« #ILoveNice » ou « J’♥ Nice » ?

2 mai 2026 | Aucun com­men­taire

C’est main­te­nant au tour d’Auguste Verola, 2e adjoint au nou­veau maire de Nice, délé­gué à la Culture et à l’État civil, de gom­mer les frasques du maire pré­cé­dent, Christian Estrosi. Celles-ci ne por­taient pas seule­ment sur un train de vie exor­bi­tant pour lui et ses amis(1), mais sur ses lubies cultu­relles et artistiques.

#ILoveNice fut ins­tal­lé en 2016 (novembre sur la Promenade du Paillon, puis dépla­cée en 2017 à l’Esplanade Rauba-Capeù, où cet objet monu­men­tal se trouve actuel­le­ment. Il fut créé — nous dit-on — après l’attentat du 14 juillet 2016 comme sym­bole de résilience. Émoticône étonnement

Que vient faire cet attentat avec #ILoveNice ?

On trouve de telles ins­tal­la­tions par­tout dans le monde. Ce concept de lettres géantes « I Love [Ville] » ou de hashtags/​sculptures pho­to­gé­niques est très répan­du comme outil de pro­mo­tion tou­ris­tique, comme par exemple à :
• New York I NY (New York, États-Unis), c’est l’ancêtre du genre.
• Indianapolis, Chicago, Las Vegas, San Francisco, Miami, etc.
mais aus­si en Europe à
• Londres, Édimbourg, Barcelone, Rome, Sydney, Tokyo, etc. et bien sûr
• Paris
I love Paris
• et même Sète
#Sète

Ces ins­tal­la­tions sont géné­ra­le­ment com­man­dées par les offices de tou­risme et suivent la même logique que Nice : encou­ra­ger les pho­tos et le par­tage en ligne. Rien à voir avec l’attentat du 14 juillet 2016 !

I love Nice

La belle affaire : venir à Nice et se faire pho­to­gra­phier devant cet objet publicitaire.

On PEUT dis­cu­ter des goûts et de cou­leurs, d’au­tant plus que les choix des édiles sont finan­cés par l’argent de nos impôts. Les goûts de Christian Estrosi s’ins­crivent com­plai­sam­ment dans l’air du temps. Rien de bien artistique.

De l’esbroufe et du clinquant

Comme ci-des­sous avec l’ex­po­si­tion de 10 pro­duc­tions de son ami Richard Orlinsky :

Cela valait bien une gra­ti­fi­ca­tion pour le maire qui s’est fait offrir quelques spé­ci­mens(2), en petit bien sûr.

Auguste Verola prend donc une décision de salubrité politique et culturelle

Il ne faut pas s’é­ton­ner que cela dérange la Bien Pensance qui s’ef­force d’é­ra­di­quer les cultures enra­ci­nées(3).

Lire dans nos colonnes : Le début de par­cours fra-cas­sant d’Éric Ciotti du 25 avril 2026

Le Parquet natio­nal finan­cier (PNF) a ouvert une enquête pré­li­mi­naire en sep­tembre 2024 pour cor­rup­tion et favo­ri­tisme.
Elle vise notam­ment les liens entre le maire de Nice (à l’époque) et l’artiste Richard Orlinsky, en lien avec les expo­si­tions d’Orlinski à Nice (contrats publics) et les sculp­tures offertes au couple Estrosi.
Plusieurs per­qui­si­tions ont eu lieu. L’enquête est menée par l’Office cen­tral de lutte contre la cor­rup­tion (OCLCIFF).
Christian Estrosi a tou­jours nié fer­me­ment avoir reçu des « cadeaux » en contre­par­tie de quoi que ce soit et affir­mé qu’il s’agissait de repro­duc­tions sans valeur marchande.

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Ce thème est régu­liè­re­ment ana­ly­sé dans nos colonnes, notam­ment par Pierre-Émile Blairon :
• • Le triomphe de l’inculture : le monu­ment pré­fé­ré des Français en 2024 est… « le Circuit des 24 Heures du Mans » !, article du 22 sep­tembre 2024
Comment faire dis­pa­raître radi­ca­le­ment le patri­moine fran­çais ? article du 27 décembre 2022
Homo Festivus sur le Cours Mirabeau, article du 20 juin 2019
Architecture contem­po­raine : le triomphe de la vani­té, article du 24 mars 2018

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