Hollande et Merkel : responsables de la guerre en Ukraine

par | 13 décembre 2022 | 3 Commentaires 

La France, sous les ordres de l’UE, elle-même sous la dic­tée des USA et de l’OTAN, déclare depuis février der­nier, date de l’en­trée des troupes russes en Ukraine, qu’il faut tout faire pour rame­ner la paix sur le ter­ri­toire ukrai­nien, et a enga­gé de nom­breuses sanc­tions contre la Russie (seule cou­pable à ses yeux). Sanctions qui, aujourd’­hui retombent indi­rec­te­ment sur le peuple fran­çais, en proie à une infla­tion et une pénu­rie jamais vues sur les pro­duc­tions éner­gé­tiques. La véri­té vient de sor­tir d’Allemagne, mais vous n’en enten­drez pas parler.

La guerre entre la Russie et l’Ukraine ne date pas réel­le­ment de février 2022. Elle avait vrai­ment com­men­cé en 2014, à la suite d’une révo­lu­tion ukrai­nienne. Les Russes avaient alors enva­hi la Crimée, et l’Ukraine com­men­cé à bom­bar­der les ter­ri­toires pro-russes du Dombass (lire dans nos colonnes : Ukraine : c’est l’OTAN qui a lan­cé l’attaque… il y a 8 ans ! du 2 mars 2022). Ajoutons à cela des inci­dents navals, la cyber­guerre et les ten­sions poli­tiques entre les deux pays.

L’origine du conflit remonte en fait au 21 novembre 2013. Ce jour-là, le gou­ver­ne­ment ukrai­nien avait refu­sé de signer l’ac­cord d’as­so­cia­tion entre l’Ukraine et l’UE. Ce qui avait débou­ché sur la « révo­lu­tion de Maïdan », et les sou­lè­ve­ments des pro­vinces rus­so­phones (notam­ment le Dombass) pour se sépa­rer du gou­ver­ne­ment ukrainien.

Depuis lors, l’Ukraine ne ces­se­ra de bom­bar­der ces pro­vinces de l’est du pays, cau­sant plus de 14 000 morts dans la popu­la­tion civile.

Le 5 sep­tembre 2013 est signé le pre­mier pro­to­cole de Minsk, entre la Russie et l’Ukraine, pour mettre fin à cette guerre entre les deux pays. Cet accord est signé sous le regard de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). Un ces­sez-le-feu est acté, mais les com­bats dans l’est du pays conti­nuent quand même. De fait, c’est un échec… et à sa suite, après des regains de ten­sions avec une guerre qui repart dès décembre 2014, de nou­veaux accords sont pré­vus. Ces accords, dits de « Minsk 2 » sont signés le 12 février 2015.

Minsk 2015

Vladimir Poutine, François Hollande, Angela Merkel et Petro Porochenko

Sont pré­sents : Vladimir Poutine pour la Russie, Petro Porochenko pour l’Ukraine, ain­si que François Hollande et Angela Merkel, des repré­sen­tants des répu­bliques popu­laires auto­pro­cla­mées de Donetsk et de Lougansk (séces­sion­nistes de l’Ukraine). Tous mettent en place un nou­veau cessez-le-feu.

On aurait pu penser que Paris et Bonn agissaient de concert pour la paix dans cette partie du globe, hors il n’en est rien

Dans une inter­view à Die Zeit le 7 décembre der­nier, l’an­cienne chan­ce­lière alle­mande Angela Merkel a affir­mé que ces Accords de Minsk avaient été « une ten­ta­tive de don­ner du temps à l’Ukraine » de se ren­for­cer mili­tai­re­ment en vue d’une confron­ta­tion future avec Moscou.
Autrement dit :

On ne vou­lait pas la paix, on pré­pa­rait l’Ukraine pour qu’elle puisse mener sa guerre contre la Russie.

Dans cet aveu « his­to­rique », l’an­cienne chan­ce­lière a pour­sui­vi : « L’Ukraine a éga­le­ment uti­li­sé ce temps pour deve­nir plus forte, comme on peut le voir aujourd’­hui. L’Ukraine de 2014–2015 n’est pas l’Ukraine d’au­jourd’­hui. Début 2015, Poutine aurait faci­le­ment pu le’en­va­hir à l’é­poque. Et je doute fort que les pays de l’OTAN auraient pu faire autant par rap­port à ce qu’ils le font main­te­nant pour aider l’Ukraine. »
Toute l’hy­po­cri­sie de l’OTAN et de son caniche — l’UE — est dans cette décla­ra­tion [source].

Un seul ennemi : la Russie ! Et l’Ukraine n’était qu’un prétexte

Vladimir Poutine a immé­dia­te­ment réagi, déplo­rant la non-appli­ca­tion de ces accords cen­sés enté­ri­ner la fin des hos­ti­li­tés entre les forces ukrai­niennes et les Républiques popu­laires de Donetsk et Lougansk.
« J’espérais encore que les autres par­ties pre­nantes à ce pro­ces­sus étaient sin­cères avec nous. Il s’a­vère qu’ils nous trom­paient aus­si. Il s’a­gis­sait uni­que­ment de ren­for­cer l’Ukraine avec des armes, en la pré­pa­rant aux hos­ti­li­tés », a conclu le maître du Kremlin.

Hollande et Merkel sont donc bien responsables de ce qui se passe en Ukraine aujourd’hui.

Patrice LEMAÎTRE

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Patrice Lemaître

3 Commentaires 

  1. C’est une guerre fabri­quée de toutes pièces comme toutes celles que nous avons déjà subies en Europe, sinon au Moyen-Orient. A rete­nir que la ten­ta­tive d’af­fai­blis­se­ment de la Russie par une guerre coû­teuse n’est avant tout qu’un pro­jet de conquête du Pôle Nord ! En atten­dant regar­dons ce que révèle Arestovitch le propre conseiller de Zelinsky :

    Les aveux à peine croyables du conseiller de Zelensky sur la guerre avec la Russie
    Auteur(s) Jean Neige, pour FranceSoir Publié le 02 novembre 2022
    TRIBUNE – Dans une inter­view don­née en 2019, Olekseï Arestovitch, futur conseiller du pré­sident Zelensky, expli­quait pour­quoi il fal­lait une guerre avec la Russie, com­ment et quand elle allait se dérou­ler.
    On se pince pour être sûr que l’on ne rêve pas. Comment est-il pos­sible pour un diri­geant ukrai­nien de vou­loir une guerre ouverte avec un pays aus­si puis­sant que la Russie, quitte à ce que l’Ukraine soit dévas­tée ? C’est pour­tant ce que pré­co­ni­sait Arestovitch, dans une inter­view don­née le 18 février 2019, quelques mois avant que Zelensky ne soit élu.
    https://twitter.com/i/status/1582381428184322050
    « Le prix à payer pour rejoindre l’OTAN est un grand conflit avec la Russie »
    Selon Arestovitch, l’Ukraine était un pays trop grand, trop expo­sé, avec trop de voi­sins ayant des reven­di­ca­tions sur son ter­ri­toire, pour pou­voir choi­sir le che­min de la neu­tra­li­té. Il fal­lait donc choi­sir entre la Russie et l’OTAN. Comme l’Ukraine avait déjà essayé la Russie, il fal­lait main­te­nant ten­ter l’OTAN. Toujours selon lui, si l’Ukraine ne ren­trait pas dans l’OTAN, elle serait sous contrôle russe d’i­ci à 10 à 12 ans. Car le futur conseiller était cer­tain que la Russie vou­lait réin­té­grer les pays de l’ex-URSS dans sa sphère d’influence. Cependant, il était par­fai­te­ment conscient qu’une Ukraine dans l’OTAN était inac­cep­table pour la Russie et qu’elle pré­fé­re­rait faire la guerre à l’Ukraine plu­tôt que de lais­ser son voi­sin adhé­rer à l’alliance mili­taire de l’ouest per­çue comme une menace. Il en était sûr à 99 %.
    C’est exac­te­ment ce qui s’est pas­sé. Quand l’intervieweuse demande à Arestovitch ce qui est mieux pour l’Ukraine, ce der­nier répond sans hési­ter « la guerre ». De nom­breux com­men­ta­teurs sur Youtube admirent le talent de pré­dic­tion du futur conseiller. Mais il s’agit moins de pré­dic­tions, que de décrire un plan d’action. Pour lui, cette guerre allait com­men­cer entre 2020 et 2022. Et, pour que ce plan se déroule comme pré­vu, il appe­lait à voter Zelensky. Arestovich était aus­si convain­cu que l’OTAN n’accepterait pas l’Ukraine en son sein avant qu’une guerre rus­­so-ukrai­­nienne n’ait lieu, une guerre dont il fal­lait que l’Ukraine sorte vain­queur, même si elle devait être dévas­tée pour cela. En d’autres termes, il fal­lait que l’Ukraine soit prête à un sacri­fice énorme, pour s’assurer ensuite d’être com­plè­te­ment déta­chée de la Russie. Il pré­cise encore que « dans ce conflit, nous serons acti­ve­ment sou­te­nus par l’Occident – avec des armes, des équi­pe­ments, de l’assistance, des nou­velles sanc­tions contre la Russie, et même pos­si­ble­ment l’introduction d’un contin­gent de l’OTAN, une zone d’exclusion aérienne, etc. Nous ne per­drons pas, et c’est bien ». Presque tout ce qu’il a dit s’est réa­li­sé. La cer­ti­tude et la confiance qu’il affiche laissent pen­ser qu’il a déjà reçu des assu­rances de la part des Occidentaux pour tout ce qu’il avance. La pro­chaine étape est-elle l’entrée en guerre offi­cielle de l’OTAN, par exemple, avec la 101ᵉ divi­sion aéro­por­tée amé­ri­caine, déjà déployée en Roumanie, en plus des contin­gents fran­çais et autres ?

    À la lumière de cet entre­tien, on peut revoir tout ce qui s’est pas­sé depuis, jusqu’à aujourd’hui, sous un jour nou­veau. On a main­te­nant la qua­­si-confir­­ma­­tion que tout a donc été fait par l’Ukraine pour pro­vo­quer la guerre avec la Russie. En octobre 2019, le pré­sident Zelensky annon­çait alors fiè­re­ment que l’Ukraine était prête pour reprendre le Donbass par la force. S’ils avaient vou­lu pro­vo­quer la Russie, c’est par là qu’il fal­lait com­men­cer. Laisser la Russie atta­quer la pre­mière était la meilleure stra­té­gie pour pou­voir ensuite endos­ser le rôle de la vic­time et qué­man­der le sou­tien de la terre entière contre l’agression de l’ogre russe. Il est d’ailleurs notable que, dans leur com­mu­ni­ca­tion, les anglo-saxons insistent sur le fait que l’agression russe était abso­lu­ment « non pro­vo­quée ». Comme le dira un inter­naute, s’ils insistent si lour­de­ment là-des­­sus, c’est parce que l’agression fut au contraire pro­vo­quée. Gageons que la ten­ta­tive de réani­mer les accords de Minsk, avec la réunion du for­mat Normandie le 9 décembre 2019 à Paris, aura retar­dé quelque peu l’affrontement vou­lu. Les Ukrainiens se prê­te­ront à l’exercice impo­sé, en appa­rence, mais comme d’habitude ne res­pec­te­ront aucun des enga­ge­ments pris, si ce n’est l’échange de pri­son­niers.
    Dès l’intronisation de Biden, fin jan­vier 2021, les pro­vo­ca­tions contre les inté­rêts russes repre­naient de plus belle, avec les per­sé­cu­tions judi­ciaires lan­cées contre Victor Medvetchuk, le lea­der de l’opposition favo­rable aux Accords de Minsk et à une poli­tique de bon voi­si­nage avec la Russie. La fer­me­ture des chaines de TV d’opposition, dès le 2 février, allaient dans le même sens, comme le décret signé le 24 mars auto­ri­sant la reprise de la Crimée par la force. En moins de deux mois, Zelensky avait ten­té le maxi­mum pour pro­vo­quer la Russie. Mais cette der­nière n’attaquait tou­jours pas. Par la suite, les États-Unis et l’Ukraine n’ont ces­sé de par­ler d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Le 1ᵉʳ sep­tembre 2021, les États-Unis et l’Ukraine ont fait une décla­ra­tion com­mune de par­te­na­riat stra­té­gique qui insis­tait lour­de­ment sur la dimen­sion sécu­ri­taire. Ce tra­vail débou­chait le 10 novembre sur la mise à jour d’une charte com­mune signée ini­tia­le­ment en 2008. Du point de vue russe, la pres­sion mon­tait. Plus le temps pas­sait, plus le sou­tien amé­ri­cain à l’Ukraine aug­men­tait. À quand les bom­bar­diers stra­té­giques et les mis­siles amé­ri­cains déployés sur le ter­ri­toire de l’Ukraine ? Dans la même période, à l’automne, les Russes ont alors son­dé une der­nière fois la volon­té des Français et des Allemands pour faire pres­sion sur les Ukrainiens, agis­sant de telle sorte que ces der­niers négo­cient enfin avec les sépa­ra­tistes dans le cadre des Accords de Minsk. Face au refus fran­­co-alle­­mand, les Russes excé­dés ont fini par publier le 18 novembre les échanges diplo­ma­tiques avec Paris et Berlin. Parallèlement, ils ont com­men­cé à amas­ser des troupes aux fron­tières de l’Ukraine, pour faire pres­sion. Des réunions ont eu lieu en jan­vier et février 2022, mais elles se sont heur­tées aux mêmes obs­tacles. Ni Paris ni Berlin n’ont vou­lu exer­cer de pres­sion sur Kiev, comme à l’accoutumée. C’est là que les Russes ont défi­ni­ti­ve­ment pu conclure que les Accords de Minsk étaient morts, faute de volon­té poli­tique des trois autres signa­taires. On sait main­te­nant que, lorsque Zelensky fei­gnait de ne pas croire à l’invasion, en février 2022, il men­tait. Il fal­lait juste évi­ter un exode des com­bat­tants poten­tiels dont on avait déjà pré­vu la mobi­li­sa­tion. Là où Arestovitch fait preuve de grande intel­li­gence tac­tique dans son inter­view de 2019, c’est dans la des­crip­tion de tous les objec­tifs mili­taires et les modes opé­ra­toires qui seront mis en œuvre par la Russie. Tout y passe. De la ten­ta­tive du siège de Kiev à la des­truc­tion des infra­struc­tures. On com­prend d’autant mieux pour­quoi les Russes n’ont pas eu la par­tie facile, puisque les Ukrainiens, et leurs alliés anglo-saxons, avaient pré­vu leurs moindres mou­ve­ments. Savoir com­ment l’Ukraine a en quelque sorte savam­ment pla­ni­fié et pro­vo­qué l’agression de la Russie – avec le sou­tien de l’allié amé­ri­cain (Cf. – Le rap­port de la Rand Corporation pour désta­bi­li­ser la Russie) – est une rai­son de plus pour ces­ser toute aide mili­taire à ce pays dérai­son­nable qui a volon­tai­re­ment joué avec le feu. Si seule­ment nous étions encore les maîtres sou­ve­rains de notre poli­tique étran­gère…
    Bruno Leclercq
    La Banque Mondiale de l’Esprit http://www.la-bme.fr

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  2. On n’en a jamais douté

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