Souffler n’est pas jouer

par | 2 février 2022 | 2 Commentaires 

Nos villes modernes doivent être à la hau­teur des valeurs que chaque élu défend lors de se pre­mières paroles élec­to­ra­listes. L’une de ces valeurs est comme nous le savons tous, la PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT. Mais entre les pro­messes et les solu­tions, s’in­vite la réa­li­té. Les pro­blèmes ? nous les connais­sons presque tous : gaz à effet de serre, pes­ti­cides, marées noires, nui­sances sonores, eaux usées, sans oublier les ondes élec­tro-magné­tiques, les rési­dus chi­miques, les embal­lages. La pol­lu­tion qui me pré­oc­cupe aujourd’hui est d’une forme pas­sive et pour­tant nous la côtoyons tous les jours. Il nous est tous arri­vé de croi­ser nos valeu­reux balayeurs des rues, sym­pa­thiques au demeu­rant et tra­vaillant pour les mai­ries ou main­te­nant pour cer­tains, mieux lotis, pour les métro­poles. Il m’est arri­vé par trois fois ces der­niers jours de croi­ser la nou­velle géné­ra­tion de ces ‘’Agents muni­ci­paux pré­po­sés aux retrait des déchets sur la voie publique’’. Cette nou­velle géné­ra­tion est dotée de souf­fleurs.

Imaginons sim­ple­ment une jour­née avec ces intré­pides agents : ils doivent impé­ra­ti­ve­ment por­ter une cas­quette ou un bon­net, plus LE masque, un FFP2 de surcroît !

SouffleurNos agents opèrent par équipe de deux : le pre­mier est le pré­po­sé au souf­fleur, le second par voie de rai­son, au ramas­sage. Lors d’une de mes ren­contres, je me suis arrê­té pour essayer de pala­brer avec eux. Je vous le dis hon­nê­te­ment, c’était chaud. Mes ques­tions n’avaient qu’un but, essayer de com­prendre pour­quoi le pre­mier agent qui souf­flait, dépla­çait les déchets ain­si que toute les pous­sières envi­ron­nantes vers un lieu bien pré­cis, pour qu’ensuite le second agent, doté, lui, d’un balai à l’ancienne (balai avec des fines branches d’arbres), les ramas­sait et les pla­çait dans la pou­belle suiveuse.

J’ai reçu une fin de non-rece­voir pour ce qui était des nui­sances sonores et pol­luantes de l’air qu’engendrait le souf­fleur (moteur atmo­sphé­rique). La réponse pre­mière fut : « Nous ne pou­vons tra­vailler qu’avec le maté­riel que l’on nous four­nit ». Là des­sus, je fus entiè­re­ment d’accord. Puis sur la ques­tion de la pol­lu­tion atmo­sphé­rique, cela n’avait pas l’air de trop impli­quer le souf­fleur qui me répon­dit : « Si vous vou­lez nous ne ramas­sons plus rien ».

La deuxième équipe c’était devant chez moi, mais cette fois-ci l’agent souf­fleur (tou­jours le pre­mier) était équi­pé d’un souf­fleur élec­trique. Suivi bien-sûr comme son ombre par son valeu­reux équi­pier qui là aus­si était le pré­po­sé au ramas­sage des tas créés par son col­lègue. Je leur sou­mis mon nou­veau ques­tion­ne­ment sur la pol­lu­tion que géné­rait le dépla­ce­ment de cette pous­sière, du point A pour aller au point B pour ensuite la ramas­ser. La réponse fut simi­laire à leurs col­lègues, mais avec une légère nuance. Le souf­fleur me dit sans rire : « Nous avons un temps limi­té pour faire ce tra­vail »… Je notais bien cette fois que le maté­riel était élec­trique, un petit bon-point. Mais je leur sou­mis cette réflexion sui­vante : Pourquoi ne sou­met­tez-vous pas à votre hié­rar­chie une pro­po­si­tion simple et cer­tai­ne­ment moins pol­luante :
Remplacement des souf­fleurs par des aspi­ra­teurs, type glou­ton. Le port de Saint-Laurent-du-Var en est équi­pé (un seul), la réponse du souf­fleur fut qu’il n’y en a pas dans cette ville et qu’ils coûtent cher pour la Métropole.

Enfin ma der­nière ren­contre de ce jour, fut avec un sym­pa­thique agent, qui m’a lais­sé prendre son engin en photo :Souffleur électrique

Je lui posai les mêmes ques­tions, mais sa réponse fut rai­son­na­ble­ment posi­tive. Il n’y en a que deux de ces engins dans les envi­rons. Ils sont plus petits que celui qui opère sur le port (le glou­ton du port appar­tient à la Capitainerie). Les attri­bu­tions de sec­teur des deux engins élec­triques et aspi­rant aus­si bien les déchets, les pous­sières, les petites feuilles ain­si que les étrons de nos chers amis à quatre pattes, sont dans le sec­teur de la mai­rie et celui du plus grand com­plexe com­mer­cial d’Europe avoi­si­nant(1). Bref, ces appa­reils high tech rem­placent les balais de nos anciens, sans pour autant nous pol­luer l’air et les oreilles. De sur­croît aux dires de mon der­nier contact, ils sont très maniables.

Alors sans faire de polé­mique, je trouve qu’il serait utile d’é­qui­per tous les quar­tiers de nos villes avec ce genre d’engins. J’ai bien noté que tous les res­pon­sables de ce monde nous res­sassent que les virus — et pas sim­ple­ment celui qui nous cha­grine en ce moment les bronches — sont aériens.

Les pous­sières volantes géné­rées par ces souf­fleurs n’ont pas de fron­tières car elles s’en­volent, mais doivent retom­ber à un moment — selon la loi de Mr Newton — en des lieux mal défi­nis à l’a­vance. Cela peut être aus­si bien une classe d’école ou son préau, une voi­ture ayant les vitres ouvertes, bref par­tout où elles ne devraient jamais être.

Ne soyons pas aveugles ! Nous savons tous que le nuage pol­lueur de Tchernobyl ne s’est pas arrê­té gen­ti­ment à nos fron­tières. Alors ne croyons pas que les pous­sières sou­le­vées par ces engins à moteur retombent exac­te­ment là où elles étaient avant…

Phylippe Marécaux

(1) [NDLR] Comprendre : Cap 3000

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Phylippe Marécaux

2 Commentaires 

  1. Les pires sont, comme à Saintes, ceux qui poussent les feuilles mouillées avec la crasse et la pous­sière sous les voi­tures. Résultat : voi­tures dégueu­lasses, pous­sière et crasse sou­le­vées puis envoyées n’im­porte où car le fort vent de ce jour-là ne faci­li­tait pas la tâche de ces pauvres employés muni­ci­paux. Les fau­tifs : le chef d’é­quipe, le res­pon­sable de la voi­rie, le direc­teur tech­nique et bien sûr le maire.

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  2. Dans ma com­mune de 98 habi­tants le can­ton­nier a ce genre de machin et en automne il guette LA feuille qui tombe pour la souf­fler sur le bas côté ! Dans un vil­lage voi­sin j’ai vu 5 souf­fleurs de front repous­sant les feuilles, contre le vent !
    Et j’a­joute que le même pro­blème de dépla­ce­ment de par­ti­cules existe avec les sèche-mains souf­flants, vers le bas ou le haut que je n’ai vu inter­dits pour COVID que dans un seul endroit à Berck !
    Il y a quelques intel­li­gents qui com­prennent car pour ma part je n’u­ti­lise JAMAIS ces machins !

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