Vous n’avez pas le monopole de la Résistance ☨

par | 12 sep­tembre 2026 | 6 Commentaires 

Notre fidèle et atten­tif lec­teur Fernand Jourdan nous fait par­ve­nir un com­men­taire rela­tif à notre article À ce niveau-là, c’est de la haine ou de la bêtise ? du 6 sep­tembre 2026.
Nous avons déci­dé de mettre en forme et de publier, en tant qu’ar­ticle, ce com­men­taire très riche.

Je sou­haite réagir à votre article récent inti­tu­lé À ce niveau-là, c’est de la haine ou de la bêtise ?

Ce que l’on appelle la Gauche tente de s’ar­ro­ger le mono­pole de la Résistance et d’en exclure ce que l’on appelle la Droite. Rappelons donc quelques faits historiques :

Les com­mu­nistes n’ont pas rejoint immé­dia­te­ment le mou­ve­ment du géné­ral De Gaulle

Jusqu’au 22 juin 1941, le PCF suit le pacte ger­ma­no-sovié­tique. La guerre est alors qua­li­fiée d’« impé­ria­liste » des deux côtés. L’appel du 18 juin 1940 de De Gaulle inter­vient pré­ci­sé­ment pen­dant cette période : le par­ti n’en fait pas une prio­ri­té et ne consi­dère pas encore l’Allemagne comme l’ennemi prin­ci­pal à com­battre aux côtés de la France libre. 

Front National communiste

C’est seule­ment à par­tir de l’attaque alle­mande contre l’URSS, que le PCF bas­cule dans la résis­tance armée. Mais il le fait de façon auto­nome. Il crée ses propres struc­tures : le Front natio­nal (appel de mai 1941), l’Organisation spé­ciale puis les Francs-tireurs et par­ti­sans (FTP) à par­tir de fin 1941–1942.
Le PCF avait pour pro­jet de créer un vaste ras­sem­ble­ment patrio­tique ouvert aux non-com­mu­nistes pour ral­lier les dif­fé­rentes com­po­santes de la socié­té fran­çaise. Et donc concur­rent de la France Libre du géné­ral De Gaulle.

C’est le contraire qui s’est pro­duit ! C’est De Gaulle par le biais du Conseil National de la Résistance qui a réus­si à ras­sem­bler toutes les com­po­santes oppo­sées au régime de Vichy. Composé de repré­sen­tants des mou­ve­ments de résis­tances, des syn­di­cats et de par­tis poli­tiques oppo­sés au gou­ver­ne­ment de Vichy, le Conseil National de la Résistance est mis en place par Jean Moulin à la demande du géné­ral De Gaulle, alors chef du gou­ver­ne­ment de la France libre à Londres.
Les com­mu­nistes ne peuvent igno­rer que la consti­tu­tion du Conseil National de la Résistance doit beau­coup à Daniel Cordier. Celui-ci, para­chu­té en zone occu­pée en juillet 1942 comme opé­ra­teur radio et agent de la France Libre, devient le secré­taire et l’as­sis­tant de Jean Moulin. Il gère le cour­rier clan­des­tin, les codes secrets et les liai­sons finan­cières avec Londres pour struc­tu­rer l’Armée secrète. Or cet authen­tique résis­tant de la pre­mière heure était un fervent catho­lique roya­liste, mili­tant de l’Action Française.

Mon père, qui a fait toute la cam­pagne d’Italie (débar­que­ment à Monte Cassino) et de France (débar­que­ment à Saint-Tropez), plu­sieurs fois bles­sé, offi­cier de la Légion d’Honneur à titre mili­taire, me disait que les résis­tants étaient de plus en plus nom­breux au fur et à mesure que l’ar­mée d’Afrique libé­rait la France.
À ces résis­tants de la der­nière heure, il disait :
« Prenez vos armes, et venez avec nous jus­qu’en Allemagne ». Ceux-ci répli­quaient :
« Nous res­tons en France pour mener à bien la révo­lu­tion ! », et ils gar­daient leurs armes.
En décembre 1944, De Gaulle se rend à Moscou et signe avec Staline un trai­té d’alliance et d’assistance mutuelle.
Maurice Thorez, qui a fait la guerre depuis son exil à Moscou en 1939, rentre en France fin novembre 1944, lorsque la guerre est finie. Il reçoit des consignes de Staline : trans­for­mer les uni­tés armées en orga­ni­sa­tion poli­tique, cacher les armes, et ne pas s’opposer au gou­ver­ne­ment.
Staline sou­tient donc De Gaulle sur le prin­cipe de l’autorité de l’État fran­çais et décou­rage une ten­ta­tive com­mu­niste de conser­ver une milice autonome.

Dans le pro­lon­ge­ment de cette démarche de pré­ser­ver la nation, Éric Ciotti a rai­son de gom­mer cer­tains cli­vages dépas­sés et d’ac­cep­ter la pro­po­si­tion de l’é­lu com­mu­niste Julien Picot d’ériger une sta­tue de Max Barel sur la place qui porte son nom(1).

C’était sans comp­ter sur la mau­vaise foi har­gneuse de mili­tants qui se déclarent « de gauche » et qui ne veulent pas de cette sta­tue au pré­texte qu’elle serait inau­gu­rée par un maire… nazi ! Ce qui serait — selon LFI — « incon­ve­nant, voire insul­tant parce-que cette sta­tue pour­rait être inau­gu­rée sous le man­dat d’un élu allié au RN », qu’elle pré­sente comme « l’héri­tier poli­tique des nazis res­pon­sables de la mort de son oncle. »(2)

Non ! La gauche n’a pas le mono­pole de la Résistance ! Loin s’en faut

Le comble, c’est LFI ! Ce mou­ve­ment ose don­ner des leçons de Résistance à tout le monde, alors qu’il n’a aucune filia­tion avec De Gaulle et la Résistance ! Pire : ses méthodes mili­tantes s’ap­pa­rentent aux méthodes nazies : extrême vio­lence ver­bale et phy­sique allant jus­qu’au lyn­chage, ban­nis­se­ment et éra­di­ca­tion de tout ce qui n’est pas conforme à son idéologie.

Fernand Jourdan

NDLR : Notre titre est un clin d’œil à la célèbre réplique de Valéry Giscard d’Estaing, le 10 mai 1974, lors du débat télé­vi­sé de l’entre-deux-tours de l’élection pré­si­den­tielle fran­çaise, face à François Mitterrand que l’on voit, sur notre illus­tra­tion, reçu en audience par le maré­chal Pétain à l’hôtel du Parc à Vichy, le 15 octobre 1942.
La Francisque (déco­ra­tion n° 2202) lui est attri­buée en février ou mars 1943. Il en a fait la demande (avec le ser­ment de fidé­li­té au Maréchal) et a été par­rai­né notam­ment par Gabriel Jeantet. La remise effec­tive de l’insigne a eu lieu au prin­temps 1943.
Lors de son échange télé­vi­sé du 10 mai 1974, François Mitterrand évo­quait la répar­ti­tion des richesses créées par la crois­sance, en disant que c’était « presque une ques­tion d’intelligence » mais aus­si « une affaire de cœur ».
Giscard d’Estaing lui répli­qua :« Je trouve tou­jours cho­quant et bles­sant de s’arroger le mono­pole du cœur. Vous n’avez pas, Monsieur Mitterrand, le mono­pole du cœur ! Vous ne l’avez pas… J’ai un cœur comme le vôtre qui bat à sa cadence et qui est le mien. »
Cette réplique, deve­nue l’une des plus célèbres de la Ve République, a mar­qué le débat. Giscard d’Estaing l’a ensuite pré­sen­tée comme ayant contri­bué à sa vic­toire ser­rée (50,81 % des voix) le 19 mai 1974.

Nous écri­vions pas plus tard qu’­hier, dans notre article 11 sep­tembre : 25e anni­ver­saire d’un des plus gros bobards de l’Histoire :
« Calomniez har­di­ment, il en res­te­ra tou­jours quelque chose »

6 Commentaires 

  1. Chacun raconte l’histoire de France à sa sauce de Jeanne d’Arc à De Gaulle à Giscard et à Macron. Chacun raconte son côté vision­naire de l’Histoire, son côté par­ti pris, son côté où il accepte les choses et refuse le reste. (Ça s’appelle l’ouverture d’esprit). La seule chose que l’on peut dire, c’est que les résis­tants de toute fra­trie, de toute race, de toute cou­leur, de tout pays, sont venus aider la France à repous­ser le fas­ciste, nazi d’Allemagne et de France.
    Il faut bien com­prendre autre chose : pen­dant la guerre, il y en a qui se sont gavés aus­si, ils ont gagné à tra­vailler avec l’ennemi, l’Allemagne !
    Et oui capi­tu­ler et en tirer pro­fit avec l’envahisseur est plus facile que de résis­ter. Beaucoup de Français étaient aux ser­vices des Allemands !!
    Heureusement les États-Unis sont là pour nous don­ner le der­nier coup de main à repous­ser l’envahisseur. La résis­tance a fait son tra­vail au mieux pour aider cela. De Gaulle a fait son bou­lot aus­si avec cer­tains Gaullistes et De Gaulle a eu besoin d’un gou­ver­ne­ment pour redres­ser la France 🇫🇷 Il a vali­dé ce choix ! Lui avait une vision d’ouverture et de com­pro­mis pour gérer la France 🇫🇷 ! Certains devraient s’en ins­pi­rer !
    Personne n’a le mono­pole de la vérité !

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    • Informez-vous des véri­tables inten­tions amé­ri­caines en 1944, notam­ment l’AMGOT. Les Américains débar­quaient non pour « libé­rer » la France, mais pour occu­per un pays col­la­bo­ra­teur des nazis. C’est De Gaulle qui a déjoué le com­plot. Ce sont les Alliés qui ont débar­qué (Français de la France Libre, Américains, Canadiens, Britanniques ..) et pas seule­ment « heu­reu­se­ment que les États-Unis sont là pour nous don­ner le der­nier coup de main… » . Le der­nier coup de main contre les nazis a été celui des Soviétiques, ne vous en déplaise.

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      • Réponse à Gaston :
        Il faut aller plus loin dans votre ana­lyse. Vous écri­vez : « Les Américains débar­quaient non pour “libé­rer” la France, mais pour occu­per un pays col­la­bo­ra­teur des nazis. »
        Ils ne venaient pas du tout pour libé­rer la France des nazis ! La preuve : ils sont allés les sau­ver en Allemagne (opé­ra­tion Paperclip).
        Ensuite les Américains ont pla­cé tous leurs amis nazis à de nom­breux postes-clés : Communauté euro­péenne, OTAN, NASA, etc.
        Les Américains venaient OCCUPER la France et la cou­per. C’est ça la Vérité !
        Du reste ils y sont à pré­sent par­ve­nus grâce à… la Gauche !

    • « Chacun raconte l’histoire de France à sa sauce » écri­­vez-vous et vous l’illus­trez par­fai­te­ment en décri­vant « le der­nier coup de main » don­né selon vous par les Américains.

      D’autres vous ont répon­du ce qu’il fal­lait pen­ser du « coup de main de l’Ami Américain »… leurs réponses sont issues direc­te­ment du tra­vail des historiens.

      Les his­to­riens sont un peu les net­toyeurs psy­chiques des Peuples : ils révèlent la pro­pa­gande et les men­songes et tentent peu à peu de cer­ner la véri­té. C’est excellent pour le moral de cha­cun d’entre nous.

      J’en pro­fite donc pour remer­cier deux his­to­riens fran­çais, par­mi d’autres, dont la lec­ture devrait être prise en charge inté­gra­le­ment par la sécu­ri­té sociale :
      • Yohann Chapoutot, Professeur à la Sorbonne, grand spé­cia­liste de l’his­toire nazie… et de ce qu’elle peut éclai­rer de notre his­toire pré­sente, du macro­nisme en par­ti­cu­lier ;
      • Emmanuel Todd qu’on ne pré­sente plus, his­to­rien, démo­graphe, anthro­po­logue… très connu et recon­nu au Japon, ce qui lui fit dire un jour « Je suis un peu la Mireille Mathieu des sciences sociales au Japon ». Il est vrai qu’en France, on pré­fère un peu l’é­vi­ter dans les médias mains­tream, il flirte trop avec la véri­té, c’est un com­pa­gnon­nage qui rebute les jour­na­leux cor­rom­pus et pro­pa­gan­distes zélés.

      La lec­ture des his­to­riens est un trai­te­ment qu’il fau­drait s’ap­pli­quer tous les jours, à petites doses, mais tous les jours… et notam­ment en période électorale !

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  2. Bravo pour cet excellent article qui montre bien que ce que l’on désigne par « la Gauche », qui est aux manettes depuis Mitterrand, ne fonc­tionne que grâce aux men­songes, à l’embrouille, à l’inversion accu­sa­toire, à la dia­bo­li­sa­tion de tout ce qui ne lui convient pas, à la per­ver­si­té sous toutes ses formes (y inclus sexuelle), à l’hédonisme.
    Il fau­dra bien un jour que cela s’arrête, mais qui y parviendra ?

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    • Vous avez 3.000 fois raison.

      On a vu en 1942 puis en 1944 com­ment les Cocos (comme on les appelle chez moi) ont su et pu retour­ner leurs vestes.

      Le meilleur est CDG qui a su se ser­vir d’eux pour accé­der au pou­voir en 1958.

      Pauvre Maréchal qui a fait ce qu’il a pu alors que le tri­bun d’ul­tra gauche, JLM, (un volon­tai­re­ment inculte notoire) joue à mer­veille les révi­sion­nistes pour satis­faire at atti­ser ses nervis.

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