Il n’y a pas plus de « chrétien sioniste » que de « civilisation judéo-chrétienne »

par | 14 mars 2026 | 3 Commentaires 

Notre article du 9 mars der­nier inti­tu­lé Trump est un « chré­tien sio­niste fon­da­men­ta­liste » n’a pas man­qué de sus­ci­ter des com­men­taires de nos lecteurs :

E. :
Le « Sionisme Chrétien » est un oxy­more. Un Juif consi­dère les Goyim comme infé­rieurs (cf. Epstein), alors que les évan­gé­listes amé­ri­cains sont « judéi­sés » par… quoi ? au point de se faire cir­con­cire presque sys­té­ma­ti­que­ment (envi­ron 80 % des Américains non juifs). Est-ce par inté­rêt ? dévo­tion ? dépen­dance ? chan­tage ?
Le conflit contre l’Iran en est une par­tie des consé­quences de la curieuse foi reli­gieuse des évan­gé­listes amé­ri­cains, qui ne devrait pas rejaillir sur les autres popu­la­tions du monde.

HS. :
Je ne pense pas que l’idéologie qu’ils portent plaise vrai­ment à Jésus dont ils ne cessent de se prévaloir !

Si nous avons employé déli­bé­ré­ment cet oxy­more, c’est parce-qu’il est cou­ram­ment uti­li­sé pour dési­gner ce phé­no­mène aux États-Unis.

Chrétiens sionistes

Du reste nous avons pla­cé cette expres­sion entre guille­mets dans notre titre : Trump est un « chré­tien sio­niste fon­da­men­ta­liste ».

Nos lec­teurs ont bien lu les Évangiles, notam­ment celui de Jean où les réfé­rences sur le com­bat de Jésus contre le « Sanhédrin » sont permanentes.

• Jean 5:17–18
Jésus dit : « Mon Père tra­vaille jus­qu’à pré­sent, et moi aus­si je tra­vaille. »
→ Les Juifs cherchent d’au­tant plus à le tuer « parce qu’il vio­lait le sab­bat, mais aus­si parce qu’il appe­lait Dieu son propre Père, se fai­sant égal à Dieu ».
C’est la pre­mière accu­sa­tion claire du Sanhédrin que Jésus se pré­tend l’é­gal de Dieu.

• Jean 8:58–59
Jésus dit : « En véri­té, en véri­té, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, je suis » .
→ Les Juifs prennent des pierres pour le lapi­der immé­dia­te­ment (pour blasphème).

• Jean 10:30–33
Jésus dit : « Moi et le Père, nous sommes un » (ἐγὼ καὶ ὁ πατὴρ ἕν ἐσμεν).
→ Les Juifs répondent : « Ce n’est point pour une bonne œuvre que nous te lapi­dons, mais pour un blas­phème, et parce que toi, qui es un homme, tu te fais Dieu ».
Nouvelle ten­ta­tive de lapidation.

• Jean 10:36 (dans la même scène)
Jésus réplique : « Dites-vous que je blas­phème, moi que le Père a sanc­ti­fié et envoyé dans le monde, parce que j’ai dit : Je suis le Fils de Dieu ? »
→ IJésus main­tient sa filia­tion divine unique.

• Jean 11:47–53 (point culmi­nant)
Après la résur­rec­tion de Lazare (signe suprême confir­mant ses pré­ten­tions), les prin­ci­paux sacri­fi­ca­teurs et pha­ri­siens réunis en Sanhédrin disent : « Que fai­sons-nous ? Cet homme fait beau­coup de miracles. Si nous le lais­sons faire, tous croi­ront en lui… »
Caïphe déclare : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple que toute la nation périsse. »
→ Dès ce jour-là, ils résolvent de le faire mou­rir (déci­sion col­lec­tive du Sanhédrin moti­vée par les signes et les affir­ma­tions de Jésus).

Dès lors il est effec­ti­ve­ment anta­go­niste d’être chré­tien et En Même Temps sio­niste. Du reste les sio­nistes eux-mêmes le clament :

C’est bien pour­quoi nous avons écrit le 21 sep­tembre 2025 : Quelle est donc cette « civi­li­sa­tion judéo-chré­tienne » à laquelle nous appartiendrions ?

Pour Ernest Renan : « Le judaïsme suf­fit à celui qui ne connaît pas le chris­tia­nisme. Le chris­tia­nisme suf­fit à celui qui ne connaît pas le judaïsme. On peut faire son salut dans l’un et dans l’autre. » Pour lui le chris­tia­nisme naît du judaïsme (Jésus en est le pro­duit le plus pur et pro­phé­tique), mais s’en détache radi­ca­le­ment par l’u­ni­ver­sa­lisme pau­li­nien, l’hel­lé­ni­sa­tion et les évé­ne­ments his­to­riques (des­truc­tion du Temple, révoltes juives). Il n’y a pas de conti­nui­té linéaire simple, nous montre t‑il, mais une évo­lu­tion où le chris­tia­nisme devient la reli­gion de la « Raison » et de l’hu­ma­ni­té entière.

Ce qu’il faut com­prendre, c’est ce que cachent ces oxy­mores : « Chrétiens sio­nistes » et « Civilisation judéo-chré­tienne ». Elles sont là pour gom­mer la genèse du chris­tia­nisme qui est né de la condam­na­tion à mort de Jésus par le cler­gé juif, puis de son exé­cu­tion par l’oc­cu­pant romain.

L’historienne Sophie Bessis démontre bien qu’il n’existe pas de « civi­li­sa­tion judéo-chré­tienne » au sens d’une réa­li­té his­to­rique cohé­rente et conti­nue. Dans son essai paru en 2025, La Civilisation judéo-chré­tienne. Anatomie d’une impos­ture, elle pro­cède à une décons­truc­tion métho­dique et documentée :

Sophie Bessis - Civilisation judéo-chrétienne - Imposture

Le syn­tagme « judéo-chré­tien » n’ap­pa­raît qu’au XIXe siècle (et d’a­bord pour dési­gner des groupes syn­cré­tiques très anciens ou mar­gi­naux), mais l’ex­pres­sion « civi­li­sa­tion judéo-chré­tienne » est une inven­tion beau­coup plus récente : elle se dif­fuse sur­tout à par­tir des années 1980–1990 dans le dis­cours poli­tique occi­den­tal (États-Unis puis Europe), pré­ci­sé­ment pour redé­fi­nir l’Occident face à l’islam.

Sophie Bessis montre bien qu’­his­to­ri­que­ment, le chris­tia­nisme s’est construit contre le judaïsme domi­nant. Associer les deux dans une même « civi­li­sa­tion » com­mune revient à occul­ter cette vio­lence structurelle.

En outre il n’y a aucune symé­trie cultu­relle : le judaïsme rab­bi­nique n’a qua­si­ment pas influen­cé la culture euro­péenne médié­vale et moderne (droit, art, phi­lo­so­phie, sciences, archi­tec­ture, musique savante, etc.), qui sont mas­si­ve­ment issues du chris­tia­nisme et de l’hé­ri­tage gréco-romain.

L’historienne pour­suit en nous indi­quant que le concept sert aujourd’­hui d’ou­til d’ex­clu­sion (anti-islam) et d’ap­pro­pria­tion post-Shoah : on « intègre » rétros­pec­ti­ve­ment les Juifs dans « notre » iden­ti­té occi­den­tale après les avoir exclus pen­dant des siècles. Sophie Bessis sou­ligne que ce label n’existe nulle part ailleurs : ni en Amérique latine (très chré­tienne), ni en Afrique sub­sa­ha­rienne évan­gé­li­sée, ni dans les dis­cours ortho­doxes, ni même his­to­ri­que­ment en Europe avant les années 1980 (on par­lait plu­tôt de « civi­li­sa­tion chré­tienne », « gré­co-latine », « gré­co-romaine », etc.).

Dans des débats récents Michel Onfray et Paul-Marie Coûteaux rejettent éga­le­ment le terme « judéo-chré­tien » comme une « machine de guerre » ou une « super­che­rie ».

Vous l’a­viez com­pris, les « chré­tiens sio­nistes » sont des idiots utiles.

Ce qui le mène­ra à ren­con­trer Epstein.

3 Commentaires 

  1. Ni même his­to­ri­que­ment en Europe avant les années 1980 (on par­lait plu­tôt de « civi­li­sa­tion chré­tienne », « gré­­co-latine », « gré­­co-romaine », etc.).

    Merci pour cet article et de pré­ci­ser que le Christianisme n’est pas judéo ou judaïque. Cette évo­lu­tion à par­tir des années 80 cor­res­pond d’ailleurs à l’emprise tou­jours plus grande du lob­by juif et sio­niste sur nos sociétés.

    Correspond aus­si à l’in­va­sion isla­­mo-afri­­caine pro­gram­mée et orga­ni­sée par les mêmes lob­bies aidés par leur réseaux maçon­niques, glo­ba­listes ou gauchistes. 

    Aujourd’hui, ils ont même leur gagneuse au pou­voir, Micron la pros­ti­tuée des Rothschild détruit la France pour ser­vir ses maquereaux. 

    Le Chrétien-sio­­niste est une inven­tion datant de la même époque que l’in­ven­tion sio­niste des le 19ème siècle. Un livre écrit par un escroc amé­ri­cain s’est sub­sti­tuée à la Bible ori­gi­nale et la pro­pa­gande a fini par convaincre des mil­lions d’i­gno­rants que nous retrou­vons aujourd’­hui dans ce crytpo-judaïsme.

    Les Chrétiens-sio­­nistes ou plu­tôt les cré­­tins-sio­­nistes sont les idiots utiles du lob­by juif sio­niste qui les emploient pour leurs sales guerres afin d’a­gran­dir « Israël ».

    Ils les uti­li­se­ront jus­qu’à que ce qu’ils ne soient plus utiles et se débar­ras­se­ront alors d’eux, car ils haïssent avant tout les Chrétiens, Jésus et le chris­tia­nisme, d’où l’as­saut constant contre les pays d’Europe qu’ils veulent détruire en rem­pla­çant leurs popu­la­tions par des musul­mans ou autres car c’est grâce au chaos que cette infime mino­ri­té espère conti­nuer à contrô­ler la majorité. 

    L’Iran nous montre la voie et nous donne une leçon de morale et de cou­rage. Il montre à tous les peuples du monde com­ment trai­ter la racaille sio­niste et leurs laquais (Trump et la coa­li­tion Epstein en géné­ral qui inclut tous les pays euro­péens sauf l’Espagne et les régimes marion­nettes du Golfe Persique).

    Un grand mer­ci à l’Iran pour ce qu’il fait pour nous et pour le reste du monde. Ce qui prouve une fois de plus que les Shiites sont le cœur bat­tant de leur reli­gion alors que les Sunnites col­la­borent avec leurs maitres sio­nistes et américains.

    Rappelons qu’a­lors que les juifs sio­nistes qui occupent la Palestine insultent, crachent sur et har­cèlent les Chrétiens, les vrais Musulmans, comme en Iran, vénèrent Jésus et Marie,
    … comme nous !

    L’ennemi est connu et il est l’en­ne­mi de toute l’humanité.

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  2. Il n’y a pas de « civi­li­sa­tion judeo-chre­­tienne » ni « gre­­co-romaine de reli­gion chré­tienne » sauf dans la tête des racistes et autres suprémacistes…comme De Gaulle. 

    « C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une voca­tion uni­ver­selle. Mais à condi­tion qu’ils res­tent une petite mino­ri­té. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple euro­péen de race blanche, de culture grecque et latine et de reli­gion chré­tienne. »

    Charles de Gaulle
    Propos rap­por­tés par Alain Peyrefitte dans C’était de Gaulle, Tome 1, édi­tions Fayard, 1994

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    • Cher Mohammed,

      Si les pro­pos de de Gaulle ne vous plaisent pas, alors même qu’ils sont juste frap­pés au coin du bon sens et issus de la plus pure réa­li­té his­to­rique, vous n’a­vez qu’à vous taire en vous repliant dans votre isla­misme qui, en effet, n’est pas, non plus judéo-chré­­tien. Ouvrez des bou­quins d’his­toire d’a­bord sur la Grèce antique, puis sur la Rome de l’é­poque chris­tique puis enfin sur le début de l’ère chré­tienne, très essen­tiel­le­ment catho­lique et ce mal­gré les schismes et l’a­ria­nisme né au IV° siècle.

      Alors, vous com­pren­drez que le Français du père de Gaulle cor­res­pond bien à ce qu’il décrit.

      Il n’a pas tou­jours eu rai­son, loin s’en faut, mais sur ce point-là, il est INATTAQUABLE.

      Sur ce point, É. Zemmour se trompe lui aussi

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