Le préfet des Alpes-Maritimes ne s’est pas baigné souvent dans la mer

par | 26 juillet 2026 | Aucun com­men­taire

Le pré­fet a déci­dé de fer­mer les douches de plage.

Douches de plage

Ce qui est complètement idiot

Les mêmes bêtises se repro­duisent d’an­née en année car déjà les douches de plage avaient été fer­mées en 2023. Voici ce que nous écri­vions alors dans notre article du 16 août 2023, inti­tu­lé : On manque d’eau… Pas tout le monde !

Douche de plage :
Là, il vaut mieux en rigo­ler, tel­le­ment c’est gro­tesque. Quelle est la quan­ti­té d’eau consom­mée par les douches de plage ? Quelques litres par per­sonne. Il en faut des douches pour arri­ver à 1 m³ (rap­pel : 1 m³ = 1 000 l, donc un seul m³ peut four­nir plu­sieurs cen­taines de douches). Le pré­fet sait-il comp­ter ? Et se baigne t‑il en mer ? Sûrement pas, car il sau­rait quel bon­heur cela repré­sente de se dou­cher à l’eau douce après une bai­gnade en mer. C’est mon cas et je ne vois per­sonne abu­ser de ces douches de plage.
Laissons les habi­tants des villes se bai­gner en mer car ils n’ont pas de pis­cine, et lais­sons les se rin­cer à l’eau douce.
Cette fer­me­ture des douches de plage est typi­que­ment anti-sociale !

La consom­ma­tion en eau d’une douche est infi­ni­té­si­male par rap­port aux fuites d’eau des cana­li­sa­tions, ou encore par rap­port à l’é­va­po­ra­tion. Penchons nous sur l’é­va­po­ra­tion de l’eau des piscines :

Exemple pra­tique
Supposons une pis­cine de taille moyenne de 8 m × 4 m (32 m²), avec :
Tw = 27 °C (eau).
Ta = 20 °C (air).
HR = 60 % (humi­di­té).
Vitesse du vent modé­rée (C = 0,05).
Calcul de Pw : Pw = 0,6108 × exp(17,27 × 25 /​(25 + 237,3)) ≈ 3,17 kPa.
Calcul de Pa : Pw(air) = 0,6108 × exp(17,27 × 20 /​(20 + 237,3)) ≈ 2,34 kPa, donc Pa = 2,34 × 60100 ≈ 1,40 kPa.
Évaporation : E = 0,05 × 32 × (3,17 – 1,40) ≈ 2,83 mm/​jour, soit en volume : 2,83 mm × 32 m² = 90,56 litres/​jour.

Or une douche de plage, des­ti­née à rin­cer seule­ment, ne consomme que quelques litres d’eau, froide. Disons 10 à 20 litres. Donc l’é­va­po­ra­tion d’une seule pis­cine de taille moyenne équi­vaut à la consom­ma­tion de 4 à 5 douches. Et ce n’est pas les pis­cines qui manquent sur la Côte d’Azur !

Piscines Côte Azur

Un aper­çu Google Map d’un vil­lage du Moyen Pays

Chaque villa dispose d’une piscine !

Et c’est une bonne chose car un bain dans une pis­cine dis­pense de la cli­ma­ti­sa­tion. Nous l’af­fir­mons : une pis­cine, c’est éco­lo car elle rem­place bien sou­vent les cli­ma­ti­seurs qui sont un véri­table désastre éco­lo­gique(1) ! Il existe des pis­cines pour tous les budgets.

Piscines hors sol

Nous com­pre­nons aus­si que tout le monde ne peut pas dis­po­ser d’une pis­cine pri­vée ou col­lec­tive. Heureusement nous avons le bon­heur de pou­voir nous bai­gner dans la mer, moment de détente agré­men­té d’un petit rin­çage avant de reprendre le bou­lot. Le pré­fet des Alpes Maritimes ne doit pas le savoir, sinon pour­quoi inter­di­rait-il l’u­sage de ces douches ?

Pourquoi le préfet ne s’en prend-il pas aux climatiseurs ?

Cette déci­sion est prise pour nuire aux citoyens les plus modestes, à l’ins­tar des deux jours fériés que le gou­ver­ne­ment vient de sup­pri­mer. C’est la même logique.

Tout est fait contre les braves gens, les plus modestes, ceux qui tra­vaillent vrai­ment. Il est temps qu’ils se réveillent.

Cette année — comme l’année dernière — le maire d’Antibes, Jean Léonetti, refuse d’obtempérer

Et il a rai­son ! Ses argu­ments sont empreints de bon sens :

« Comme l’an der­nier, nous avons déci­dé de main­te­nir les douches sur les plages ouvertes pour des rai­sons sani­taires. C’est un pro­blème d’hygiène basique. »
La mai­rie d’Antibes pré­cise :
Les douches repré­sentent une consom­ma­tion très faible (moins de 1 % de l’eau de la ville, selon des décla­ra­tions anté­rieures).
Le débit a été limi­té au strict mini­mum (maté­riaux modi­fiés et bou­tons pous­soirs limi­tant le temps d’utilisation).
La mai­rie pré­fère s’attaquer aux gros consom­ma­teurs (qui repré­sen­te­raient envi­ron 70 % de la consom­ma­tion) et recy­cler les eaux usées des sta­tions d’épuration pour laver les rues, ce qui per­met­trait d’économiser beau­coup plus d’eau.

Le préfet, à l’image de nos dirigeants, prend des décisions dont il s’émancipe

C’est le cœur du pro­blème : Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ! C’est bien ce que nous dénon­çons régu­liè­re­ment, notam­ment dans notre article du 3 mai 2025 : La loi ? Pas pour moi ! (2). On se demande, à juste titre, si les per­sonnes qui visent un poste d’é­lu ou de haut fonc­tion­naire, ne le font pas pré­ci­sé­ment pour se sous­traire aux lois qu’elles pro­mulguent avec déter­mi­na­tion, et tou­jours avec de bonnes rai­sons… pour les autres !

Lire dans nos colonnes : La « clim » : emblème de l’impasse de notre socié­té du 23 juillet 2023

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Lire dans nos colonnes : La loi ? Pas pour moi ! du 3 mai 2025

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