Qu’est-ce qui choque, chez Zemmour : ses mots ou les réalités qu’ils décrivent ?

22 novembre 2021 | 1 com­men­taire

Nous repro­dui­sons ci-des­sous, avec l’ai­mable auto­ri­sa­tion de son auteur, Jean-Michel Lavoizard, cet édi­to­rial paru hier sur le site Boulevard Voltaire :

À cinq mois de l’élection pré­si­den­tielle, on a déjà atteint le niveau de satu­ra­tion par dépit et las­si­tude de l’intérêt et de l’attention du citoyen fran­çais moyen et hon­nête pour la chose poli­tique – les vôtres peut-être, les miens assu­ré­ment – du fait de la médio­cri­té crasse des débats publics, sur le fond et dans la forme.

Entre une droite des ego arro­gante déci­dé­ment « la plus bête du monde », for­mule de Guy Mollet, en 1957, reprise en 1987 par Philippe Vasseur dans un essai épo­nyme car elle n’a tiré aucune leçon de son échec en 2017, et une gauche caviar la plus idéo­lo­gi­sée et décon­nec­tée des réa­li­tés du monde, qui a depuis long­temps renié ses valeurs sociales pro­fondes dont elle n’a d’ailleurs pas le mono­pole, se ren­force une majo­ri­té de façade par addi­tion de cou­rants trans­gres­sifs mino­ri­taires, à qui Emmanuel Macron doit son élec­tion et sur laquelle il compte pour renou­ve­ler son hold-up élec­to­ral par manipulation.

Dans ce contexte, Éric Zemmour est le seul à cap­ter l’intérêt géné­ral, tant de ses contem­pla­teurs que de ses contemp­teurs. L’hystérie du dis­cours poli­ti­cien relayé par les médias domi­nants-domi­nés, pol­lué par des idéo­lo­gies en appa­rence dis­tinctes voire diver­gentes mais qui se rejoignent dans leur vide concep­tuel et éthique et par leur approche auto­ri­ta­riste (pro­gres­sisme éco­lo-scien­tiste, mon­dia­lisme mul­ti­cul­tu­ra­liste, éta­tisme liber­ti­cide, contre-culture occi­den­tale), a déjà épui­sé les tré­sors de patience du citoyen fran­çais lamb­da en quête de pro­grammes concrets fon­dés sur des valeurs saines et des idées claires, qui per­mettent de pro­gres­ser en amé­lio­rant le pas­sé sans le renier ni l’effacer.

Osons dire au pas­sage que, contrai­re­ment à un mythe stra­té­gi­que­ment entre­te­nu par une frac­tion fémi­niste pour jus­ti­fier sa mon­tée en puis­sance poli­tique et éco­no­mique au nom d’une pré­ten­due et illu­soire incli­na­tion natu­relle supé­rieure à l’intérêt géné­ral, la fémi­ni­sa­tion de la socié­té, des par­ti­ci­pants à la vie poli­tique et au débat public n’élève visi­ble­ment pas le conte­nu ni la tenue des débats. Après tout, pour­quoi faire peser sur la gent fémi­nine une exi­gence de plus grande ver­tu ? Par excep­tion, l’égalité des sexes est ici confirmée.

Dans ce chaos poli­ti­cien, le tru­blion Éric Zemmour, can­di­dat pas encore offi­ciel­le­ment décla­ré, impose l’agenda des thé­ma­tiques vive­ment dis­cu­tées, âpre­ment dis­pu­tées parce qu’elles cor­res­pondent aux pré­oc­cu­pa­tions essen­tielles et quo­ti­diennes du plus grand nombre – l’identité fran­çaise pro­fonde contes­tée par un mag­ma de cou­rants cultu­rels et idéo­lo­giques exo­tiques et mino­ri­taires, le mode de vie cultu­rel et la sécu­ri­té phy­sique vio­lem­ment com­bat­tus par des enne­mis inté­rieurs et exté­rieurs de la France, frus­trés et hos­tiles à sa civi­li­sa­tion huma­niste, le déclas­se­ment volon­taire de la France noyée dans un mag­ma tech­no­cra­tique supranational.

Dans ce contexte de fuite en avant mon­dia­lo-pro­gres­siste, Éric Zemmour repré­sente une menace élec­to­rale pour tous les bords poli­tiques alors qu’il ne pré­tend incar­ner que les valeurs his­to­riques d’une droite conser­va­trice favo­rable au pro­grès, aban­don­nées et reniées par des poli­ti­ciens oppor­tu­nistes qui pri­vi­lé­gient leur car­rière per­son­nelle au prix des pires renie­ments et tra­hi­sons. Une fois énon­cées les valeurs pro­fondes de la France, préa­lable à tout pro­jet de renais­sance, il lui reste à annon­cer un pro­gramme glo­bal et concret de poli­tique géné­rale dans tous les domaines.

S’il vou­lait bien évi­ter les pièges gros­siers ten­dus à ses mal­adresses légères de com­mu­ni­ca­tion, aus­si­tôt ampli­fiées et défor­mées par des adver­saires de mau­vaise foi aux aguets, pour se don­ner défi­ni­ti­ve­ment une car­rure d’homme d’État sérieux et cré­dible, Zemmour aurait vrai­sem­bla­ble­ment une chance de l’emporter. Car les mots durs, voire vio­lents, qu’il emploie pour décrire l’état de la France ne sont que le reflet d’une dure réa­li­té que constatent et vivent les Français. Au-delà des cris d’orfraie hypo­crites de vierges effa­rou­chées, qu’est ce qui choque vrai­ment, les mots ou les réa­li­tés qu’ils décrivent ? À cha­cun de se déter­mi­ner et de pri­vi­lé­gier le fond ou la forme.

Jean-Michel Lavoizard a fon­dé et déve­loppe depuis onze ans (créa­tion en 2011) sur le conti­nent afri­cain la com­pa­gnie « ARIS-Advanced Research & Intelligence Services ».

1 commentaire

  1. Interdit d’hô­pi­tal, je ne risque pas de jouer au bon citoyen en don­nant mon sang ou en allant voter pour notre pro­chain bour­reau…
    Mr Z n’est qu’un infil­tré finan­cé par Rothschild au même titre que Micron 1er.
    Le suf­frage uni­ver­sel, les Droits de l’Homme, la démo­cra­tie sont deve­nus des fables pour ceux qui croient encore au Père Noël…

    Répondre

Envoyer le commentaire

Votre adresse e‑mail ne sera pas publiée. Les champs obli­ga­toires sont indi­qués avec *