Présidentielle 2022, c’est parti !

12 sep­tembre 2021 | 3 Commentaires 

Nous y sommes. Les poli­ti­cards de tous bords ne songent plus qu’à l’élection pré­si­den­tielle de 2022.

Chez Les Républicains, la guerre des égos a com­men­cé depuis plu­sieurs mois comme chez nos (pseu­do) éco­los. Qui, dans chaque camp, va décro­cher le Mickey et affron­ter les autres pré­ten­dants ? Emmanuel Macron, lui, dès cet été, a lan­cé offi­ciel­le­ment la cam­pagne depuis Brégençon… sur Tik Tok ! Quant à Marine Le Pen, plus du tout cer­taine d’être pré­sente au deuxième tour, elle cherche déses­pé­ré­ment des che­vaux de bataille « dédia­bo­li­sés ». Et puis, il y a l’épouvantail d’une can­di­da­ture d’Éric Zemmour qui secoue tout ce Landerneau poli­ti­cien. Pour par­ve­nir à éclai­rer les Français, les ana­lystes vont donc devoir sor­tir des sché­mas des­si­nés par les son­deurs et les appa­reils politiques.

En atten­dant, ce petit monde se tra­ves­tit en Père Noël. Macron veut faire oublier le passe sani­taire et dis­tri­bue les mil­liards à la volée. Ça a com­men­cé à Marseille et cela va conti­nuer tout au long de son tour de France. Les cadeaux pleuvent dans une totale insou­ciance bud­gé­taire. Aux quar­tiers per­dus de la République de la cité pho­céenne, il fait miroi­ter 1,5 mil­liards d’euros. Aux agri­cul­teurs il pro­met 600 mil­lions d’euros par an pour l’assurance récolte. Aux femmes, il offre d’ores et déjà la contra­cep­tion gra­tuite pour toutes jusqu’à 25 ans… Et demain que va-t-il encore annon­cer d’insensé ou d’irresponsable ?

Mais, à bien y regar­der, Emmanuel Macron a‑t-il néces­sai­re­ment besoin de redo­rer son bla­son, de manière aus­si déma­go­gique, pour être réélu ? Les contin­gences lui ont offert un trem­plin encore ines­pé­ré en ce début d’année. En géné­rant et entre­te­nant dans le pays une peur dis­pro­por­tion­née face à une mau­vaise grippe, il a réus­si à détour­ner l’ire des Français. Désormais, la colère d’une très grande par­tie de l’opinion s’est repor­tée sur les non vac­ci­nés. L’«antivax » d’aujourd’hui a rem­pla­cé le « fas­ciste » d’hier. Le Front Républicain pour faire bar­rage à l’extrême droite s’est ain­si dépla­cé dans une direc­tion inat­ten­due et la manœuvre oppor­tu­niste du loca­taire de l’Élysée pour­rait bien être cou­ron­née de suc­cès à l’arrivée.

Voilà qui n’est pas pour faci­li­ter la tâche de la pré­si­dente du Rassemblement National qui, ayant stu­pi­de­ment délais­sé le com­bat contre l’immigration, l’islamisation et l’insécurité pour ripo­li­ner tou­jours plus son image, va devoir recons­ti­tuer un élec­to­rat à par­tir de cette nou­velle donne. Marine Le Pen se trouve donc sur une « ligne de crête » comme disent les jour­na­listes : elle ne peut pas faire les yeux doux aux anti­vax, puisqu’elle est elle-même vac­ci­née contre le Covid, mais ne peut peut pas non plus igno­rer leur colère et leurs inquié­tudes puisqu’ils repré­sentent une frange impor­tante de son élec­to­rat. Elle s’oppose donc très mol­le­ment à la vac­ci­na­tion obli­ga­toire et au pass sani­taire en évi­tant soi­gneu­se­ment les outrances : en abor­dant le sujet par le biais des liber­tés publiques, du droit des sala­riés et de la jeu­nesse. Une atti­tude timo­rée qui pour­rait lui coû­ter cher car, si Florian Philippot (et Éric Zemmour) arrive(nt) à se pré­sen­ter, elle per­dra de gros bataillons. En éloi­gnant d’elle son public contes­ta­taire, elle est pro­ba­ble­ment en train de perdre défi­ni­ti­ve­ment ses chances.

On ima­gine qu’elle en prend conscience car on la voit main­te­nant qui tente des coups de poker. Dans un entre­tien au Figaro du 9 sep­tembre der­nier, elle dévoile deux pro­po­si­tions qu’elle ima­gine fortes et ras­sem­bleuses :
• la natio­na­li­sa­tion des auto­routes et
• la pri­va­ti­sa­tion de l’audiovisuel public.
Concernant la pre­mière mesure, Marine Le Pen s’appuie sur la « véri­table spo­lia­tion des Français » du fait de la hausse des péages, qui aurait aug­men­té plus for­te­ment que les autres prix alors que les divi­dendes attri­bués aux action­naires ont été esti­més à 27 mil­liards d’euros depuis 2006. Un posi­tion­ne­ment qui semble habile pour la can­di­date du RN mais le sujet est-il vrai­ment au cœur des pré­oc­cu­pa­tion des Français ? Même ques­tion concer­nant la pri­va­ti­sa­tion de l’audiovisuel public que Marine Le Pen réclame au nom de « la res­ti­tu­tion de 2,8 mil­liards de rede­vance aux Français ». La mesure pour­rait plaire à un cer­tain élec­to­rat de droite mais on peut dou­ter que cela soit une prio­ri­té et une urgence pour l’ensemble de la population.

Alors, Marine Le Pen a‑t-elle per­du toute chance de gagner l’élection pré­si­den­tielle ? L’abstention aux élec­tions régio­nales qui a par­ti­cu­liè­re­ment concer­né l’électorat du Rassemblement National reste un bon indi­ca­teur de ce qui pour­rait se pas­ser à la pré­si­den­tielle. D’autant que cette atti­tude consis­tant au gra­pillage de voix sur des thèmes secon­daires n’atteste pas d’une volon­té très com­bat­tive. D’ailleurs, cer­tains élus n’entrevoient pas un bel ave­nir pour leur can­di­date en 2022 : « Pas sûr que Marine Le Pen passe le 1er tour », obser­vait un élu RN, cité par RTL le 24 août der­nier. Et au sein-même de l’entourage de la can­di­date, la rage de vaincre semble faire désor­mais défaut : « Si on gagne, on gagne, si on perd, on perd », aurait aus­si confié un proche lieu­te­nant de la présidente.

Alors, Macron dans un fau­teuil ?Fauteuil roulant Baumann vintageCharles ANDRÉ

« L’important n’est pas de convaincre mais de don­ner à réflé­chir. »

3 Commentaires 

  1. « VIRUS » : le pire est encore à venir : le « Variant » des élec­tions pré­si­den­tielles, encore plus viru­lent en rai­son de son inter­ac­tion avec le suf­frage uni­ver­sel direct.
    Après Giscard fos­soyeur de la France dès 1973, Tonton « Macchiavel », Chirac « super­men­teur », Sarkozy « l’a­mer­loque », Hollande « l’en­ne­mi de la Finance », Macron « l’a­mi de la Finance », who’s next… Zemmour ?
    Peuple abru­ti, écoute bien les son­dages, ils t’o­rien­te­ront tou­jours vers plus de démo­cra­tie, ce sys­tème qui t’as­ser­vit mais que tu rede­mandes… Jusqu’à quand ?
    Rappelons qu’a­près 1789, la France est pas­sée d’une monar­chie qui avait pour contre-pou­­voirs tous les corps inter­mé­diaires, à une oli­gar­chie finan­cière dénuée de tout contre-pou­­voirs, le tout sous le vocable trom­peur de démo­cra­tie. La démo­cra­tie est le vête­ment dont se pare le pou­voir sous le pré­texte qu’existe une repré­sen­ta­tion popu­laire. Mais cette repré­sen­ta­tion est, dans les faits, c’est-à-dire concrè­te­ment, caté­go­rielle et non pas popu­laire parce que contrô­lée par des par­tis poli­tiques sous influence des puis­sances d’argent.
    La France, les USA et leurs alliés ne sont plus depuis le début du XXème siècle gou­ver­nés par ce qu’on appelle un phé­no­mène poli­tique, qui repré­sente l’intérêt com­mun, mais par un car­tel d’entreprises diri­gé par les prin­ci­pales banques glo­bales d’investissement qui ont leur quar­tier géné­ral, depuis Oliver Cromwell, à la City de Londres.
    Aussi, dans l’objectif de hâter sa pro­chaine dis­pa­ri­tion volon­taire, les auto­ri­tés poli­tiques en charge de la France, qui n’ont aucune poli­tique, et encore moins de poli­tique socia­liste, dans le sens « social » du terme, sont en revanche l’un des prin­ci­paux fers de lance de l’a­gen­da mon­dia­liste, et relaient avec zèle, voire même anti­cipent, cet agen­da dont l’ob­jec­tif consiste à appau­vrir maté­riel­le­ment, phy­si­que­ment et mora­le­ment la plus grande masse des gens peu­plant la pla­nète au pro­fit de quelques usur­pa­teurs, véri­tables escrocs éco­no­miques, qui ont, aujourd’hui, pris l’ascendant sur les pou­voirs poli­tiques des États.
    NB : Toute élé­va­tion du type humain demande un régime aris­to­cra­tique. La démo­cra­tie avi­lit en abais­sant les bons, c’est une tyran­nie qui s’exerce par un mou­ve­ment de trac­tion morale, de bas en haut ; elle fait des­cendre, elle empêche les meilleurs de s’é­le­ver, elle abat les têtes qui dépassent le niveau des médiocres, empê­chant ain­si l’é­clo­sion des types supé­rieurs. C’est pour­quoi la théo­rie « éga­li­taire » si chère à nos élites qui nous méprisent est inti­me­ment liée à la démo­cra­tie.
    Blog : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/

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  2. Anne Hidalgo vient d’entrer, elle aus­si, dans la danse. Dans sa hotte, elle apporte un dou­ble­ment des salaires des ensei­gnants ! La pêche aux voix auto­rise toutes les démagogies.

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  3. Tous les acteurs cyniques de cette pou­belle répu­bli­caine font par­tie du scé­na­rio. Aucun d’eux ne veut don­ner le Pouvoir au Peuple. Au Peuple de prendre le contrôle de son pays !
    Et virons ces étran­gers, soit sur la lune, dans une cave ou en prison !

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