Lettre ouverte à un président

par | 11 mars 2022 | 3 Commentaires 

Monsieur le Président,

puisque vous nous faites l’hon­neur de nous adres­ser une lettre annon­çant votre can­di­da­ture, per­met­tez-moi de vous répondre par le même biais épis­to­laire. Au pas­sage, je suis sur­pris que cette décla­ra­tion soit une décla­ra­tion écrite, puis­qu’elle exclut logi­que­ment les « femmes sala­riées de Gad, pour beau­coup illet­trées » que vous fus­ti­giez il n’y a pas si longtemps.

Dans notre famille poli­tique au sens large, il existe une ligne de conduite, c’est la tra­di­tion. Que ce soit celle, pri­mor­diale, de René Guénon, ou plus sim­ple­ment celles de mul­tiples écri­vains, pen­seurs ou phi­lo­sophes, c’est elle qui guide nos réflexions. Le poète pro­ven­çal Frédéric Mistral disait que « les arbres qui montent le plus haut sont ceux qui ont les plus pro­fondes racines », rejoi­gnant ain­si Nietzsche et sa cri­tique des peuples sans mémoire. Aussi, la phrase cen­trale de votre mis­sive m’in­ter­pelle t‑elle gra­ve­ment. Vous vous tar­guez de vou­loir « bâtir la France de nos enfants, pas de res­sas­ser la France de notre enfance ». Formidable for­mule, for­mi­dable aveu. Puisque dit d’une autre manière, vous recon­nais­sez vou­loir la rup­ture entre ce qui a fait notre pays jus­qu’à aujourd’­hui, et l’a­ve­nir que vous nous pro­met­tez, confor­mé­ment aux dési­rs d’un de vos com­man­di­taires, Klaus Schwab, patron du Forum Économique de Davos et son « Great Reset ».

Monsieur le Président, nous qui sommes des « Gaulois réfrac­taires au chan­ge­ment » refu­sons cette volon­té de « décons­truire notre Histoire » mais au contraire dési­rons nous appuyer sur les mul­tiples exemples qu’elle nous a don­nés pour aller de l’avant.

Dans le bilan que vous décri­vez, tout semble rose, magni­fique, mer­veilleux. Oui, mais…

S’il est vrai que le chô­mage a bais­sé depuis le record du deuxième tri­mestre 2020, il faut avouer que les emplois créés sont loin d’être tous pérennes… et que ceux qui ont sui­vi votre conseil « Je tra­verse la rue, je vous trouve du tra­vail » n’ont pas été tous exau­cés.
Ne faites pas rire les gens en van­tant l’in­ves­tis­se­ment dans les hôpi­taux. Les nom­breuses places qui ont été sup­pri­mées par Xavier Bertrand et François Hollande à sa suite, ont pesé très lourd dans votre ges­tion de la crise COVID. On n’a­vait jamais vu aupa­ra­vant des soi­gnants récla­mer des sacs pou­belles pour confec­tion­ner des blouses que de toute évi­dence ils n’ob­tien­draient pas.
Magistrats et ensei­gnants, dont le nombre selon vous a été bien accru, se plaignent tou­jours. Il est vrai que vous ne céde­rez rien « ni aux fai­néants, ni aux cyniques ».

Vous recon­nais­sez n’a­voir pas tout réus­si ! Quelle magni­fique litote !

Voici, som­mai­re­ment, ce qui n’a pas été « très réus­si » :
Tout d’a­bord, la dette : Vous avez agran­di le trou fait par votre pré­dé­ces­seur. Avec vous, la dette est deve­nue un abîme : 875 mil­liards ! Vous qui vou­lez bâtir la France de nos enfants, c’est mal par­ti. Vous ren­dez-vous compte de l’hé­ri­tage que vous leur lais­sez ? Ils ne sont pas près de pou­voir goû­ter à une retraite méri­tée, mais feraient bien de se pré­pa­rer à tra­vailler toute leur vie pour épon­ger votre bilan. En ces temps de guerre qui plane au-des­sus de nos têtes, je sou­haite que le conflit ne s’é­ter­nise pas trop, non seule­ment sur le plan humain, mais je crains que si l’on doit vous sup­por­ter encore cinq ans, avec vos méthodes, la dette ne courre pour plu­sieurs géné­ra­tions…
De toutes façons, avec l’é­tat dans lequel vous lais­sez l’ar­mée fran­çaise, cette guerre hypo­thé­tique ne dure­ra pas long­temps puisque les experts estiment nos réserves, à envi­ron trois jours de muni­tions pour com­battre… Ce qui fut votre pre­mier clash avec le Général de Villiers lors de votre pre­mier 14 juillet, faut-il le rap­pe­ler ?
Je par­lais des géné­ra­tions futures, à ce sujet, la réforme des retraites que vous vous étiez enga­gé à faire… Où est-elle ? Vous allez la pro­mettre pour le pro­chain quin­quen­nat ? Et les Français vont encore vous croire ? Ou bien pariez-vous sur un autre gou­ver­ne­ment qui vous suc­cè­de­ra au plus tard en 2027 pour s’y atta­cher, si lui a un peu de cou­rage ?
Les son­dages nous disent que le pou­voir d’achat des Français fait par­tie de leurs prin­ci­pales pré­oc­cu­pa­tions. Quelle action jus­qu’à pré­sent ? Quelques sau­pou­drages par-ci par-là, sur quelques familles « défa­vo­ri­sées » (qui, depuis votre arri­vée, sont de plus en plus nom­breuses). L’essence qui bat des records alors qu’en Espagne, elle coûte presque deux fois moins cher à la pompe, c’est la faute aux Russes ? Quelles actions pour les agri­cul­teurs qui vont encore pâtir des sanc­tions envers la Russie, eux qui sont déjà asphyxiés ? Quel geste pour les retrai­tés qui n’ont pas vu aug­men­ter leurs maigres reve­nus depuis que vous squat­tez l’Élysée ? Oui je sais, vous avez mis « un pognon de dingue dans les mini­mas sociaux ». Et ? Ça a ser­vi à quoi ?
La France vit de plus en plus dans l’in­sé­cu­ri­té, tous les chiffres sont au rouge, et mal­gré ce que dit votre mis en exa­men de ministre de la Justice Dupont-Moretti, notre pays est bel et bien deve­nu un coupe-gorge. Les cam­brio­lages ne se décomptent même plus, plus de 120 attaques au cou­teau chaque jour. Qu’avez-vous fait ? La jus­tice est de plus en plus ron­gée par une idéo­lo­gie nau­séa­bonde qui fait pas­ser les cri­mi­nels avant leurs vic­times. Les pre­miers à s’en plaindre sont les poli­ciers. On n’a jamais vu autant de mani­fes­ta­tions dans leurs rangs que sous votre règne. Cette police qui n’ose plus péné­trer dans cer­tains quar­tiers, cer­taines zones, qui lui sont tota­le­ment inter­dits. La cause, une immi­gra­tion galo­pante que vous lais­sez entrer sur notre sol sans contre­par­tie, qu’elle soit légale ou illé­gale. Qu’avez-vous fait ? Vous êtes vous posé les bonnes ques­tions : com­bien en prend-on ? Quel tra­vail leur don­nons-nous ? Où les loge t‑on ? Que fait-on de ceux qui encombrent nos pri­sons ? De ceux qui ne tra­vaillent pas ? Doit-on don­ner le droit d’a­sile à tous ceux dont le pays n’est pas en guerre, ou bien à ceux qui ont lais­sé sur le champ des com­bats leurs femmes et enfants pour venir entre hommes pro­fi­ter de nos aides sociales que nous dis­tri­buons sans contrôle ? Combien nous coûtent-ils sur­tout que vous affir­mez qu’il « n’y a pas d’argent magique » ?
Pour ceux qui res­tent en France, les plus nom­breux, com­ment comp­tez-vous pro­té­ger vos com­pa­triotes des com­mu­nau­ta­rismes qu’ils mettent en place ? Tous les chiffres montrent la cor­ré­la­tion entre immi­gra­tion et insé­cu­ri­té. Qu’avez-vous fait ? Le nombre de « fémi­ni­cides » (mot qu’il a fal­lu inven­ter sous votre quin­quen­nat) ne fait qu’aug­men­ter, mais on oublie trop sou­vent que plus de la moi­tié d’entre eux sont dus à ces civi­li­sa­tions extra-euro­péennes pour qui la femme vaut moins que rien. Votre ministre de l’Intérieur rétor­que­rait qu’ils sont « fran­çais »… Mais comme vous l’a­vez dit pour un autre pro­pos « Il y a des Français qui ne méritent pas leur citoyen­ne­té ». Au lieu de lut­ter contre ce fléau, vous avez pré­fé­ré comme disait Chamfort : « per­sé­cu­ter ceux qui sonnent le toc­sin », et dis­soudre la jeu­nesse de Génération Identitaire.

Vous avez rabais­sé au rang du cani­veau la France et la fonc­tion pré­si­den­tielle. Vos remarques telles que « Il n’y a pas de culture fran­çaise », ou bien vos accu­sa­tions contre votre pays de « crimes contre l’hu­ma­ni­té » ne vous gran­dissent pas. Vos pres­ta­tions et contor­sions avec des jeunes éphèbes basa­nés mais peu virils, vous ont fait som­brer dans le ridi­cule. Je n’ou­blie pas l’affaire Benalla qui res­te­ra éga­le­ment une grosse tache sur votre cos­tume de pré­sident. Je ne par­le­rai pas non plus du nombre de vos ministres rat­tra­pés par des affaires judi­ciaires, de Ferrand à Darmanin, en pas­sant par les homards de de Rugy, sans oublier, cerise sur le gâteau, Dupont-Moretti, que vous avez pla­cé… à la justice !

Vous pre­nez aujourd’­hui une pos­ture de sau­veur de la France face aux évé­ne­ments d’Ukraine. Vous avez ren­con­tré ou télé­pho­né plu­sieurs fois au pré­sident Poutine, ceci pour faire croire que vous aviez une sta­ture de grand chef d’État. Qu’avez-vous obte­nu ? Strictement rien. Le pré­sident russe vous a poli­ment écou­té puis est retour­né à ses occu­pa­tions. Vous ne mai­tri­sez stric­te­ment rien, mais vous vou­lez faire croire le contraire. La France autre­fois grande puis­sance, est deve­nue toute petite, c’est cela aus­si je pense votre rup­ture vou­lue avec le pays de notre enfance.

Il y aurait encore beau­coup à dire, sur l’en­sei­gne­ment, l’é­co­lo­gie, la vision de l’Europe que vous ne diri­gez pas mais qui vous dirige, votre mépris pour votre Peuple quand il mani­feste sur lequel vous n’hé­si­tez pas à faire tirer. Je ter­mi­ne­rai sim­ple­ment avec le rap­pel de votre ges­tion cala­mi­teuse de la crise sani­taire qui nous a été infli­gée. Vous avez plon­gé les Français dans une dic­ta­ture que vous n’a­vez jamais appe­lée par son nom, les obli­geant à signer une auto­ri­sa­tion pour sor­tir à plus d’un kilo­mètre de chez eux, leur inter­di­sant l’ac­cès à cer­tains rayons dans les maga­sins, en les par­quant mas­qués entre des cordes sur les plages. Vous leur avez inter­dit la culture, les res­tau­rants, les cafés. Vous leur avez inter­dit de man­ger debout ! Vous avez res­treint nos liber­tés comme jamais un gou­ver­ne­ment avant le vôtre n’a­vait osé le faire. Et le pire, c’est que ces res­tric­tions ont été faites avec notre argent au nom du « quoi qu’il en coûte ». Le seul point posi­tif : vous avez fait connaître à la France entière une porte-parole aux tenues de clown qui res­te­ra, je pense, dans les mémoires, les cita­tions la concer­nant fai­sant office de classiques !

Toutes ces mesures d’in­ter­dic­tion, de sup­pres­sion de liber­tés, ont été accom­pa­gnées par une cen­sure que l’on croyait réser­vée autre­fois aux pays de l’est… Vous n’a­vez plus rien à leur envier. Impossible donc de pou­voir dénon­cer les nom­breux men­songes pro­non­cés par vous ou vos repré­sen­tants durant cette crise. Je n’en rap­pel­le­rai qu’un, mais il est très démons­tra­tif : « Le passe sani­taire ne sera jamais un droit d’ac­cès qui dif­fé­ren­cie les Français. Il ne sau­rait être obli­ga­toire pour accé­der aux lieux de la vie de tous les jours comme les res­tau­rants, théâtres et ciné­mas, ou pour aller chez des amis. » Cette his­toire de vac­ci­na­tion res­te­ra un de vos actes les plus odieux. Pour satis­faire les grands labo­ra­toires de mèche avec l’UE (et sa pré­si­dente), qui se sont en deux ans, engrais­sés d’une manière dont ils n’au­raient même pas rêvé, vous avez frac­tu­ré la socié­té fran­çaise, d’un côté les vac­ci­nés, de l’autre les non-vac­ci­nés. On était reve­nu au temps de l’Occupation, aux heures les plus sombres… selon l’ex­pres­sion bien connue. « J’ai envie d’emmerder les Français qui ne sont pas vac­ci­nés et je vais les emmer­der. » C’est peut être cela que vous avez bien réus­si, c’est une des choses qu’il fau­dra gar­der de votre bilan. Des amis qui ne se parlent plus, des familles qui se sont sépa­rées, des malades qu’on n’a pas pu visi­ter et qui sont par­tis dans la soli­tude… Des soi­gnants que vous avez fait applau­dir puis que vous avez jetés à la rue. Vous qui êtes garant de ce ciment socié­tal, vous aurez un jour j’es­père à en répondre.

Quoi que cela vous coûte, la France est un vieux pays Monsieur le Président. Elle ne vous a pas atten­du. Vous et ceux qui vous donnent les ordres depuis les banques des quatre coins du monde oublient une chose : les Français sont un peuple solide, ils l’ont mon­tré plu­sieurs fois. Vous avez réus­si, les son­dages le montrent, à leur don­ner le change et à leur faire croire que vous avez œuvré pour leur Bien… Vous serez pro­ba­ble­ment réélu, grâce à M. Poutine et son inter­ven­tion en Ukraine qui vous per­met de fuir le débat sur votre bilan. Mais le peuple vous attend au tour­nant, et votre second quin­quen­nat ne sera pro­ba­ble­ment pas aus­si tran­quille. Je le souhaite.

Patrice LEMAÎTRE

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Patrice Lemaître

3 Commentaires 

  1. Bravo !

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  2. On ne peut mieux décrire le quin­quen­nat du Grand Marcheur. Vraiment bra­vo… (mis à part 2 ou 3 fautes d’orthographe).

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  3. Je trouve votre lettre for­mi­dable mais je vais ajou­ter qu’en tant qu’emmerdé, aux élec­tions qui ne sont plus très loin, je vais jouer le rôle d’emmerdeur et il fau­drait que tous les emmer­dés fassent de même.
    Merci

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