
Après le 14 juillet 2026 : où va l’armée française ?
Mardi 14 juillet 2026, une petite troupe de soldats (ils étaient 25) se réclamant de l’idéologie nazie a défilé sur les Champs-Élysées, 86 ans et un mois après les troupes allemandes qui y ont paradé le 14 juin 1940. 
L’armée allemande n’avait pas vraiment été conviée à se produire sur l’iconique avenue à cette époque, mais, cette fois, les néo-nazis ukrainiens ont pu défiler grâce à l’aimable proposition du président français Emmanuel Macron dont l’invité d’honneur était le chef de cette troupe, Volodymyr Zelensky, on ne sait pas trop à quel titre, car il n’est plus président de l’Ukraine depuis le 19 mai 2024.
Encadrés par 9 000 membres des forces de l’ordre, 6 700 hommes de troupe défilaient et une foule d’environ 50 000 personnes assistait à cette parade, foule constituée majoritairement de touristes étrangers de passage à Paris, le QR code (en français : le sésame d’accès nominatif à la cérémonie) étant proposé dans les hôtels parisiens ; il y avait probablement aussi quelques partisans du gouvernement venus applaudir leur mentor ; les Parisiens, en général, n’avaient pas jugé nécessaire d’assister à ce show strictement contrôlé et surveillé, d’autant plus qu’ils n’y étaient pas franchement et joyeusement attendus, les organisateurs craignant que Macron et ses illustres invités européistes soient l’objet d’une bronca ou, tout au moins, de sifflets et de lazzis malveillants.
La justice aux ordres : un invraisemblable retournement
L’un des rares opposants actifs à cette manifestation incongrue, le représentant de l’association Vigie Liberté, l’avocat Amine Elbahi, avait saisi le Tribunal administratif de Paris afin de contester la légalité de l’obligation d’obtenir un QR code nominatif en plus de la présentation d’une carte d’identité pour tous ceux qui voulaient assister au défilé du 14 juillet ; le Tribunal administratif avait accédé à la demande de l’association et avait « enjoint au préfet de police de Paris, sans délai, de s’abstenir de prendre en considération la présentation ou pas d’un QR code nominatif » délivré par la présidence de la République après inscription sur son site Internet pour pouvoir accéder au périmètre.
Il est 3h00 du matin. Au terme d’une audience nocturne inédite devant le Conseil d’État – une situation sans précédent dans l’histoire de la juridiction administrative – je tenais simplement à vous adresser mes remerciements.
— Amine Elbahi (@AmineElbahii) July 14, 2026
Avec l’association @VigieLiberte, notre engagement… https://t.co/5bNfHHPyA3 pic.twitter.com/fa4aLxdApy
Cette décision intervenait le 13 juillet au soir ; le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez interjetait aussitôt appel auprès du Conseil d’État, lequel se réunissait en hâte au cours de la nuit (à trois heures du matin !) afin de casser la décision du Tribunal administratif(1) et de rétablir l’obligation du QR code sous la houlette de Christophe Chantepy, militant socialiste proche de Laurent Fabius.

On a connu des décisions de justice de ce grand corps d’État beaucoup moins rapides.
Le silence des agneaux étoilés
Je n’ai fait jusqu’ici qu’évoquer les différentes phases administratives d’un scénario qui n’a rien d’anodin et révèle :
• l’ampleur de la déliquescence de nos institutions et leur totale soumission au pouvoir en place qui a su placer ses pions là où il le fallait et quand il le fallait avec la complicité d’un certain nombre de députés, notamment ceux du RN, qui ont permis la nomination de Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel… pour 9 ans !
• la confirmation d’une désespérante apathie de nos concitoyens : après nous, le déluge.
et, surtout,
• le retrait silencieux et prudent de la plupart de ceux dont le devoir eut été de manifester avec force et fracas leur opposition à chacune des étapes de cette abracadabrante histoire : je veux parler des responsables de haut niveau de l’armée française en exercice, qui se sont comportés comme des moutons apeurés soucieux de rester dans le rang et, surtout, dans le troupeau : avant tout, ne pas faire de vagues pour conserver leur zone de confort et leur possibilité d’avancement dans une hiérarchie dûment balisée, ce qui signifie concrètement, pour la multitude de généraux que compte l’armée française (379 en 2025(2)) : le nombre d’étoiles figurant sur leurs épaulettes.
D’où ce sous-titre : le silence des agneaux… étoilés.

Enfin, la « grande muette » avait trouvé, en ce 14 juillet 2026, la signification et les fondements de cette expression, qui ne doit pas grand-chose à Sun-Tzu ni à Clausewitz, pour désigner l’armée française et son « devoir de réserve » qui permet de justifier nombre de renoncements et d’indignités. Nous sommes bien loin des héros dont l’honneur commandait de mourir pour la patrie quand leur hiérarchie se comportait servilement ; je pense à une période relativement récente de l’Histoire de France où des fonctionnaires galonnés ont voté la mort d’un Degueldre ou d’un Bastien-Thiry(3), je pense au général 5 étoiles Raoul Salan, le général le plus décoré de France, condamné à mort par contumace, et à ses adjoints, les généraux André Zeller, Maurice Challe, Edmond Jouhaud, chefs de l’OAS, je pense à ceux qui sont morts à Dien-Bien-Phu, sachant que tout était perdu, fors l’honneur, ou dans les massifs de l’Aurès en Algérie quand la France renonçait à être la France dans un territoire constitué de départements français et dans une guerre qu’elle venait de gagner contre les islamistes du FLN soutenus par le mondialisme naissant et … les Américains.
Sur le plan symbolique, prenant en compte ce qui a fait l’Histoire de France, et surtout, ceux qui l’ont faite par leur sacrifice, ce défilé du 14 juillet 2026 n’aura été rien d’autre qu’un crachat sur les tombes de nos anciens, en particulier ceux qui se sont battus contre les nazis lors de la deuxième guerre mondiale, qui seront morts… pour rien(4).

Les généraux résistants
Georges Gourdin a écrit sur ce même site, une série d’articles dénonçant le projet de Macron concernant ce 14 juillet qui s’est finalement déroulé comme il l’a voulu.
Il est vrai que les généraux qui osent s’exprimer ne sont pas, sauf exception, des généraux d’active et il est vrai aussi qu’il n’y a pas que des généraux qui se lèvent et qui se sont levés contre cette infamie du 14 juillet 2026. Ce sont eux qui ont sauvé l’honneur de leur corporation qui est aussi l’honneur de la France en manifestant publiquement leur désaccord sur l’organisation et, surtout, sur l’état d’esprit de ceux qui ont voulu que cet événement ait lieu dans de telles conditions.
Le 9 juillet, le site « Place d’armes » a publié une tribune(5) signée par de nombreux généraux invitant à soutenir sa position concernant l’organisation de cette cérémonie dont je vous donne ci-après un extrait : « Le 14 juillet est le symbole de l’ensemble de notre histoire. Il manifeste notre souveraineté et l’unité du peuple français. Cette journée rappelle les grands événements fondateurs de notre République et rend aussi hommage à tous ceux qui ont servi la France, tout au long de notre longue histoire, parfois au prix de leur vie. C’est pourquoi elle est, et ne peut être rien d’autre, que notre fête nationale.
Le défilé militaire sur les Champs-Élysées est l’un des temps forts de cette célébration. Il met à l’honneur les femmes et les hommes des armées françaises, leur professionnalisme, leur engagement et leur dévouement au service de notre peuple. Ce défilé de citoyens en armes appartient à tous les Français, quelles que soient leurs opinions politiques.
Or le choix des autorités actuelles de donner une dimension idéologique à cette manifestation nationale, s’avère en contradiction absolue avec sa nature fondamentalement unitaire. Une très large part du pays voit dans cette déviance une volonté de transformer notre fête nationale en promotion d’un engagement idéologique qui n’a fait l’objet d’aucun assentiment des Français, ni par la voie référendaire, ni par ses représentants. Une telle orientation peut être perçue comme un détournement de l’esprit du 14 juillet et l’instrumentalisation de nos armées à des fins politiques. »
Sur ce même site, j’ai relevé dans les commentaires qui répondaient à un article intitulé :
Silence dans les rangs… même après la retraite ? celui-ci :
« Il y a très longtemps que je déplore que les généraux n’expriment pas leur opinion sur la marche du pays et sa défense en particulier. Selon moi, leur manque de courage est la principale raison à cette situation. Depuis 1962, ils ont appris à se taire sous peine de sanctions. Ils sont donc devenus de hauts fonctionnaires avec tous les avantages qui vont avec ce statut. Pourtant, ils sont en charge de la défense du pays, c’est‑à ‑dire d’un domaine vital et donc existentiel. Peut-on leur faire confiance ? Chacun peut répondre en son âme et conscience. »
Le général Roure, Saint-Cyrien, docteur d’État en sciences politiques, intervenant sur Omerta le 14 juillet 2026, n’a pas manqué de remettre les pendules à l’heure : « Le 14 juillet, c’est la fête de la Nation, de toute l’histoire de France, du peuple français, elle revêt une dimension sacrée, ce n’est pas la République qui est célébrée, c’est le peuple français(6). »
Le général Coustou, dont on connaît le franc-parler a, lui aussi, apporté son commentaire éclairé en s’interrogeant sur la légalité de « l’ukrainisation » de notre fête nationale en faveur du pays le plus corrompu du monde et dont l’idéologie se réfère à son passé nazi, et en rappelant que ce sont les Russes qui ont libéré la France alors que les Américains étaient là, comme à leur habitude, pour faire du commerce, évoquant l’épisode de l’Amgot, Allied Military Government of Occupied Territories, une structure mise en place par les Américains à la fin de la guerre, qui déniait toute souveraineté à la France en y établissant un protectorat américain(7).
J’avais évoqué, dans mon précédent article(8), les possibilités d’une renaissance européenne qui ne pouvait échapper à une cruelle étape : celle où les dernières âmes vaillantes que compte notre pays allaient désespérer de tout avant de se réarmer, mentalement dans un premier temps, et d’entamer une remontée salutaire.
Entre torpeur et gloire, entre orages apocalyptiques et sacrifices sublimes de quelques-uns qui ont gardé la nuque droite et le sens de l’honneur, ce qui ne veut plus rien dire pour la grande majorité de nos concitoyens, le destin de la France est de se situer au centre de ce maelström, comme elle l’a toujours été, et d’en déterminer le mouvement pour en faire ressurgir un nouveau cycle.
Pierre-Émile Blairon
Les articles du même auteur
Ce qui montre bien l’ostensible soumission du Conseil d’État au pouvoir exécutif alors qu’il est la clé de voute du principe de séparation des pouvoirs.
L’indépendance de la justice administrative (dont le Conseil d’État est le sommet) est reconnue comme un principe fondamental reconnu par les lois de la République par le Conseil constitutionnel depuis 1980 (décision du 22 juillet 1980).
.
Au J.O du 17 janvier 2025 figurent plusieurs arrêtés portant sur les effectifs des militaires pour 2025. Pour rappel, la LPM prévoyait que les effectifs du ministère des armées s’élèveront à 274 936 équivalents temps plein en 2025 hors apprentis, volontaires du service militaire volontaire et effectifs éventuellement nécessaires au service national universel.
L’arrêté du 14 janvier 2025 fixe ainsi les plafonds des effectifs des militaires appartenant à certains corps d’officiers :
• Général de division, vice-amiral et personnel militaire de rang correspondant : 160
• Général de brigade, contre-amiral et personnel militaire de rang correspondant : 219
Total : 379
(Source : Ouest-France, 19 janvier 2025)
Si l’on commpte 5 600 généraux en retraite, cela fait pas loin de 6 000 généraux français (5 600 en retraite + ~ 380 d’active), autrement dit quelques dizaines de milliers d’étoiles.
LIre dans nos colonnes : Bastien-Thiry ou l’honneur d’avoir osé du 11 mars 2017
On sait que des cadres du parti nazi ont été remis en selle par les Américains à la fin de la guerre en participant à la création de l’Union européenne et en y obtenant des postes ; voir mon article du 13 août 2025, Nos dirigeants européens sont-ils des créatures façonnées par les derniers nazis survivants, du 13 août 2025 et inclus dans mon livre Haute Trahison, Amazon 2026, page 121.

Je parlais évidemment de la véritable Europe, celle des peuples, et non pas de l’Europe américano-sioniste de Bruxelles, celle de madame Ursula Von der Leyen qui disait que les valeurs de l’Europe sont celles du Talmud, une « Europe » virtuelle qui est aussi celle d’Emmanuel Macron, formé à l’école américaine des Young global leaders.
Pierre-Émile Blairon a également publié :
