Mais au fait, qui est vraiment chez lui en Palestine ?

par | 4 novembre 2023 | 8 Commentaires 

La guerre entre les sémites musul­mans et les sémites juifs, agite la Terre entière. Les sémites chré­tiens d’Orient ont été vio­lem­ment éjec­tés de la région par les sémites venus de la pénin­sule ara­bique(1), au nom de leur nou­velle reli­gion, l’Islam (qui signi­fie, rap­pe­lons le : « sou­mis­sion »). Les chré­tiens sont priés tou­te­fois de prendre par­ti dans ce conflit, même s’ils n’y par­ti­cipent pas direc­te­ment… pour le moment(2).

Audelà du fra­cas des armes sur la bande de Gaza, une autre guerre sévit dans le reste du monde : la guerre média­tique à coups de com­mu­ni­qués poli­tiques, d’ac­ti­vi­tés sur les réseaux sociaux et d’o­pé­ra­tions sous faux dra­peau. La dés­in­for­ma­tion et la mani­pu­la­tion sont éle­vées en œuvre d’art par ceux qui ont le pou­voir média­tique. C’est qu’il faut pré­pa­rer la suite où tous les pays la pla­nète devront avoir choi­si leur camp.

Pour de nom­breux Juifs, le pays pales­ti­nien ou l’État pales­ti­nien n’a jamais exis­té. Voici un exemple de ce qui cir­cule acti­ve­ment sur les réseaux sociaux [source Petah Tiqwa, Hamerkaz, Israël]:

1) Avant le pays israé­lien moderne, il y avait un man­dat bri­tan­nique, pas un pays pales­ti­nien.
2) Avant le man­dat bri­tan­nique l’empire otto­man exis­tait, pas l’État pales­ti­nien.
3) Avant l’empire otto­man, il y avait un État com­plè­te­ment isla­mique d’Égypte, pas l’État pales­ti­nien.
5) Avant l’empire de Jobid, il exis­tait le Royaume chré­tien de Jérusalem, pas l’État pales­ti­nien.
6) Avant le royaume de Jérusalem, il y avait des empires Omayad et Fatimide, pas l’État pales­ti­nien.
7) Avant les empires de l’Umaid et de la Fatimide, il y avait l’empire byzan­tin, pas l’État pales­ti­nien.
8) Avant l’empire byzan­tin, il y avait l’empire romain, pas l’État pales­ti­nien.
9) Avant l’empire romain, l’État pieuvre exis­tait, pas l’État pales­ti­nien.
10) Avant l’État de Shamansk, c’é­tait un État slav­kid, pas l’État pales­ti­nien.
11) Avant l’empire des Slavkids, l’empire d’Alexandre, la Macédoine exis­tait, pas l’État pales­ti­nien.
12) Avant l’empire d’Alexandre de Macédoine, l’empire perse exis­tait, pas l’État pales­ti­nien.
13) Avant l’empire perse, l’empire Babylone exis­tait, pas l’État pales­ti­nien.
14) Avant l’empire de Babylone il y avait des royaumes de Judée, et la Judée n’é­tait pas l’État pales­ti­nien.
15) Avant les royaumes d’Israël et de Judée était le royaume d’Israël, pas l’État pales­ti­nien.
16) Avant le royaume d’Israël, il y avait une théo­cra­tie des tri­bus israé­liennes, pas de l’État pales­ti­nien.
17) Avant la théo­cra­tie d’Israël vieille de dix ans, il y avait une agglo­mé­ra­tion de villes cana­néennes indé­pen­dantes, pas l’État palestinien.

La répé­ti­tion n’y chan­ge­ra rien, car il existe une Palestine qui remonte à bien avant l’exis­tence très éphé­mère de l’empire des rois David et Salomon (quelques dizaines d’an­nées, il y a… 3 000 ans!). Qu’on le veuille ou non, la Palestine est bien là, depuis des millénaires :

Palestine au temps de Jésus

Les peuples pales­ti­niens à l’é­poque de Jésus, le Galiléen

Toutes les peu­plades qui se sont suc­cé­dé dans cette région habi­taient la Palestine. À ce titre, elles étaient toutes palestiniennes.

Mais avant les Palestiniens, il y avait là les Philistins qui ont don­né le nom à cette région. Palestine vient de Philistin. Lesquels Philistins, incir­con­cis, venaient pro­ba­ble­ment de Crête. Ils n’é­taient donc ni juifs, ni arabes, ni même sémites.

Quel peuple d’aujourd’hui est alors légitime sur ces terres ? Pas plus les uns que les autres !

La Palestine est donc condam­née à cet affron­te­ment de civi­li­sa­tion. Cela fait 70 ans que ça dure, depuis la créa­tion sur une terre pales­ti­nienne de l’État israé­lien afin d’of­frir un ter­ri­toire aux Juifs de la Diaspora. Mais on n’a pas créé dans le même temps un État pour les popu­la­tions sémites locales, donc pales­ti­niennes. Ainsi est né le conflit entre les sémites juifs et les sémites musul­mans. Cette guerre « israé­lo-pales­ti­nienne » est mal nom­mée. Dès le départ, c’est une guerre pales­ti­nienne de reli­gion. S’appuyant sur cette légi­ti­mi­té éta­tique toute fraîche, les sémites juifs ont gri­gno­té les ter­ri­toires des sémites musulmans.

Le gri­gno­tage métho­dique des terres « pales­ti­niennes » par Israël :

Palestine - 1946 2023

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Ce conflit s’est expor­té. Tous les musul­mans prennent spon­ta­né­ment par­ti pour les Palestiniens musul­mans. Et bien enten­du toute la dia­spo­ra juive prend par­ti pour Israël. Afin de « faire le poids » face aux presque deux mil­liards de musul­mans, le « camp » juif s’ef­force d’en­traî­ner à sa suite l’Occident, ancien­ne­ment chré­tien, qui est som­mé de prendre par­ti pour Israël sous peine d’être trai­té d’an­ti­sé­mite, ce qui n’a pas de sens.

S’il faut rendre telle ou telle région du monde à tel autre pays, au pré­texte que dans l’Histoire avec un grand H, il en fut l’oc­cu­pant anté­rieur, c’est la Terre entière qu’il faut poli­ti­que­ment redes­si­ner. On n’est pas sor­ti de l’au­berge.
• C’est toute l’Amérique qu’il faut rendre aux pri­mo-occu­pants en créant des États sioux, algon­quin, osage, apache, inca, etc. Mais avant ceux-ci, qui y avait-il ?
• C’est l’Algérie qu’il faut rendre aux Pieds noirs qui ont créé ce pays qui n’exis­tait pas avant eux (cf. notre illus­tra­tion à la une).
• C’est l’Afrique, décou­pée arti­fi­ciel­le­ment par la colo­ni­sa­tion euro­péenne en méri­diens et paral­lèles, qu’il faut rendre aux Bamilékés, Bantous, Pygmées, etc.
• C’est, tant qu’on y est, rendre l’Auvergne à la dia­spo­ra des Bougnats deve­nus mar­chands de vins et char­bons, en leur créant un État arverne.

Halte au feu ! Revenons à nos mou­tons, cha­meaux et autres pha­co­chères. Pour la Palestine, il n’y aura pas d’autre solu­tion qu’un com­pro­mis, de gré ou de force, impo­sé par la com­mu­nau­té inter­na­tio­nale.
Si on part du modèle west­pha­lien « Un peuple, un ter­ri­toire »(3) :
• ou bien on consi­dère que les sémites forment un peuple mul­ti­con­fes­sion­nel, et on crée une grande Palestine. Cependant, je doute que ces gens qui se sont étri­pés puissent un jour vivre ensemble.
• ou bien on consi­dère que les sémites juifs, les sémites chré­tiens et les sémites musul­mans forment trois peuples dis­tincts, et on crée les États-Unis de Palestine, avec trois États indé­pen­dants (Chrétien, Musulman, Juif) dont les ter­ri­toires seraient pro­por­tion­nels aux popu­la­tions res­pec­tives et dont la capi­tale fédé­rale serait Jérusalem sanctuarisé.

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Michel Lebon

Le terme « sémite » a été inven­té en 1781 par l’orientaliste alle­mand August Ludwig Schlözer, à par­tir du nom d’un des fils de Noé, Sem, pour dési­gner des langues dont la paren­té avait été éta­blie dès le Moyen-Âge par les savants juifs : l’hébreu, l’araméen, l’arabe. Les spé­cia­listes ont ensuite regrou­pés sous l’appellation de « sémites » tout un ensemble de peuples qui, dans le cou­rant du IIIe mil­lé­naire avant Jésus-Christ, émi­grèrent de la pénin­sule ara­bique vers la Mésopotamie, la Syrie, la Palestine, puis, vers 700 avant Jésus-Christ, vers la corne de l’Afrique.
Les sémites se carac­té­risent par leur appar­te­nance à une même famille lin­guis­tique.
Par suite…
quelle est la signi­fi­ca­tion du terme « anti­sé­mite » ?

Q

De langue sémite hébraïque, les Israéliens sont un peu plus de 7 mil­lions, aux­quels il convient d’a­jou­ter la dia­spo­ra juive de 9 mil­lions [source]., ce qui fait un total de 16 mil­lions.
Jésus était Galiléen, donc Palestinien et par­lait le sémite ara­méen. Il a ini­tié au Moyen-Orient la Chrétienté deve­nue la reli­gion la plus répar­tie au monde avec 2,6 mil­liards, sous diverses com­po­santes, dont 1,3 mil­liards de catho­liques.
De langue sémite arabe, les musul­mans sont éva­lués à 1,8 mil­liards de fidèles et déve­loppent un pro­sé­ly­tisme très actif.
Les Juifs repré­sentent ain­si 0,06 % des chré­tiens et 0,08 % des musulmans.

Q

8 Commentaires 

  1. « Après 70 ans d’ex­ca­va­tions et de fouilles exten­sives sur la terre d’Israël, les archéo­logues ont trou­vé que les actions des patriarches sont des his­toires de légende.
    Nous n’a­vons pas séjour­né en Égypte, ni fait un exode, nous n’a­vons pas conquis la terre.
    Il n’y a pas non plus de men­tion de l’empire de David et de Salomon. Ceux qui s’y inté­ressent savent tout cela depuis des années, mais Israël est un peuple têtu et ne veut pas en entendre par­ler
    . »

    Professor Ze’ev Herzog tea­cher in the Department of Archeology and Ancient Near Eastern Studies at Tel-Aviv University. (Ha’aretz Magazine, Friday, October 29, 1999)

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  2. Je pense que, si une solu­tion à deux États ou à trois États est réa­li­sée, la capi­tale ne doit pas être Jérusalem, mais une autre ou deux autres villes, créées de toutes pièces (comme Brasília), et pla­cer Jérusalem en « zone neutre ».

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  3. La Terre Sainte s’ap­pe­lait à l’o­ri­gine le Pays de Canaan. C’était là son pre­mier nom, don­né par la Bible.
    Ensuite elle s’ap­pel­le­ra le Royaume d’Israël, suite à l’é­lec­tion de la monar­chie davi­dique. Le royaume connai­tra une divi­sion, avec l’ap­pa­ri­tion du Royaume de Judah.
    Suite l’in­va­sion de Nabuchodonosor, les royaumes sont détruits, et la Terre Sainte com­men­ce­ra alors à être défi­nie sous le nom de Judée, jus­qu’en 138, quand l’Empereur romain Hadrien écrase la seconde révolte juive, et débap­tise la Judée pour lui pré­fé­rer le nom de Palestine, la terre des Philistins, enne­mis héré­di­taires des Juifs.

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  4. Selon cer­tains per­son­nages ayant visi­té la Palestine au XIXe siècle, la terre était un désert, un noman’s land.
    Bonaparte y passe, sui­vi d’une courte pré­sence égyp­tienne. La région subit une forte dépres­sion éco­no­mique, mais, à la fin du XIXe siècle, la Palestine rede­vient l’objet des convoi­tises, notam­ment euro­péennes, et sa popu­la­tion voit l’arrivée mas­sive d’Arabes de Transjordanie à la suite des émi­gra­tions juives, tan­dis que la mino­ri­té chré­tienne s’étend également.

    Le géné­ral Napoléon Bonaparte mène cam­pagne en Palestine et assiège Saint-Jean‑d’Acre.
    20 avril 1799, Jérusalem : Proclamation à la Nation Juive, dis­cours de Napoléon Bonaparte, durant sa cam­pagne d’Égypte, recon­nais­sant la pro­prié­té de la Terre sainte (Palestine) au peuple juif. L’authenticité de cette pro­cla­ma­tion est contes­tée par cer­tains his­to­riens, pour­tant annon­cée dans Le Moniteur universel.

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  5. Bon article qui a le mérite de re-situer le conflit actuel dans son contexte his­to­rique.
    Je ferai cepen­dant deux remarques :
    • Tout d’abord il est impos­sible de reve­nir en arrière et d’expulser les Européens qui ont annexé toute l’Amérique (Anglo-saxons au nord, Espagnols et Portugais au centre et au sud), mais évi­dem­ment c’est une bou­tade de l’auteur), de même que la colo­ni­sa­tion fran­çaise de l’Algérie, pays qui n’existait pas aupa­ra­vant. Étant moi-même pied-noir d’Algérie, j’aurais beau­coup à dire sur ce pays et les mal­heurs qui l’ont acca­blé toutes ori­gines confon­dues.
    • La conclu­sion sous forme d’une sorte de Fédération ou de Confédération regrou­pant les 3 reli­gions en États fédé­rés ou confé­dé­rés est abso­lu­ment incon­ce­vable dans le contexte actuel et même futur.

    À part ces 2 remarques, j’approuve l’ensemble de l’article de M. Lebon sur le contexte his­to­rique qui a fait de la Palestine le bour­bier et l’horreur des atro­ci­tés com­mises des 2 côtés depuis le 7 octobre dernier.

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  6. il faut rap­pe­ler un fait d’a­vant-guerre (WWII) quand Adolf Eichmann « négo­ciait » avec les Arabes de Palestine la venue (l’im­mi­gra­tion plu­tôt) des Juifs alle­mands, refu­sée par l’au­to­ri­té bri­tan­nique de l’é­poque, Britanniques qui occu­paient en fait le ter­rain, suite à leur action dix ans plus tôt pour uni­fier le Moyen-Orient, avec l’ac­tion de Lawrence d’Arabie bien roman­cée, pour faire face à la Turquie qui avait depuis bien long­temps de l’ac­coin­tance ger­ma­nique.
    Si cela avait mar­ché, la Shoah aurait-elle pu être évitée ?

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  7. Merci mon­sieur Lebon de nous remettre tout cela en pers­pec­tives.
    Il manque tou­te­fois à votre article une dimen­sion indis­pen­sable si l’on veut aller jus­qu’au bout de l’a­na­lyse de la situa­tion en Palestine, et par consé­quent dans le monde.
    Vous ne men­tion­nez pas qu’Israël est une œuvre de la dia­spo­ra juive, finan­cée et encou­ra­gée par la finance inter­na­tio­nale entre les mains des juifs ash­ké­nazes. Ce ne sont pas les sémites juifs autoch­tones qui ont fomen­té ce pro­jet d’État juif, ce sont les faux juifs kha­zars, qui ne sont pas sémites.
    Une grande par­tie des Israéliens d’au­jourd’­hui n’ont aucune des­cen­dance avec le peuple hébreu sémite d’o­ri­gine (enquêtes ADN à l’appui).
    Tout ceci est fort bien docu­men­té dans cette vidéo : https://www.kla.tv/27340

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    • Exact ! Les ash­ké­nazes n’ont pas de légi­ti­mi­té avec la Palestine.

      Et rendre l’Anatolie aux Grecs ? sauf que c’est la Turquie et qu’il n’y a plus de Grecs, les­quels ont été exter­mi­nés par les Turcs tout comme les Arméniens. Les Turcs l’ont nom­mé le pays conquis. Pas sûr que la France garde celui des Francs. 

      Et aux Français de reprendre leur indé­pen­dance en fou­tant à la porte les com­mu­nau­tés para­sites qui n’ont rien à y faire mais doivent leur ins­tal­la­tion « chez eux-chez nous » grâce à la petite com­mu­nau­té sûre d’elle-même et domi­na­trice. Istanbul ne rede­vien­dra pas Constantinople car ce qui n’a pas été fait après les trai­tés de Versailles et Trianon ne le sera plus. Nous (euro­péens) en serions d’ailleurs bien incapables.

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