
Le début de parcours fra-cassant d’Éric Ciotti (suite)
Éric Ciotti poursuit son arrivée fra-cassante à l’hôtel de ville de Nice (voir notre article du 25 avril 2026).
En nouant avec le Rassemblement National une alliance électorale interdite, il a brisé le « rempart républicain » qui permettait à une caste sans foi ni loi de se maintenir au Pouvoir depuis plus de 40 ans. Encore aujourd’hui beaucoup ne le lui pardonnent pas cette « transgression »(1), en premier lieu tous les privilégiés du Système en place, à Nice(2), mais surtout à Paris(3)
« Moi, j’ai décidé de casser ce cordon sanitaire, et le mur du politiquement correct. […] J’assume tout et je ne me justifie de rien ! » annonce Éric Ciotti en juin 2025. Lors de sa victoire aux élections municipales, il ajoute : « Nous l’avons fait d’abord dans le scepticisme, nous l’avons fait d’abord dans le mépris. Et puis nous l’avons fait ensuite face à l’adversité. » Éric Ciotti assume la transgression des anciennes convenances.
Éric Ciotti ne s’arrête pas là !
Le nouveau maire de Nice a soutenu l’élection de Julien Picot, secrétaire départemental du Parti communiste français![]()
et élu d’opposition (sur la liste écolo-PS-PC de Juliette Chesnel-Le Roux), à la présidence de la commission des finances.
Éric Ciotti s’était engagé à confier cette commission stratégique (qui examine le budget et le contrôle financier) à un membre de l’opposition, pour marquer une rupture avec les pratiques précédentes. Il respecte tout simplement sa promesse électorale ce qui surprend les politiciens pour qui « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».
Sa majorité (UDR-RN) a donc apporté ses voix à Julien Picot qui a donc été élu avec les voix des élus issus du RN !
Ce dernier aura fort à faire avec les caciques du Parti communiste qui s’accrochent eux aussi à la martingale du « Pacte républicain »(4). Le Parti communiste s’inscrit parfaitement dans ce jeu de rôles qui lui permet de survivre sans électorat :

L’Humanité a besoin d’une chimérique « extrême droite » pour continuer d’exister et de toucher les subventions publiques à hauteur de 5,7 millions €
• L’Humanité a repris et amplifié la formule « candidat de l’extrême droite élu à Nice ».
• Le Monde : Titre et articles parlant de « candidat d’extrême droite Éric Ciotti » et « Nice bascule » sous son élection.
• France Inter /Radio France /franceinfo : « L’extrême droite prend la tête de la cinquième ville de France grâce à la victoire d’Éric Ciotti ». Formulations répétées le 23 mars.
• Libération : Articles titrés ou sous-titrés avec « maire d’extrême droite », « élu d’extrême droite », « Ciotti l’emporte… et fait passer Nice à l’extrême droite ».
• France 24 : « Ciotti l’emporte sur Estrosi et fait passer Nice à l’extrême droite ».
• La Croix et Vert ont également repris l’expression « victoire de l’extrême droite » ou « Ciotti offre Nice à l’extrême droite ».
Espérons que Julien Picot jouera son rôle avec responsabilité et qu’il ne fait pas un coup médiatique. Il déclare dans un communiqué du 22 avril 2026 : « J’ai pris Éric Ciotti au mot […]. Tout comme Éric Coquerel qui exerce cette responsabilité à l’Assemblée nationale face au pouvoir macroniste, nous comptons bien exercer un véritable contre-pouvoir local, exigeant et transparent. »
Le communiste niçois transgresse aussi le Pacte républicain et chamboule les propos d’un autre Niçois, Max Gallo (1932−2017), porte-parole du gouvernement sous Pierre Mauroy (1983−1984) et ministre de la Communication dans le gouvernement Fabius (1984−1986), sous François Mitterrand. Max Gallo avait avoué :
« Le rôle de la gauche est d’être dans l’opposition. »
Ce n’est pas l’avis de Julien Picot : « Un élu d’opposition de gauche doit savoir agir : être un garde-fou, et incarner un contre-pouvoir exigeant et transparent. Vous savez mon opposition totale à vos orientations, et à votre camp politique. Mais dans l’intérêt général des Niçois, nous devons avoir des débats de fond : projet contre-projet. » Il ajoute sur sa page Facebook :
J’en appelle à la responsabilité de chacune et chacun. Aux citoyens, pour ne jamais céder à la peur ou à la haine. Aux institutions, pour agir avec détermination. À la ville de Nice et à l’État, pour prendre pleinement la mesure de la situation et déployer des réponses à la hauteur : protection des victimes, sanctions exemplaires contre les auteurs, mais aussi politiques ambitieuses de prévention, d’éducation et de cohésion sociale.
Car la réponse ne peut pas être uniquement répressive. Elle doit aussi être éducative, sociale et humaine. Elle doit s’attaquer aux racines de ces violences : l’ignorance, les inégalités, les replis identitaires. Elle doit reconstruire des ponts là où certains veulent ériger des murs.
Et il devra faire des efforts et se libérer de la doxa de son parti, notamment lorsqu’il déclare : « Nous nous opposerons avec détermination aux orientations budgétaires ultra-libérales portées par Éric Ciotti, qui conduisent la ville et la Métropole dans une impasse financière. » Pour la gauche, faire des économies sur le train de vie exorbitant des copains d’Estrosi est « ultra-libéral ». Gageons que Ciotti sait parfaitement ce qu’il fait.
Le cordon sanitaire qui arrangeait bien les affaires de tous nos politiciens s’est coupé à Nice
Adieu droite, adieu gauche, adieu centre, extrême droite, extrême gauche, extrême centre, droite de la gauche, etc. Adieu parasites et tous vos petits arrangements en famille. Tout ça est parti le 15 mars dans les poubelles de l’histoire.
Qui peut nous dire aujourd’hui ce qu’est la droite ou ce qu’est la gauche ?
« Est de droite celui qui se dit de droite, est de gauche celui qui se dit de gauche. » Choisissez votre rôle. Notre président actuel, qui eut au lycée un excellent professeur de théâtre, tient tous les rôles : « Je suis de droite et de gauche. »(5) « En même temps. »
Si cette entourloupe permet à Macron et son Système de se maintenir au Pouvoir sans légitimité populaire, elle est devenue — En Même Temps et grâce à lui — bien plus visible. Cette comédie désuète mais ravageuse s’est évanouie à Nice avec des personnes courageuses. Oui ! courageuses car elles ont fracassé le cirque qui perdure et qui ruine la France depuis plus de 40 ans. Restons toutefois prudents. Le modèle niçois reste fragile. Il revient aux Niçois — qui l’ont mis en place — de le consolider afin qu’il se propage à toute la France.
Ne tirez pas sur l’ambulance !

.
Le Système en place adore les transgressions :
Transgresser les valeurs traditionnelles, c’est bien.
Transgresser le « Pacte républicain », c’est très mal.
Traitements supérieurs à 10 000 € brut/mois pour une quinzaine d’amis,
+ primes irrégulières et compléments de rémunération,
+ logements de « fonction », appartements ou villas, parfois avec piscine,
+ innombrables voitures de fonction.
.
.
À Paris ce système mafieux prend une autre ampleur. Nous le voyons bien avec la gabegie de l’audiovisuel français qui profite aux petits copains « de gauche ».
Le rapport du député Charles Alloncle sera publié malgré une opposition farouche de ceux qui en profitent sans vergogne.

Lire dans nos colonnes : « Extrême droite » : la martingale inoxydable du 25 avril 2022
Lors de l’émission « Quotidien » sur TMC, le 13 mars 2017

Aucun commentaire