Le formatage idéologique des enseignants devient officiel

1 février 2021 | 7 Commentaires 

La crise du Covid, pré­oc­cu­pa­tion majeure des Français depuis un an, a per­mis au gou­ver­ne­ment de faire pas­ser en cati­mi­ni un cer­tain nombre de mesures.

On se sou­vien­dra, en mars 2020, de l’ordonnance pour faci­li­ter l’installation de la 5G sur le ter­ri­toire ou encore du pro­jet de loi bioé­thique dont l’ouverture de la pro­créa­tion médi­ca­le­ment assis­tée (PMA) à toutes les femmes, dans la nuit du ven­dre­di 31 juillet au same­di 1er août 2020, etc.

Mais cela ne s’arrête pas : ven­dre­di der­nier 29 jan­vier, le Journal Officiel de la République a publié les moda­li­tés d’organisation des concours du cer­ti­fi­cat d’aptitude au pro­fes­so­rat de l’enseignement du second degré, le fameux CAPES, fixées par l’arrêté du 26 jan­vier. Rien de bien inquié­tant, me direz-vous. Et bien, détrom­pez-vous ! Car ces moda­li­tés de concours viennent ins­ti­tu­tion­na­li­ser l’obligation de ne recru­ter que des can­di­dats tota­le­ment acquis à la pen­sée unique.

Cette réforme du concours réduit encore la part consa­crée à l’évaluation des com­pé­tences dis­ci­pli­naires au pro­fit du contrôle de la bonne adhé­sion à l’idéologie domi­nante. Depuis des décen­nies déjà, cette phi­lo­so­phie per­verse assise sur les trans­cen­dan­tales « valeurs de la République » est venu gan­gré­ner la réflexion sur l’enseignement. Ces valeurs déma­go­gi­que­ment com­pi­lées sous les coups de bou­toirs des mino­ri­tés agis­santes sont deve­nues le fer de lance de la pen­sée stan­dar­di­sée des pro­gres­sistes. Elle a impré­gné tous les rap­ports offi­ciels et régen­té la for­ma­tion des pro­fes­seurs, notam­ment à tra­vers les fameux IUFM (ins­ti­tuts uni­ver­si­taires de for­ma­tion des maîtres). Aujourd’hui, elle est gra­vée dans le marbre pour ache­ver le for­ma­tage des enseignants.

Avec ce texte, les pou­voirs publics affichent ouver­te­ment leur inten­tion d’asservir des pro­fes­seurs à leur idéo­lo­gie. C’est la dic­ta­ture de la pen­sée domi­nante qui devient offi­ciel­le­ment la pen­sée obli­ga­toire dans l’Éducation nationale.

D’aucuns déplo­raient depuis long­temps le niveau par­ti­cu­liè­re­ment bas des der­niers reçus dans cer­taines sec­tions du CAPES. Rien d’étonnant, il est exi­gé des com­mis­sions de jury qui éva­luent les can­di­dats de déga­ger une moyenne glo­bale autour de 1020 : « Tant qu’on n’a pas atteint ce seuil, on remonte les notes », explique Annie Kuyumcuyan, membre du jury et pro­fes­seur de lin­guis­tique fran­çaise à l’université de Strasbourg (inter­view L’étudiant Educpros). Ce que confirme Valérie Fasseur, membre du jury et maître de confé­rences à l’université de Pau : « En 2015, j’ai par exemple été contrainte de noter 7 plu­sieurs copies aux­quelles j’avais d’abord mis 3. Mais cette année-là, le seuil d’admissibilité a été pla­cé à 6,5. Donc des can­di­dats dont les copies avaient d’abord obte­nu 320 ont été admis­sibles… ».

Alors, ce n’est cer­tai­ne­ment pas avec des mesures fai­sant la part belle à l’affiliation aux idées pro­gres­sistes au détri­ment des savoirs, dans leur recru­te­ment des pro­fes­seurs, qu’on relè­ve­ra le niveau de ces derniers !

Charles André

Arrêté du 25 janvier 2021 fixant les modalités d’organisation des concours du certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré

[ … ]
Article 8

L’épreuve d’entre­tien avec le jury men­tion­née à l’ar­ticle 7 porte sur la moti­va­tion du can­di­dat et son apti­tude à se pro­je­ter dans le métier de pro­fes­seur au sein du ser­vice public de l’é­du­ca­tion.
L’entretien com­porte une pre­mière par­tie d’une durée de quinze minutes débu­tant par une pré­sen­ta­tion, d’une durée de cinq minutes maxi­mum, par le can­di­dat des élé­ments de son par­cours et des expé­riences qui l’ont conduit à se pré­sen­ter au concours en valo­ri­sant notam­ment ses tra­vaux de recherche, les ensei­gne­ments sui­vis, les stages, l’en­ga­ge­ment asso­cia­tif ou les périodes de for­ma­tion à l’é­tran­ger. Cette pré­sen­ta­tion donne lieu à un échange avec le jury.
La deuxième par­tie de l’é­preuve, d’une durée de vingt minutes, doit per­mettre au jury, au tra­vers de deux mises en situa­tion pro­fes­sion­nelle, l’une d’en­sei­gne­ment, la seconde en lien avec la vie sco­laire, d’appré­cier l’ap­ti­tude du can­di­dat à :
s’ap­pro­prier les valeurs de la République, dont la laï­ci­té, et les exi­gences du ser­vice public (droits et obli­ga­tions du fonc­tion­naire dont la neu­tra­li­té, lutte contre les dis­cri­mi­na­tions et sté­réo­types, pro­mo­tion de l’é­ga­li­té, notam­ment entre les filles et les gar­çons, etc.) ;
– faire connaître et faire par­ta­ger ces valeurs et exi­gences.

7 Commentaires 

  1. Bof ça ne me parait pas bien méchant, ce bout de l’ar­ticle 7 sur­li­gné en jaune… plu­tôt une enve­loppe vide avec quelques cli­chés de valeurs démo­cra­tiques à peu près inat­ta­quables.
    Je ne nie pas du tout l’en­doc­tri­ne­ment dans l’en­sei­gne­ment, conte­nu des cours, pro­grammes, etc. Et aus­si, à ce qu’il semble, un sys­tème de fichage des parents dont les idées ne sont pas « covi­di­que­ment cor­rectes » par sys­tème insi­dieux de for­mu­laire à rem­plir par l’en­fant. Et j’en passe… pro­pa­gande vac­ci­nale sous forme de comp­tines, etc…
    Mais je pense que ça passe par des petites notes plus ou moins confi­den­tielles, par un sys­tème pyra­mi­dal cher à nos gou­ver­nants : par le minis­tère de l’é­duc, puis les rec­to­rats, puis les direc­teurs d’é­ta­blis­se­ments, dont cer­tains feront du zèle – comme cer­tains de nos pré­fets ou maires en font pour mas­­quer-fli­­quer-contrô­­ler leur juri­dic­tion bien au delà des décrets du gvt. Les meilleurs oppres­seurs sont les petits fonc­tion­naires, pas les gros !… Effet de nature humaine, bien com­pris par ceux qui manient les ficelles… psy-ops et autres de l’in­gé­nie­rie sociale.

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  2. « S’approprier les valeurs de la République »… Mais quelles valeurs ?
    L’enrichissement per­son­nel ? Le men­songe per­ma­nent ? Les élec­tions tru­quées ? Le mépris du peuple ? La sou­mis­sion aux inté­rêts finan­ciers glo­ba­li­sés ? La vio­lence et la mani­pu­la­tion comme méthodes de gou­ver­ne­ment ? Le recul des libertés ?

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    • Les pré­ten­dues valeurs de la répu­blique sont tou­jours les mêmes : des­truc­tion des vraies valeurs morales, intel­lec­tuelles, patri­mo­niales … des­truc­tion de nos meilleures oeuvres d’art, néga­tion des valeurs de la famille, de l’ef­fort, de la res­pon­sa­bi­li­té, de la défense de la Nation.
      Destruction du pays par l’im­por­ta­tion mas­sive de popu­la­tions aux anti­podes de notre culture, asser­vis­se­ment du bon peuple au pro­fit des mul­ti­na­tio­nales. Formatage des ensei­gne­ments, néga­tion de ce qui fait la gran­deur du pays, de son huma­ni­ta­risme, pré­do­mi­nance des médiocres etc.
      Nous allons bien­tôt revivre les meilleures heures de la révo­lu­tion, la Terreur ne com­mence t‑elle pas à s’ins­tal­ler ? Y a‑t‑il encore des Vendéens à mas­sa­crer, des prêtres et des nones à noyer, des tom­beaux à détruire ?

  3. D’où le nom du minis­tère de la pro­pa­gande : minis­tère de l’éducation. l’INSTRUCTION n’y a plus sa place. Les « valeurs de la répu­blique » de francs maçons sont : plus tu es con et sou­mis, mieux tu repré­sen­te­ras leurs valeurs.
    Votez braves gens !

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    • Quand les son­dages estiment que pra­ti­que­ment 50% des Français approuvent Macron, on ne peut que confir­mer ce que vous écri­vez : Ils sont cons et soumis …

    • Les seules valeurs de la République sont Liberté, Egalité et Fraternité, que le Gouvernement ne res­pecte aucunement.

  4. L’éducation est l’art de faire pas­ser le conscient dans l’in­cons­cient, on y arrive par la créa­tion de réflexes qu’en­gendre la répé­ti­tion d’as­so­cia­tions dans les­quelles la mémoire ne joue aucun rôle. Un édu­ca­teur sait créer les réflexes utiles et anni­hi­ler ceux qui sont dan­ge­reux ou inutiles. L’université, telle qu’elle est orga­ni­sée, ne condui­ra qu’à l’i­gno­rance abso­lue. Le pro­blème le plus irré­duc­tible de tous les obs­tacles est sur­tout l’é­tat men­tal des pro­fes­seurs, cet état men­tal créé par les méthodes uni­ver­si­taires n’est pas modi­fiable. Formés par ces méthodes, ils sont inca­pables d’en appli­quer d’autres, ou même d’en com­prendre d’autres. Tout ce qui est sus­cep­tible d’être appris par cœur, ils l’ont appris, mais leur valeur péda­go­gique est entiè­re­ment nulle. Le but prin­ci­pal de l’ins­truc­tion devrait être de déve­lop­per le juge­ment et le rai­son­ne­ment. Le rôle de l’é­du­ca­teur doit tendre à agir sur l’in­cons­cient de l’en­fant et non sur sa faible rai­son. On peut quel­que­fois rai­son­ner devant lui, mais jamais avec lui. Ce qui est deman­dé à l’ins­truc­tion et à l’é­du­ca­tion, c’est de déve­lop­per l’es­prit d’ob­ser­va­tion et de réflexion, la volon­té, le juge­ment et l’i­ni­tia­tive. L’expérience doit tou­jours pré­cé­der la théo­rie. Psychologie de l’é­du­ca­tion Gustave Lebon.

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