
Estrosi ne fonctionne qu’à l’embrouille
Nice Provence Info suit de près l’enquête de « la tête de cochon de Christian Estrosi » qui alimente toutes les conversations niçoises, et plus encore. C’est Médiapart qi a initité la divulgation de cette embrouille, et reste en pointe sur le sujet, la presse locale ne sachant pas quel parti prendre dans ce que le maire lui-même appelle une « barbouzerie ».
Nous n’avons ni les moyens ni vocation à suivre cet événement de près bien qu’il reflète parfaitement le climat niçois que Christian Estrosi a lui-même créé au fil des années. Il est coutumier de nos colonnes, par exemple :
• Christian Estrosi nous embrouille, du 6 novembre 2020,
• Estrosi, zélateur de la vaccination, après la chloroquine, du 4 juillet 2021,
• Estrosi change à nouveau d’âne, du 8 octobre 2021,
• Estrosi rallie (enfin !) officiellement la macronie, du 2 décembre 2021.
Nous profitons de l’opportunité exceptionnelle d’un accès libre à Médiapart ce jour, pour relayer la synthèse de l’enquête menée par ce site :
[source]
Affaire de la tête de cochon : un associé de la femme de Christian Estrosi mis en cause
Soupçonné par les enquêteurs d’être l’un des principaux acteurs de l’opération ayant conduit au dépôt, en pleine campagne électorale, d’une tête de porc devant le domicile du maire de Nice, un proche de l’épouse de l’élu a été mis en examen vendredi 13 mars. Il a été placé en détention.
L’enquête judiciaire s’accélère dans l’affaire de la tête de cochon déposée devant le domicile de Christian Estrosi le 27 février 2026, s’orientant vers la piste d’une manipulation autour du maire de Nice (Alpes-Maritimes). Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a annoncé vendredi 13 mars dans un communiqué la mise en examen de deux hommes suspectés d’avoir piloté l’opération.
Parmi eux, les enquêteurs soupçonnent un homme né en 1980 d’être une tête pensante potentielle du « commando » qui a déposé la fameuse tête de cochon, assortie d’un message antisémite. Le profil de l’intéressé, mis en examen pour « violences aggravées envers un élu public », « provocation publique à la haine » et « association de malfaiteurs », vient renforcer les nombreuses questions qui entourent déjà ce dossier ubuesque qui rythme depuis dix jours la fin de la campagne municipale de Nice.
Selon nos informations, l’homme en question, placé en détention dans la soirée, s’appelle Sevan Bolikian. Sur son compte LinkedIn, il se présente comme un « entrepreneur basé à Los Angeles » ayant une expertise dans la communication digitale et la finance. Mais ce sont surtout ses liens avec le couple Estrosi qui interrogent.
Sevan Bolikian est en effet proche de Laura Tenoudji-Estrosi, l’épouse de l’actuel maire de Nice, dont il est l’associé dans L’Allumette, un projet de newsletter sur l’actualité de l’innovation qu’ils ont lancé ensemble l’année dernière. Le 22 novembre 2025, il applaudissait même à ses côtés au premier rang du meeting de lancement de la campagne de son mari.

La journaliste et l’entrepreneur se côtoient régulièrement. Ils ont aussi des interactions sur les réseaux sociaux, où ils se félicitent mutuellement. Sur l’un de ses posts LinkedIn, datant d’il y a deux ans, Sevan Bolikian a même partagé une photo personnelle de lui et Laura Tenoudji-Estrosi, sirotant en tête-à-tête un cocktail à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Laura Tenoudji-Estrosi « particulièrement choquée »
Contactée par Mediapart, l’avocate de Laura Tenoudji-Estrosi, Me Marie-Alix Canu-Bernard, indique que sa cliente est « particulièrement choquée » par la situation. En garde à vue, Sevan Bolikian a totalement contesté les faits qui lui sont reprochés et tout lien avec l’opération. Le 28 février, il avait relayé sur sa page Facebook le post de Christian Estrosi dénonçant celle-ci.
Toutefois, des messages échangés le 27 février en fin d’après-midi entre Sevan Bolikian et un individu suspecté d’avoir participé au dépôt de la tête de cochon peuvent « apparaître comme très directement en lien avec les faits », a indiqué le procureur dans son communiqué.
En réponse, Sevan Bolikian a « contesté à plusieurs reprises l’analyse qui pouvait être faite de certains échanges permettant d’envisager sa participation aux faits ». « Cette sinistre affaire est le point culminant d’une série de tentatives de déstabilisation que subit depuis des mois Laura Tenoudji », dénonce Me Canu-Bernard, déclarant que sa cliente souhaite se constituer partie civile dans le dossier.
L’entrepreneur mis en examen a aussi travaillé avec un autre ami de la journaliste, bien connu des colonnes de Mediapart. Sevan Bolikian a en effet collaboré avec l’artiste préféré du showbiz, Richard Orlinski, à l’occasion d’un événement organisé à Beverly Hills en 2024.
Cette année-là, Richard Orlinski avait exposé huit de ses sculptures monumentales sur Rodeo Drive, une célèbre avenue de la ville états-unienne. Selon le Los Angeles Magazine, l’artiste avait même fêté l’inauguration de cette exposition le 7 août 2024 dans un hôtel de Berverly Hills, entouré de plusieurs invités prestigieux, dont Christian Estrosi lui-même.
« Il y a deux ans : expert en business et en numérique en France. Aujourd’hui : coordinateur d’un grand projet artistique à Beverly Hills », s’était félicité Sevan Bolikian sur LinkedIn, en remerciant toutes celles et ceux qui avaient « cru en [lui] et en ce projet ». « Un merci particulier à Sevan Bolikian ! », écrivait aussi Shanna Ibanez, bras droit de Richard Orlinski.

Le sculpteur des stars est aussi connu pour avoir offert de nombreuses œuvres – vendues plusieurs milliers d’euros sur le marché – aux époux Estrosi, au moment même où il bénéficiait d’expositions à Nice et dans les alentours,
Dans le cadre de ces investigations, le bureau du maire de Nice et le siège de la métropole, qu’il préside, avaient été perquisitionnés en mars 2025 par les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Questionné·es, l’édile et son épouse ont toujours nié tout lien entre les cadeaux et la tenue des expositions.
Une collaboratrice d’Estrosi entendue par les enquêteurs
D’autres personnes ont été entendues, parmi lesquelles une collaboratrice de Christian Estrosi, auditionnée comme témoin. Son avocat, Me Paul Sollacaro, a assuré que sa cliente souhaitait que « toute la lumière soit faite », tout en dénonçant « des fuites policières organisées à des fins politiques ».
La collaboratrice en question est apparue dans les radars des enquêteurs lorsque ceux-ci ont retracé les points de contact des deux hommes soupçonnés d’avoir participé à l’achat de la tête de cochon et à son dépôt devant le domicile de l’élu. L’un d’entre eux, un Tunisien né en 1988, était en lien avec l’équipe de campagne, après avoir proposé ses services de communication pour la campagne, d’après Me Paul Sollacaro.
Outre la collaboratrice, le jeune suspect – qui conteste lui aussi sa participation et a été incarcéré – était également en contact avec un ancien agent de la Direction de la surveillance du territoire (DST), aujourd’hui à la retraite et reconverti comme « détective », selon Le Parisien. L’ex-policier, qui conteste également tout lien avec l’affaire, a été mis en examen pour « accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données » et « association de malfaiteurs » en même temps que Sevan Bolikian, l’associé de l’épouse du maire de Nice, placé sous contrôle judiciaire.
Jeudi 12 mars, Christian Estrosi s’est exprimé à son tour devant la presse pour « tordre le cou à la rumeur ». « Maintenant ça suffit, je suis victime d’une machination telle que je n’en ai jamais connu dans ma vie publique, a dénoncé le candidat à sa réélection. Est-ce qu’on peut imaginer un seul instant […] que j’aurais pu participer à cette manipulation ? »
Contacté, l’avocat du maire de Nice, Me Olivier Baratelli, n’avait pas répondu à l’heure du bouclage de cet article. Dans un communiqué diffusé vendredi soir, les conseils de l’édile, qui a déposé plainte dans cette affaire, saluent le communiqué du procureur de la République de Nice, qui vient, selon eux, « mettre un terme à toutes les insinuations qui circulent dans la presse depuis 48 heures » et qui se conclut par les mots suivants : « À ce stade de la procédure et des investigations, aucun élément ne permet d’envisager la possible participation directe ou indirecte aux faits d’autres personnes que celles actuellement mises en examen et celles identifiées et recherchées. »
[source]

En un mot, un « faux drapeau » pour appuyer l” image d’Estrosi. Les pro-sionistes n’en sont pas à leur premiers essais dans ce domaine !