée espace

Les pre­mières séquences de ce film sor­ti en 1968 montrent une petite troupe d’hommes-singes qui vivent dans une contrée aride, dans la peur per­ma­nente, au sein d’un monde hos­tile qu’ils ne com­prennent pas, se nour­ris­sant chi­che­ment de racines, lorsqu’ils découvrent un matin, à leur réveil, un fas­ci­nant et impo­sant mono­lithe noir et lisse, par­fai­te­ment taillé en paral­lé­lé­pi­pède, qui se dresse devant leur abri, plan­té là comme une pro­vo­ca­tion, voire une injonc­tion ou un défi lan­cé par les dieux au chaos ter­restre.
Les homi­ni­dés, éton­nés et crain­tifs, s’approchent du mono­lithe et y apposent pru­dem­ment leurs mains.
Les pre­miers pas et les pre­miers gestes de cet être fruste qui devien­dra l’Homme sont por­tés par une musique sidé­rale envoû­tante(1) qui évoque, dès ces pre­mières images, la facul­té de ce nou­vel ani­mal, l’Homme, pro­duit de cette huma­ni­té en ges­ta­tion (qui n’a tou­jours pas réus­si sa mue), à pou­voir se pro­je­ter dans l’univers cos­mique et à se fondre dans l’immensité galac­tique.
On voit ensuite l’un de ces hommes-singes se sai­sir d’un os, pro­ba­ble­ment un fémur, et s’en ser­vir comme d’un outil pour fra­cas­ser des car­casses d’animaux dis­sé­mi­nées alen­tour. Ce même homme-singe se ser­vi­ra de cet os pour frap­per et abattre un indi­vi­du d’une troupe rivale venue les agres­ser. L’homme-singe lance alors vers le ciel, comme en signe de vic­toire, le fémur qui tour­noie et se trans­forme en vais­seau spa­tial, ins­tant magique accom­pa­gné par la musique de Richard Strauss, Ainsi par­lait Zarathoustra(2), ins­pi­ré de l’œuvre de Friedrich Nietzsche, dont Strauss dira « J’avais l’in­ten­tion de sug­gé­rer, par l’in­ter­mé­diaire de la musique, l’i­dée du déve­lop­pe­ment de l’es­pèce humaine à par­tir de son ori­gine et à tra­vers les diverses phases de son déve­lop­pe­ment, reli­gieux et scien­ti­fique. »
Nietzsche avait 15 ans lorsque parut, en 1859, L’origine des espèces de Charles Darwin mais le phi­lo­sophe se défen­dra d’avoir jamais sui­vi ou appré­cié le savant.

Friedrich Nietzsche - Ce qui ne me tue pas me rend plus fort Darwin

Dans ces vingt pre­mières minutes de film, Stanley Kubrick a tout dit de la condi­tion humaine et de sa ten­sion vers la trans­cen­dance.
Le film met en scène plu­sieurs thèmes majeurs qui fai­saient par­tie alors, il y a 58 ans, du domaine lit­té­raire de la science-fic­tion et dont plu­sieurs appli­ca­tions pra­tiques sug­gé­rées dans le film ont aujourd’hui été lar­ge­ment dépas­sées : l’évolution tech­nique ou l’intelligence arti­fi­cielle, repré­sen­tée dans le film par l’ordinateur Hal, ver­sion anglaise, ou Carl, ver­sion fran­çaise qui, tel Frankenstein(3), va dépas­ser le maître et s’opposer à lui.
Le mono­lithe noir est l’un des per­son­nages prin­ci­paux du film, avec le cos­mo­naute sur­vi­vant et l’ordinateur.

Que repré­sente ce mys­té­rieux monolithe ?

Pour ces pre­miers huma­noïdes appa­rus il y a 3 mil­lions d’années envi­ron, à quelques cen­taines de mil­liers d’années près, le mono­lithe est la repré­sen­ta­tion de Dieu, pour ces esprits pri­maires, il est Dieu lui-même. Vous me direz que pas grand-chose n’a chan­gé, 3 mil­lions d’années après, que les esprits soient res­tés pri­maires ou pas. Les hommes ont tou­jours besoin d’un dieu, ou de plu­sieurs.
Dans l’imaginaire col­lec­tif, le mono­lithe devien­dra un totem, un mythe qui ser­vi­ra de socle repré­sen­ta­tif pour une reli­gion ; un his­to­rien des reli­gions comme Mircea Eliade a éla­bo­ré une théo­rie qui pos­tule que les mythes de fon­da­tion d’un peuple deviennent reli­gion lorsque ces mythes sont rap­pe­lés à la mémoire des peuples qui l’entretiennent par des rites qui sont pra­ti­qués à inter­valles régu­liers, la messe chez les chré­tiens, par exemple. La croix du Christ pour les chré­tiens ou le mar­teau de Thor pour les païens consti­tuent des sym­boles iden­tiques au totem.
L’évhé­mé­risme (du mytho­graphe grec Evhémère) est une variante du toté­misme, c’est une thèse qui pro­fesse que les dieux sont, à l’origine, des per­son­nages ayant réel­le­ment vécu et, deve­nus mythiques, ont été divi­ni­sés long­temps après leur mort ou sont deve­nus légen­daires, comme Ogier le Danois qui était l’un des lieu­te­nants de Charlemagne ou le roi Arthur qui était un chef de guerre celte qui com­bat­tit l’invasion des Germains au Ve siècle(4).
On retrou­ve­ra le mono­lithe tout au long du film. C’est logique : Dieu est pré­sent par­tout, il sait tout et il voit tout, et même quand il n’est pas là, il peut se faire rem­pla­cer par un robot qui s’appelle Hal ou Carl qui sait tout et qui voit tout.
Arthur C. Clarke, dont la nou­velle inti­tu­lée À l’aube de l’his­toire, parue en 1954, est à l’origine du film (dont il a écrit le scé­na­rio conjoin­te­ment avec Kubrick), disait ceci : « Nous savons bien que, sans un cadeau des étoiles, sans la col­li­sion acci­den­telle de la géné­tique et des rayon­ne­ments, l’in­tel­li­gence aurait péri dans quelque plaine afri­caine oubliée. »
Qu’appelle-t-il « un cadeau des étoiles » ? On com­prend qu’il s’agit d’un « coup de pouce » venu de cette enti­té repré­sen­tée par le mono­lithe(5), et donc d’une puis­sance extra­ter­restre bien­veillante qui a déci­dé de venir en aide à l’humanité ter­restre et il est sug­gé­ré que, sans l’intervention de ces extra­ter­restres, l’Humanité n’aurait jamais pu progresser.

Qu’est-ce que la « Constante de Ninive » ?

Quelques années après la sor­tie de 2001, l’Odyssée de l’espace, un ingé­nieur en astro­nau­tique fran­co-amé­ri­cain, Maurice Chatelain, fai­sait paraître, en 1975, un livre titré Nos ancêtres venus du cos­mos que je n’ai décou­vert que très récem­ment… dans les rayons de ma bibliothèque !

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En fait, cet ouvrage fait par­tie d’une col­lec­tion consa­crée aux civi­li­sa­tions dis­pa­rues et aux extra­ter­restres qui s’appelle : Les autres mondes et leurs énigmes, une quin­zaine de livres en cou­ver­ture rigide, noir et or, comme l’étaient ces col­lec­tions consa­crées aux phé­no­mènes para­nor­maux édi­tées par Laffont, une série dans laquelle je viens pui­ser de temps à autre pour l’une ou l’autre de mes recherches.

Des sujets qui sont tabous en France

Il existe en France un véri­table tabou concer­nant l’étude sur les civi­li­sa­tions dis­pa­rues, les Ovnis, les vraies décou­vertes de l’archéologie, les épan­dages de pro­duits chi­miques ou la phy­to­thé­ra­pie(6), entre de mul­tiples exemples, domaines gar­dés par des cen­seurs sour­cilleux qui servent des inté­rêts qui doivent être suf­fi­sam­ment impor­tants et une cause suf­fi­sam­ment mafieuse pour jus­ti­fier leur agres­si­vi­té et leur totale absence d’empathie et de consi­dé­ra­tion du bien com­mun. Nous avons à faire à toute une clique mal­fai­sante ins­tal­lée par le pou­voir en place depuis des siècles qui inter­dit la divul­ga­tion de toute véri­té et qui main­tient les peuples dans l’ignorance de leur pas­sé et de leurs ori­gines(7).
Maurice Chatelain n’a pas échap­pé à cet achar­ne­ment oppres­sif lors de la publi­ca­tion de son ouvrage ; je l’ai vu se faire vio­lem­ment agres­ser par un archéo­logue, l’un de ces Torquemadas de la pen­sée offi­cielle lors d’une émis­sion « Apostrophes » de Bernard Pivot.

Qui est Maurice Chatelain ?
Maurice Chatelain (1909−1995) était un homme d’affaires, plus exac­te­ment un entre­pre­neur, pas­sion­né de mathé­ma­tiques et de com­mu­ni­ca­tion, qui vivait au Maroc où il avait, entre autres, créé une chaîne de télé­vi­sion : « Nous étions depuis 7 ans au Maroc à Casablanca et tout mar­chait bien lorsque, sous la pres­sion des Américains, la France déci­da brus­que­ment d’abandonner le Maroc et de lui accor­der son indé­pen­dance. En quelques semaines, ce pays pros­père et bien orga­ni­sé se trans­for­ma en un chaos éco­no­mique et social inima­gi­nable, où les affaires les plus solides se retrou­vèrent en faillite car per­sonne ne payait plus per­sonne et où l’on ne pou­vait même plus envoyer les enfants à l’école car on ris­quait à chaque ins­tant de se faire des­cendre dans la rue.
À ce moment ‑là, j’étais com­plè­te­ment dégoû­té d’être fran­çais et je n’étais pas le seul. Il fal­lait donc par­tir et le plus vite pos­sible en aban­don­nant tout. Mais il fal­lait d’abord savoir où aller. Je m’étais dit que puisque j’étais obli­gé de quit­ter le Maroc à cause des Américains, il était juste que désor­mais ce soient les Américains qui assurent ma sub­sis­tance ain­si que celle de ma famille. »
C’est ain­si que Chatelain se trou­va embau­ché par diverses com­pa­gnies aéro­spa­tiales amé­ri­caines où il était char­gé des télé­com­mu­ni­ca­tions et s’établit à San Diego en Californie.
Un scien­ti­fique féru de mathé­ma­tiques tra­vaillant dans l’aéronautique : il n’en fal­lait pas plus pour qu’un jour ou l’autre, il soit ame­né à s’intéresser à la constante de Ninive, ce nombre mys­té­rieux dont des géné­ra­tions de cher­cheurs ne par­ve­naient pas à trou­ver la signi­fi­ca­tion.
Chatelain, pour satis­faire sa vive curio­si­té, devait donc s’intéresser aus­si aux anciennes civi­li­sa­tions, comme la civi­li­sa­tion méso­po­ta­mienne. Ce qu’il fit.

La Constante de Ninive :
« La constante de Ninive » est une période cyclique (qui revient régu­liè­re­ment, d’où son nom de « constante ») qui sépare deux conjonc­tions, c’est-à-dire l’alignement, la réunion, de toutes les pla­nètes, phé­no­mène raris­sime puisque cette période est de 2 mil­liards 268 mil­lions de jours.
Ce nombre était ins­crit sur une tablette décou­verte en 1849 en Mésopotamie. Environ 24 000 tablettes d’argile gra­vées de carac­tères cunéi­formes furent trou­vées par le Français Botta et les Anglais Layard et Smith dans la seconde moi­tié du XIXe siècle dans la biblio­thèque du palais du roi Assurbanipal à Ninive, l’ancienne capi­tale de la civi­li­sa­tion assy­rienne.
L’Assyrie était une région du nord de la Mésopotamie, à l’est de l’Iran, un vaste ter­ri­toire qui était autre­fois occu­pé par l’une des plus anciennes et des plus brillantes civi­li­sa­tions du monde, qui est actuel­le­ment consti­tué de la plus grande par­tie de l’Irak actuel, le nord-est de la Syrie et une par­tie du sud-est de la Turquie située entre l’Euphrate et le Tigre.
Chatelain rap­pro­cha l’un des nombres ins­crits sur ces tablettes avec celui de la pré­ces­sion des équi­noxes (25 920 ans) et ses mul­ti­pli­ca­teurs et en conclut qu’il devait être ques­tion de la for­mule de la constante du sys­tème solaire recher­chée par de nom­breux scientifiques.

Maurice Chatelain

Donnons-lui la parole : « En déchif­frant ces tablettes récem­ment, et en plus de la décou­verte de la tablette racon­tant le déluge de Gilgamesh qui est plus ancien que celui de la Bible(8), on avait décou­vert un cal­cul très com­pli­qué et dif­fi­cile à déchif­frer qui se ter­mi­nait par un nombre de 15 chiffres près de 200 mil­lions de mil­lions ; or, seuls les Égyptiens connais­saient le mil­lion pour lequel ils avaient un hié­ro­glyphe spé­cial, un homme levant les bras au ciel. Que pou­vait donc signi­fier ce nombre énorme sur­tout à Ninive où les Assyriens étaient plus connus comme guer­riers que comme astro­nomes ou mathé­ma­ti­ciens ?
Là encore, je pen­sai que j’avais peut-être une chance d’arriver à résoudre ce pro­blème. J’ai tou­jours aimé les chiffres et j’avais à ma dis­po­si­tion à San Diego l’un des meilleurs cal­cu­la­teurs élec­tro­niques exis­tants à l’époque.
[…] C’est alors que j’ai eu le choc de ma vie : je décou­vris que 2 268 000 000 de jours repré­sentent très exac­te­ment 240 cycles de pré­ces­sion des équi­noxes de 9 450 000 jours cha­cun. En d’autres termes, le nombre sacré de Ninive repré­sen­tait pour les Sumériens 240 cycles de rota­tion des sai­sons autour de la bande zodia­cale mais expri­més en secondes de temps au lieu de l’être en jours ou en années comme le font main­te­nant les astro­nomes modernes.
Je com­pris alors que ce nombre énorme ne pou­vait être autre chose que la fameuse grande constante du sys­tème solaire que les alchi­mistes, les astro­logues et les astro­nomes ont essayé de décou­vrir depuis près de 2 000 ans(9)… »
Son esprit curieux et tou­jours en éveil ame­na Chatelain à cher­cher la date à laquelle la constante de Ninive avait été cal­cu­lée.
Et, cette fois, ce fut à mon tour d’être sidé­ré par le résul­tat de ses cal­culs ; car la date avan­cée par Chatelain est loin de m’être incon­nue ; je dirais même qu’elle m’est très fami­lière. Et c’est ce nombre briè­ve­ment entre­vu en feuille­tant les pages de l’ouvrage de Chatelain qui m’a pous­sé à le lire avec le plus grand inté­rêt ; car c’est un nombre avec lequel je vis depuis de nom­breuses années : 64 800. Oui, la date à laquelle la constante de Ninive a été cal­cu­lée par ces antiques génies des mathé­ma­tiques et de l’astronomie remonte bien loin dans le temps : elle est de 64 800 ans avant l’ère chré­tienne. Et c’est la rai­son prin­ci­pale pour laquelle j’écris cet article.
Voici ce qu’en disait Chatelain : « Il me vint alors à l’esprit que, puisque la constante avait été cal­cu­lée des mil­liers d’années aupa­ra­vant, il devait être pos­sible de déter­mi­ner la date exacte [de son cal­cul, NDLR] en divi­sant la dif­fé­rence actuelle de 1,0368 seconde par le taux de dimi­nu­tion de 0, 000 016 seconde par an. Et c’est ain­si que j’ai décou­vert que la grande constante du sys­tème solaire, retrou­vée par hasard après 3 000 ans dans les ruines de la biblio­thèque du roi Assurbanipal à Ninive avait dû être cal­cu­lée il y a 64 800 ans, à quelques années près. »

- 64 800 ans, c’est aussi la date de naissance de notre cycle actuel

Les pri­mor­dia­listes, dont je suis, pensent que notre Humanité est issue d’une civi­li­sa­tion ori­gi­nelle (pri­mor­diale donc) qui s’est répan­due à tra­vers le monde en appor­tant sa connais­sance à tous les peuples qui le com­posent. Ce sont prin­ci­pa­le­ment les Indous, mais aus­si les Grecs et les Iraniens, qui nous ont révé­lé à tra­vers leurs livres sacrés le fonc­tion­ne­ment du temps qui est cyclique ; il s’agit ici essen­tiel­le­ment de l’épopée indo-euro­péenne. Le cas d’une autre grande civi­li­sa­tion, la Chine, est évo­qué en fin d’article.
J’écrivais ceci en 2021, dans mon ouvrage L’Iceberg :
On peut être sur­pris par le fait que la tra­di­tion shi­vaïte situe le début du Kali Yuga de notre Humanité, c’est-à-dire le début de la fin de notre cycle, à envi­ron 6 000 ans en arrière. Si l’on consi­dère que nous sommes vrai­ment arri­vés au bout du bout de ce grand cycle, déter­mi­né par l’âge de fer, autre­ment dit le Kali-Yuga, notre déclin aurait com­men­cé vers moins 4 460. […]
Les Hindous, tout comme Hésiode, poète grec du VIIIe siècle avant notre ère, dis­tinguent quatre âges pour chaque cycle ; ces quatre âges ont des périodes de vie cal­cu­lées sur la base pro­por­tion­nelle 4, 3, 2, 1. L’Âge d’or, fort heu­reu­se­ment, est le plus long, et l’Âge de fer le moins long ; il existe plu­sieurs façons de cal­cu­ler ces âges, selon qu’il s’agit d’un petit cycle ou d’un grand cycle mais les valeurs de base sont tou­jours les mêmes.
À l’Âge d’or cité par Hésiode cor­res­pond, chez les Hindous, le Krita Yuga.
À l’Âge d’argent cor­res­pond le Treta Yuga.
À l’Âge d’airain, ou de bronze, cor­res­pond le Dvapara Yuga.
À l’Âge de fer cor­res­pond le Kali Yuga.
Sans entrer dans le détail, je fais remar­quer qu’il y a là une hié­rar­chie des métaux, à par­tir de l’or, qui est incor­rup­tible et brillant comme le soleil, jusqu’au fer qui se dégrade en rouille pour finir par dis­pa­raître tota­le­ment.
Mircea Eliade nous dit qu’on « peut cal­cu­ler de dif­fé­rentes manières la durée rela­tive de cha­cun de ces quatre yugas ; tout dépend de la valeur qu’on accorde aux années, c’est-à-dire si on a affaire à des années humaines ou à des années ʺdi­vi­nesʺ dont cha­cune com­prend 360 ans.
Revenons aux yugas ; René Guénon est pré­cis : ʺÉvaluées en années ordi­naires, ces mêmes durées des quatre yugas seront res­pec­ti­ve­ment de 25 920, 19 440, 12 960, et 6 480 ans, for­mant le total de 64 800 ansʺ. Remarquons que le Kali-Yuga consti­tue le dixième du cycle.
Un grand cycle, appe­lé Manvantara, celui qui nous concerne, pré­sente une par­ti­cu­la­ri­té, une ʺcoïn­ci­den­ceʺ, la conjonc­tion de plu­sieurs fins, de la même façon qu’il existe en astro­lo­gie des conjonc­tions extra­or­di­naires ou, tout sim­ple­ment, des éclipses. Le temps des hommes et celui de la Tradition, ou des dieux, se rejoignent. »
C’est ain­si que nous reve­nons à cette conjonc­tion dénom­mée « la constante de Ninive » qui a donc la par­ti­cu­la­ri­té d’avoir été cal­cu­lée il y a exac­te­ment 64 800 ans, ce qui pré­sente au moins une double coïn­ci­dence.
Maurice Chatelain pro­pose une hypo­thèse logique à la suite de ses cal­culs : il avance qu’il s’agit là des débuts de notre Humanité ; il rejoint donc les infor­ma­tions conte­nues dans les livres sacrés de l’hindouisme sur les­quelles se sont appuyés les écrits de tous les grands pri­mor­dia­listes dont René Guénon, ci-des­sus cité.
Chatelain sug­gère en outre que l’Homme de Cro-Magnon dont l’aspect phy­sique et le cer­veau sont très sem­blables à ceux de l’Homme actuel a béné­fi­cié de ce « cadeau des étoiles » évo­qué par le scé­na­riste de 2001, L’Odyssée de l’espace parce que l’Homme de Cro-Magnon était plus ou moins contem­po­rain de cette époque ; pour être clair, il émet l’hypothèse que notre Humanité qui s’achève a été aidée, sinon conçue, par une enti­té extra­ter­restre.
Un autre grand pri­mor­dia­liste, Julius Evola, disait ceci à pro­pos de nos ori­gines, qui vient dis­crè­te­ment appuyer l’idée que nous des­cen­dons d’êtres « en pos­ses­sion d’une spi­ri­tua­li­té non-humaine » : « Selon la Tradition, à une époque de la haute pré­his­toire, qui cor­res­pond jus­te­ment à l’âge d’or ou âge de l’être, l’île ou terre ʺpo­lai­reʺ sym­bo­lique aurait été une région réelle située au Septentrion, dans la zone où se trouve aujourd’hui le pôle arc­tique de la Terre. Cette région aurait été habi­tée par des êtres en pos­ses­sion de la spi­ri­tua­li­té non humaine. […] Le sou­ve­nir de cet habi­tat arc­tique appar­tient au patri­moine de nom­breux peuples, tant sous la forme d’allusions géo­gra­phiques réelles que sous la forme de sym­boles de sa fonc­tion. » Révolte contre le monde moderne, p. 326.
Avant de clore cet article en com­pa­gnie de Jacques Bergier, je me dois de pré­ci­ser ceci : même si notre Humanité a pu béné­fi­cier d’un coup de pouce bien­veillant de la part d’entités extra­ter­restres, il ne faut pas consi­dé­rer pour autant, comme le fai­saient les popu­la­tions pri­mi­tives expo­sées dans le film de Stanley Kubrick, qu’il s’agit là de divi­ni­tés à qui il faut rendre un culte.

Il faut savoir :
• Qu’il existe pro­ba­ble­ment des extra­ter­restres bien­veillants et d’autres qui le sont beau­coup moins.
• Qu’il existe des expé­riences sur­na­tu­relles même quand on en donne une expli­ca­tion ration­nelle ; l’explication ration­nelle n’abolit pas le sur­na­tu­rel ; il existe des États Modifiés de Conscience (expé­riences de sor­tie hors du corps, expé­rience de mort immi­nente, par exemple, et bien d’autres) ; les EMC sont bien réels.
• Qu’il existe vrai­sem­bla­ble­ment un Dieu et un diable, le bien et le mal, mais que ce dieu est trans­cen­dant, c’est-à-dire exté­rieur et supé­rieur, supé­rieur sur­tout à Satan et même… aux extra­ter­restres.
• Qu’il existe plu­sieurs niveaux de trans­cen­dance et plu­sieurs plans paral­lèles dans notre uni­vers, pro­ba­ble­ment tous gérés par une puis­sance supérieure.Louis Pauwels - Jacques Bergier. - Matin magiciensjpg

Je fré­quente quel­que­fois, au tra­vers de ses écrits, Jacques Bergier, le co-auteur avec Louis Pauwels du livre-culte Le Matin des magi­ciens paru en 1960 ; l’esprit facé­tieux de ce pro­fes­seur Tournesol à l’accent slave qui roule les « r » m’a tou­jours réjoui ; et je ne lais­se­rai pas pas­ser l’occasion de le hous­piller ami­ca­le­ment post mor­tem.
En effet, Jacques Bergier nous apprend que la date la plus ancienne à laquelle nous pou­vons faire remon­ter une trace d’humanité est celle de 129600 avant notre ère. Il nous la four­nit dans son ouvrage Les maîtres secrets du temps, édi­tions J’ai lu, p. 39 : « … C’est éga­le­ment dans le cadre de ces sciences secrètes qu’il faut pla­cer les recherches de Xu Lu Zhai (1029−1081 de notre ère) qui, gui­dé par le Yi King, essaye de dater l’origine de la civi­li­sa­tion chi­noise. Il remonte jusqu’à moins 129600 ans de notre ère. Pourquoi ce chiffre ? On aime­rait bien avoir des pré­ci­sions sur cette longue chro­no­lo­gie… »
Jacques Bergier n’a pas pu répondre à sa propre ques­tion. Nous pou­vons, nous, émettre une sup­po­si­tion qui accré­di­te­rait l’idée que la civi­li­sa­tion chi­noise est la plus ancienne du monde, en tout cas, d’après les élé­ments dont nous dis­po­sons actuel­le­ment : il m’est venu en effet à l’idée que ce nombre de 129 600 est tout sim­ple­ment le double de 64 800 ans, durée d’un grand cycle chez les Indiens ; la Chine aurait ain­si déjà effec­tué deux tours de cadran, deux grands cycles entiers, deux Manvantaras.
Ce qui, dans ce cas, vou­drait dire que la Chine appar­tien­drait au cycle pré­cé­dent mais qu’elle serait tou­jours là, à ter­mi­ner le nôtre, en notre com­pa­gnie. Mais est-ce possible ?

Pierre-Émile Blairon

[NDLR] Notre illus­tra­tion à la une : la porte Mashki à Ninive recons­ti­tuée (plus)

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Pierre-Émile Blairon

« Avant même les pre­mières images de son film ʺ2001 : l’Odyssée de l’espaceʺ (1968), l’alignement des astres accom­pa­gné de l’ouverture puis­sante d’ʺAinsi par­lait Zarathustraʺ de Richard Strauss, le public est confron­té à un écran noir pen­dant presque 10 minutes avec seule­ment les ʺAtmosphèresʺ de György Ligeti. Un essaim de sons sans forme, sans tona­li­té, sans contour. L’effet est immé­diat : avec la musique de Ligeti seule, Kubrick plonge son public dans les ténèbres infi­nies de l’espace. » (France musique, 2 juin 2023)

Il se fait que cette séquence illus­trée par la musique de Richard Strauss est sui­vie de celle du vais­seau spa­tial en forme d’anneau qui tourne dans le ciel qui, elle, est accom­pa­gnée par la musique, tout aus­si magni­fique, d’un autre Strauss, Johann Strauss II, Le beau Danube bleu. Ces deux Strauss n’ont aucun lien de parenté.

En anglais : HAL = Heuristically pro­gram­med ALgorithmic com­pu­ter (un ordi­na­teur algo­rith­mique pro­gram­mé de manière heu­ris­tique).
Si on avance chaque lettre d’une posi­tion dans l’al­pha­bet, on obtient I B M (H → I, A → B, L → M.
En fran­çais : CARL = Cerveau Analytique de Recherche et de Liaison

Frankenstein ou le Prométhée moderne, roman de May Shelley, paru en anglais en 1818.

Voir dans mon livre La Satanisation du monde, paru chez Amazon en 2025, l’article La Prophétie du Grand Monarque, p. 115.

Concrètement, nous pou­vons sup­po­ser que le mono­lithe contient des infor­ma­tions qui sont dif­fu­sées (comme un dif­fu­seur de par­fums) de telle façon que ses effluves imprègnent le cer­veau des huma­noïdes et modi­fient sa struc­ture afin qu’ils puissent opé­rer ce bond en avant, ce chan­ge­ment de paradigme.

Le der­nier tabou en date, et non des moindres, concer­nant le pédo-sata­nisme pra­ti­qué à l’échelle mon­diale par nos élites, décou­vert (mais non dévoi­lé) par l’affaire Epstein.

Ce sont les équi­va­lents de ces mons­trueux « méde­cins » de pla­teau pen­dant les épi­sodes de la fausse pan­dé­mie et des faux vac­cins, appuyés par une armée de faux jour­na­listes gras­se­ment payés, appe­lés « fact-che­ckers », « véri­fi­ca­tion de conte­nus (infor­ma­tifs) publiés sur les réseaux sociaux » qui, sous pré­texte de réta­blir la véri­té, infligent une pro­pa­gande sour­noise mais néan­moins très direc­tive à des­ti­na­tion des popu­la­tions déjà lar­ge­ment lobo­to­mi­sées par la télé­vi­sion et la presse sub­ven­tion­née dite « de grand chemin ».

« Les tablettes remontent aux envi­rons du XIIIe siècle avant J.-C. Elles racontent en trois mille vers l’é­po­pée d’un roi en quête d’im­mor­ta­li­té, Gilgamesh. […] Le récit du déluge figure sur la onzième tablette. Il est fait par un homme, Utanapishtim, qui dit avoir été infor­mé par le dieu de la Sagesse que l’as­sem­blée des divi­ni­tés a déci­dé de détruire l’hu­ma­ni­té… Et le dieu de don­ner ce conseil à Utanapishtim : ʺDémolis ta mai­son pour te faire un bateau ! Renonce à tes richesses pour sau­ver ta vie ! Détourne-toi de tes biens pour te gar­der sain et sauf ! Mais embarque avec toi des spé­ci­mens de tous les ani­mauxʺ […]. Six jours et sept nuits durant, bour­rasques, pluies bat­tantes, oura­gans et déluge conti­nuèrent de sac­ca­ger la terre.
Les simi­li­tudes avec le texte biblique sont frap­pantes : ain­si, comme Noé dans la Bible, Utanapishtim lâche une colombe afin de repé­rer une terre émer­gée et finit par accos­ter sur une mon­tagne. » (Hérodote.net, 30 novembre 2022)

Maurice Chatelain est inter­ro­gé dans cette vidéo par les frères Bogdanoff en sep­tembre 1980 :
Maurice Chatelain et l’é­vo­lu­tion des civilisations

Pierre-Émile Blairon a éga­le­ment publié :

2 Commentaires 

  1. Merci, c’est tout bon­ne­ment excellent à lire.

    Et encore mer­ci mon­sieur pour la qua­li­té excep­tion­nelle de vos articles, pour qui se donne encore la peine de lire.

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    • Merci, cher monsieur,

      c’est un encou­ra­ge­ment pré­cieux à pour­suivre mon tra­vail dans la même veine, et mer­ci pour ceux qui s’emploient à y contri­buer sur ce même site de Nice-Provence Info.

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