
Braves gens, dormez tranquilles : la situation est sous contrôle
C’est la phrase rituelle que les responsables politiques nous servent à chaque flambée de violences urbaines.
Le 31 mai 2026, au lendemain des graves débordements qui ont suivi la victoire du PSG en Ligue des Champions, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez déclarait : « La situation était globalement sous contrôle. On a eu évidemment des débordements […] qui ont entraîné des troubles à l’ordre public, voire des violences urbaines, mais qui ont systématiquement été pris en compte par les forces de l’ordre. »
Plus de 890 interpellations, 178 policiers et gendarmes blessés, des scènes de guérilla urbaine, des pillages, des véhicules incendiés et au moins un mort : tout cela serait « globalement sous contrôle ».
Une expression qui revient comme un mantra
Cette formule apaise les esprits pendant que les images de chaos circulent sur les réseaux. À Paris, comme à Nice et ailleurs, le discours reste identique : la situation est gérée.Posons nous alors cette question majeure :
Pour qui la situation est-elle vraiment « sous contrôle » ?
Si nos dirigeants répètent avec tant d’assurance que tout est maîtrisé, n’est-ce pas parce que, pour eux, ces émeutes font partie d’un désordre toléré ? Elles justifient des dispositifs sécuritaires massifs, maintiennent une pression sur l’opinion et permettent de diviser entre « républicains » et « compréhensifs ».
La presse subventionnée minimise souvent : « Débordements isolés », « Jeunes des quartiers », « Célébrations qui ont dérapé ». Les causes profondes ne sont pas interrogées, ce qui démontre bien le rôle de relais de propagande de cette presse qui n’en est plus une.
🇫🇷 SCANDALE ABSOLU À PARIS ! 🤬
— Philippe T (@brain_stimulus) May 31, 2026
😱Hier soir, les « fans » du #PSG (champions de la Ligue des Champions ) ont transformé la capitale en champ de ruines :
✅ Voitures retournées et incendiées
✅ Feux d’enfer un peu partout
✅ Bus stops et vitrines saccagés
✅ La moitié de Paris… pic.twitter.com/7RrTmsy6vf
Le deux poids, deux mesures avec les Gilets Jaunes
Le contraste avec la répression des manifestations des Gilets Jaunes (2018−2019) est saisissant. Ce mouvement, bien moins violent dans ses intentions initiales (ronds-points, revendications fiscales et sociales), a été traité avec une fermeté inédite : Plus de 2 500 manifestants blessés selon le ministère de l’Intérieur. Selon le journaliste David Dufresne et d’autres comptages : une vingtaine de morts liés au mouvement, des centaines de blessés graves, dont 23 à 30 personnes éborgnées par tirs de LBD 40 (lanceurs de balles de défense), souvent visés au visage, et plusieurs mains arrachées par des grenades.
Amnesty International et d’autres ont dénoncé une répression disproportionnée, avec usage massif de munitions non létales contre des manifestants souvent pacifiques ou peu armés.
À l’inverse, lors des émeutes urbaines récurrentes (2023 après Nahel, ou les célébrations PSG 2026), on observe un jeu de chat et souris : charges ponctuelles, interpellations nombreuses mais souvent suivies de remises en liberté rapides, évitement des confrontations frontales massives. Pas de bilan comparable en termes de mutilations graves chez les émeutiers. Les forces de l’ordre semblent contenir plutôt que réprimer fermement, comme si l’objectif était de gérer le désordre sans l’éteindre.
Quel est exactement le rôle de la police dans ce scénario ?
Simple maintien de l’ordre ou acteur d’un théâtre où la violence est tolérée à dose homéopathique pour des raisons politiques ? Les policiers, souvent en première ligne et eux-mêmes blessés (178 cette fois), payent un lourd tribut. Mais l’absence de répression comparable aux Gilets Jaunes interroge :
Le Pouvoir craint-il plus une révolte populaire transversale (ruraux, classes moyennes) qu’une violence communautaire prévisible et circonscrite aux banlieues ?
Cette différence de traitement suggère que certaines violences sont instrumentalisées ou tolérées : elles servent à justifier l’impuissance publique tout en distrayant des échecs plus larges (sécurité, immigration, pouvoir d’achat). Les Français de souche, commerçants et riverains en paient le prix : insécurité quotidienne, dégradations, sentiment d’abandon.
Braves gens, dormez tranquilles. Le Pouvoir contrôle la narration, même quand le terrain lui échappe. Les émeutiers le savent : ils reviendront à la prochaine occasion. Les Gilets Jaunes, eux, ont compris que la contestation pacifique ou populaire se paie plus cher. Il est temps d’exiger une égalité réelle dans le maintien de l’ordre. La situation n’est pas sous contrôle : elle est explosive, et elle nous échappe collectivement.
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