Macron II : une ambition personnelle à l’échelle internationale

par | 1 décembre 2022 | 6 Commentaires 

Jean-Michel Lavoizard est bien pla­cé pour appré­cier la place de la France dans le monde. Il ne peut — hélas — que déplo­rer son déclin qui se pré­ci­pite avec Emmanuel Macron.

L’avenir du rayonnement de la France sous le régime « Macron II » ressemble à un crépuscule déclinant

Depuis sa réélec­tion en avril der­nier, le pré­sident Macron porte une atten­tion pri­vi­lé­giée qua­si exclu­sive à la poli­tique inter­na­tio­nale au détri­ment des affaires nationales.

Un constat alarmant d’effacement volontaire de la France et de soumission à de nouveaux maitres

Des for­mi­dables atouts et acquis de la France, qu’il dénigre volon­tiers comme étant « des ori­peaux du pas­sé », Emmanuel Macron n’a de cesse d’en accé­lé­rer l’abandon par renie­ment et le trans­fert de sou­ve­rai­ne­té, de rayon­ne­ment et d’autorité, vers d’autres ins­ti­tu­tions et inté­rêts :
• Union euro­péenne (appro­ba­tion des déci­sions auto­ri­taires, outran­cières et anti­na­tio­nales de la Commission empê­trée dans des scan­dales d’incompétence et de cor­rup­tion liés à la crise sani­taire du Covid, déci­sions inva­sives de la Cour euro­péenne des droits de l’Homme) ;
ONU (enga­ge­ments illé­gi­times, dont le Pacte félon de Marrakech sur les migra­tions, 2018) ; OTAN (ali­gne­ment incon­di­tion­nel sur la poli­tique étatsunienne) ;

Gilets-Jaunes-Lyon-Non-Marrakech

Manifestation des Gilets Jaunes à Lyon – Décembre 2018

Francophonie (dilu­tion de la France, nomi­na­tion incon­grue comme mar­raine d’une acti­viste issue de l’immigration hos­tile à notre pays) ;
• Forum de Davos (sous influence ahu­ris­sante du gou­rou mon­dia­lo-pro­gres­siste Klaus Schwab) ;
• Instances non élues de gou­ver­nance mon­diale dont le G7 des pays les plus indus­tria­li­sés, le G20 des plus déve­lop­pés, où la France ne sert plus que d’estafette entre les puis­sances qui comptent vrai­ment ;
• Discours incan­ta­toires et méta­pho­riques creux en guise d’aveux d’impuissance lors du Sommet annuel de la Coopération éco­no­mique pour l’Asie-Pacifique (Apec) où la France, qui y détient la majeure par­tie de sa zone éco­no­mique exclu­sive (ZEE), deuxième du monde, perd conti­nu­ment des contrats stra­té­giques, du poids et de la cré­di­bi­li­té ;
DOM-TOM aban­don­nés à l’insécurité et à la sub­mer­sion migra­toire, en état de qua­si guerre civile ;
• Politique volon­ta­riste d’effacement cultu­rel, de retrait mili­taire et de recul éco­no­mique en Afrique par une poli­tique maso­chiste per­ma­nente de repen­tance injuste et contre­pro­duc­tive, etc.

Ainsi, la liste est sans fin et dou­lou­reuse de tra­hi­sons par renie­ments et de pro­vo­ca­tions internes envers tous les acquis et les sym­boles de la France, de sou­mis­sion volon­taire à des influences étran­gères, à des inté­rêts et à des lob­bies idéo­lo­giques et éco­no­miques concur­rents et pré­da­teurs. Dans tous les domaines, le pré­sident actuel de la France, incon­trô­lable car intou­chable et non rééli­gible, joue « contre son camp », contre les inté­rêts de la nation et du peuple qu’il représente.

Pour deux rai­sons principales.

L’usure accélérée du pouvoir faute de projet et de cohérence

Rappelons que le can­di­dat Macron est par­ve­nu au pou­voir pré­si­den­tiel en 2017 à la faveur de la désta­bi­li­sa­tion orches­trée de François Fillon, son prin­ci­pal concur­rent repré­sen­tant la majo­ri­té natio­nale. Macron a été élu par sur­prise, par rejet et par défaut. Par une addi­tion de mino­ri­tés qui ne consti­tuent une majo­ri­té que dans le dépouille­ment indis­tinct des urnes. Dans un flou magis­tral quant à un pro­jet indé­fi­ni de socié­té (« En marche » vers quoi ?). Sur la base d’un mal­en­ten­du inté­gral quant à un pro­gramme inexis­tant faute de réflexion, d’épaisseur et de com­pé­tence (une fuite en avant du chan­ge­ment pour lui-même, dégui­sé en progrès).

Dans ces condi­tions, la seule feuille de route pré­si­den­tielle et gou­ver­ne­men­tale a consis­té, depuis plus de cinq ans, à sys­té­ma­ti­que­ment « cas­ser tous les codes » dans tous les domaines. Elle n’a fait que divi­ser, décons­truire et détruire, sans rien construire. L’accumulation des frus­tra­tions de toutes les caté­go­ries élec­to­rales, trom­pées par des dis­cours et des pro­messes déma­go­giques repo­sant sur un prin­cipe men­son­ger, cynique et inte­nable du « en même temps », ont pri­vé l’illusionniste Macron de toute cré­di­bi­li­té et de marge de manœuvre poli­tique intérieure.

La vacui­té poli­tique et morale d’Emmanuel Macron a livré la France en pâture à la triple alliance la plus nui­sible qu’on puisse ima­gi­ner, entre des cou­rants jusque-là can­ton­nés sépa­ré­ment dans des élu­cu­bra­tions mar­gi­nales mais par­ve­nue, grou­pée quoique dis­jointe, au pou­voir exé­cu­tif et légis­la­tif :
• le mon­dia­lo-pro­gres­sisme mul­ti­cul­tu­ra­liste et scien­tiste macro­nien,
• l’extrémisme isla­mo­gau­chiste mélen­cho­nien,
• l’écologisme aber­rant et incom­pé­tent rous­seau-jado­tien.
Le cadre étri­qué d’une France déchi­rée n’apportant désor­mais à Macron que des coups à prendre et des comptes à rendre, ce qu’il a le don malin d’éviter avec l’agilité d’une anguille, il ne lui reste qu’à se concen­trer sur son ave­nir per­son­nel sur la scène internationale.

L’ambition personnelle à l’échelle internationale

La double pré­si­dence d’Emmanuel Macron dont l’ascension natio­nale était au départ aus­si incer­taine que sou­daine (suc­cès par culot d’un joueur plu­tôt qu’audace d’un lea­der) a été une oppor­tu­ni­té ines­pé­rée dont il a su tirer un pro­fit per­son­nel comme d’un trem­plin pour une nou­velle car­rière inter­na­tio­nale qui convient mieux à son ambi­tion abyssale.

Champion d’art ora­toire mani­pu­la­toire, vain­queur par confu­sion rhé­to­rique et par chaos idéo­lo­gique davan­tage que par KO ration­nel face à de faux contra­dic­teurs sélec­tion­nés et incon­sis­tants (le Grand Débat-lage natio­nal et autres mono­logues à des tri­bunes inter­na­tio­nales), son vibrio­nisme poli­tique de pré­sident hyper­ac­tif a aga­cé, las­sé puis exas­pé­ré autant, sinon plus, de ses homo­logues et inter­lo­cu­teurs inter­na­tio­naux, qu’il n’en a séduit.

Dans ces condi­tions, Emmanuel Macron, ayant réus­si sans aucune convic­tion per­son­nelle à ouvrir les champs du pos­sible dans tous les domaines, sur­tout du pire, n’a pas d’autre choix pour assou­vir sa soif méga­lo­ma­niaque de puis­sance et pour­suivre sa quête patho­lo­gique de recon­nais­sance que de se créer tous les choix pos­sibles de recon­ver­sion dans le pro­jet mon­dia­liste qu’il a choi­si de ser­vir. Cela pour­rait pas­ser, consé­cra­tion offi­cielle, par le très poli­ti­sé prix Nobel de la paix tant convoi­té, pour récom­pen­ser ses efforts per­ma­nents de conci­lia­tion et d’apaisement. Par des dis­cours tou­jours lisses et des ini­tia­tives déca­lées, pour se dis­tin­guer et affir­mer une per­son­na­li­té indé­pen­dante. Par exemple, en main­te­nant (à juste titre) un canal de com­mu­ni­ca­tion avec la Russie, condam­née sans nuances par l’Union euro­péenne. Pour se don­ner une sta­ture inter­na­tio­nale et se mesu­rer aux diri­geants des grandes puis­sances, dont ne fait plus par­tie la France. Le lien entre Alfred Nobel et la car­rière d’Emmanuel Macron, par laquelle il cherche à se tailler une sta­tue de gra­nit, est la dyna­mite. Ou, la théo­rie poli­tique du « chaos créa­teur » (cf. George Friedman, fon­da­teur de Stratfor, avant de le quit­ter en 2015) pour impo­ser dans une totale opa­ci­té un mode de gou­ver­nance d’une « mon­dia­li­sa­tion tech­no­fi­nan­cière » dont il tire profit.George Friedman - Ameriacs secret war

Ainsi, l’avenir du rayon­ne­ment de la France sous le régime « Macron II » res­semble à un cré­pus­cule décli­nant. C’est l’aboutissement de l’accélération En Marche for­cée d’un pro­gramme impla­cable de décons­truc­tion socié­tale conti­nu depuis quatre décen­nies. En cas­sant sys­té­ma­ti­que­ment et irré­mé­dia­ble­ment tous les codes, par rem­pla­ce­ment. En effa­çant tous les acquis, par renie­ment et déni­gre­ment. L’avenir per­son­nel d’Emmanuel Macron est assu­ré, il se pré­pare acti­ve­ment à une nou­velle aube encore dif­fuse mais pleine de pro­messes, pré­lude à une aurore écla­tante vers des fonc­tions et des prix les plus brillants. Avec la même assu­rance et la même ambi­tion, sans limites, et une même déter­mi­na­tion, sans failles. Au détri­ment de la France.Mamy Poubelle Pauvreté

Jean-Michel Lavoizard

NDLR : Article publié éga­le­ment sur le site Contrepoints.


Aris - Jean-Michel LavoizardJean-Michel Lavoizard est le diri­geant-fon­da­teur de la socié­té ARIS – Advanced Research & Intelligence Services.

Les articles du même auteur

Jean-Michel Lavoizard

6 Commentaires 

  1. J’apprécie gran­de­ment le cou­rage de JM Lavoizard de rédi­ger cet article.
    Que pensent nos géné­raux de l’ar­mée fran­çaise, du moins ceux qui ont déjà cri­ti­qué le Pouvoir Macron dans une lettre ?
    Ne pour­­rait-on pas orga­ni­ser une grande péti­tion natio­nale ? à défaut d’un refe­ren­dum à la « de Gaulle »

    Répondre
  2. Je suis très loin d’être un par­ti­san de la macro­nie ! …Mais le déni­gre­ment est ici trop facile .….Aucune pers­pec­tive d’a­ve­nir ! .……= 0
    On ne vaut que par ce que l’on repré­sente !!!
    Il existe des citoyennes et des citoyens qui PROPOSENT des idées pour la prise en charge de la socié­té !!!
    Ausseur Robert 

    Répondre
  3. Ils se croient intou­chables. Seul DE GAULLE l’a été
    ILS L ABANDONNERONT D ICI PEU

    Répondre
  4. En réa­li­té, Macron sent le sol se déro­ber sous ses pieds. Il n’a jamais été élu. Les ser­veurs tru­qués : SCYTL lui ont per­mis d’ar­ri­ver à l’Elysée, en 2017 comme en 2022. Macron est la marion­nette de Rothschild, de Schwab, de Soros et de tous ceux qui ont pour but de détruire com­plè­te­ment la France et son peuple. C’est ce que recherche la République depuis 1789. La Mafia est au pou­voir. Macron et ceux qui sou­tiennent sa poli­tique de des­truc­tion sys­té­ma­tique sont des traitres. Ils devront être jugés en conséquence.

    Répondre
  5. Aucune per­sonne ayant man­dat pour repré­sen­ter la France n’a bou­gé le petit doigt depuis, depuis, depuis ma foi fort bien long­temps,… C’était en 1969. Mensonges après men­songes, jamais sanc­tion­nés.
    Les Français aujourd’hui sont trai­tés de mou­tons voire pour cer­tains de “rats” après avoir été trai­tés de veaux (sous mère l’État allai­tante), ont les pattes biens pro­fondes dans le tas de fumier. J’ose espé­rer qu’ils tire­ront par­ti du com­post pro­duit avec « pro­fes­sion­na­lisme » après épan­dage sur le chant des nations aux ave­nirs… mul­ti­po­laires. Comme dit l’autre : don­nons du temps au temps.

    Répondre
    • Vous avez rai­son mais il ne sera jamais jugé après son man­dat car il aura pré­pa­ré sa fuite aux USA avant.

Envoyer le commentaire

Votre adresse e‑mail ne sera pas publiée. Les champs obli­ga­toires sont indi­qués avec *